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viou1108_aka_voyagesaufildespages
  27 mars 2020
Dans ce petit village de montagne perdu au milieu des Apennins, la vie passe sans qu'il ne se passe rien. Un vieux curé, quelques bergers, des femmes qui font la cuisine, des enfants, des chèvres. "Ce qu'ils font, ici à Montelice ? dis-je. Eh bien, ils vivent, voilà. Ils vivent et c'est tout, il me semble". Et puis un jour, une vieille lavandière s'installe à la limite du village. Elle a manifestement une question à poser au prêtre. Une question simple, mais grave et douloureuse. Alors elle tergiverse, fait des détours, écrit une lettre au curé mais la récupère avant qu'il l'ait lue, puis finit par lui poser sa question au crépuscule d'un soir d'automne. le prêtre, totalement pris au dépourvu, ne lui répond que phrases bibliques et sermons, là où la vieille femme, qui avait pourtant pressenti cette réaction, attendait de l'authenticité et une aide réelle…

Maison des autres est un tout petit livre, un chef-d'oeuvre de concision et de minimalisme. Sa prose épurée oscille entre poésie et réalisme, entre mystère des choses humaines et évidence de la nature. Il donne à voir, au bout d'un certain suspense, comment une rencontre hors du commun transforme un quotidien banal et archaïque en drame intemporel. Un texte aussi court que marquant.
Lien : https://voyagesaufildespages..
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fanfanouche24
  18 avril 2019
Lu d'une traite cette nuit...fascinée, intriguée par ce récit mystérieux à souhait... avec un style étonnant, entre poésie et prose...Une atmosphère envoûtante, une sorte de suspens qui nous tient miraculeusement en haleine jusqu'à la fin de ce récit...

Un village de montagne, isolé , comptant des bergers, des hommes de la terre , taiseux..., immuables, toujours mêmes et le narrateur, un vieux prêtre qui veille discrètement sur ses "ouailles"...Ce prêtre nous décrit magnifiquement cette nature sauvage, désolée, les rares couleurs...la vie qui s'écoule sans que rien ne se passe jamais...

Une intensité poétique qui nous parle de la solitude infinie des Hommes...de son âpreté...

Ce vieux curé est intrigué par une vieille femme, lavandière, vivant hors du village, seule,passant chaque jour avec sa brouette de linge à laver et sa chèvre...Il tente de l'approcher... va l'observer de loin... Deux trop "bruyantes solitudes"qui se rapprochent, s'éloignent....tentent de communiquer !

La vieille lavandière viendra à l'église voir le prêtre, souhaitant lui confier une question qui semble la tourmenter , sollicitant son aide... sans trop y croire...lui déposera une lettre, mais retournera la chercher... le suspens est là, captant notre attention...

Une sorte de drame universel, minimaliste, au style aussi épuré, aussi sauvage que cette nature "rocailleuse"grandiose et ses bergers, ces montagneux endurants, mutiques...

Cela m'a fait étrangement songer à l'atmosphère aussi intense des romans de l'auteure sarde, Grazzia Deledda...

Que dire de ce récit à nul autre pareil, si ce n'est que c'est un véritable ovni littéraire, d'une qualité unique... Une pépite à savourer lentement ... la magie opérant doucement et très profondément...

comme souvent , je pose quelques extraits...pour laisser s'envoler un peu du parfum des mots de cet écrivain:

"Mais aussi, ma foi, une chose triste. Un peu triste. Vous regardez le costume de ce petit homme là-bas, employé à la mairie, peut-être veuf, et la première chose qui vous vient à l'esprit, c'est que le costume a été neuf lui aussi. Et le petit homme aussi, bien sûr" (p. 22)

"Vous êtes parfaitement libre de rire, mais à cette heure-là les cailloux eux-mêmes étaient tristes, et l'herbe, désormais d'une couleur presque violette, plus triste encore." (p. 28)

"(...) si ton métier est de t'intéresser à tous, commence donc par t'intéresser à l'un d'eux, rien qu'un seul. Mais jusqu'au bout, au bas mot : jusqu'à la racine. Il n'est pas meilleur moyen pour t'intéresser alors sérieusement à tous les autres. (p. 50)"


....***Merci à cette insomnie qui m'a fait extraire ce texte des éditions Verdier... se trouvant dans mes "réserves d'écureuil"...depuis un temps certain , [acquis chez l'éditeur au Salon du Livre de Paris ]...!!!...
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michfred
  02 décembre 2017
Comment dire ?

Casa d'altri - son titre en italien- est juste un chef d'oeuvre !

