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EAN : 9782262028022
300 pages
Éditeur : Perrin (20/08/2009)

Note moyenne : 3.55/5 (sur 88 notes)
Résumé :
21 février 1944. A quelques heures de son exécution par les Allemands, Missak Manouchian écrit une lettre bouleversante à sa femme Mélinée.

Janvier 1955. Louis Dragère, journaliste à L'Humanité, est missionné par le parti communiste pour retracer le parcours de ce héros de la Résistance à Paris. C'est ainsi qu'il exhume l'ultime lettre de ce communiste arménien engagé, qui contient de nombreux points de suspension, preuves d'une curieuse censure. De ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
IreneAdler
  12 avril 2014
Une plongée dans le coeur du Paris des années 50. Petites bandes, musique, politique à tous les étages, quand elle savait donner un sens à la vie. Quand elle participait à la vie des citoyens. Plongée dans les débuts d'un certain Charles Azanavour au plus froid d'un hiver froid, où la Seine monte, monte, le sol de Paris gèle et où l'on découvre que les amis, mêmes résistants ne sont pas toujours fiables et envoient les plus valeureux au pilori. Où la bassesse est plus forte que l'amitié, la confiance et l'espoir. Mais la haine ne gagne pas, jamais. Missak Manouchian, exécuté au Mont Valérien en février 1944, chef des FTP-MOI (Francs Tireurs Patriote-Main d'Oeuvre Immigrée) connu par l'affiche rouge et sa lettre à Mélinée, faisait partie de ces hommes qui avaient une haute idée de la vie et de la liberté. Sans haine et sans ressentiment.
http://www.espritsnomades.com/sitelitterature/manouchian.html
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JeanPierreV
  04 octobre 2018
Missak...c'est Missak Manouchian chef d'un groupe de résistants d'origine arménienne tombés aux mains de l'armée nazie et fusillés le 21 février 1944.
Le secrétaire de Jacques Duclos, secrétaire général du PC convoque Louis Dragère, journaliste à l'Humanité, afin que celui-ci lui fournisse des renseignements sur ce groupe de résistants, et ceci en vue de l'inauguration d'une rue dans XXème arrondissement de Paris ...
Qui les a trahis? Pourquoi?
Ce réseau de résistants d'origine étrangère a accompli des dizaines d'attentats et causé un nombre important de morts parmi les troupes nazies. On doit notamment mettre à leur actif l'exécution du général Julius Ritter dont la mission était de superviser le recrutement de la main d'oeuvre destinée au service du travail obligatoire (STO).
Missak Manouchian est finalement arrêté en novembre 1943, avec vingt-deux autres de ses compagnons. Leur procès qui s'est en février 1944 a fait l'objet d'une très importante propagande nazie. Une affiche, devenue célèbre, l'Affiche rouge, fut placardée sur les murs de Paris. Elle devint le symbole de l'engagement des étrangers dans la Résistance et notamment des réfugiés arméniens. Sur celle ci figurent les visages torturés de Missak Manouchian et de ses camarades.
Peu avant de mourir, au coté de ses camarades, tous d'origine étrangère, Missak Manouchian laissa une lettre destinée à son épouse Mélinée, laissant entendre qu'ils ont été trahis "Je pardonne à tous ceux qui m'ont fait du mal ou qui ont voulu me faire du mal sauf à celui qui nous a trahis pour racheter sa peau et ceux qui nous ont vendus."
Louis Dragère a un mois pour fournir des informations au PC...un mois d'enquête dans Paris et sa banlieue inondés au guidon de sa moto...
Nous sommes en février 1955. Un mois de rencontres au cours desquelles on croise des personnes dont les noms résonneront aux oreilles de ceux qui ont connu les années 50-60, Duclos, Roger Vaillant, Krasucki, Charles Tillon, Louis Aragon, Prévert, Ferré, Kazan...
Didier Didier Daeninckx s'est appuyé sur une très importante documentation pour la rédaction de cet ouvrage captivant dans lequel apparaît notamment un petit bonhomme, Aznavour en concert au Moulin Rouge.
Roman, enquête historique, enquête journalistique et policière, ce voyage littéraire permet d'en savoir un peu plus sur Manouchian, son parcours qui l'amena à éditer un journal, sur l'extermination des arméniens par l'armée turque, les conditions de leur arrivée en France, de leur intégration, le travail en usine pour des salaires de misère, la vie dans les banlieues, les planques, les radio-crochets.....Et j'en passe
Et surtout sur les combats menés par la Résistance, ces combats menés par des groupes d'étrangers, les trahisons, le Pacte Germano-Soviétique qui déchira les communistes, la répression nazie...Et aussi sur ceux qui, au risque de leur vie, hébergeait ces combattants pour quelques heures, pour un repas....parmi eux quelques mots sur les parents de Charles Aznavour
Passionnant retour sur l'atmosphère des années 50-60 de ma jeunesse.
Lien : https://mesbelleslectures.co..
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christinebeausson
  10 septembre 2013
Missak,
Missack Manoukian,
Traité par Didier Daeninckx....
