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ISBN : 2070406490
Éditeur : Gallimard (30/11/-1)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 3.9/5 (sur 336 notes)
Résumé :
Paris, octobre 1961 : à Richelieu-Drouot, la police s'oppose à des Algériens en colère. Thiraud, un petit prof d'histoire, a le tort de passer trop près de la manifestation qui fit des centaines de victimes. Cette mort ne serait jamais sortie de l'ombre si, vingt ans plus tard, un second Thiraud, le fils, ne s'était fait truffer de plomb, à Toulouse.
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Critiques, Analyses et Avis (45) Voir plus Ajouter une critique
nameless
  17 janvier 2019
En prologue de Meurtres pour mémoire, Didier Daeninckx relate le bain de sang perpétré par les forces de l'ordre le 17 octobre 1961 au coeur de Paris en réponse à une manifestation pacifique organisée par le FLN à laquelle participent des milliers de personnes, femmes, enfants, poussettes en tête de cortège, protestant contre le couvre-feu imposé aux seuls français musulmans. Le lendemain, la préfecture par l'entremise du très zélé Maurice Papon annonce 3 morts, 64 blessés et 11 538 arrestations, alors que 68 cadavres sont déjà à l'Institut médico-légal et que leur nombre s'accroît d'heure en heure. Si l'on sait aujourd'hui que les victimes se dénombrent par centaines, il faut rappeler qu'au moment de la parution du roman en 1984, ce massacre dort encore dans les oubliettes de l'Histoire, que les exactions de Papon ne sont toujours pas jugées. Didier Daenincks est donc un précurseur lorsqu'il exhume ces événements au début des années 80.

L'auteur crée un personnage, Roger Thiraud, professeur d'histoire, abattu à quelques mètres de son domicile parisien au cours de cette honteuse journée du 17 octobre 1961. L'affaire est classée sans suite jusqu'au jour où quelques 20 ans plus tard Bernard Thiraud, son fils, est lui aussi exécuté à Toulouse sans raison apparente. Professeur d'histoire comme son père, Bernard, sur le chemin de vacances au Maroc avec sa compagne Claudine, s'est arrêté à Toulouse pour consulter les archives départementales. Existe-t-il un lien entre ces deux morts violentes ? L'inspecteur Cadin est chargé de l'enquête policière qui se transforme rapidement en enquête historienne. Celle-ci le conduit jusqu'à Drancy, d'où, au cours de la seconde guerre mondiale, des milliers de juifs sont déportés vers les camps de concentration.

Il s'agit d'un roman aride, pédagogique, didactique, basé sur une recherche documentaire considérable effectuée par l'auteur. L'histoire policière n'est qu'un prétexte pour mettre en exergue des moments troubles et des politiciens pourris de notre Histoire contemporaine que la raison d'Etat aurait préféré garder cachés à jamais. Didier Daenincks insère cependant dans son roman un peu de douceur dans ce monde de brutes en imaginant une idylle entre Cadin et Claudine, que pour ma part, j'ai trouvé inopportune. Il n'en reste pas moins que Meurtres pour mémoire constitue une lecture indispensable pour tous ceux qui ne veulent pas oublier...
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Renod
  24 avril 2018
Paris, le 17 octobre 1961. Une horloge placée dans la devanture d'une bijouterie marque dix-neuf heures vingt-cinq. Soudain, un coup de sifflet strident retentit. Aussitôt, des centaines d'hommes, de femmes et d'enfants originaires d'Algérie se rassemblent pour protester contre le couvre-feu qui leur est imposé. La manifestation organisée par le FLN est réprimée brutalement par la police. Les victimes se comptent par dizaines. le soir même, Thiraud, un professeur d'Histoire, est abattu au pied de son immeuble. Son assassinat passe inaperçu au milieu de ce massacre. Vingt ans plus tard, c'est son fils qui est tué dans une rue de Toulouse. L'inspecteur Cadin est chargé de cette enquête qui va le conduire dans les eaux troubles de notre Histoire.