Bassani, Montalte, et bien d'autres grands écrivains italiens l'ont dit avant moi ! Et aussi Bookycooky qui me l'a chaudement recommandé (et qui une fois de plus a eu bien raison ! ).

Cela devrait suffire pour vous précipiter sur la version française où je vais poster une critique plus argumentée. Cette édition-ci, en VO , existe aussi en français. Elle comporte d'autres récits, une préface et les premières moutures de Casa d'altri, mais c'est inutile : ce petit bijou de concision et d'âpreté se suffit à lui-même. Après lui, tout paraît fade, ébauché, incomplet.

Je l'ai donc, d'abord, lu en V.O. Emballée mais, pas très sûre de mes capacités à tout saisir , en italien, dans ce petit conte réaliste et néanmoins philosophique, tant la phrase est à l'os, la langue débarrassée de toute scorie, l'action minimaliste et l'essentiel toujours entre les lignes, je l'ai aussitôt acheté en français, dans une édition où ce pur diamant –noir- est quasiment seul dans son modeste écrin.

Et c'était parfait. Je l'aurais bien relu une troisième fois, en italien à nouveau, mais je me réserve ce plaisir pour plus tard.

Confirmation incontestable : C'EST JUSTE UN CHEF D'OeUVRE !
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Bookycooky
  01 octobre 2014
Ce classique de la Littérature italienne est un chef-d'oeuvre.L'action de ce court récit se situe peu après la guerre dans un petit village de l'Appenin émilien.Un trou perdu,où ne se passe jamais rien.Le narrateur,le prêtre du village,un être esseulé ,y règne sur ses paroissiens depuis trente ans,essayant de donner du sens à ce qui en a guère.Un jour sa route va croiser celle d'une inconnue,une vieille femme misérable,solitaire et sauvage,qui lave du linge pour les autres.Ces deux personnages entre lesquels il n'est nul question de séduction vont se rapprocher au rythme d'un thriller,l'apogée étant la douloureuse question de la vieille au prêtre.Le prêtre ne saura,ne pourra répondre à cette question,mais il sera à jamais changé par cette rencontre avec cette âme singulière.La prose est magnifique,originale et poétique.C'est un livre que j'ai lu la première fois en 2001, je viens de le relire,la magie est toujours là!
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majero
  29 avril 2020
Montagne profonde. Dans le première nouvelle c'est le curé du village qui se demande ce que lui veut la vieille, misérable, tacite, lointaine, qui se tue à laver des guenilles au torrent.

Dans la deuxième, nuit des fantômes, macabre découverte de l'instituteur si mal payé.

J'ai trouvé l'écriture compliquée, la lecture ardue et décevante.
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MarianneL
  16 décembre 2013
Le silence miraculeux des mots.

Né en 1920, Silvio d'Arzo, de son vrai nom Ezio Comparoni, publia « Maison des autres » en 1948 dans une revue, et ne cessa ensuite de retravailler ce texte jusqu'à sa mort en 1952 ; il n'avait alors que trente-deux ans.

En plein néoréalisme italien, «Maison des autres» semble détaché de l'histoire du vingtième siècle, situé dans un monde ancestral et rude, où la succession monotone des jours est uniquement interrompue par les fêtes religieuses et les enterrements.

L'histoire de cette nouvelle d'une soixantaine de pages se réduit à très peu : dans un village de montagne isolé des Apennins, un prêtre rencontre une vieille femme qui a visiblement quelque chose à dire. Il cherche à connaître la question que celle-ci hésite à livrer.

«C'était la première fois que je pouvais la voir de près et je me mis à la regarder attentivement.
Elle avait une peau sombre et rêche, des cheveux couleur gris pigeon, des veines plus dures et saillantes que celles d'aucun homme. Et si un arbre peut de quelque façon servir à évoquer un humain, eh bien c'était un vieil olivier des fossés qui lui convenait. À la voir ainsi, il me semblait que ni la fatigue ni l'ennui ne pourraient désormais rien contre elle : elle se laissait vivre et cela suffisait, voilà tout. »

L'hiver de ce récit est glacial et, dans ce monde archaïque, le temps et les hommes semblent eux aussi comme paralysés par le gel, dans cette vie dépourvue de tout événement. Et finalement seule cette femme, avec sa question que l'on va découvrir, est prête à s'affranchir de la succession fatale de ces jours tous semblables. Et seule elle est vivante.

