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EAN : 9782070372072
736 pages
Gallimard (19/02/2009)
4.07/5   602 notes
Résumé :
"A circonstances exceptionnelles, mesures exceptionnelles." Le colonel Montana leva le nez pour observer le ciel qui s'assombrissait.

"Croyez-moi, lorsque nous avons évoqué les retombées éventuelles de l'utilisation de la petite saloperie qui se balade dans la nature...

Il ne s'agit pas seulement de sauver quelques vies humaines, Charles, mais de préserver notre crédibilité, notre influence internationale ainsi que des pans entiers de... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (71) Voir plus Ajouter une critique
4,07

sur 602 notes
Un roman français qui mèle habilement polar, espionnage, manipulations et enjeux politiques c'est pas tous les jours. Et DOA (pour Death on arrival) avec ce "citoyens clandestins" y parvient haut la main. En situant son action au début du troisième millénaire, DOA choisit une période ou paranoia et peur primale secouent sérieusement l'Occident. La grande force du récit vient du fait que DOA s'appuie sur des évèvements réels pour nous concocté une fiction à la fois complexe, brillante et un brin flippante. Cette plongée dans les arcanes du pouvoir et ces luttes intestines est formidablement décrite. A travers plusieurs personnages centraux, DOA ajoute une galerie de portraits à la fois saisissante et complexe. L'écriture de DOA est précise, concise laissant peu de plages au lecteur pour souffler. La peur terroriste, les secrets d'états, les tensions entre services, l'infiltration d'agents dans les milieux jihadiste, les décisions arbitraires en sous-main, les trahisons sont au coeur du roman. Et force est de constater que ce gros pavé de plus de 700 pages nous tiens sacrément en haleine. Seul petit bémol à mon sens, le manque d'empathie pour certains des personnages. Un roman noir, saisissant de réalisme. Belle découverte.
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2001, une odyssée de l'espèce.
Il y a un type surnommé Lynx, très spécial et extrêmement doué, qui se charge des basses tâches pour une société mystérieuse. Il y a un autre type, surnommé Fennec, qui se fait passer pour ce qu'il n'est pas au nom des intérêts supérieurs de la nation. Il y a également une apprentie journaliste (insupportable), un reporter aguerri, des flics, des militaires, des islamistes, des dealers, et tous se croisent sur fond de pulvérisation des Twin Towers, alors qu'une redoutable menace terroriste pèse sur la France, et que personne ne doit le savoir.

Wow. Difficile de résumer cette histoire aux multiples pistes et aux nombreux personnages qui évoluent par-delà le bien et le mal, et en deçà de la légalité. Et pourtant, ce roman touffu et poisseux comme un mauvais rêve, où il est question de rivalités entre services secrets, de terrorisme, d'élection présidentielle, d'infiltrations, ne se lâche pas malgré ses 700 pages très denses.
Bien que ce soit parfois fort violent (à la limite de la nausée), et même si je me suis à plusieurs reprises perdue entre tous ces personnages (dont certains portent différents noms ! ) et égarée dans les diverses intrigues, j'ai finalement beaucoup aimé ce livre. La faute à l'impression de tristesse qui en émane, et à la compassion qu'inspirent ces hommes sans nom, sans histoire, sans existence, des hommes incroyablement forts et formés pour survivre dans les pires conditions, et pourtant reclus dans une immense solitude, l'âme en proie à moult tourments.
J'ai apprécié aussi les quelques réflexions sur cette année 2001 qui marque la fin d'une forme d'innocence, de légèreté qui rendait la vie plus supportable -c'était avant la méfiance généralisée, la téléréalité, le complotisme, l'abrutissement encouragé... Là encore, flotte un discret parfum de mélancolie qui ne tourne jamais à l'aigre, et qui m'a émue.

