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EAN : 9782370490162
70 pages
Éditeur : La Volte (11/05/2016)

Note moyenne : 4.2/5 (sur 20 notes)
Résumé :
Vingt ans après sa parution, Benjamin Mayet s'empare avec sa fougue propre de La Zone du Dehors, roman visionnaire sur les sociétés de contrôle, et en extrait le vif dans un monologue qui frappe : Le Dehors de toute chose. Sa retrempe redonne sa puissance de feu à une anticipation qui n'a jamais été aussi inquiétante ni aussi actuelle. Elle déchire le cocon occidental des consensus et en appelle à désincarcérer les forces de vie que nos paresses et nos heurs enclose... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Allantvers
  11 juin 2016
Voilà un petit brûlot qui vient à point pour nous réchauffer le nerf vital.
Deux courts textes en fait, en miroir, l'un extrait de « la zone du dedans » d'Alain Damasio et mis en scène par Benjamin Mayet, l'autre de Damasio lui-même, rebondissant sur le premier.
Le premier harangue sous forme de monologue le lecteur en l'exhortant à prendre conscience de la morbidité de nos conditions d'esclaves volontaires dans un système devenu génétiquement totalitaire de par la multiplicité des contrôles qui s'y exercent, à secouer la gangue de ces contrôles qui nous étouffent, en particulier les contrôles que nous nous imposons à nous-mêmes, et ce pour retrouver le souffle vital en soi vivifié du sens du collectif.
Le second, de l'auteur originel de ce texte donc, réintroduit cette exhortation dans le contexte de nos sociétés occidentales dominées par le « techno-capitalisme » qui par normalisations incrémentales et ingestion systématique de tout ce qui relève du « dehors » (l'étranger, le sauvage, l'inconnu), largement aidé en ceci par le développement de technologies intrusives (le smartphone relié au Big Mother des réseaux sociaux en étant le point d'orgue) qui nous collent les uns aux autres comme des « grumains dans la pâte » dans une réalité surconnectée et désenchantée, a fini par limiter nos horizons, avec notre consentement, à son seul « dedans », et nous enfermer dans une « société sans air ».
L'un comme l'autre appellent à reprendre contact avec le sol, redresser la colonne, en renouant les liens perdus et en cherchant à conquérir non pas le pouvoir, mais la puissance, celle de ce « dehors » qui est tout simplement en nous.
Ça pique, ça démange et ça dérange, et cela fait un bien fou.
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ZeroJanvier79
  02 septembre 2018
Deux textes dans ce livre étonnant. le premier est une courte adaptation théâtrale du roman "La Zone du Dehors" d'Alain Damasio, reprenant des extraits de monologues de plusieurs personnages. Je n'ai pas trouvé ça terrible, même si l'intention est bonne. le second texte est un essai d'Alain Damasio
autour du même roman, sur le contrôle, le pouvoir, la (ré-)volution. J'ai beaucoup aimé.
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Charybde2
  04 janvier 2020
La moelle poétique, épique et militante de « La zone du dehors » d'Alain Damasio. Un tour de force qui frappe pile et juste.
Sur le blog Charybde 27 : https://charybde2.wordpress.com/2020/01/04/note-de-lecture-le-dehors-de-toute-chose-alain-damasio-benjamin-mayet/
Lien : https://charybde2.wordpress...
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
AllantversAllantvers   11 juin 2016
En Occident, voter est consentir à la dépossession politique. Rien d'autre, désormais. Le technocapitalisme seul nous dirige. L'Etat n'est plus qu'un cabinet d'ingénierie sociale auquel on sous-traite la variable humaine des équations du profit. L'impuissance s'exaspère, l'explosion révolutionnaire serait logique: pourquoi ça tient? par quel miracle?
J'ose cette hypothèse brute : ça tient parce que le pouvoir, sous sa forme simple et immédiate, donc concrète et convaincante, tient maintenant au creux de la main. Tout est là, à portée de clavier, de tap-tap, de clic. Tout répond en temps réel, au doigt et à l'œil, d'un effleurement sensuel. Pourquoi chercher le pouvoir dans un réel épais et complexe quand on l'exerce déjà en monarque sur une réalité manipulable?
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Charybde2Charybde2   04 janvier 2020
Quelque chose de moins perceptible et de plus neuf montait au virage du siècle. Comme une métamorphose dans la matière même du pouvoir. Un passage du solide au liquide. Dans un occident aux autorités titubantes, aux hiérarchies discutables et sapées, dans nos démocraties toujours plus sainement intolérantes à l’arbitraire et à l’imposé, où l’impact des disciplines suscitait presque autant de résistance que d’effets, l’aérodynamique du pouvoir nécessitait d’être redesignée pour recouvrer ses capacités de pénétration dans l’air des corps et des esprits.
Ça, c’est beau de l’écrire mais c’est encore trop facile, et faux. L’aérodynamique est bien là, sauf que ce sont nos mains qui ont lissé par millions la carrosserie. Acceptons-le, tout gauchistes que nous sommes. Acceptons que cette société de contrôle, personne ne nous l’a imposée. Elle n’est pas extérieure à nous, on ne l’a pas reçue comme une punition : on l’a faite. Oui, bien sûr, les médias s’en emparent et la relaient. Oui, les gouvernements l’accroissent et la régissent. Oui, surtout, le technocapitalisme en fait son support et son beurre. Mais elle est d’abord l’invention propre à nos liberticides. L’appel compulsif au contrôle, comme agenda et mode d’être, est venu des populations mêmes. De ces populations émiettées par la doxa libérale ? Si vous voulez… et son égotisme-roi ? Certes. Mais aussi de nous autres les grumeaux, les grumains, excités par le développement personnel, les « deviens ce que tu es », rêvant d’émancipation et nageant en poisson égaré dans la pâte d’une dissociété que nous avons tous contribué à élaborer.
