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ISBN : 2070406490
Éditeur : Gallimard (30/11/-1)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 3.92/5 (sur 292 notes)
Résumé :
Paris, octobre 1961 : à Richelieu-Drouot, la police s'oppose à des Algériens en colère. Thiraud, un petit prof d'histoire, a le tort de passer trop près de la manifestation qui fit des centaines de victimes. Cette mort ne serait jamais sortie de l'ombre si, vingt ans plus tard, un second Thiraud, le fils, ne s'était fait truffer de plomb, à Toulouse.
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Critiques, Analyses & Avis (41) Voir plus Ajouter une critique
zwyns
28 février 2017
L'inspecteur Cadin est sur une vague affaire de meurtre à Toulouse .
Bernard Thiraud , jeune étudiant en Histoire médiévale a été abattu en pleine rue par ce qui semble être un professionnel . Mais si l'arme fait penser à l'action d'un tueur de métier , le mode opératoire ressemble à celui d'un amateur .
Mais que faisait Bernard , accompagné de sa petite amie Claudine , à Toulouse. Ce n'est pas vraiment l'itinéraire le plus simple pour relier Paris au Maroc , où ils vont passer leurs vacances . D'après l'interrogatoire de Claudine , il consultait des archives à la mairie. En tant qu'étudiant en Histoire , rien de plus normal .
Cadin mène son enquête et découvre que les documents concernaient la 2ème guerre mondiale ... La thèse du crime passionnel s'éloigne , d'autant que Cadin ,en fouillant dans le fichier central des Archives de Paris , que le père de Bernard , Roger Thiraud , né à Drancy en 29 , professeur d'Histoire au lycée Lamartine , est mort lors de la manifestation du FLN algérien le 17 octobre 1961. Cette manif fit des centaines de victimes parmi les participants , pourtant non armés .Les compagnies de CRS n'ont pas fait dans la dentelle . On retrouvera même des dizaines de cadavres jetés dans la Seine . Les ordres venaient sûrement de très haut dans la hiérarchie .
Les armes utilisées étaient déclassifiées , non identifiables . Même les uniformes ne portaient plus les signes des unités CRS sur le terrain .
Mais Roger Thiraud n'est pas mort dans la mêlée . Pris dans la manifestation en rentrant de l'école , c'est un autre tueur professionnel qui l'assassinera en aparté .
Comment Cadin va-t-il dénouer cette sombre affaire dans laquelle se mêlent agissements du FLN ,de l'OAS , du SAC ,du régime de Vichy ?
De la Guerre d'Algérie aux convois NN de Drancy , Didier Daeninckx fait à nouveau et avec bonheur se mêler petite et grande Histoire . Polar sans prétention mais prétexte pou un auteur engagé à dénoncer l'injustice , les excès du Pouvoir , de la dictature , du colonialisme.
Daeninckx ou quand le noir de la Société rencontre le noir de l' Histoire.
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Ambages
10 décembre 2016
Meurtres pour mémoire porte bien son titre. Plus qu'un roman policier, j'ai eu l'impression que Didier Daeninckx voulait surtout évoquer deux épisodes peu reluisants de notre histoire française récente au travers de ce roman : la collaboration de l'administration française dans la déportation de juifs, voire le zèle de certains fonctionnaires aboutissant à la mort d'enfants, de familles juives après leur regroupement à Drancy, et la répression de la manifestation du soir du 17 octobre 1961 à Paris où de nombreux algériens ont été torturés et assassinés. Les évoquer pour que les morts ne tombent pas dans l'oubli, pour que cela ne se reproduise plus, pour que ces petites âmes restent dans notre mémoire. J'ai lu ce roman comme un devoir de mémoire et j'ai été touchée. Pas tellement par la plume, presque journalistique, mais parce que j'ai ressenti le malaise, profond, de l'auteur face à la bêtise humaine, face à l'incompréhensible. Comme si l'auteur en écrivant ce livre espérait trouver des réponses en posant les faits avec des mots. Mais je crains que cela ne soit suffisant. En revanche, ce roman a pu permettre à l'écrivain de progresser dans son questionnement. Personnellement, ses mots ont permis de relancer ma machine à questions et je ne trouverais sans doute pas de réponse à toutes ces betises, passées et ...à venir, malheureusement. La mémoire et Meurtres pour mémoire, devraient permettre de ne pas reproduire les erreurs du passé. C'est à cela que ça sert, non ? Une trace contre l'oubli. Merci pour ce roman, piqure de rappel.
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oran
03 juillet 2017
Roman politico- policier qui tourne autour de l'affaire du métro Charonne le 8 février 1962 à Paris , manifestation contre l'OAS et la guerre d'Algérie.
Deux meurtres celui d'un père et de son fils à plusieurs années d'intervalle, qui impliquent les services secrets français . Un policier fait le lien entre les 2 meurtres…
17 octobre 1961- le FLN – Front de Libération National -, parti politique algérien créé pour engager la lutte visant à obtenir l'indépendance de l'Algérie alors française, organise une manifestation à Paris.