Au final, ça reste un roman "viril", noir, dur, froid, plein d'espions et de manipulations, et qui malgré quelques maladresses, ne suscite qu'une envie, une fois refermé : vite, lire la suite de ce cycle "clandestin", et poursuivre la découverte de ce type surnommé DOA, qui écrit d'aussi bons polars tordus.
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Mes lectures sont avant tout des rendez-vous programmés par les circonstances sur un agenda dont j'ignore tout ou presque.
Un peu comme si j'avais une ou un secrétaire mystérieux, qui garderait le silence jusqu'au moment venu.
J'avais deux livres d'Hervé Albertazzi alias DOA ( Dead On Arrival ... Mort à l'arrivée ), notre Elena Ferrante version "barbouze Frenchy", depuis quelques années sur les étagères de ma bibliothèque... quand j'ai entendu "l'appel" de mon secrétaire ; le moment, c'est-à-dire l'envie, était venu.
Je me suis donc lancé dans la lecture et la découverte de ce Ghislain Gilberti* "professionnel" ; DOA a été, dans une autre vie, parachutiste dans un régiment d'infanterie de marine, c'est dire s'il a approché de près les hommes devenus les personnages de ces romans.
Mais d'emblée, vraisemblablement parce que j'avais à peine terminé la digestion de - le festin du serpent -, j'ai eu l'impression de me retrouver chez Gilberti... en peut-être un peu plus"pro"... je sais que je me répète.
Si le roman se situe entre 2001 et 2002, les ingrédients sont le mêmes : des cellules islamistes, des infiltrés, des flics et des services en concurrence, des officiels cleans et des barbouzes aux mains souillées, une héroïne... seule femme au milieu d'une armée de bonshommes, un exécuteur - le Lynx -, et l'inévitable préparation d'un méga attentat terroriste, avec un produit chimique volé par les méchants islamistes, produit dont l'acheminement donne un peu le tempo de ce polar ; le tout sur fond de campagne présidentielle ( Chirac-Jospin-Le Pen... qui ne sont pas nommés ).
Ce que je retiens, ce sont les 27 personnages ( moi qui ai du mal à mémoriser les noms... je vous dis pas ! ) qui font vivre cette histoire à travers des alternances narratives nombreuses et rapides dans le récit.
Je m'explique : on suit Lynx pendant moins de deux pages et on se retrouve avec Amel le temps d'un paragraphe, avant de sauter à Karim Sayad pendant une page et ainsi de suite...
Il faut juste s'adapter.
Ce que je retiens également, c'est ce que DOA appelle " l'organigramme simplifié du renseignement français"... fastoche ! il n'y a que DGSE, DRM, DPSD, DCRG, DST, DNAT, UCLAT... Facile, non ? Si l'on se dit qu'à côté de ces services, il y a la BAC, le 36 Quai des Orfèvres... et que c'est à peu près tout... si ce n'est que les 27 personnages qui ont des noms, des vrais, des faux, des pseudos, et que tantôt DOA les fait vivre sous l'un ou l'autre... au rythme que j'ai mentionné précédemment... pour moi, ce fut, le temps de m'y habituer, un peu l'usine à gaz.
Je reviens à Ghislain Gilberti qui s'inscrit un peu dans le sillon d'Hervé Albertazzi, pour dire que ses romans sont plus accessibles, bien que démultipliant le nombre de "services", avec au moins autant de personnages qu'il fait vivre... en donnant au cerveau de son lecteur le temps nécessaire pour les imprimer clairement et durablement... grâce à une structure narrative moins à effet sprint...
Cela étant, même si cette critique peut sembler critique, il n'en est pas tout à fait de même dans ce qui va être ma conclusion.
Certes il m'a fallu me faire au modus operandi narratif de DOA, mais n'est-ce pas là la noble tâche qui incombe à tout lecteur qui se respecte ?
La chose faite, on se laisse prendre ou re-prendre par cette histoire très maîtrisée.
Les personnages sont attachants, au point qu'on aimerait en retrouver quelques-uns... caractéristique des bons faiseurs de polars.
Le suspense est présent, tenu et entretenu.
Il y a moins d'invraisemblances que chez Gilberti... donc on reste dans les limités du crédible.
Un bémol : l'héroïne féminine dont la psychologie labile et les élans du coeur sont psychologisés un peu trop caricaturalement à mon goût.
L'écriture est personnalisée... prenez le temps de la découvrir... et sans être du Henry James ou même du Simenon, ça se laisse lire.
La chute est cuite à point.
La recette est globalement réussie.
Au final, 696 pages d'un polar de bonne facture.
*J'ai cité Guhislain Gilberti : pour mieux en connaître les raisons, se référer à ma recension récente de - le festin du serpent -.
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2001 : deux barils d'un gaz hautement toxique, d'origine française, sont vendus à des terroristes islamistes. Sitôt informés, les services secrets craignent un attentat d'ampleur faisant suite à celui du 11 septembre de l'année à New York. Les différents services secrets se mobilisent alors, sans se concerter, pour démanteler les cellules terroristes et retrouver les barils de gaz, et ainsi protéger l'honneur de la France. Des hommes meurent ; police et justice s'en mêlent également. Enfin, uns taupe donne des bribes d'information à un journaliste ; et voilà la presse dans le jeu. Ajoutons, pour faire bonne mesure, un agent infiltré chez les islamistes et une officine privée travaillant pour l'armée et pilotant un agent clandestin. Voilà tous les ingrédients réunis pour décrire l'enquête, plutôt les enquêtes, pour éviter un attentat, retrouver le gaz toxique ou juste comprendre, menées par les différents protagonistes qui cherchent tous à avancer en francs-tireurs, en donnant le moins d'information possible aux autres...

