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Jean-Luc Fidel (Traducteur)
EAN : 9782738119407
413 pages
Odile Jacob (16/09/2010)
3.58/5   19 notes
Résumé :
"Mon âme est un orchestre caché, écrivait le poète Fernando Pessoa.
Je ne me connais que comme symphonie. " D'où vient donc cette musique si particulière qui se joue en nous et nous accompagne à chaque moment ? D'où vient que nous soyons des êtres conscients, éprouvant toujours, dès que nous ouvrons les yeux et quoi que nous fassions, le sentiment inébranlable d'être toujours les mêmes ? Et quels sont, au tréfonds de nos cellules, les mécanismes qui permetten... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique

Un livre fort lisible bien que par moments très ardu.

Comparativement au livre de G. Edelman, Comment la matière devient conscience, qui traite essentiellement des mêmes thèmes, il est nettement plus accessible.

L'auteur nous mène pas à pas vers ses conceptions à lui de la conscience, de son émergence, de sa construction, de sa réalité... tant au niveau structurel, corporel, somatique, neuronal qu'aux niveaux plus abstraits et de plus en plus spécifiques à l'humain.

C'est lisible mais, quand même, Damasio nous dit aussi que rien n'est simple et que tout n'est jamais advenu que par complication ou complexité face à un monde que progressivement les cellules, les animaux, l'homme apprennent à connaître, à maîtriser : la lutte pour la survie et la reproduction-procréation reste la clef. La conscience spécifiquement humaine n'est jamais que l'ultime artifice-création-modification que la nature a permis afin de mieux encore se protéger, et se perpétuer. Concept d'homéostasie, à la fois biologique mais aussi socioculturelle (la distinction entre ces deux classes étant poreuse), toute l'évolution humaine à tous niveau ne sert qu'à cette "homéostasie", selon lui.

Alors, évidemment Damasio donne beaucoup de détails, donne ses essais de formalisation, de conceptualisation. Et parfois on peut s'y perdre, si l'on n'est pas spécialiste.

L'aspect « images » ou « cartes » doit absolument être compris sans quoi il est plus que certain que vous refermerez vite ce livre, en pouffant d'ennui.

Les aspects purement neurologiques, tels les noms des noyaux ou des structures de noyaux, etc. ne sont pas à mon sens fondamental pour comprendre la substance du livre et les messages du livre. (Quand même un peu !) de la même façon qu'il n'est pas besoin de tout capter un raisonnement mathématique ou physique pour avoir une intuition de comment fonctionnent les choses. L'à peu près correct fonctionnera ou n'empêchera pas de.

Même s'il ne faut pas se tromper, ceci n'est pas un roman, je trouve que cet ouvrage a un côté plus général (ou plutôt plus global, plus englobant, et complet) que le précédent que j'ai lu de l'auteur : Spinoza avait raison, plus spécialement dédié aux émotions. Ce livre-ci est plus général car les émotions sont également abordées, dans leur rapport avec la conscience, le soi.

Damasio reste réservé et modeste tout en étant également optimiste sur son travail, et sur ce travail :

Ni les idées discutées dans ce livre ni celles que présentent de nombreux collègues travaillant dans ce domaine ne prétendent résoudre les mystères qui entourent le cerveau et la conscience. Les travaux actuels contiennent toutefois plusieurs hypothèses qui valent d'être explorées. Seul le temps nous dira si elles tiendront leurs promesses.

Ou : La perspective adoptée dans ce livre contient une hypothèse qui n'est pas universellement appréciée et encore moins acceptée - à savoir l'idée que les états mentaux et ceux du cerveau sont par essence équivalents. Les raisons expliquant la répugnance à endosser une telle hypothèse méritent d'être écoutées. [...]

Pour l'instant, l'équivalence état mental/état cérébral doit être considérée comme une hypothèse utile plutôt que comme une certitude. Il faudra accumuler les preuves pour l'asseoir et, pour cela, nous devrons adopter une autre perspective, influencée par les données issues de la neurobiologie de l'évolution et les neurosciences.

Ou encore :

La tâche consistant à comprendre comment le cerveau rend l'esprit conscient reste un mystère, même si le voile est un peu levé. Mais il est trop tôt pour nous avouer vaincus.

La conscience, l''esprit, le soi (dans l'ordre ou le désordre) sont des objets passionnants. Damasio concourt à nous plonger dans cette passion, peut-être suscitera-t-il chez certains une vraie vocation, pour d'autres – les curieux – de nature, il devrait vous ravir ou en tout cas ne vous déplaira pas.

Quand même aussi, ces thématiques sont en fait un foisonnement extraordinaire qui peu ou prou touche l'humain dans tous ses aspects, et construire un livre qui se tient est une gageure, plutôt réussie dans ce cas. Je pense aussi que par son universalité, ces thématiques et ce livre devraient pouvoir trouver accueil chez les personnes qui ont l'ambition d'organiser, de diriger d'autres humains, il éveille, et je pense bien sûr aux hommes et femmes politiques... S'informer, savoir, comprendre, pour avancer... quelque part.

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Le titre "l'autre moi même" et le sous titre faisant référence aux émotions m'ont attiré, de même que les deux objectifs annoncés en introduction:

-" comment le cerveau construit l'esprit"

- "comment il le rend conscient".

Mais le livre s'est révélé aride (pour moi en tous cas) : les émotions sont certes abordées, mais après avoir détaillé longuement les tréfonds des cellules et autres neurones.

