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ISBN : 2070347095
Éditeur : Gallimard (27/09/2007)

Note moyenne : 3.7/5 (sur 108 notes)
Résumé :
Clément Duprest, brillant étudiant en droit, intègre la police nationale en 1942. Contrairement à certains de ses collègues, Duprest ne « fait pas de politique » : il va se contenter de mettre au service de ses patrons son intelligence et son sens de l'observation. Au sein de la « brigade des propos alarmistes », il est chargé de repérer et de neutraliser les individus hostiles à Vichy... Ainsi commence la longue carrière d'un fonctionnaire que certains diraient irr... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (15) Voir plus Ajouter une critique
Under_The_Moon
20 décembre 2014
C'est l'histoire d'un sale type, que ses camarades personnages connaissent sous le nom de Clément Duprest. Il n'a rien du type avec qui on aimerait passer la soirée, aller ou boulot ou même saluer sur le palier. C'est un personnage qui sur-rationalise tout ce qui l'entoure et il se rassure en appliquant avec un zèle à gerber tout ce que notre bon gouvernement de Vichy lui ordonne de faire. La chasse aux juifs et au communistes d'abord, puis aux indigènes, et à notre regretté Coluche. Et pour se dédouaner le fameux leitmotiv : "Je n'ai fait qu'obéir aux ordres", avec la variante "Je n'ai fait que mon travail"
Un petit Daeninckx pure sucre Mesdames et Messieurs pour conclure cette première moitié de décembre. Par rapport aux autres romans de l'écrivain, celui-ci me semble, d'un point de vue global, bien plus abouti. On sent bien le travail de recherches qui lui a été nécessaire pour l'écriture d'un ouvrage qui couvre une bonne partie de la seconde moitié du vingtième siècle. Pour une fois, Daeninckx a soigné la fin de son roman (il était temps !), mais alors le premier tiers… quel horreur ! quel ennui ! Trop de personnages et d'intrigues secondaires viennent noyer le lecteur et le découragerait presque d'aller au bout de sa lecture.
L'écrivain soulève dans cet ouvrage des questions qui fâchent. Son roman est un élément de réponse au "pourquoi au lendemain de la guerre tout le monde s'est découvert résistant, y compris ceux qui ont dénoncé leurs voisins?" Question intéressante à laquelle l'Etat français n'a toujours pas jugé bon de répondre. Ceci dit, il a fallu attendre le discours du 16 juillet 1995 pour que J.Chirac reconnaisse la responsabilité de la France dans la déportation de ses concitoyens français qui avaient eu le mauvais goût de naître juifs.
De même qu'on attend encore que l'Etat français reconnaisse toutes les horreurs qu'il a commis au nom de la France et de ses valeurs dans ses colonies, notamment en Algérie, et contre ceux qui avaient fait le choix d'immigrer en France - les harkis, et les autres aussi.
Ce portrait au vitriol a donc le mérite d'interpeller le lecteur - du moins celui qui ne se laisse pas impressionner par le fouillis de la narration et la distance qui est mise dans ce récit, à l'écriture aussi froide et factuelle que son personnage principal.
Malgré les "défauts" dans la narration mentionnés ci-dessus, j'ai tout de même apprécié lire ce roman subversif de Didier Daeninckx qui montre comment la France a brillamment recyclé ses salauds et les a laissé évoluer en son sein - en leur donnant régulièrement des promotions en plus !
Autre mérite de l'écrivain : il prouve que non, tous les Français ne sont pas arrogants, donneurs de leçons voir trop moralisateur vis-à-vis des pays étrangers et sont capables de regarder leur Histoire en face.
Merci Monsieur Daeninckx.
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Malivriotheque
13 novembre 2014
Clément Duprest intègre la police en plein régime de Vichy et a pour mission de traquer les Juifs et les résistants. C'est son job, c'est sa vie, c'est normal. Mais le cours de la Guerre tourne, et les traqueurs deviennent les traqués, sauf si comme Clément on est assez habile pour assurer ses arrières, au cas où... Et passant entre les mailles du filet, il va se retrouver à travailler pour la République, cette fois pour traquer les Communistes...
L'histoire d'un homme quelconque qui subit L Histoire, d'un côté toutefois rarement narré. Pourquoi ? Parce qu'il est moins tabou de raconter du côté des victimes que du côté des acteurs des souffrances d'autrui ? Ce livre est une très bonne base de réflexion sur le devoir d'obéissance d'un fonctionnaire de l'Etat, qui subit des directives, lesquelles le moulent d'ailleurs petit à petit comme un torrent qui creuse son chemin parmi les rochers. le personnage principal est un homme qui fait son métier, qui reçoit ses ordres d'en haut et qui n'a jamais connu rien d'autre que ça. Malgré le temps et le changement de pouvoir, cet homme reste naturellement antisémite, suite au modelage idéologique du régime précédent.