Une intrigue finalement assez simple, rendue excessivement complexe par la multiplicité des acteurs, et des jeux d'acteurs, aux objectifs à la fois convergents (éviter un attentat, retrouver les barils de gaz) et divergents (protéger les différents chefs de service et ministres quitte à jouer les uns contre les autres, informer le public ou garder la confidentialité, etc.). On en apprend beaucoup sur le fonctionnement de ces petits mondes, parfois avec un peu d'incrédulité, mais qui sait vraiment ?

A de rares exceptions près, les personnages sont rarement tout blancs ou tout noirs. Ils ont leurs ambiguïtés, leurs zones d'ombres, leurs faiblesses. Sont-ils crédibles ? DOA parvient à nous le faire croire, sauf cas particulier de Lynx qui ressemble trop à une caricature de Rambo.

Le parti pris de narration, raconter l'histoire du point de vue des différents acteurs en séquences généralement assez courtes, donne beaucoup de rythme à la lecture, alors que le tempo de l'action est loin d'être échevelé. le style de l'écriture est assez simple, basé sur des phrases plutôt courtes, ce qui facilite la lecture. Les dialogues sont dans l'ensemble pertinents et percutants. La principale difficulté de lecture vient du grand nombre d'intervenants, avec beaucoup de sigles ou de noms arabes que l'on peut aisément confondre. L'auteur a d'ailleurs éprouvé le besoin d'ajouter en annexe des listes des principaux acteurs et des principales organisations intervenant dans le livre...

En synthèse : "Citoyens clandestins" ne restera probablement pas comme un chef-d'oeuvre de la littérature, ni même de la littérature policière/d'espionnage, mais il propose un passionnant et instructif (?) voyage en barbouzerie.
Lien : http://michelgiraud.fr/2019/..
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Lors de ma première rencontre avec DOA aux Quais du Polar 2016, suite à ma lecture de « Pukhtu Primo », celui-ci m'avait conseillé de lire « Citoyens clandestins » et « le serpent aux mille coupures » si je voulais connaitre les origines qui menaient à Pukhtu. Alors quand j'ai découvert la sorties de ces deux opus en un seul volume, je n'ai pas hésité… enfin un peu quand même ! En effet, depuis ce premier contact littéraire avec l'auteur, j'ai compris que pour bien apprécier son style, il fallait prévoir de longues périodes de lecture. En gros, il fallait avoir des heures devant soi et donc du courage pour entrer dans son univers. J'ai donc pris mon temps pour trouver le moment opportun à cette grosse lecture.

Et je ne le regrette pas. Dans ce premier volume, les ingrédients qui ont fait de Pukhtu un grand livre, étaient déjà présents. Tout d'abord et ça peut faire peur, ce roman est d'une grande densité, tant en nombre de pages que dans sa construction. Durant ces quelques 700 pages en continu, sans chapitres, on rencontre une pléiade de personnages représentants les différents milieux qui interviennent dans les circonstances dramatiques. Alternativement, on suit des journalistes, des policiers, des djihadistes, des espions et des mercenaires. Ils forment tous les pièces de l'échiquier sur fond de menace terroriste. D'un paragraphe à un autre, chaque pion se déplace en fonction du mouvement des autres. le lecteur se retrouve alors au centre de terrain de jeu comme un spectateur omniscient. Il peut ainsi appréhender au mieux les rouages de cette machination et se laisser embarquer.

