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ISBN : 2070408078
Éditeur : Gallimard (30/11/-1)

Note moyenne : 3.79/5 (sur 273 notes)
Résumé :
8 mars 1963. Le jeune Lucien Ricouart, isolé dans une pension pour apprentis, s'acharnant à domestiquer sa solitude, est retrouvé mort noyé dans un bassin après que ses camarades l'aient traité de "fils d'assassin".
Un professeur efface dans la boue, sous la pluie, son dernier message et son cri de révolte qui affirment au contraire et jusque dans la mort : "Mon père n'est pas un assassin".
Vingt-cinq ans plus tard, un jeune historien enquête sur le vi... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (28) Voir plus Ajouter une critique
DamienR
  03 décembre 2012
Un roman cruel, pessimiste mais ô combien crédible. de la Résistance à la déportation, du quotidien des cités ouvrières à celui des internats, Didier Daeninckx dresse les portraits de personnages qui supportent les charges de leur enfermement social ou de sinistres manipulateurs bien heureux de leur supériorité.
Écrit en 1989, le déroulement de l'histoire est d'une modernité qui n'a rien à rougir des auteurs étrangers à la mode (Scandinaves, anglo-saxons) : un court chapitre largement postérieur aux événements relatés (pendant la Seconde Guerre Mondiale) introduit le roman et fait planer le doute jusqu'aux dernières pages. D'une vision centrée sur le récit de quelques années du personnage principal, notre regard s'élargit au poids de la Grande Histoire sur l'individu, et questionne la notion subjective de "fatalité" à laquelle il est facile de s'abandonner.
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Fandol
  02 mai 2017
La mort n'oublie personne, « Ce cri contre l'injustice », comme nous l'a dédicacé Didier Daeninckx, lors de Sang d'encre, à Vienne, débute à Blavaincourt, le 8 mars 1963, dans une école professionnelle des Charbonnages de France. le jeune Lucien Ricouart n'en peut plus d'être toujours traité de « fils d'assassin » et il prend la fuite pendant que la troupe charge une manifestation de mineurs…
Le jeune Lucien est retrouvé noyé après avoir écrit, sur la terre : « Mon père n'est pas un assassin. » le récit revient alors en arrière, le 20 juin 1944, à Cauchel, et c'est Jean Ricouart, père de Lucien, retraité, qui raconte. Il avait 17 ans et résistait contre l'occupant. Ayant suivi Moktar pour tuer un soldat allemand, le coup tourne mal et Moktar est abattu alors qu'il protégeait la fuite de son jeune camarade. Ce dernier est obligé de se cacher, trouve l'amour avec Marie et, chez le facteur Lenglart qui l'héberge, il découvre les lettres de dénonciation envoyées par « les bons Français » à l'occupant nazi…
Justement, une nouvelle mission, avec le Capitaine Camblain, l'emmène dans une ferme où le père est un dénonciateur et le fils, délégué cantonal de la Légion des volontaires français contre le bolchevisme. Auparavant, une autre mission, chez un imprimeur, ne s'était pas bien passée… le 5 juillet 1944, Jean Ricouart est arrêté par les Miliciens, battu et torturé. Il se retrouve dans la prison de Loos-lès-Lille où un co-détenu, instituteur, s'occupe de lui : « Il me fit connaître Rimbaud et Trenet, Fréhel et Apollinaire. »
« On nous transféra la veille du 14 Juillet, au petit matin. Les matons, des Français pour la plupart, nous éjectèrent de nos cellules à coups de matraques et nous remirent aux Allemands… » C'est ainsi que commence ce voyage vers l'enfer partagé avec tant d'autres et dont témoigne un numéro tatoué en bleu sur son bras. Après cinq jours d'horreur, c'est le camp de Shorfheide-Neumark puis les marches de la mort car les SS ne veulent pas laisser de traces de leurs crimes contre l'humanité.
Lorsqu'il revient enfin, il pèse à peine 34 kg et il est un ancien déporté de… 19 ans. Il retrouve enfin Marie et l'épouse en août 1947 mais voilà qu'il est convoqué par un juge d'instruction, accusé de complicité de meurtre et jeté en prison ! Il sont six anciens résistants devant un jury composé de riches paysans, de commerçants et de notables, « le Peuple français jugeait en toute sérénité des inconnus venus du pays des gueules noires, les assassins d'un fermier et d'un notable… Les jurés qui avaient dormi sur leurs deux oreilles entre 1940 et 1944 après avoir compté l'argent du marché noir… »
L'avocat général et les juges étant d'accord entre eux, ils sont tous condamnés mais des années après, la bêtise et la méchanceté ont tué un jeune homme qui ne supportait pas la calomnie. Après d'inattendues révélations, l'épilogue arrive enfin. Il faut lire "La mort n'oublie personne" car ce que décrit Didier Daeninckx est toujours d'actualité, hélas.
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Rhodopsine
  30 avril 2018
La classification des éditeurs est parfois mystérieuse: pourquoi dans une collection "policiers"?
Ne vous laissez pas éloigner par cette étiquette incongrue. Il s'agit d'un récit formidable sur la Résistance, pas celle des héros célébrés lors des commémorations, mais celle des sans-grades, des gamins, des ouvriers , des facteurs. Il est question aussi, ou surtout, de la douleur , des trahisons, des corruptions, et puis du Nord, des terrils, des mines, des quartiers rebâtis à la hâte, affublés de noms porteurs d'avenir dans des villes que l'avenir a désertées quand la mine a fermé.
Un livre qui me donne envie de découvrir l'oeuvre de D.Daeninckx.
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Ben_Tyrion
  26 avril 2016
La lecture de la mort n'oublie personne constitue pour moi une découverte de l'oeuvre de Didier Daninckx. Autant dire d'emblée que la rencontre est réussie. Je ne reviendrai pas ici sur la trame du récit, résumé ci-dessus. On suit le parcours d'un résistant, embrigadé en quelque sorte «par hasard» par un groupe de résistants d'extrême gauche, et qui participe, en définitive, à un nombre très restreint d'expéditions punitives. le roman interpelle de manière simple, mais décisive sur les motivations de la résistance, sur la manière dont la population et la justice s'étaient, sous Vichy, accommodées du pouvoir de l'occupant. Résister, c'est avant tout faire oeuvre de justice, semble vouloir nous dire Daeninckx. Résister, c'est résister à l'occupant, résister à la tentation de lui donner trop d'importance, de se complaire dans le confort de sa présence. Résister n'est pas faire oeuvre de vengeance, mais de justice, même si le prix à payer est immense, en définitive.
Un roman qui ne se résume pas à la simple narration d'une histoire fictive – mais une histoire tellement crédible. Un livre qui, nourri d'une connaissance de l'histoire, propose une lecture des faits au lecteur et l'invite à la réflexion et à prendre position. Un polar où l'on n'est certes pas pris dans une atmosphère «psychologique», ou de tension permanente. Mais un roman tel que j'aimerais en lire au quotidien!
Lien : http://les-lectures-de-thibe..
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Rodin_Marcel
  31 janvier 2016
Daeninckx Didier – "La mort n'oublie personne" – Galimard/Folio, 2011 (ISBN 978-2-07-40807-8) – Cop. 1989 chez Denoël

