AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
EAN : 9782070137879
256 pages
Gallimard (07/05/2012)
3.74/5   72 notes
Résumé :
"Au moment de prendre congé, si je me tourne vers le passé,
je suis incapable de choisir, dans ce roman qu’a été ma vie, le
chapitre que je placerais en tête du volume. Je ne retrancherais rien de ce que j’ai vécu ni de ce qu’on m’a fait subir. Non. Je suis la somme de tous ceux dont j’ai, à distance, l’impression d’avoir endossé le costume. Je me reconnais en tous.
Novice sur le pont noir de La Belle Poule, zouave d’opérette devant Sébast... >Voir plus
Acheter ce livre sur

LirekaFnacAmazonRakutenCultura
Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
3,74

sur 72 notes
5
2 avis
4
6 avis
3
2 avis
2
0 avis
1
0 avis

christinebeausson
  15 janvier 2014
Aviez vous déjà entendu parlé d'Etienne Cabet ?
Victor Noir ça vous dit quelque chose ?
Théophile Férré ?
Et pour finir Monsieur III, là, il faudra lire et chercher par vous mêmes, le dictionnaire ne donnera pas la réponse!
Ce livre est un vrai cours d'histoire, la grande Histoire de la commune de Paris avec ses hésitations, ses erreurs, ses conflits,.....
Les événements sont passés dans la moulinette de l'histoire, qui se souvient de la Commune de Narbonne, de la Commune de Marseille, ainsi que de la Commune de Lyon !
Ce livre est un vrai récit de "voyage", les grandes traversées, avec les cérémonies du passage de l'équateur, le "franchissement du cap de Bonne espérance, quand les courants froids de l'Atlantique ne peuvent se résoudre à laisser place aux liquides chauds et lourds de l'océan Indien", et le passage du détroit de Bass qui sépare l'Australie de l'île de Tasmanie.
Ce livre est un vrai cours de géographie nous emmenant de l'autre côté du monde à la découverte de l'archipel de la nouvelle Calédonie et ses conditions de survie et aussi nous faisant revivre un Paris populaire que nous redécouvrons au travers du nom des quartiers évoqués !
Une très belle histoire que l'histoire de ce monsieur, une personnalité très attachante, en avance sur son temps car comment ne pas rapprocher l'affiche :
"Invitation aux malheureux du 18 e arrondissement
Dimanche 6 décembre 1885, de 8 h à 12 h
Grand déjeuner gratis
Camarades,
La révolution tardant, et ne pouvant, dans un moment de calme et de tranquillité, faire fusiller les bons bourgeois qui détiennent entre leurs mains le CAPITAL, j'ai pensé en attendant l'heure de la justice populaire (celle qui ne commet jamais d'erreur judiciaire), faire cracher la bonne galette aux réactionnaires. Aussi, frères, en attendant que ces vils capitalistes soient envoyés jouer à la manille avec l'homme à la vieille barbe, venez dimanche vous caler les joues à la Taverne du Bagne. Votre appétit n'en sera que plus formidable, car c'est la Réaction qui paye.... Par force."
Avec
Une autre voix qui nous a aussi quitté :
"Aujourd' hui on n' a plus le droit
Ni d' avoir faim ni d' avoir froid
Dépassé le chacun pour soi
Quand je pense à toi je pense à moi
Je te promets pas le grand soir
Mais juste à manger et à boire
Un peu de pain et de chaleur
Dans les restos les restos du coeur
Aujourd' hui on n' a plus le droit
Ni d' avoir faim ni d' avoir froid"
Merci à Didier Daenincks de faire vivre encore une fois Monsieur Maxime Lisbonne et de nous permettre de lui dire au revoir avec le texte de l'Humanité du 27 mai 1905 :
"Le voilà parti, ce gai vivant, et l'on ne reverra plus sa silhouette caractéristique, sa tête forte aux longs cheveux boucles, au menton proéminent, ses pantalons à la hussarde, son gilet toujours déboutonné, son large feutre pose de guingois, ce gilet et ce feutre qui effarèrent tant de graves académiciens, ...."
