AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizForum
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2070408833
Éditeur : Gallimard (02/02/2000)

Note moyenne : 3.5/5 (sur 535 notes)
Résumé :
Le récit commence sur la route de Tendo, où Gocéné et Caroz sont arrêtés à un barrage dressé par les japonais. Gocéné décide de descendre de voiture, tandis que Caroz fait demi-tour pour s’enfuir. C’est alors qu’il va raconter aux deux japonais, Kali et Wathiok, ce qui lui est arrivé, avec son ami Caroz à Paris. Il va surtout leur décrire les circonstances de leur rencontre.

Le héros de l’histoire, Gocéné, un Kanak de Nouvelle-Calédonie, a été désigné... >Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle
Critiques, Analyses & Avis (85) Voir plus Ajouter une critique
Jmlyr
  10 août 2017
Qui sont les vrais cannibales ? Ceux qui mangent l'âme de leurs semblables en les privant de liberté .
J'ignorais ce pan de l'histoire, un de plus qui allonge la liste de l'ignominie du racisme et de l'intolérance , ça me laisse un goût de rance.
Et si l'on organisait une exposition de tous ceux qui ont commis l'impensable, que ce soit lors de l'Exposition coloniale de Paris 1931, dont j'ignorais tout avant cette lecture, ou de tout le reste? Nulle scène ne serait assez grande pour ça.
Un récit court et efficace, sans haine.
Un témoignage de plus pour prévenir les horreurs de demain, enfin j'espère.
Commenter  J’apprécie          604
kuroineko
  08 août 2017
J'ai pioché Cannibale dans la boîte des Passeurs de Livres de ma ville. Bonne pioche! Il s'agit d'une édition scolaire et, après lecture, j'ai été ravie que ce livre soit étudié dès le collège.
Le récit de ces jeunes Kanak envoyés à Paris pour représenter la colonie de Nouvelle-Calédonie à l'Exposition coloniale de 1931 est d'autant plus marquant qu'il s'agit d'une histoire vraie. Les peuples indigènes colonisés sont humiliés, obligés s'amuser un public en quête d'exotisme. Un passage particulièrement poignant: lorsque le narrateur découvre que la pancarte désignant la reconstitution d'un village kanak présente son peuple sous les traits d'anthropophages polygames. Il y a là de quoi frémir d'indignation!
Mal nourris, houspillés lorsqu'ils n'interprètent pas leur "rôle" correctement, la coupe déborde pour le narrateur et son meilleur ami lorsqu'une partie des siens - dont sa fiancée - sont séparés du groupe et emportés vers une destination inconnue. Les deux hommes s'évadent et partent à la recherche des leurs dans Paris.
On est bien loin ici des comiques tribulations d'Un indien dans la ville. La jungle de la capitale s'avère nettement plus dangereuse et hostile que leur terre natale. le périple est néanmoins l'occasion de surprenantes rencontres qui montrent que solidarité et respect existent malgré tout.
Le récit raconté avec brio par Didier Daeninckx nous renvoie à des pages sombres de l'Histoire coloniale française. La conquête de territoires s'est effectuée par l'asservissement et l'acculturation des populations autochtones.
Le rapport à l'Autre, la tolérance, le respect sont autant d'éléments qui émanent de ce brillant roman.
A lire et partager et méditer le plus largement possible.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          422
Sando
  19 février 2014
Paris est en pleine effervescence. On est en 1931 et l'Exposition Coloniale s'apprête à ouvrir ses portes. Les représentants de chaque colonie sont venus en groupes du monde entier. Mais loin de vouloir mettre en valeur leur culture, leur singularité et leur richesse, on leur demande de se comporter en sauvages. Parquée dans un enclos, entre les lions et les crocodiles, une tribu de Kanak (c'est à dire les habitants de Nouvelle-Calédonie) va ainsi subir les mauvais traitements des français et va devoir jouer le rôle d'anthropophages primaires, ne communicant que par les grognements et par la danse ! Et, comme si cela ne suffisait pas, une partie de la tribu va être envoyée dans un cirque en Allemagne en échange du même nombre de crocodiles afin de remplacer ceux morts de manière inexpliquée dans l'enclos d'à côté… Pour Badimoin et Gocéné, chargés de protéger leur clan, s'en est trop et tous deux décident de se lancer à la recherche des disparus sans se douter de l'hostilité qui les attend dans la capitale…