Eh oui, c'est du lourd, du très lourd,
Une véritable leçon d'histoire.
Ce livre fait appel à notre mémoire et à notre "culture" !
Ou peut être simplement à notre curiosité pour les choses du monde....
Qu'a t on retenu des poèmes d' Eluard et d'Aragon de l'après guerre!
Qu' a t on retenu du film "l'affiche rouge" réalisè par F Cassenti en 1976!
Qu'a t on retenu du documentaire "la traque de l'affiche rouge" réalisé par J Amat et d'Peschanski en 2007 !
Qu'a t on retenu du film "l'armée du crime" réalisé par R Guédiguian en 2009 !
L'histoire est revue et corrigée par un maître de la mémoire de l'Histoire!
D Daeninckx nous interpelle, nous invective, nous poursuit avec l'histoire de ces petites gens que l'on pourrait remiser au fond de notre inconscient!
Il nous pousse à rechercher ce que cachent les différents personnages de ce docu-fiction, ce qu'ils ont dit, ce qu'ils ont fait ou peut être ce qu'ils n'ont pas fait!
Il ne faut pas oublier de tirer des leçons du passé, même si ça fait un peu mal, même si ça remet en cause des valeurs que l'on croyait indécrottables, même si cela rend mélancoliques et incertains qu'en à l'avenir!
N'est ce pas comme ça qu'on avance envers et contre tout?
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betty
  03 août 2010
Une plongée passionnante dans l'histoire avec Didier Daenincks...
Cet auteur de polar déroule la vie de Missak Manouchian ( de l'affiche rouge) comme dans ses polars. Preuve qu'il aime l'histoire, il était sur France Inter pendant les vacances pour arpenter le Paris de Willy Ronnis, reportage vraiment très intéressant. D'ailleurs Willy Ronnis est un personnage (très secondaire) de cette histoire, tout comme Charles Aznavour.
Il a su donner vie à une figure historique tout en évoquant les polémiques toutjours vives autour de sa dénonciation sans bien sûr fournir de solutions, puisque la vérité n'est pas connue. Il n'y a aucune frustration pourtant à la fin de ne pas savoir, le plus important n'est pas là. Il est dans cette construction d'un personnage et des hommes (et femmes) qui gravitent autour, des tensions chez ceux qui l'ont connu, chez ceux qui ont vécu l'histoire à un petit ou grand niveau et qui ont survécu à la guerre. On rentre dans les jeux du pouvoir, de la résistance, dans un monde disparu où le communisme est tellement puissant, avec des préoccupations qui paraissent si bizarres si longtemps après.

L'enquête est réalisée par un jeune journaliste de l'Humanité dont on espère qu'il sera malléable à souhait. Daguère est un journaliste "mythique" ; on l'imagine très bien : parisien, une casquette, la gouaille, 60s... Toutes les tensions transparaissent bien à travers ses propres doutes, il fait discuter archives, sources policières, témoignages autour des deux moments clés de la vie de Manouchian : génocide arménien et résistance. Si Daenincks n'avait pas utilisé ce personnage, j'aurais sans doute eu beaucoup plus de mal à rentrer dans l'histoire.

Lien : http://mesbettys.over-blog.c..
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benjetpascal
  25 avril 2012
Ce roman historique de Didier Daeninckx est une plongée dans les passions, les idéologies - mais aussi les non-dits et les trahisons - de la Résistance communiste à l'occupant nazi dans la capitale occupée, ainsi que de leurs implications, quelques années plus tard, dans un après-guerre en pleine mutation.
Vu au travers du prisme d'une enquête d'un journaliste de l'Humanité sur le très fameux réseau Manouchian, décrivant parfois de façon vivante la vie quotidienne dans le Paris des années 50, Missak nous fait comprendre que les guerres, leurs acteurs et leurs conséquences ne sont jamais manichéens, et par ailleurs mieux connaître une partie de l'histoire et des souffrances d'une communauté arménienne décidément bien malmenée par L Histoire.
Seul petit bémol : une fin peut-être trop rapide qui laisse le lecteur un peu sur sa faim.
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
castabeacastabea   30 octobre 2009
En entendant son prénom, Charles Aznavour se glissa dans la conversation. (...)