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          101
Fandol
  30 juillet 2017
Qui connaît Maxime Lisbonne (1839 – 1905) ? Ce héros de la Commune, compagnon de Louise Michel, méritait d'être sorti de l'oubli, ce qu'a fait Didier Daeninckx avec son talent habituel dans le banquet des affamés.
Sans tergiverser, l'auteur donne la parole à son héros qui s'est toujours dressé contre le mensonge. « Bohème, mauvais soldat, criminel vulgaire, incendiaire et assassin », l'a qualifié le capitaine Charrière, commissaire du gouvernement auprès du conseil de guerre. Cela a beaucoup choqué notre homme qui ne reconnaît qu'un mot dans cette liste : bohème.
Dès l'âge de 16 ans, il était engagé dans la troupe de Napoléon III au siège de Sébastopol où le choléra faisait plus de victimes que la guerre. Affecté au théâtre Zouave, il découvre sa vraie vocation et il signe pour sept ans ce qui l'emmène en Italie puis en Syrie où un officier découvre que son nom cache un changement de patronyme effectué par son père, juif expulsé de Lisbonne, changeant son prénom, Jacob, pour Auguste.
Conter toutes les aventures vécues par Maxime Lisbonne serait bien trop long. Il faut noter simplement qu'il épouse Élisa Dodin en 1866 et reconnaît leur fils, Félix, qui a déjà 10 ans. Il se lance dans l'organisation de spectacles mais la situation politique de la France est très chaotique. Paris est assiégée le 1er septembre 1870 et Napoléon III hisse le drapeau blanc à Sedan. La République est proclamée. Victor Hugo revient après dix-huit ans d'exil.
Hélas, la famine sévit dans Paris et Maxime Lisbonne ne peut rester indifférent : « Je n'avais qu'un désir en combattant : aider à la conclusion d'une paix honorable et rentrer la tête haute dans la vie civile, consacrer mon existence au théâtre. »
Commence alors une lutte sans merci entre la Commune et les Versaillais dirigés par Adolphe Thiers. « Ferry l'affameur » a fui et notre homme déplore un attentisme qui se révèlera néfaste. Thiers fait tirer sur Paris. C'est la guerre civile. Maxime Lisbonne est un meneur d'hommes, se battant au milieu des cadavres et des ruines.
Pour protéger Henri Bauër, fils naturel d'Alexandre Dumas, il se laisse accuser d'avoir fait brûler la rue Vavin et cela va le poursuivre longtemps. Blessé grièvement, il a la gangrène et demande à ce que soit inscrit, sur sa tombe : « Maxime Lisbonne, Colonel de la Commune, membre du Comité central. »
Le 25 janvier 1873, il embarque, à Toulon, avec 360 forçats de droit commun et 60 déportés de la Commune pour Nouméa et l'île de Nou, matricule 4589, où il retrouve Louise Michel quelques mois plus tard. Il est choqué par ce qui est écrit sur la Commune par George Sand, Flaubert, Théophile Gautier, les Goncourt, Dumas fils.
Les conditions de vie sont très dures mais, en France, Hugo, Zola, Raspail, Jules Guesde, Clémenceau, Naquet… demandent la clémence pour les déportés de la Commune. Enfin, après sept ans, il revient, prend la parole à la gare Montparnasse et retrouve Élisa. Tous les deux, ils reprennent la vie théâtrale, organisant ce fameux Banquet des affamés pour les malheureux du VIIIe arrondissement.
Retiré à La Ferté-Alais, il meurt à 66 ans, peu après Louise Michel et seul, le journal L'Humanité lui rendra vraiment hommage.
Lien : http://notre-jardin-des-livr..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          100
sweetie
  22 septembre 2020