Pour autan, si l'on ne se laisse pas décourager (en survolant un peu certaines parties ... je dois l'avouer) Damasio fait ressortir des positions, des hypothèses que j'ai trouvées intéressantes.

En fait partie la reconnaissance , au delà des "émotions universelles, des émotions sociales. de même que la notion de conscience sociale qui est avancée.

Plus surprenante pour moi (mais argumentée) est l'affirmation que les émotions ne sont pas acquises mais définies (partiellement) par le génome.

Intéressante également la partie dédiée à la mémoire, les raccourcis qu'elle utilise pour stocker les informations, dont l'adjonction systématique d'une couche émotionnelle, qui vient se superposées aux images stockées (plus exactement cartographiées) , lors delà réapparition d'une situation donnée.

Malgré ces apports, ce livre de 350 pages est à réserver aux lecteurs/ lectrices souhaitant entrer dans le détail de la compréhension du cerveau (au sens large) et possédant des connaissances médicales/ biologiques.

Je mentionnerai pour conclure, dans le chapitre de conclusion, le rôle et surtout la place de l'art (en partie apporté par les génome) soulignés par Damasio: "l'un des présents majeurs que la conscience a offert aux hommes" (citation complète : voire la première citation de Bruno_cm). Belle conclusion !

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Citations et extraits (115) Voir plus Ajouter une citation

En résumé, si les arts ont prévalu au cours de l'évolution, c'est parce qu'ils avaient une valeur pour la survie et ont contribué au développement de la notion de bien-être. Ils ont aidé à cimenter les groupes sociaux et à promouvoir l'organisation sociale ; ils ont assisté la communication ; ils ont compensé les déséquilibres émotionnels causés par la peur, la colère, le désir et la peine ; et ils ont probablement inauguré le long processus par lequel se sont créées des traces extérieures de la vie culturelle, comme on en voit à Chauvet et Lascaux.

On a suggéré que, si l'art a survécu, c'est parce que les artistes ont du succès amoureux. Il suffit de penser à Picasso pour en convenir. Mais il aurait probablement prévalu sur la seule base de sa valeur thérapeutique.

Peut-être les arts représentent-ils une compensation inadéquate à la souffrance humaine, au bonheur qui se refuse, à l'innocence perdue, mais ils ont été et sont encore tout de même une compensation. Ils sont l'un des présents majeurs que la conscience a offerts aux hommes.

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Sans doute l'expression des émotions peut-elle se moduler de façon volontaire. Cependant, rien ne prouve que le degré de contrôle de ces modulations émotionnelles va au-delà des manifestations extérieures. Comme les émotions incluent bien d'autres réponses, dont plusieurs sont internes et invisibles à l'oeil nu pour autrui, le gros du programme émotionnel est encore exécuté, quelle que soit la puissance de volonté qu'on met à l'inhiber. Surtout, les sentiments émotionnels, qui résultent de la perception de tout le concert des changements émotionnels, interviennent encore même si les expressions émotionnelles extérieures sont en partie inhibées. Quand vous êtes face à une personne stoïque qui fait à peine la moue quand on lui annonce un drame, ne croyez pas qu'elle ne ressent pas d'angoisse ni de peur. Un vieil adage portugais dit ainsi : "Voir un visage, ce n'est jamais voir le coeur."

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Heureusement, vu l'abondance des souvenirs que nous détenons du passé que nous avons vécu et de l'avenir que nous avons anticipé, il ne nous est pas nécessaire de nous les rappeler tous et même la plupart lorsque notre soi opère en mode autobiographique. Même Proust n'avait pas besoin de puiser dans toute la richesse des détails liés à son lointain passé pour élaborer un instant pleinement proustien

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Le titre de ce livre tout comme ses premières pages ne laissent pas de doute : pour traiter de l'esprit conscient, je privilégie le soi. L'esprit conscient apparaît lorsqu'un processus du soi vient s'ajouter à un processus mental de base. Quand un esprit n'a pas de soi, il n'est pas conscient au sens strict. Telle est la situation dans laquelle sont pris les êtres humains dont le processus du soi est stoppé par un sommeil sans rêve, une anesthésie ou une affection cérébrale.

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Selon Mark Twain, la grande différence entre la fiction et la réalité, c'est que la première doit être crédible. La réalité peut se permettre d'être improbable, pas la fiction.

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Lire un extrait
Video de Antonio R. Damasio (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Antonio R. Damasio
http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=58265
L'ALTER DE MON EGO
Empathie, mimétisme et éducation
Joël HILLION
Professeur d'anglais pendant 40 ans, l'auteur a pratiqué ce qu'il appelle la pédagogie du lien. Sous l'influence de René Girard, d'Antonio Damasio, et plus récemment des découvertes de neurones miroirs, il a appliqué une pédagogie originale où l'empathie tient une place centrale. L'apprentissage s'appuyant sur un mécanisme mimétique l'auteur donne des pistes pour valoriser l'imitation et tirer profit de l'empathie spontanée dans un cadre scolaire.
Joël Hillion a enseigné en lycée et classes préparatoires. Il est l'auteur de plusieurs essais sur l'éducation. Il est également traducteur des Sonnets de Shakespeare et de plusieurs essais à son sujet.
Broché - format : 13,5 x 21,5 cm ISBN : 978-2-343-13623-3 ? 1 décembre 2017 ? 160 pages
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