« Meurtres pour mémoire » enchevêtre la déportation des Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale et le Massacre du 17 octobre 1961. L'ombre d'un même homme plane sur ces deux événements : André Veillut, un fonctionnaire exemplaire oeuvrant dans les Préfectures. En 1942, il exécute consciencieusement les directives de Vichy ; vingt ans plus tard, il organise la liquidation des indépendantistes algériens. Le tout au nom de l'ordre public et de la raison d'Etat. On devine que ce personnage est le double fictif de Maurice Papon, tant leurs parcours sont proches. Si aujourd'hui la responsabilité de l'Etat français dans les rafles et déportations de Juifs a été débattue et mise au jour, si la répression meurtrière du 17 octobre 1961 est désormais connue, ce n'était pas le cas au moment de la publication de ce roman en 1983. Le livre rappelle ces faits au nom du devoir de mémoire répondant ainsi à son exergue : « en oubliant le passé, on se condamne à le revivre. » Malheureusement, l'auteur n'échappe pas à l'écueil du polar politique ; au lieu de suggérer, il démontre et fait dire à ses personnages de longues tirades idéologiques. Le roman n'en reste pas moins une excellente introduction à ces périodes sombres de notre histoire.
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Ambages
  10 décembre 2016
Meurtres pour mémoire porte bien son titre. Plus qu'un roman policier, j'ai eu l'impression que Didier Daeninckx voulait surtout évoquer deux épisodes peu reluisants de notre histoire française récente au travers de ce roman : la collaboration de l'administration française dans la déportation de juifs, voire le zèle de certains fonctionnaires aboutissant à la mort d'enfants, de familles juives après leur regroupement à Drancy, et la répression de la manifestation du soir du 17 octobre 1961 à Paris où de nombreux algériens ont été torturés et assassinés. Les évoquer pour que les morts ne tombent pas dans l'oubli, pour que cela ne se reproduise plus, pour que ces petites âmes restent dans notre mémoire. J'ai lu ce roman comme un devoir de mémoire et j'ai été touchée. Pas tellement par la plume, presque journalistique, mais parce que j'ai ressenti le malaise, profond, de l'auteur face à la bêtise humaine, face à l'incompréhensible. Comme si l'auteur en écrivant ce livre espérait trouver des réponses en posant les faits avec des mots. Mais je crains que cela ne soit suffisant. En revanche, ce roman a pu permettre à l'écrivain de progresser dans son questionnement. Personnellement, ses mots ont permis de relancer ma machine à questions et je ne trouverais sans doute pas de réponse à toutes ces betises, passées et ...à venir, malheureusement. La mémoire et Meurtres pour mémoire, devraient permettre de ne pas reproduire les erreurs du passé. C'est à cela que ça sert, non ? Une trace contre l'oubli. Merci pour ce roman, piqure de rappel.
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oran
  03 juillet 2017
Roman politico- policier qui tourne autour de l'affaire du métro Charonne le 8 février 1962 à Paris , manifestation contre l'OAS et la guerre d'Algérie.
Deux meurtres celui d'un père et de son fils à plusieurs années d'intervalle, qui impliquent les services secrets français . Un policier fait le lien entre les 2 meurtres…
17 octobre 1961- le FLN – Front de Libération National -, parti politique algérien créé pour engager la lutte visant à obtenir l'indépendance de l'Algérie alors française, organise une manifestation à Paris.
Plusieurs buts :
- montrer par l'ampleur des participants Nord-Africains le pouvoir de cette organisation,
- obtenir du gouvernement français que le couvre-feu imposé uniquement aux Magrébins soit annulé,
-accélérer les négociations en vue de l'Indépendance du pays.
Les consignes des dirigeants du parti sont strictes : tous doivent participer en masse , enfants, femmes, hommes, c'est une manifestation pacifique, personne ne devra porter d'arme. Mais la répression va être terrible. Les CRS (Corps Républicain de Sécurité) vont s'opposer avec violence à la foule. Il y aura de nombreux morts et blessés. .
Un homme, a priori étranger à cette manifestation, va être abattu alors qu'il rentrait chez lui. C'est un professeur d'histoire Roger Thiraud. Sa jeune femme veuve donnera naissance à leur fils Bernard, mais restera lourdement traumatisée par cet assassinat auquel elle a assisté de son balcon. Cet enseignent a priori sans histoire aidait-il le FLN comme porteur de valises ? Est-ce pour cela qu'il a été abattu pendant cette manifestation ?
21 ans après, en juillet 1982, son fils, étudiant en histoire, va être lui aussi assassiné mystérieusement à Toulouse alors qu'il était en vacance avec son amie Claudine. Il avait décidé de s'arrêter dans la capitale du Languedoc pour consulter des archives départementales avant de partir visiter le Maroc.