Le banquet des affamés réfère à un grand banquet offert par Maxime Lisbonne aux déshérités du XVIIIe arrondissement de Paris en 1885. Ce Lisbonne (1839-1905) ex-communard, ex-forçat déporté en Nouvelle-Calédonie en 1872, de retour en France en 1880 sous la pression populaire et politique (Victor Hugo a écrit « Les guerres civiles ne sont finies qu'apaisées. »), demeurera sous le feu des projecteurs parisiens grâce à ses nombreux théâtres éphémères, ses cabarets-spectacles originaux, ses écrits satiriques et ses frasques de saltimbanque.
Le style de Didier Daeninckx ne fait pas défaut ni son écriture, fort belle, mais il y manque le souffle romanesque qui transcende le côté historique du récit. Il me vient à l'esprit le très beau roman de Michel Ragon, La Mémoire des vaincus, qui raconte la genèse de la Commune de Paris et son issue dramatique.
Le banquet des affamés a surtout le mérite de m'avoir fait connaître une autre figure active de l'insurrection de 1871.
Commenter  J’apprécie          90
chrisylivres
  17 juillet 2017
« Novice sur le pont noir de la Belle Poule, zouave d'opérette devant Sébastopol, soldat bafoué en Algérie, comédien et pourquoi pas saltimbanque, fossoyeur de l'empire, colonel des Turcos de la Commune, compagnon de Louise Michel et metteur en scène de ses oeuvres… »
La vie de Maxime Lisbonne est tellement dense, intense, qu'il est bien difficile de la résumer en quelques phrases.
Engagé alors qu'il n'avait pas 16 ans dans la marine de Napoléon III, il se découvre une passion pour le théâtre dans la petite troupe des Zouaves (il fallait bien distraire les troupes). Libéré de son premier engagement, il signe de nouveau dans les chasseurs à pied pour 7 ans. Il finira dans la première compagnie des fusiliers de discipline suite à un café brulant jeté à la figure d'un gradé qui l'insultait. 1866, il est de retour à Paris. Avec son petit pécule accumulé pendant ses campagnes militaires, il loue une salle près du canal Saint Martin et met en scène des pièces.
La fin de l'empire est proche. La popularité de Napoléon III et de son entourage est au plus bas. le régime est de plus en plus brutal et la colère gronde dans le peuple. Bismark avait besoin d'une guerre pour unifier son peuple, et Napoléon III voulait une menace extérieure pour faire taire l'opposition notamment du peuple de Paris. le 13 juillet 1870, la fausse dépêche d'Ems fera l'affaire. le 1er septembre, la France est défaite à Sedan.
A travers ce roman, on observe la mainmise des politiciens de métier sur le peuple ; les tergiversations et le manque de coordination ont plombé dès le départ les chances de réussite de la Commune. C'est une période très courte mais très intense de l'histoire de France (que l'on n'apprend jamais à l'école). Et à travers le regard de Maxime Lisbonne, on comprend le destin tragique de ce projet politique.
Nommé colonel pendant la Commune, il va payer cher son engagement politique. Condamné à mort, il voit sa peine commuée en peine de travaux forcés à perpétuité assortie de la déportation dans une enceinte fortifiée : ce sera la Nouvelle Calédonie.
Artiste, homme d'affaires, journaliste… ce roman se lit comme un roman d'aventures. D'ailleurs, s'il ne s'agissait pas d'une histoire vraie, on se dirait que l'auteur à trop d'imagination. Il est extrêmement bien documenté. Je vous recommande notamment le chapitre 2 : les cimetières sucrés : vous ne verrez plus le sucre raffiné de la même façon.
On retrouve dans ce roman historique les deux thèmes de prédilection de l'auteur : la thématique sociale et l'enquête historique sur un passé travesti ou caché. Un très bon roman historique et une très belle biographie de Maxime Lisbonne.