Avec « Cannibale », Didier Daeninckx pointe du doigt un épisode particulièrement honteux de notre histoire dont, pour ma part, j'ignorais tout. le récit, raconté par Gocéné des années plus tard, nous plonge dans le Paris des années 30 vu par les yeux d'un étranger qui ne comprend pas le monde qui l'entoure mais qui le ressent et se heurte à ses dangers, ses préjugés et son hypocrisie. C'est le récit sincère, juste et néanmoins sans rancune, d'un homme qu'on a avili, humilié et traité comme un animal dans le simple but de divertir un public en mal d'exotisme… Un texte court, facile à lire et cependant d'une grande richesse, qui donne à réfléchir et bouleverse par sa brutalité et l'injustice à laquelle il renvoie. Je comprends mieux pourquoi il est si souvent prescrit au collège !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          395
rabanne
  09 août 2016
Un livre à mettre entre les mains de nos jeunes, mais qui touche toutes les générations par sa portée universelle. Parce que l'ostracisme n'a pas disparu, le racisme ordinaire encore moins, à renforts d'amalgames et de digressions infâmantes, d'ignorance et de bêtise teintée de peur et de "méchanceté". Notre part de sombre.
Un récit prégnant et poignant qui narre l'évasion d'un Kanak de l'enclos où il a été parqué, et exhibé comme un "sauvage"...
Une belle leçon de témérité et de solidarité, un beau message d'espoir et de transmission intergénérationnelle. Pour ne pas oublier, ne pas recommencer, ne pas se taire, ne pas avoir peur... de l'Autre (!).
(dès la 3e)
Commenter  J’apprécie          376
sabine59
  30 mai 2016
Ce livre, qui est inspiré d'une histoire vraie, fait frémir, fait bondir !
Gocéné, le vieux kanak, a vécu beaucoup de choses.Mais il y en a une, entre toutes, dont il se souvient.C'était à Paris, la veille de l'Exposition Coloniale de 1931.Les crocodiles d'un cirque allemand étant tous morts avant l'inauguration,idée géniale de Blancs: pourquoi ne pas les remplacer par ces " cannibales", arrivés de Nouvelle-Calédonie ?
Oui, des hommes en cage, parqués comme des chimpanzés ! Un zoo, c'est révoltant, tout autant d'ailleurs pour des humains que pour des animaux. Gocéné témoigne: " Nous n'avions pas le droit de parler entre nous, seulement de grogner comme des bêtes, pour provoquer le rire des gens,derrière les grilles".
En compagnie de Badimoin, Gocéné va se plaindre auprès de l'administrateur hypocrite, qui fait mine de ne pas être au courant de cette histoire.Badimoin est ensuite abattu.Un Blanc, Francis Caroz, prend la défense des Kanaks, " un ouvrier sans histoires, un homme qui ne supportait pas qu'on tue des innocents, qu'ils soient blancs ou noirs."Il sera jugé, avec Gonécé, qu'il ira rejoindre par la suite en Nouvelle-Calédonie.
Il faut remercier l'auteur d'avoir exposé au grand jour la noirceur dont est capable l'être humain, à travers ce drame de la ségrégation raciale et de la colonisation .Il permet de faire entendre la voix des kanaks, qui ne se transmettait jusque là que par l'oralité.Une fois encore, Didier Daeninckx frappe là où ça fait mal.Et interroge notre mémoire collective.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          303
Citations & extraits (45) Voir plus Ajouter une citation
Pavi33Pavi33   01 août 2013
— Ah, c’est enfin vous, Grimaut ! Cela fait bien deux heures que je vous ai fait demander... Que se passe-t-il avec les crocodiles ? J’ai fait le tour du parc ce matin, avant de venir au bureau, je n’en ai pas vu un seul dans le marigot...
Grimaut commence à transpirer. Il baisse les yeux.
— On a eu un gros problème dans la nuit, monsieur le haut-commissaire... Personne ne comprend ce qui a bien pu se passer...
— Cessez donc de parler par énigme ! Où sont nos crocodiles ?
— Ils sont tous morts d’un coup... On pense que leur nourriture n’était pas adaptée... Á moins qu’on ait voulu les empoisonner...
L’administrateur reste un instant sans voix, puis il se met à hurler.
Grimaut déglutit douloureusement.
— Morts ! Tous morts ! C’est une plaisanterie... Qu’est-ce qu’on leur a donné à manger ? De la choucroute, du cassoulet ? Vous vous rendez compte de la situation, Grimaut ? Il nous a fallu trois mois pour les faire venir des Caraïbes... Trois mois ! Qu’est-ce que je vais raconter au président et au maréchal, demain, devant le marigot désert ? Qu’on cultive des nénuphars ? Ils vont les chercher, leurs crocodiles, et il faudra bien trouver une solution... J’espère que vous avez commencé à y réfléchir...
L’adjoint a sorti un mouchoir de sa poche. Il se tamponne le front.
— Tout devrait rentrer dans l’ordre au cours des prochaines heures, monsieur le haut-commissaire... J’aurai une centaine de bêtes en remplacement, pour la cérémonie d’ouverture. Des crocodiles, des caïmans, des alligators... Ils arrivent à la gare de l’Est, par le train de nuit...