- Le mois prochain, cela fera onze ans que Missak a été fusillé. Onze ans... Pourtant, j'ai l'impression que je l'ai quitté hier soir, qu'il aurait pu être ici, cette nuit, en notre compagnie... Avant chaque spectacle, dans ma loge, pour me concentrer, je joue aux échecs, une petite partie contre moi-même, et je pense à lui qui m'a initié à ce jeu quand j'avais une douzaine d'années... Je crois qu'il aurait été heureux de me voir sur la scène du Moulin-Rouge, alors qu'il a assisté à l'un de mes tout premiers succès, à deux pas de la place blanche. Un succès modeste, mais un succès quand même. On devait être en 1937... A la maison, on tirait le diable par la queue. Pour aider à faire bouillir la marmite, Aïda et moi, on écumait tous les radios-crochets dont les prix étaient versés en argent liquide. Ce jour-là, Mélinée et Missak nous accompagnaient dans un grand café de la place Pigalle. Elle nous avait bien averti de ne rien commander en nous montrant les deux pauvres francs perdus dans son porte-monnaie. Il y avait des dizaines d'inscrits. Aïda s'est lancée dans une chanson d'amour tragique, du genre "Pardonne-moi si je n'ai pas su te comprendre" qui a fait impression, tandis que votre serviteur, une cane à la main, traversait la scène de long en large en imitant Maurice Chevalier... Au moment de la distribution des prix, on se tenait très fort la main, avec Aïda. Le speaker, avec son nœud papillon, s'est approché du micro et a commencé à lire son papier. Cinquième prix, rien. Quatrième prix, rien. Troisième prix, rien. Mélinée nous a regardés en haussant les épaules, l'air de dire : "ce sera mieux la prochaine fois..." Deuxième prix, un billet tout neuf de cinquante francs est attribué à... Aïda Aznavourian. On n'avait pas fini de l'embrasser que le gars, toujours collé à son micro, annonçait, le premier prix : "un billet tout aussi neuf mais de cent francs, celui-là est attribué à Charles Aznavourian ! " Un jour de gloire, il ne manquait plus que la Marseillaise ! Sur le chemin du retour, Missak a acheté un poulet rôti, un kilo de frites et une bouteille de vin rouge dans une baraque du boulevard et on a tous fait la fête, papa au piano, dans l'appartement en pente de la rue Lafayette...
Sa mère lui coupa la parole.
- J'ai encore dans un tiroir la lettre qu'il m'a envoyée de Bretagne quand il était mobilisé dans l'armée française, au début de la guerre. Il a écrit : "Charles sera l'honneur au peuple arménien, et une gloire pour la France"
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christinebeaussonchristinebeausson   09 septembre 2013
Les enfants vivaient durement, ils survivaient, mais ils ne se considéraient pas comme des pauvres. Au moment où les américains, les riches anglais ont déferlé sur les plages, en distribuant de la nourriture, des vêtements, ils se sont découverts pauvres dans le regard des autres... Ils ont commencé à poser avec des regards larmoyants, à être ce qu'on attendait d'eux. C'était foutu. Avant, on ne pouvait pas donner de nom à ce qu'ils vivaient. Sauf que quand tu prononces le nom, c'est fini, ils sont devenus des mendiants.
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benjetpascalbenjetpascal   25 avril 2012
- J'ai retrouvé mes notes de l'époque. Je suis plus ordonné que je le croyais. Si tu me donnes ton adresse, je t'enverrai une retranscription des filatures faites par Piget. Enfin certaines... J'ai également retrouvé la trace de flic qui a dressé un portrait à charge de Piget devant la commission d'épuration. Il s'appelle Navarrenx, avec deux r et un x, comme la ville des Pyrénées. Il est toujours dans la police. Il travaille au Soviet de Saint-Denis...
- Le Soviet de Saint-Denis, inconnu au bataillon, ça veut dire quoi au juste ?
- Qu'il est toujours communiste. L'administration a regroupé dans certains commissariats de la région parisienne tous les flics qu'elle n'arrivait pas à virer de manière directe, pour éviter qu'ils ne gangrènent la troupe. Ce sont les flics eux-même qui ont baptisé Soviet ces commissariats.
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cvd64cvd64   07 janvier 2018
Il venait tout juste de se saisir d'un livre au titre énigmatique, histoire d'O, quand la silhouette d'Aragon occupa le cadre de la porte.
Il était habillé d'un costume croisé de bonne coupe, et regardait son hôte avec un vague sourire aux lèvres.
- Je vois que vous aimez les saines lectures... Alors comme cela, vous vous intéressez, vous aussi, aux martyrs du groupe Manouchian.
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christinebeaussonchristinebeausson   08 septembre 2013
Il aimait les écouter dire l'ordinaire du travail dans la langue des ateliers, ou raconter, pour les plus anciens, des épisodes inconnus de la lutte inlassable des exploités contre les buveurs de sueur.
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Vidéo de Didier Daeninckx
À quelques jours des municipales, le réel d'abord : Didier Daeninckx ouvre son tract Gallimard sur son déménagement : il quitte la Seine-Saint-Denis (93) pour s'installer dans le Val de Marne (94). Porteur de la mémoire de ces espaces, il revient sur les nombreux bénéfices dont ont bénéficié les mairies et les associations communistes à Aubervilliers, et plus généralement dans les banlieues rouges. L'écrivain, pour qui l'écriture reste un lieu de résistance, explore le roman fiction dans trois livres, publiés dans la collection Tracts chez Gallimard intitulé "Municipales : Banlieue naufragée" (2020), "Le roman noir de l'Histoire" (Verdier, 2019) et, paru en mars en folio Gallimard, "Artana ! Artana !". Il est l'invité de la Grande table aujourd'hui.
La Grande table Culture d'Olivia Gesbert – émission du 11 mars 2020 À retrouver ici : https://www.franceculture.fr/emissions/la-grande-table-1ere-partie/saison-26-08-2019-29-06-2020
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