Lien : https://chrisylitterature.jo..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          60
mercure
  23 mars 2014
Quand Didier Daenincks s'empare d'un sujet, il sait avec verve ressusciter le personnage historique, vue par le quotidien. Voilà Maxime Lisbonne, homme à tout faire la Révolution, théâtreux, militaire, amuseur public, mais aussi créateur du banquet des affamés, dans une générosité qui nous touche.
Crimée, Commune, bagne, siège de Paris, barricades : comment traverser ces trente années quand on est homme de liberté et contraint par le pouvoir à ruser pour donner le meilleur de ses idées ? Lisbonne fait le pont avec les hommes politiques, les insurgés, et dresse de Louise Michel un portrait sensible et attachant.
Sa potacherie pour sa candidature à L Académie Française reste un grand moment de rigolade.
Sa "Traversée" de Paris donne à voir une communauté de parisiens attachés aux libertés et finalement, à la joie de vivre malgré les épreuves terribles de la guerre.
Merci, Didier.
Commenter  J’apprécie          80


critiques presse (2)
LesEchos   13 août 2012
En racontant [la vie de Maxime Lisbonne] à la première personne, Daeninckx s'est fait plaisir. Et nous fait plaisir.
Lire la critique sur le site : LesEchos
Telerama   13 juin 2012
Didier Daeninckx s'installe avec délectation dans la peau de Maxime Lisbonne, parlant à la première personne dans une langue soignée et vivante qui fait claquer le verbe et l'adjectif révolutionnaire.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (23) Voir plus Ajouter une citation
petchpetch   18 janvier 2014
Les employés des pompes funèbres emportaient le corps de deux voisins victimes de l'épidémie de choléra. [...] Les morts se comptaient par milliers, et le préfet Poubelle n'avait rien trouvé d'autre que d'obliger les Parisiens à déposer chaque matin leurs ordures dans des boîtes métalliques : une pour les matières putrescibles, une pour les papiers et les chiffons, une autre enfin pour le verre et la faïence. Bien qu'ils fissent chambre à part, les microbes continuaient à proliférer.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          60
Fadette100Fadette100   30 août 2013
Liberté, égalité, fraternité
C'est beau comme devise
Dommage que ce soit platonique.
Maxime Lisbonne
(page 9)
Commenter  J’apprécie          240
petchpetch   30 décembre 2013
Une foule entière aux yeux rougis, aux poumons asphyxiés, avait réussi à s'extraire de la fournaise. Quand j'arrivai sur place, alerté par les cris, on avait abandonné tout espoir de sauver quelques malheureux que les fumées enveloppaient. Dans ces cas-là, si on écoute son courage, il est probable qu'on ne l'entendrait pas tant il se fait discret. (p.30)
Commenter  J’apprécie          50
martineden74martineden74   13 septembre 2020
Au moment de prendre congé, si je me tourne vers le passé,
je suis incapable de choisir, dans ce roman qu’a été ma vie, le chapitre que je placerais en tête du volume. Je ne retrancherais rien de ce que j’ai vécu ni de ce qu’on m’a fait subir. Non. Je suis la somme de tous ceux dont j’ai, à distance, l’impression d’avoir endossé le costume. Je me reconnais en tous.
Novice sur le pont noir de La Belle Poule, zouave d’opérette devant Sébastopol, soldat bafoué en Algérie, comédien et pourquoi pas saltimbanque, fossoyeur de l’Empire, colonel des Turcos de la Commune, compagnon de Louise Michel et metteur en scène de ses oeuvres, laissé pour mort sur la barricade du Château d’Eau, estropié sans pension, condamné à mort, déporté en Calédonie, inventeur du théâtre déshabillé, directeur des Bouffes du Nord, gargotier, fondateur de journaux, orateur, dresseur de lions édentés, prétendant à la députation, buraliste en désespoir de cause, mari fidèle et père aimant
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
chrisylivreschrisylivres   17 juillet 2017
Ce railleur, ce farceur, ce cabotin colonel se montra l’un des plus vaillants, à une époque où le courage courait les rues. Ses compagnons l’avaient surnommé « le Murat de la République », comme le héros des cavaleries impériales, Lisbonne se plaisait à caracoler au milieu des balles.
Commenter  J’apprécie          50

Videos de Didier Daeninckx (41) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Didier Daeninckx
À quelques jours des municipales, le réel d'abord : Didier Daeninckx ouvre son tract Gallimard sur son déménagement : il quitte la Seine-Saint-Denis (93) pour s'installer dans le Val de Marne (94). Porteur de la mémoire de ces espaces, il revient sur les nombreux bénéfices dont ont bénéficié les mairies et les associations communistes à Aubervilliers, et plus généralement dans les banlieues rouges. L'écrivain, pour qui l'écriture reste un lieu de résistance, explore le roman fiction dans trois livres, publiés dans la collection Tracts chez Gallimard intitulé "Municipales : Banlieue naufragée" (2020), "Le roman noir de l'Histoire" (Verdier, 2019) et, paru en mars en folio Gallimard, "Artana ! Artana !". Il est l'invité de la Grande table aujourd'hui.
La Grande table Culture d'Olivia Gesbert – émission du 11 mars 2020 À retrouver ici : https://www.franceculture.fr/emissions/la-grande-table-1ere-partie/saison-26-08-2019-29-06-2020
Abonnez-vous pour retrouver toutes nos vidéos : https://www.youtube.com/channel/¤££¤21De l'¤££¤11Facebook6khzewww2g/?sub_confirmation=1
Et retrouvez-nous sur... Facebook : https://fr-fr.facebook.com/franceculture Twitter : https://twitter.com/franceculture Instagram : https://www.instagram.com/franceculture
+ Lire la suite
autres livres classés : CommuneVoir plus
Acheter ce livre sur

LirekaFnacAmazonRakutenCultura





Quiz Voir plus

La mort n'oublie personne

En quelle année se passe l’histoire ?

1963
1953
1958

9 questions
108 lecteurs ont répondu
Thème : La mort n'oublie personne de Didier DaeninckxCréer un quiz sur ce livre