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EAN : 9782072894145
48 pages
Éditeur : Gallimard (13/02/2020)
4.15/5   24 notes
Résumé :
« Mon ombre sur les murs se superpose à toutes celles, amies, dont le soleil a projeté l'histoire. Et pourtant je pars sans regarder derrière moi, non pas soulagé mais comme désentravé. Je ne déserte pas ce territoire, où pendant quarante années j'ai écrit la totalité des dix mille pages publiées, parce que j'ai fini par comprendre que c'était lui qui m'avait quitté, abandonné. »
Didier Daeninckx

Il ne fait plus bon vivre dans certains territo... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Derfuchs
  19 mars 2020
Il y a quelques temps, deux ou trois ans, j'avais été invité, avec quelques autres, par une association de jeunes de la Seine Saint-Denis, le 9-3, à visiter leurs banlieue, Aulnay sous Bois et le Blanc Mesnil. Promenade le long du canal, rencontre d'un cinéaste, césarisée pour un court métrage, dans une médiathèque, visite d'une expo de peinture d'un gars du coin, repas kébab, concert de rock et rencontre avec Didier Daeninckx, écrivain local d'Aubervilliers. Daeninckx je connaissais, du moins ce qu'il écrivait que je trouvais et trouve toujours élégant de style et particulièrement juste et bien écrit.
Il disait que l'enfer des banlieues venait du périphérique qu'il nommait : "l'autoroute urbaine" et qu'il qualifiait de cicatrice dans le département de la Seine. J'ai connu l'avant périphérique et vivant dans le nord de Paris, jouant au foot au Red Star de Saint-Ouen, j'étais plus souvent là bas qu'à Paris. Puis la "cicatrice" et une frontière existant encore.
Tout ça pour dire que ce coup de gueule, ce tract d'une trentaine de pages, publié par Daeninckx où il dénonce la corruption, le clientélisme, la concussion et la prévarication des édiles reflète le malaise épouvantable actuel que vivent les cités. Pour sa part, par trop poursuivi pour ses prises de position ou ses écrits il préfère changer de domicile pour un département plus calme.
Comme il le disait : s'il n'y a plus de fleuriste à Aubervilliers c'est parce que lorsqu'on n'a pas de quoi acheter de la bouffe, on achète pas de fleurs.
C'est édifiant!
C'est remarquablement bien écrit.
A lire.
Lien : https://www.babelio.com/livr..
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Gribouille_idf
  22 février 2021
Dans ce court témoignage d'une vie de banlieusard, ou plutôt d'une ancienne vie de banlieusard, Didier Daeninckx évoque la profonde raison de son départ de cette banlieue rouge qui l'a inspiré.
Il n'en pouvait plus de ces collusions politiques, du manque de probité des élus locaux, du clientélisme municipal et d'un système politico-administratif local qui transforme un homme (ou une femme) au point de trahir les valeurs qu'ils/elles portent.
N'allez pas croire que ce phénomène est typique du 9-3. Ces pratiques clientélistes sont caractéristiques du pouvoir municipal et du fort sentiment de féodalité qui germe dans le coeur de nombreux élus locaux. Ces nouveaux féodaux, comme les appelle Rolland Hureaux, forment une sorte de caste qui n'a en réalité pas de couleur politique ni de parti. le but étant de se tailler la plus belle part du gâteau. Certains ne rechignent d'ailleurs pas à aller jusqu'à créer des alliances contre nature, parfois des arrangements avec le diable - je parle clairement du Rassemblement national - pour picorer quelques miettes de pouvoir qui se traduiront par des places, des indemnités, … en résumé, une raison d'exister politiquement.
Là où je ne rejoins pas l'auteur, c'est lorsqu'il met dans un même panier: le communautarisme avec les dérives de ce sytème (corruption, trahison, perversion, …) le premier n'est qu'une conséquence des choix d'hommes de pouvoir, d'une élite dirigeante. Mais, je pardonne à Daeninckx cette absence totale de nuance.
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Warrenbismuth
  02 décembre 2020
Didier DAENINCKX est très en colère et le fait partager. L'homme aux « 10000 pages publiées », l'écrivain natif de Seine-Saint-Denis et ayant vécu une grande partie de sa vie à Aubervilliers (même département), va devoir déménager. Ceci est pour le préambule, il va ensuite se mettre à table et justifier son choix. Enfin, un choix qui n'en est pas vraiment un.
Comme bien d'autres, DAENINCKX a assisté à la déliquescence d'un système de gestion, à un abandon de l'humain au profit du profit. Mais la véritable et vertigineuse chute, il la voit en mars 2014 lors des élections municipales (il en avait déjà fait état en 2014 justement dans son offensif roman-documentaire « Retour à Béziers »). de plus en plus de voyous au CV de délinquants long comme le bras se présentent sur les listes électorales, la communication est une sorte de pantalonnade grotesque dans une ville ouvrière de 90000 habitants dans laquelle une infime partie des citoyens votent. La fonction politique en tant que vocation tombe aux oubliettes, laissant place aux dents qui rayent le parquet, aux coups bas et au spectacle. Place à l'escroquerie organisée et aux connivences.
Dans ces banlieues abandonnées, l'islamisme radical a posé ses jalons, y compris au sein de la politique locale. DAENINCKX observe cette évolution au coeur de la Seine-Saint-Denis, puis revient sur les événements du 17 octobre 1961 où des centaines d'algériens furent jetés dans la Seine en fin de manifestation, un tragique fait divers qui a marqué l'auteur à jamais, DAENINCKX a beaucoup milité et écrit afin que cette date reste dans les mémoires (voir notamment son superbe « Meurtres pour mémoires » qui le rendra célèbre en 1984).