Cette forme de narration demande à l'auteur un grand travail de documentation. le résultat est un roman foisonnant d'informations que DOA sublime par son sens du rythme. Il sait ralentir quand il faut approfondir et accélérer quand les évènements le demandent. le nombre important d'acteurs et de services en action m'a un peu déstabilisé dans le premier tiers de l'histoire. Mais une fois cette contrainte digérée, je suis entré en complète immersion dans ce monde terroriste créé par DOA. Par sa taille et son contenu, c'est un livre qui se mérite et le jeu en vaut la chandelle !
Lien : https://leslivresdek79.wordp..
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critiques presse (1)
Telerama
09 mars 2015
Un niveau de réalisme et de tension proprement impressionnant.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
Lynx retira son sac à dos d’un mouvement sec, à la manière de quelqu’un qui cherche à se débarrasser d’un poids trop important pour ses épaules. Il s’assit sur un banc et regarda la foule étrangère qui déambulait devant lui sur les Champs-Élysées. Pas un sourire qu’il aurait pu suivre dans cette mer de visages inexpressifs. Pas une seule invitation à ne pas se fermer un peu plus. Une musique languide, castratrice, inondait ses oreilles et le protégeait de l’extérieur. Dans ce vide sonore, les gens paraissaient fonctionner au ralenti.
Il faisait chaud, il transpirait, son T-shirt lui collait à la peau. Il était presque semblable à tous ces touristes. Lui ne marchait pas au hasard cependant, pas plus qu’il ne profitait d’une quelconque vacance, insouciant, aléatoire, à la dérive. Il explorait ses trois cercles de sécurité, révisait les cabines téléphoniques à pièces, à carte, les cybercafés, les échappatoires, les points de rupture, les allées. Les impasses.
Il les connaissait par cœur.
Il fut un temps où ce décalage avec la normalité l’amusait. Fendre des foules inconscientes, savoir ce que les autres ignorent, participer d’une réalité dissimulée à l’homme du commun, éternel dommage collatéral d’une guerre clandestine, permanente et violente. Tout cela lui paraissait très excitant. Il avait souscrit au mythe de la caste des seigneurs, une belle histoire. Une excuse pratique.
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- Il est difficile de connaître les gens, vous ne trouvez pas? Je veux dire véritablement. Même bien intentionnés, ils ont toujours tendance à cacher ce qu'ils pensent, leurs petits travers, leurs histoires honteuses, leurs vraies motivations, leurs croyances. C'est pourtant tout cela qu'il faudrait savoir. Parce qu'un jour ou l'autre, ces choses remontent à la surface par surprise et celui ou celle que vous avez en face de vous redevient un parfait inconnu.
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- Un temps, on a fait confiance aux religieux sans faire attention à leurs discours et on s'est acheté la paix urbaine à vil prix, en les subventionnant. Pendant des années, ces gens ont propagé des messages haineux, antirépublicains. Les politiques se sont fait avoir et aujourd'hui ils ne savent plus comment faire.
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Le 11 septembre était l'illustration parfaite de leur conception nouvelle du combat. Puisque chez eux ils n'arrivaient à rien depuis des décennies, les fondamentalistes avaient décidé de frapper au cœur ceux qui encourageaient les dirigeants de leurs pays, les Occidentaux. Il s'agissait d'effrayer les soutiens, de les faire vaciller pour qu'en retour ils fassent pression et permettent l'avènement de nouveaux régimes, fondés sur la Shari'a, la loi islamique.
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Ces techniciens un peu particuliers étaient organisés selon une chaîne bien précise. Certains se mirent à photographier les scellés encore intègres, pour référence, avant de passer les pièces à conviction à d'autres, chargés de les répertorier puis de les copier.
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Vidéo de  DOA
Dans cette vidéo exclusive, plongez dans les secrets bien gardés des écrivains ! Explorez comment Caryl Férey fusionne voyages et écriture, comment DOA aborde la recherche de manière empirique, et comment Valentine Goby navigue l'exploration vertigineuse. Un voyage fascinant dans les coulisses de la création littéraire vous attend !
00:10 Caryl Férey 00:30 DOA 01:45 Alexis Jenni 02:37 Valentine Goby 04:10 DOA 05:33 Valentine Goby
Cette interview a été réalisée durant plusieurs éditions de Quais du Polar, ainsi qu'aux Artisans de la Fiction.
Chez les Artisans de la Fiction, situés à Lyon, nous valorisons l'apprentissage artisanal des techniques d'écriture pour rendre nos élèves autonomes dans la concrétisation de leurs histoires. Nous nous concentrons sur les bases de la narration inspirées du creative writing anglophone. Nos ateliers d'écriture vous permettent de maîtriser la structure de l'intrigue, les principes de la fiction et la construction de personnages.
Pour plus d'informations sur nos stages d'écriture, visitez notre site web : http://www.artisansdelafiction.com/
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