Précédé d'une belle préface d'Attilio Bertolucci, «Maison des autres» est un texte intemporel, qui a fait couler une larme gelée dans le coin de mon oeil.
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Nuageuse
  11 juin 2019
Un prêtre est intrigué par une vieille femme qui lave des haillons dans le canal à l'extérieur du village, et qui est propriétaire d'une chèvre.
Les auteurs italiens excellent dans la concision de la phrase : ne pas en dire trop mais avec justesse. J'ai savouré toutes ces pages sur la solitude, la description poétique de l'environnement, des êtres qui apparaissent comme des fantômes la nuit et qui peuvent s'avérer cruels.
Encore un roman italien qui confirme mon amour pour cette littérature.
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blandine5674
  18 février 2018
Un roman où il ne semble pas se passer grand-chose, et pourtant… Un prête dans un village de montagne se fera poser une question étrange par une vieille lavandière. Un livre petit de par sa longueur sur les non-dits, la beauté, la religion, le silence, et… et… de l'avis de critiques diverses, ce récit est le plus parfait de toute la littérature italienne. Encore une pépite de Bookycooky.

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mimipinson
  27 février 2011
Un petit village dans la montagne où il ne se passe rien, où la vie s'écoule jour après jour…tel est le décor de cette petite nouvelle. Un curé vit au rythme de ses habitants, des clarines, des chiens qui aboient dans la nuit, des enfants du village, des morts qu'il faut enterrer.

« A cet instant on entendit, là dehors, un bruit de clarines de bronze, un bruissement comme de luzerne et d'eau qui envahissait la rue toute entière et un nombre infini de légers piétinements et de bêlements. »

La vie pourrait continuer ainsi s'il n'y avait pas cette question soudaine d'une vieille du village au prêtre………question à laquelle il ne répondra pas .......lâcheté, honnêteté ?
La solitude de l'homme d'église en général est mise en en lumière ici .Tel le commun des mortels, face aux grandes interrogations, il est face à lui même, sans réponse, livré à sa propre conscience, à ses propres doutes.
Une courte nouvelle à lire, à relire, parce qu'elle ne livre certainement pas toutes ses richesses au premier abord.


Lien : http://leblogdemimipinson.bl..
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ivredelivres
  11 août 2010
Montelice, un village perdu des apennins, tout juste un village d'ailleurs «sept maisons adossées et rien d'autre» le curé est là depuis trente ans, c'est lui qui raconte.
Il raconte la vie du village, des gens qui sont là depuis toujours, qui vivent au rythme des saisons, accomplissant des tâches dures avec des gestes vieux de mille ans. Les hommes rentrent des pâturages à la lumière des lanternes le soir, le climat est rude et le curé a déjà vu trente noëls ici, sous la neige. La misère est le lot commun, le prêtre s'inquiète « j'ai vraiment peur de ne plus pouvoir être utile à grand-chose dans un cas de ce genre. Tout cela est pour moi une autre langue...Fêtes, saintes huiles, un mariage sans façon, voilà désormais mon lot.»
Le curé s'interroge car une femme, nouvelle dans ce village, l'intrigue, elle semble toujours sur le point de lui parler mais au dernier moment renonce. C'est Zelinda, pauvre entre les pauvres, elle lave le linge des villageois, se nourrit d'un croûton de pain et du lait de ses chèvres. Elle vit hors du village « plus loin que le sentier des ormes, juste à la limite de la paroisse, et après ce ne sont que ravins, toubières ou pire encore».
Jour après jour il la voit laver le linge, un jour elle vient au presbytère l'interroger, mais c'est une ruse, sa question est sans objet, du moins elle n'a pas posé la question qui la tourmente, elle a feinté. Quand va-t-elle se décider ? Enfin un jour elle dépose une lettre à son intention.
J'arrête là car il y a un suspense dans ce récit, comme le vieux curé, on attend, on essaye de comprendre cette femme. Silvio d'Arzo dont c'est la nouvelle la plus connue, nous arrache à notre petite vie pour nous faire vivre au rythme de sa prose, sèche, dure, les couleurs sont sombres dans ce pays de désolation « Les ravines et les bois, les sentiers et les pâturages deviennent d'une couleur vieille rouille, puis violette, puis bleue »
Dans une seconde nouvelle "Un moment comme ça" autour de la disparition d'un soldat son récit est sobre et tragique.
J'ai beaucoup aimé ces deux récits, graves, cruels, qui laissent le lecteur avec des questions qui n'ont peut être pas de réponse. On peut rapprocher ce livre des récits de Ferdinando Camon (jamais vu soleil ni lune) mais plus encore des hommes et femmes décrits par Carlo Levi dans « le Christ s'est arrêté à Eboli ».

Lien : http://asautsetagambades.hau..
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