Plusieurs buts :
- montrer par l'ampleur des participants Nord-Africains le pouvoir de cette organisation,
- obtenir du gouvernement français que le couvre-feu imposé uniquement aux Magrébins soit annulé,
-accélérer les négociations en vue de l'Indépendance du pays.
Les consignes des dirigeants du parti sont strictes : tous doivent participer en masse , enfants, femmes, hommes, c'est une manifestation pacifique, personne ne devra porter d'arme. Mais la répression va être terrible. Les CRS (Corps Républicain de Sécurité) vont s'opposer avec violence à la foule. Il y aura de nombreux morts et blessés. .
Un homme, a priori étranger à cette manifestation, va être abattu alors qu'il rentrait chez lui. C'est un professeur d'histoire Roger Thiraud. Sa jeune femme veuve donnera naissance à leur fils Bernard, mais restera lourdement traumatisée par cet assassinat auquel elle a assisté de son balcon. Cet enseignent a priori sans histoire aidait-il le FLN comme porteur de valises ? Est-ce pour cela qu'il a été abattu pendant cette manifestation ?
21 ans après, en juillet 1982, son fils, étudiant en histoire, va être lui aussi assassiné mystérieusement à Toulouse alors qu'il était en vacance avec son amie Claudine. Il avait décidé de s'arrêter dans la capitale du Languedoc pour consulter des archives départementales avant de partir visiter le Maroc.
L'inspecteur Cadin est chargé de l'enquête.
Petit à petit il va découvrir la vérité.

Daeninckx a écrit un roman policier, mais il se sert de cette intrigue pour pouvoir reparler d'événements dramatiques qui se sont produits à différentes époques :
D'abord pendant la Seconde guerre mondiale :
Drancy, en Seine-Saint-Denis, principal lieu de déportation des Juifs vers les camps d'extermination nazis.
Daeninckx s'est certainement inspiré de Maurice Papon qui sévissait pas loin de Toulouse, à Bordeaux, comme secrétaire général de la préfecture de la Gironde.
Puis Daeninckx évoque un autre drame :
La répression suite à la manifestation organisée par le FLN le 17 octobre 1961 alors que la guerre d'Algérie touche à sa fin, le FLN appelle à une manifestation pacifique dans les rues de Paris, elle rassemble environ 30 000 personnes ; il s'en suit une répression sanglante. Il y aura 11.730 arrestations, et peut-être beaucoup plus de 200 morts, noyés ou exécutés, parmi les Algériens pour dénoncer le couvre-feu imposé quelques jours plus tôt aux Algériens et par extension à tous les Maghrébins (obligation d'être sans cesse isolé, et interdiction aux travailleurs algériens de sortir de 20h30 à 5h30, les cafés tenus par des musulmans doivent fermer à 19h.
Maurice Papon (encore lui !) est aux commandes.
Enfin Daeninckx évoque aussi d'autres faits d'actualité des années 1980 comme le « situationnisme » un mouvement contestataire philosophique, esthétique et politique incarné par l'Internationale situationniste, "plate-forme collective", fondée par huit artistes en 1957.
Enfin, il décrit la vie dans un commissariat, l'actualité quotidienne comme une grève des fossoyeurs…
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Mladoria
10 février 2016
Un père et un fils sont assassinés à 20 ans d'intervalle. Une enquête s'engage alors pour déterrer de sombres secrets enfouis dans les méandres administrative.
J'ai été agréablement surprise de voir démarrer cette histoire dans un contexte que je connaissais peu voire pas. Les flics fouineurs et les hauts pontes véreux sont campés avec un style particulièrement juste et le suspense reste entier jusqu'au dénouement qui, malheureusement, ne reste pas, comme je l'avais espéré dans ce contexte peu courant mais prend place dans une époque rebattue par la littérature. Peu d'originalité dans ce sens.
Une belle enquête malgré tout et un auteur à découvrir pour son allant verbal, son joli phrasé et ses personnages justement dosés.
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sevm57
20 septembre 2015
J'avais envie de lire ce classique de la littérature policière depuis longtemps, notamment parce que je trouvais son titre formidable et évocateur. Et effectivement, Meurtres pour mémoire a été tout à fait à la hauteur de mes attentes.
J'ai beaucoup aimé le fait que ce roman policier s'appuie sur un contexte historique extrêmement bien documenté.
J'ai également beaucoup aimé le style de l'auteur, tellement différent des page-turners américains , et pourtant tout aussi efficace pour créer une atmosphère et rendre une intrigue passionnante.
Les meurtres de Roger et Bernard Thiraud resteront en tout cas dans ma mémoire.
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Les critiques presse (1)
ActuaBD07 février 2012
Daeninckx a choisi de coller aux faits et d’ajouter en parallèle un personnage témoin particulièrement pertinent.