Avec cet auteur, on est toujours plongé au coeur de l'Histoire, ses récits abondent d'anecdotes franchement instructives, posées là au milieu d'un paragraphe, diversion nécessaire pour apprendre et parfois souffler si le fond est trop âpre. Alors on glane, comme ceci par exemple : « L'Algérie aussi occupait une place de choix à une époque où l'on prenait soin de placer le mot travailleur avant immigré. Lors de la réorganisation administrative de l'Île-de-France au milieu des années 1960, la Seine-Saint-Denis avait d'ailleurs hérité du fameux numéro « 93 » que portait jusqu'à l'Indépendance le département algérien de Constantine... ».
DAENINCKX semble désillusionné, éreinté par son combat d'une vie, lui qui se proclame de très jolie manière « éveilleur de mémoire » n'en peut plus des violences autour de sa zone de vie, que ce soit sur fond de trafic de drogue, ou bien d'intimidations gratuites et disparition du « tous ensemble », DAENINCKX jette l'éponge, du moins il déménage, le coeur déchiré. Oh, il ne va pas bien loin : du « 93 » il rejoint le « 94 ». Mais pour lui c'est tout un symbole, une fuite inexorable.
Ce texte brutal, lucide et salutaire est sorti en 2020 dans la collection Tracts de chez Gallimard, une collection un peu fourre-tout sur l'engagement politique ou social, mais dans laquelle on retrouve par exemple les noms d'Erri de LUCA et autres René FREGNI. DAENINCKX a parfois du mal à tenir le rythme dans ses textes, les plus longs pouvant s'avérer pénibles voire caricaturaux. Ici, et comme dans la plupart de ses nouvelles et de ses récits brefs, il met les poings sur les « i », et c'est dans ce registre qu'il brille avec le plus de force.
https://deslivresrances.blogspot.fr/

Lien : https://deslivresrances.blog..
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olivierpla
  04 mars 2020
Une claque que ce petit livre édité dans la collection "Tracts" chez Gallimard. Pour moi Daeninckx, c'est celui qui a redécouvert le 17 octobre 1961, la répression policière des manifestants algériens pacifiques qui venaient là pour montrer qu'ils existaient et qu'ils avaient le droit d'être respectés. Je savais qu'il habitait dans le 93, une municipalité communiste, qu'il avait des idées soucieuses des pauvres, des gens qui travaillent dur avec des fins de mois difficiles. J'ignorais, ou peut-être n'avais-je pas envie de savoir, combien la situation s'était dégradée dans de nombreuses de ces anciennes communes de la banlieue rouge où la solidarité ouvrière et internationaliste s'était effritée sans bruit. Mais de savoir que c'était le résultat de compromissions de certains des élus qui avaient monnayé leur position en pactisant avec la pire des engeances, cela me retourne.
La poursuite du combat sera difficile, merci d'en avoir révélé les dérives et les compromissions.
https://www.franceculture.fr/oeuvre/municipales-banlieue-naufragee
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vellard
  12 juillet 2020
Tragique,désespérant, bouleversant.....et magnifiquement écrit!
Le désespoir au bout des mots!
Ce territoire, au nord de Paris, où durant quarante années , Didier Daeninckx a écrit et publié des milliers de pages....où sa famille ,avant lui, avait vécu durant plusieurs générations....où ,malgré les obstacles, les "emmerdes", les douleurs, "les fins de mois qui sonnent clair"( Jean Ferrat),les contradictions, il faisait malgré tout bon vivre
Ce territoire , mis en coupe réglée par les tenants du pouvoir local: politiques, élus , dealers, mafieux divers et variés....qui l'abandonne, le chasse aujourd'hui et l'oblige à s'éloigner, à le quitter.....
Daeninckx est un exilé.....Son chant est terrible et beau!!
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
DerfuchsDerfuchs   19 mars 2020
L'un des ciments de cette communauté disparate à longtemps été la solidarité avec le monde en lutte, l'expression d'une entraide naturelle d'autant plus touchante qu'elle concernait des pays où ceux qui exerçaient cette fraternité n'iraient jamais.
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OmnibusseOmnibusse   01 mars 2020
... il était devenu possible, licite, de conquérir des espaces de pouvoir permettant d'améliorer, sans attendre le Grand Soir, la situation matérielle et morale des classes laborieuses.
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Videos de Didier Daeninckx (41) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Didier Daeninckx
À quelques jours des municipales, le réel d'abord : Didier Daeninckx ouvre son tract Gallimard sur son déménagement : il quitte la Seine-Saint-Denis (93) pour s'installer dans le Val de Marne (94). Porteur de la mémoire de ces espaces, il revient sur les nombreux bénéfices dont ont bénéficié les mairies et les associations communistes à Aubervilliers, et plus généralement dans les banlieues rouges. L'écrivain, pour qui l'écriture reste un lieu de résistance, explore le roman fiction dans trois livres, publiés dans la collection Tracts chez Gallimard intitulé "Municipales : Banlieue naufragée" (2020), "Le roman noir de l'Histoire" (Verdier, 2019) et, paru en mars en folio Gallimard, "Artana ! Artana !". Il est l'invité de la Grande table aujourd'hui.
La Grande table Culture d'Olivia Gesbert – émission du 11 mars 2020 À retrouver ici : https://www.franceculture.fr/emissions/la-grande-table-1ere-partie/saison-26-08-2019-29-06-2020
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