C'est une lecture fort enrichissante et qui engage à la réflexion, au questionnement du travail par rapport à l'être humain, et qui renforce encore plus le respect pour tous les gens qui ne se contentent pas de suivre des ordres qui vont à l'encontre de la morale, du respect d'autrui ou qui vont tout simplement à contre courant de décisions prises dans les hautes sphères par des dinosaures éloignés des réalités du terrain depuis fort longtemps. Je m'égare sûrement un peu, mais l'image du décisionnaire dans son bureau bien au chaud peut s'appliquer à bien des contextes...
Didier Daeninckx a fourni un travail remarquable, embarquant le lecteur dans une page de l'Histoire de France. Toutefois la première partie reste plus entraînante que la seconde, laquelle commence à perdre de son souffle dès lors qu'on parvient à la Guerre d'Algérie, les actions se faisant moins précises, les détails historiques s'étalant sur un paragraphe au lieu de deux pages, les réactions en chaîne étant moins expliquées et donc dures à suivre pour qui est né bien après ces évènements.
L'on regrette parfois qu'il n'en soit pas plus dit sur Clément, tout n'est que suggéré : sa relation avec son fils, ses prises de notes et dossiers sur les gens qui s'apparentent clairement à des TOC...
Un livre fort intéressant, rapide à terminer une fois la meilleure partie passée, et qui offre surtout une autre perspective d'analyse de l'emprise de l'Exécutif sur ses citoyens.
Lien : http://livriotheque.free.fr/..
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oran
24 septembre 2016
Incipit :
Clément Duprest se remémore sa prise de fonction, tout jeune homme alors qu'il s'apprête à partir en retraite.
Pendant quarante ans il a suivi un itinéraire quotidien, un trajet le conduisant régulièrement dans l'Ile de la Cité, Quai des Orfèvres. Un parcours accompli par un « salaud ordinaire », c'est-à-dire, un homme bassement, banalement, médiocrement méprisable.
Quand on intègre en 1942 les Brigades spéciales après avoir passé brillamment le concours d'officier de police, on se doute du travail à accomplir : arrestation de terroristes (résistants, communistes…), de juifs, d'opposants au régime de Vichy…
C'est le cas de Clément Duprest qui accomplira toute sa carrière au sein de cette administration, adoubé par sa hiérarchie, gravissant régulièrement les échelons.
Dans la fonction publique, on doit observer le droit de réserve, de discrétion et le secret professionnel, c'est ce que s'est attaché de faire scrupuleusement Duprest, sans état d'âme.
Quand on est confronté à devoir accomplir quelque chose qui met en péril son intégrité physique, on peut (depuis 1982) exercer un droit de retrait, on peut aussi user d'un droit de désobéissance – et cela peut s'avérer quelque fois, un devoir impérieux - on peut aussi démissionner si la tâche à accomplir est contraire à son éthique personnelle, aux valeurs humaines.
C'est ce que se garde de faire Duprest, obéissant aux ordres, fonctionnaire zélé, respectueux de ses chefs, obtus, et sans grande valeur morale tant dans sa vie professionnelle que familiale.
La fin de la guerre se pressent. Son beau-père, Augustin Genin, lui conseille formellement de jouer double jeu et de communiquer des renseignements à un fonctionnaire préfectoral.
A la Libération, il est arrêté, emprisonné, confronté à un témoin qu'il arrêta, mais lui, ne s'est jamais livré à des actes de torture, et les services rendus au cours des derniers mois lui valent d'être libéré et de réintégrer son corps d'origine, alors que certains de ses collègues vont payer le prix fort.
Et la carrière se poursuit, le temps passe ponctué par la naissance d'un fils, Guy, la prise d'échelons, les promotions qui se succèdent, il finira sa carrière comme commissaire principal à un indice élevé. Et, parallèlement, une vie privée de petit bourgeois étriqué
Les affaires à traiter se définissent en fonction du paysage politique : traque des communistes, ( il rédige des fiches sur Ivo Livi – Yves Montand - , Brassens, Sartre…) chasse des partisans indépendantistes , enquêtes sur les milieux politico-maffieux…
Duprest quitte enfin son poste à l'avènement de la présidence de Mitterrand, finalement satisfait de n'avoir pas à servir la gauche.
Par ce récit, il nous est donné de réviser quarante ans de l'actualité politique française, de son Histoire.
Didier Daeninckx déterre, sans complaisance des affaires peu glorieuses, sentant puissamment le souffre et la fange (euphémisme pour ne pas user de grossièreté !) (Affaire Marcovic, une parmi les plus sales de la Ve République, Affaire Coluche…) .


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carre
13 avril 2012
Clément Duprest après de brillantes études intégre la police.
Rien d'extraordinaire à celà sauf qu'on est en 1942, et que Duprest va
exercer son métier avec conscience et professionnalisme. Il va donc obéir à l'ignoble chasse aux juifs, aux communistes aux résistants. f
Fier de son travail, il passera à travers l'épuration à la libération. Et continuera sa carrière de fonctionnaire zélé et irréprochable avec la même pugnacité jusqu'aux années Mitterrand.