Lire la critique sur le site : ActuaBD
Citations & extraits (31) Voir plus Ajouter une citation
oranoran30 mai 2016
Daeninckx a écrit un roman policier, mais il se sert de cette intrigue pour pouvoir reparler d’évènements terribles qui se sont produits à différentes époques :
D’abord pendant la Seconde guerre mondiale :
Drancy, en Seine-Saint-Denis, principal lieu de déportation des Juifs vers les camps d'extermination nazis, pour la majorité des convois vers Auschwitz. Au total, de 1942 à 1944, une soixantaine de convois français de déportés juifs sont partis de Drancy, d'où son surnom d’ antichambre de la mort ». En période de pointe, le camp a connu le départ de deux ou trois convois par semaine.
Jusqu'au 17 août 1944, le camp fonctionne comme lieu principal de rassemblement et de déportation. Sur 76 000 hommes, femmes et enfants juifs déportés de France, 67 000 le furent à partir de Drancy. Moins de 2 000 des déportés de Drancy sont revenus, soit à peine 3 %.
Daeninckx s’est certainement inspiré de Maurice Papon qui sévissait pas loin de Toulouse, à Bordeaux, comme secrétaire général de la préfecture de la Gironde. A l’issue de la guerre non seulement il ne va pas être inquiété mais il va encore avoir de la promotion et occuper le poste de Préfet de police à Paris, c’est lui qui va ordonner la répression du 17 octobre 1961. Inculpé en 1983, c’est-à-dire un an avant la publication du roman, pour les faits de 1942, Maurice Papon est jugé à partir de 1997 et condamné, en 1998, pour complicité de crimes contre l’humanité (arrestation et séquestration de 72 Juifs). Il est condamné à 10 ans de prison. Il meurt le 17 février 2007.
Puis Daeninckx évoque un autre fait terrible :
La répression suite à la manifestation organisée par le FLN le 17 octobre 1961
Le 17 octobre 1961 alors que la guerre d’Algérie touche à sa fin, le FLN appelle à une manifestation pacifique dans les rues de Paris Le préfet de police de Paris, Maurice Papon, qui a reçu carte blanche des plus hautes autorités, dont de Gaulle, lance, avec 7.000 policiers, une répression sanglante. Il y aura 11.730 arrestations, et peut-être beaucoup plus de 200 morts, noyés ou exécutés, parmi les Algériens pour dénoncer le couvre-feu imposé quelques jours plus tôt aux Algériens et par extension à tous les Maghrébins (obligation d’être sans cesse isolé, et interdiction aux travailleurs algériens de sortir de 20h30 à 5h30, les cafés tenus par des musulmans doivent fermer à 19h.…). Cette manifestation rassemble environ 30.000 personnes. Le préfet de police de Paris, Maurice Papon (encore lui !), qui a reçu carte blanche des plus hautes autorités, dont de Gaulle, lance, avec 7.000 policiers, une répression sanglante. Il y aura 11.730 arrestations, et peut-être beaucoup plus de 200 morts, noyés ou exécutés, parmi les Algériens.
Enfin Daeninckx évoque aussi d’autres faits d’actualité des années 1980 comme les « situationnistes » Le situationnisme désigne un mouvement contestataire philosophique, esthétique et politique incarné par l'Internationale situationniste, "plate-forme collective", fondée par huit artistes en 1957.
Enfin, il décrit la vie dans un commissariat, l’actualité quotidienne comme la grève des fossoyeurs…
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carrecarre17 juillet 2016
il n’était pas rare au XIIIe siècle de voir la nourrice, dès que le bébé perçait des dents, mastiquer la nourriture avant de la glisser dans la bouche de l’enfant.
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Marti94Marti9421 février 2016
La voie était libre ; ils purent distinguer, au loin, l’Arc de Triomphe illuminé à l’occasion de la visite officielle du Shah d’Iran et de Farah Dibah. Comme à leur habitude, les femmes prirent la tête. On voyait même des landaus entourés d’enfants. Qui pouvait se douter que trois cents mètres plus bas. Masqués par la nuit, les attendait une escouade de Gendarmes Mobiles épaulée par une centaine de Harkis. À cinquante mètres, sans sommations, les mitraillettes lâchèrent leur pluie de balles. Omar, un jeune garçon de quinze ans, tomba le premier. La fusillade se poursuivit trois quarts d’heure.
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sevm57sevm5706 septembre 2015
Si les pavillons trouvaient preneurs, les premiers skyscrapers français ne rencontraient pas le succès auprès du public qu'en attendaient leurs promoteurs. Des étages demeuraient vides malgré la modicité des loyers. Il fallut se rendre à l'évidence, les lapins n'étaient pas mûrs pour leurs cages !
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bdelhaussebdelhausse01 mai 2015
On tente d'assimiler les couches sociales les plus durement touchées par la crise, à des groupes présentant des dangers pour le reste de la société. Un véritable tour de passe-passe ! Les victimes sont transformées en épouvantails. Et ça marche ! La grand-mère la mieux attentionnée serre son sac à main sur son ventre dès qu'elle croise un garçon aux cheveux trop bouclés !. Rien que cette peur permet de légitimer, par avance, les mesures prises à l'encontre de ces gens. (p.127)
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