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Charybde2Charybde2   04 janvier 2020
Aujourd’hui,
enfin,
il est possible que toutes nos rages intestines,
nos fièvres sauvages,
tous ces cris esseulés tus et tués par la misère de crier seul,
que toutes ces lames solitaires pointées vers le bulbe de glu,
à ne savoir où frapper,
que tout cela converge !
Comprenez-vous que l’homme n’a même pas commencé à être un homme ?
Que l’histoire de notre société n’est que l’histoire du triomphe des forces réactives,
du ressentiment,
du larmoiement,
une petite histoire pleurnicheuse et atermoyée qui fornique sur la honte d’être heureux et la mauvaise conscience de voir les autres souffrir tandis que nous sommes sians et d’équerre !
La souffrance !
La souffrance !
Parce que nous ne souffrons plus,
il faudrait fermer sa gueule,
s’agenouiller,
obéir et prier ?
Il faudrait faire ce qu’on nous dit et là où on nous dit de le faire ?
Nous devrions avoir honte ?
Nous devrions au contraire nous dresser sur l’horizon tels des soleils tournoyants et ivres de fougue !
À flamboyer parmi le cosmos,
à faire des avenues des flaques de feu !
Devrait même plus pouvoir se regarder en face tellement chaque être,
par sa prestance et son éclat,
éblouirait !
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Charybde2Charybde2   04 janvier 2020
Une telle société de contrôle,
aussi splendidement démocratique soit-elle,
je la vomis.
Et je la vomis pour des valeurs qui sont autrement vitales
que ce triomphe à la régulière du conformisme,
de la docilité et de la peur,
qui est cautionné parce qu’issu d’une majorité.
Je la vomis pour la liberté.
Pour que la vie siffle dans nos viscères,
comme un ruisseau ardent.
Je la vomis pour un espoir :
que l’homme vaut mieux que ce qu’il est aujourd’hui.
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Charybde2Charybde2   04 janvier 2020
Nous vivons dans une démocratie.
Nous n’avons pas à nous plaindre.
Nous n’avons qu’à nous lever,
sortir et claquer la porte.
Face à l’aliénation des menues doses douces et continues, nous n’avons pourtant su opposer de rupture que brutale.
Que notre fureur !
Dynamiter le ventre !
Faire sortir le sang !
Y aller franc,
sans réfléchir.
Réfléchir,
c’est fléchir deux fois !
Nous avons en face de nous une force plastique,
qui recycle les résistances,
qui fait preuve d’une capacité d’innovation redoutable et nous, on en resterait à ça :
détruire ?
C’est le propre des forces réactives,
justement,
de vouloir détruire les forces qui s’opposent à elles.
Et elles veulent les détruire parce qu’elles n’ont pas la force suffisante pour les subjuguer,
se composer avec.
S’en servir !
Vouloir détruire est le symptôme d’une volonté décadente !
Nous devons construire maintenant !
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Videos de Alain Damasio (58) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Alain Damasio
Dans cet épisode de Réelles fictions, le philosophe de l'urbain Thierry Paquot parle du roman d'Alain Damasio, Les Furtifs. Il aborde la ville décrite par Alain Damasio : les circulations des personnages, l'organisation politique, la périphérie. Il la compare à d'autres villes d'oeuvres de science-fiction et d'anticipation.
Réelles fictions est une série de podcasts qui présentent les cinq romans sélectionnés pour le prix Effractions. Ce prix récompense un roman qui entretient un lien fort avec le réel ; il est remis par la Bibliothèque publique d'information et la Société des Gens de Lettres pendant le festival littéraire « Effractions » en mars 2020.
Références citées dans le podcast : Richard Fleischer, Soleil vert, Metro-Goldwyn-Mayer, 1974. Jean-Luc Godard, Alphaville, Athos Films, 1965. Fritz Lang, Metropolis, Universum-Film AG, 1927. Ridley Scott, Blade Runner, The Ladd Company, 1982. Bernard Charbonneau, Vers la banlieue totale, Eterotopia, 2018. Aldous Huxley, le Meilleur des mondes, Plon, 1932. Étienne de la Boétie, Discours de la servitude volontaire, (1576), Vrin, 2014. Georges Orwell, 1984, Gallimard, 1949. Thierry Paquot, Désastres urbains : les villes meurent aussi, La Découverte, 2015. Extrait lu : Alain Damasio, Les Furtifs, pages 87 et 88 © La Volte, 2019.
Cet épisode a été préparé par Cyril Tavan. Lecture : Denis Cordazzo. Réalisation : Camille Delon et Renaud Ghys. Musique : Thomas Boulard. Merci aux éditions La Volte, à Sébastien Gaudelus, à Inès Carme et à Blandine Fauré. Ce podcast a été enregistré dans les studios du Centre Pompidou.
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