L'inspecteur Cadin est chargé de l'enquête.
Petit à petit il va découvrir la vérité.

Daeninckx a écrit un roman policier, mais il se sert de cette intrigue pour pouvoir reparler d'événements dramatiques qui se sont produits à différentes époques :
D'abord pendant la Seconde guerre mondiale :
Drancy, en Seine-Saint-Denis, principal lieu de déportation des Juifs vers les camps d'extermination nazis.
Daeninckx s'est certainement inspiré de Maurice Papon qui sévissait pas loin de Toulouse, à Bordeaux, comme secrétaire général de la préfecture de la Gironde.
Puis Daeninckx évoque un autre drame :
La répression suite à la manifestation organisée par le FLN le 17 octobre 1961 alors que la guerre d'Algérie touche à sa fin, le FLN appelle à une manifestation pacifique dans les rues de Paris, elle rassemble environ 30 000 personnes ; il s'en suit une répression sanglante. Il y aura 11.730 arrestations, et peut-être beaucoup plus de 200 morts, noyés ou exécutés, parmi les Algériens pour dénoncer le couvre-feu imposé quelques jours plus tôt aux Algériens et par extension à tous les Maghrébins (obligation d'être sans cesse isolé, et interdiction aux travailleurs algériens de sortir de 20h30 à 5h30, les cafés tenus par des musulmans doivent fermer à 19h.
Maurice Papon (encore lui !) est aux commandes.
Enfin Daeninckx évoque aussi d'autres faits d'actualité des années 1980 comme le « situationnisme » un mouvement contestataire philosophique, esthétique et politique incarné par l'Internationale situationniste, "plate-forme collective", fondée par huit artistes en 1957.
Enfin, il décrit la vie dans un commissariat, l'actualité quotidienne comme une grève des fossoyeurs…
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Mladoria
  10 février 2016
Un père et un fils sont assassinés à 20 ans d'intervalle. Une enquête s'engage alors pour déterrer de sombres secrets enfouis dans les méandres administrative.
J'ai été agréablement surprise de voir démarrer cette histoire dans un contexte que je connaissais peu voire pas. Les flics fouineurs et les hauts pontes véreux sont campés avec un style particulièrement juste et le suspense reste entier jusqu'au dénouement qui, malheureusement, ne reste pas, comme je l'avais espéré dans ce contexte peu courant mais prend place dans une époque rebattue par la littérature. Peu d'originalité dans ce sens.
Une belle enquête malgré tout et un auteur à découvrir pour son allant verbal, son joli phrasé et ses personnages justement dosés.
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critiques presse (1)
ActuaBD   07 février 2012
Daeninckx a choisi de coller aux faits et d’ajouter en parallèle un personnage témoin particulièrement pertinent.
Lire la critique sur le site : ActuaBD
Citations et extraits (32) Voir plus Ajouter une citation
oranoran   30 mai 2016
Daeninckx a écrit un roman policier, mais il se sert de cette intrigue pour pouvoir reparler d’évènements terribles qui se sont produits à différentes époques :
D’abord pendant la Seconde guerre mondiale :
Drancy, en Seine-Saint-Denis, principal lieu de déportation des Juifs vers les camps d'extermination nazis, pour la majorité des convois vers Auschwitz. Au total, de 1942 à 1944, une soixantaine de convois français de déportés juifs sont partis de Drancy, d'où son surnom d’ antichambre de la mort ». En période de pointe, le camp a connu le départ de deux ou trois convois par semaine.
Jusqu'au 17 août 1944, le camp fonctionne comme lieu principal de rassemblement et de déportation. Sur 76 000 hommes, femmes et enfants juifs déportés de France, 67 000 le furent à partir de Drancy. Moins de 2 000 des déportés de Drancy sont revenus, soit à peine 3 %.
Daeninckx s’est certainement inspiré de Maurice Papon qui sévissait pas loin de Toulouse, à Bordeaux, comme secrétaire général de la préfecture de la Gironde. A l’issue de la guerre non seulement il ne va pas être inquiété mais il va encore avoir de la promotion et occuper le poste de Préfet de police à Paris, c’est lui qui va ordonner la répression du 17 octobre 1961. Inculpé en 1983, c’est-à-dire un an avant la publication du roman, pour les faits de 1942, Maurice Papon est jugé à partir de 1997 et condamné, en 1998, pour complicité de crimes contre l’humanité (arrestation et séquestration de 72 Juifs). Il est condamné à 10 ans de prison. Il meurt le 17 février 2007.