— Gare de l’Est ! Et ils viennent d’où ?
Grimaut esquisse un sourire.
— D’Allemagne...
— Des sauriens teutons ! On aura tout vu... Et vous les avez attrapés comment vos crocodiles, Grimaut, si ça n’est pas indiscret ?
L’adjoint se balance d’un pied sur l’autre.
— Au téléphone, tout simplement. Ils viennent de la ménagerie du cirque Höffner, de Francfort-sur-le-Main. C’était leur attraction principale, depuis deux ans, mais les gens se sont lassés. Ils cherchaient à les remplacer pour renouveler l’intérêt du public, et ma proposition ne pouvait pas mieux tomber...
Albert Pontevigne fronce les sourcils.
— Une proposition ? J’ai bien entendu... J’espère que vous ne vous êtes pas trop engagé, Grimaut.
— Je ne pense pas... En échange, je leur ai promis de leur prêter une trentaine de Canaques. Ils nous les rendront en septembre, à la fin de leur tournée.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          70
LydiaBLydiaB   19 décembre 2011
- Tu vas te taire, à la fin ! Si tu n'essaies pas de t'échapper, si tu ne hurles pas, on ne te fera pas de mal... on veut seulement parler avec toi. Tu vas venir avec nous sans faire d'histoires...
Il a marmonné contre ma main, en roulant des yeux et en relevant ses sourcils. Badimoin a assuré sa prise puis il l'a obligé à escalader le monticule. Nous nous sommes arrêtés à l'autre extrémité du relief qui formait une sorte de terrasse naturelle au-dessus du marigot. On entendait distinctement les clapotements, les respirations inquiétantes, les claquements de mâchoires des sauriens affamés. J'ai fait glisser ma main, libérant ses lèvres.
- Qu'est-ce que vous me voulez tous les deux ? Vous vous croyez dans votre jungle !
Badimoin, qui lui interdisait tout mouvement s'est penché à son oreille.
- Si ça n'avait tenu qu'à nous, on y serait restés...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          190
mgeffroymgeffroy   07 mars 2008
Nous avons longé la Seine, en camion, et on nous a parqués derrière des grilles, dans un village kanak reconstitué au milieu du zoo de Vincennes, entre la fosse aux lions et le marigot des crocodiles. Leurs cris, leurs bruits nous terrifiaient. [...] Au cours des jours qui ont suivi, des hommes sont venus nous dresser, comme si nous étions des animaux sauvages. Il fallait faire du feu dans des huttes mal conçues dont le toit laissait passer l'eau qui ne cessait de tomber. Nous devions creuser d'énormes troncs d'arbres, plus durs que la pierre, pour construire des pirogues tandis que les femmes étaient obligés de danser le pilou-pilou à heures fixes. [...] J'étais l'un des seuls à savoir déchiffrer quelques mots que le pasteur m'avait appris, mais je ne comprenais pas la signification du deuxième mot écrit sur la pancarte fichée au milieu de la pelouse, devant notre enclos : Hommes anthropophages de Nouvelle-Calédonie.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          160
JallJall   17 avril 2016
Moi, je suis sénagalais. Je suis né en Casamance. Presque tous les jeunes de mon village sont morts à Verdun. A cause des gaz... Les soldats blancs ne voulaient plus monter à l'assaut, et c'est à nous, les tirailleurs des troupes coloniales, que le général a demandé de sauver la France. On s'est dégagés de la boue des tranchées, au petit matin, sans masques, poussés par la police militaire et les gendarmes qui étaient protégés, eux, et qui abattaient les frères qui essayaient de fuir le nuage de mort...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          240
annieannie   14 avril 2009
- "Tous les enfants de la tribu m'entourent et me demandent comment c'était la France, Paris. Je leur invente un conte, je leur dis que c'est le pays de merveilles. Mais très tard, je raconte pour les Anciens. Je leur explique qu'on nous obligeait à danser nus, hommes et femmes; que nous avions pas le droit de parler entre nous, seulement de grogner comme des bêtes, pour provoquer les rires des gens, derrière la grille; qu'on insultait le nom légué par nos ancêtres." (p. 47)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          230
Lire un extrait
Videos de Didier Daeninckx (28) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Didier Daeninckx
Didier Daeninckx : "La nécessaire minute 30" - Entrée libre
autres livres classés : Expositions colonialesVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle





Quiz Voir plus

Cannibale

Dans quel lieu Gocéné et ses compagnons sont-ils emmenés ?

En Allemagne à Berlin.
Dans un zoo en Australie.
A l'Exposition Coloniale à Paris.
En Suède dans un parc d'attractions.

10 questions
100 lecteurs ont répondu
Thème : Cannibale de Didier DaeninckxCréer un quiz sur ce livre
. .