Didier Daeninckx, excellent auteur de polar, brosse dans ce récit le parcours au combien ordinaire mais terriblement accablant d'un homme sans moral, juste animer par l'ambition de bien faire. Duprest traverse les décennies (de la rafle du Vel d'hiv, en passant par l'Algérie jusqu'au années quatre-vingt.) sont aucun remords, ni repenti. Il obéit aux ordres donnés, n'hésite pas à employer des méthodes ignobles ou illicites pour parvenir à ces fins. Un fonctionnaire irréprochable si l'on n'y prête peu d'attention mais surtout un opportunisme qui fera toute sa carrière en se comportant de la pire des façons. Daeninckx truffe son roman d'anecdotes historiques qui font que ce portrait d'une ordure sans moral, est un tableau dérangeant. Car Duprest citoyen au combien ordinaire, continue malgré tout ses basses besognes qu'elque soit la cible. Quand le mal se fait figure humaine.
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Jall
09 avril 2016
Proche de l'Emprise de Marc Dugain ou des Anonymes d'Ellory, Itinéraire d'un salaud ordinaire traite de l'influence des Renseignements Généraux en France à travers le parcours d'un de leurs employés, de 1942 à 1981.
Si le héros, Clément Duprest, est fictif, les événements et la plupart des personnages rencontrés ne le sont pas.
Très bien documenté tout en restant de lecture abordable, ce roman passionnant (ses 350 pages se lisent d'une traite) démarre dans la France vichyste et s'achève à l'élection de François Mitterrand. Une large part est consacrée au rôle de la police française sous l'occupation puis le roman s'intéresse à la Guerre d'Algérie, mai 68 et la candidature de Coluche à l'élection présidentielle.
Les reconstitutions de chaque époque sont remarquables, sans tomber dans le didactique. le style est très vivant. Ce type d'ouvrage est totalement effrayant par la réalité qu'il renvoie (quelle liberté réelle avons-nous ?, quelle manipulation subissons-nous ?) mais en même temps totalement indispensable !
Je pense déjà l'offrir à quelques proches !
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Citations & extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
Under_The_MoonUnder_The_Moon14 décembre 2014
Il est impératif de rester simple : la vérité doit être assimilable sans effort. L'auditeur sait que s'il faut réfléchir, c'est qu'on nous cache quelque chose. Pour qu'une pièce prenne une forme idéale, le forgeron ne compte pas ses coups de marteau. A la radio, le marteau, c'est les mots.
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Under_The_MoonUnder_The_Moon19 décembre 2014
On préparait donc la Révolution et personne n'en savait rien ! Mais qui est-ce qui venait voir les pièces de Brecht, les pièces de Genet ? Qui se mettait ainsi en état de bouleverser le monde ? L'ouvrier spécialisé de chez Citroën, le travailleur immigré des chantiers de la Défense, la mécanographe de chez Bull ? Non… Je vais vous le dire. Sur ces sièges repris par le peuple, s'épanouissaient des derrières bien nourris ! Ici, sur scène, on mimait la contestation sans troubler la digestion d'un public de banquiers, de directeurs d'entreprises, de marchands de canons. L'acteur versait une larme sur l'humanité de la condition des prolétaires pour absoudre les spectateurs payants de leurs problèmes de conscience. On purgeait les passions. L'Odéon, c'était le coeur à gauche et le portefeuille au chaud, bien à droite !
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oranoran24 septembre 2016
Oui, j’ai en effet été désigné comme volontaire pour les grandes rafles de l’été… J’agissais sur ordre de mes supérieurs… Les lois reconnaissent qu’il n’y a pas de délit quand des actions contraires à la morale sont ordonnées par une autorité légitime…
Airaud l’interrompit.
-Le gouvernement provisoire a abrogé cet article du Code pénal auquel vous faites allusion…
Duprest comprit qu’il allait marquer un point décisif dans l’échange.
-Sauf que cette décision a été prise en juin 1944, et que ce que vous me demandez de justifier, Monsieur le Président, date de juillet 1942, c’est-à-dire plus de deux ans auparavant. Je ne pouvais pas me conformer à une recommandation qui n’existait pas…

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Under_The_MoonUnder_The_Moon13 décembre 2014
Si on commence à mettre au trou tous ceux qui plaisantent sur le régime et les Allemands, le pays devra se couvrir de prisons. Et il faudra que j'y conduise au moins la moitié de ma famille, moi en tête !
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Under_The_MoonUnder_The_Moon05 décembre 2014
On s'en fout de Simenon, il ne raconte que des conneries. Son Maigret, il passe son temps à faire semblant de réfléchir en fumant des bouffardes, alors que le secret du métier, c'est l'action !
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