Puis Daeninckx évoque un autre fait terrible :
La répression suite à la manifestation organisée par le FLN le 17 octobre 1961
Le 17 octobre 1961 alors que la guerre d’Algérie touche à sa fin, le FLN appelle à une manifestation pacifique dans les rues de Paris Le préfet de police de Paris, Maurice Papon, qui a reçu carte blanche des plus hautes autorités, dont de Gaulle, lance, avec 7.000 policiers, une répression sanglante. Il y aura 11.730 arrestations, et peut-être beaucoup plus de 200 morts, noyés ou exécutés, parmi les Algériens pour dénoncer le couvre-feu imposé quelques jours plus tôt aux Algériens et par extension à tous les Maghrébins (obligation d’être sans cesse isolé, et interdiction aux travailleurs algériens de sortir de 20h30 à 5h30, les cafés tenus par des musulmans doivent fermer à 19h.…). Cette manifestation rassemble environ 30.000 personnes. Le préfet de police de Paris, Maurice Papon (encore lui !), qui a reçu carte blanche des plus hautes autorités, dont de Gaulle, lance, avec 7.000 policiers, une répression sanglante. Il y aura 11.730 arrestations, et peut-être beaucoup plus de 200 morts, noyés ou exécutés, parmi les Algériens.
Enfin Daeninckx évoque aussi d’autres faits d’actualité des années 1980 comme les « situationnistes » Le situationnisme désigne un mouvement contestataire philosophique, esthétique et politique incarné par l'Internationale situationniste, "plate-forme collective", fondée par huit artistes en 1957.
Enfin, il décrit la vie dans un commissariat, l’actualité quotidienne comme la grève des fossoyeurs…
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carrecarre   17 juillet 2016
il n’était pas rare au XIIIe siècle de voir la nourrice, dès que le bébé perçait des dents, mastiquer la nourriture avant de la glisser dans la bouche de l’enfant.
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Marti94Marti94   21 février 2016
La voie était libre ; ils purent distinguer, au loin, l’Arc de Triomphe illuminé à l’occasion de la visite officielle du Shah d’Iran et de Farah Dibah. Comme à leur habitude, les femmes prirent la tête. On voyait même des landaus entourés d’enfants. Qui pouvait se douter que trois cents mètres plus bas. Masqués par la nuit, les attendait une escouade de Gendarmes Mobiles épaulée par une centaine de Harkis. À cinquante mètres, sans sommations, les mitraillettes lâchèrent leur pluie de balles. Omar, un jeune garçon de quinze ans, tomba le premier. La fusillade se poursuivit trois quarts d’heure.
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sevm57sevm57   06 septembre 2015
Si les pavillons trouvaient preneurs, les premiers skyscrapers français ne rencontraient pas le succès auprès du public qu'en attendaient leurs promoteurs. Des étages demeuraient vides malgré la modicité des loyers. Il fallut se rendre à l'évidence, les lapins n'étaient pas mûrs pour leurs cages !
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bdelhaussebdelhausse   01 mai 2015
On tente d'assimiler les couches sociales les plus durement touchées par la crise, à des groupes présentant des dangers pour le reste de la société. Un véritable tour de passe-passe ! Les victimes sont transformées en épouvantails. Et ça marche ! La grand-mère la mieux attentionnée serre son sac à main sur son ventre dès qu'elle croise un garçon aux cheveux trop bouclés !. Rien que cette peur permet de légitimer, par avance, les mesures prises à l'encontre de ces gens. (p.127)
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Vidéo de Didier Daeninckx
Avec Colette Olive, éditrice, et les écrivains David Bosc, Jean-Yves Masson, Didier Daeninckx. Animé par Jonathan Siksou, journaliste littéraire.
? Littérature française contemporaine (avec des oeuvres déjà classiques, Pierre Michon, Pierre Bergounioux?), littératures étrangères (italienne, russe, allemande, grecque?), textes hébraïques et classiques de l?Islam spirituel, philosophie, critique littéraire et linguistique? Verdier est un acteur incontournable de la vie littéraire et intellectuelle française. Retour sur plus de 30 années d?histoire, placées sous le signe de l?amitié, d?une maison d?édition résolument tournée vers demain.
Comédie du Livre 2016 - Vendredi 27 mai - 15h30
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