Un roman doté d'une intrigue non policière centrée tout de même autour d'un double meurtre. Trois strates chronologiques s'entremêlent.
- Les meurtres sont commis en 1944, pendant l'Occupation, par un groupe de résistants se chargeant d'exécuter les collabos français actifs dans des groupes paramilitaires comme la Milice de Danand ou la LVF des Doriot et autres Déat.
- Bien après la guerre, un adolescent, fils de l'un de ces résistants, se suicide en 1963 après que sescamarades l'aient traité de "fils d'assassin".
- Vers 1988 enfin, un jeune journaliste vient interroger longuement l'un des principaux protagonistes, qui n'est autre que le père du jeune suicidé.

Ces meurtres officiellement décidés par la Résistance pour punir des collabos furent-ils tous justifiés ? Furent-ils parfois manipulés par des gens ne cherchant qu'une vengeance personnelle ? Quel rôle jouèrent les juges assermentés au régime de Vichy juste après la Libération au cours de ce qui devait être l'épuration ?

Dans ce roman, Didier Daeninckx mélange toutes ces strates avec une grande maîtrise, en campant de surcroît un arrière plan social typiquement nordiste, jouant sur l'opposition entre le pays des houillères et Saint-Omer cataloguée "ville bourgeoise" collaborationniste. Je n'apprécie guère l'assimilation des "commerçants" aux collabos, mais bon...

Ce roman se lit pratiquement d'une traite, c'est probablement le meilleur de cet auteur, qui y fait preuve de subtilité dans la mise en scène d'une période particulièrement trouble, remplie d'incertitude et de revirements. Nous sommes loin de ses autres romans pleins de sectarisme et de diatribes politiques caricaturales. Dommage que Daeninckx n'ait pas cultivé cet aspect de son écriture...

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Citations et extraits (22) Voir plus Ajouter une citation
totototo   08 mars 2011
En prison, on connaît son avenir, son temps d'incarcération, on s'organise en humain retranché du monde ordinaire. A Schorfheide, à Reiterberg, le temps était aboli, la frontière entre le bien et le mal effacée... On ne connaissait plus que la souffrance du corps, l'avilissement. Là-bas, il n'y avait pas de miroirs. On ne se voyait jamais. On en arrivait à fuir les mares d'eau pour éviter de rencontrer notre reflet. Si je m'étais vu une seule fois dans une glace, je ne serais sûrement pas ici à discuter de tout ça...ma vie tient peut-être à un reflet dans une vitre...
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PalimpsestePalimpseste   23 juillet 2012
[...] Les lourdes portes de la prison s'ouvrirent et le convoi traversa Lille, longea la citadelle avant de prendre la direction de Marcq-en-Baroeul. Je ne rencontrai que des regards mornes. Nous nous attendions tous au pire et n'avions aucune envie d'en parler.
Malheureusement ce n'est pas ce qui advint... ce fut encore pire... Je ne peux pas vous le raconter... Ca ne passe pas par les mots... [...]
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SpilettSpilett   05 octobre 2014
Je crois profondément que personne ne mérite de décoration pour avoir tué un homme. Quel qu'il soit... A certains moments, il faut en venir là, et il n'y a rien de plus triste au monde...
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totototo   08 mars 2011
Je me suis lavé à la pierre, près de la porte, au dessus de la vaisselle de la veille. J'ai remis mes habits de la semaine, malgré les récriminations de la mère comme quoi, même si on est pauvres, ce n'est pas une raison pour le faire savoir.
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FandolFandol   02 mai 2017
Le Peuple français jugeait en toute sérénité des inconnus venus du pays des gueules noires, les assassins d’un fermier et d’un notable… Les jurés qui avaient dormi sur leurs deux oreilles entre 1940 et 1944 après avoir compté l’argent du marché noir…
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Videos de Didier Daeninckx (37) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Didier Daeninckx
Didier Daeninckx : "Les jeunes du front populaire remettaient en cause l'ordre établi" Auteur français de romans noirs et de nouvelles, Didier Daeninckx publie "Un parfum de bonheur" (Gallimard) qui restitue en images l'histoire du Front populaire.
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