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Marcel Blanc (Traducteur)
EAN : 9782738120700
368 pages
Éditeur : Odile Jacob (06/03/2008)

Note moyenne : 4.04/5 (sur 54 notes)
Résumé :
Etre rationnel, ce n'est pas se couper de ses émotions. Le cerveau qui pense, qui calcule, qui décide n'est pas autre chose que celui qui rit, qui pleure, qui aime, qui éprouve du plaisir et du déplaisir. Le coeur a ses raisons que la raison... est loin d'ignorer. Contre le dualisme du corps et de l'âme, mais aussi contre ceux qui voudraient réduire le fonctionnement de l'esprit humain à de froids calculs dignes d'une machine, voilà ce que révèlent les acquis récent... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
TCHITAT92
  22 juin 2020
2 ème opus de Mr Antonio Damasio, dans lequel les éléments qui m'avaient conquise dans le 1er ("Spinoza avait raison" : il s'agit véritablement d'un essai scientifique, précis, argumenté, basé sur des expériences tangibles, des résultats d'études reconnus, le tout rédigé avec une volonté de vulgarisation qui permet à, non un novice total du domaine, mais quelqu'un qui s'y intéresse, sans être dans le milieu médical, de suivre relativement facilement ses problématiques, argumentaires et conclusions.
Mr Damasio aborde ici (notamment) la question de la prise de décision, qui contrairement à ce que l'on pourrait penser à première vue, nécessite une part d'émotionnel pour être efficace. Sujet absolument passionnant !
Enfin, et c'est un point rare dans ce type d'ouvrages scientifiques, j'apprécie tout particulièrement l'aspact pragmatique et humain de l'auteur. Il ne s'envole pas dans les hautes sphères de la pensées abstraites, ou de la biologie pure, mais garde toujours à l'esprit les conséquences des pathologies sur le ressenti et le vécu du patient, cherchant toujours par ses études à améliorer la vie sociale et personnelle des gens.
Bon, et bien il ne me reste qu'à découvrir "L'Ordre étrange des choses" maintenant !
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Walktapus
  13 février 2012
Une lecture assez touffue mais sur un sujet absolument passionnant. L'erreur de Descartes nous parle des fondements neurobiologiques de la raison, de la conscience, du moi. La thèse centrale du livre, c'est que nous pensons non seulement avec notre cerveau mais aussi avec notre corps. Nous avons besoin du corps, de ses représentations, et nous avons besoin des émotions pour être capables de raisonner normalement. D'où la fameuse "erreur" de Descartes, celle de la dualité corps esprit. L'auteur ne lui jette pas la pierre personnellement (le pauvre, avec la science de son temps) mais essaie surtout d'attaquer cette conception dualiste qui est toujours très ancrée dans nos mentalités, dans la médecine.
Pour nous présenter tout cela, Damasio met à contribution la science moderne du cerveau, dont ses propres recherches, sans rien cacher de l'immensité des choses qu'il nous reste encore à découvrir pour comprendre complètement, peut-être un jour, comment fonctionne le cerveau, sans rien cacher non plus des hypothèses qu'il fait. A partir du cas de Phineas Gage, accidenté du cerveau des années 1850, il nous emmène dans un voyage de découverte à travers l'humain, son cerveau, son développement, l'inné et l'acquis, les émotions, les représentations du monde, l'éthique.
C'est de la vulgarisation, mais c'est plutôt trop long et avec des redites, et j'aurais pu abandonner vers la fin de la première partie si le sujet n'avait pas été aussi intéressant. J'avoue avoir renoncé à mémoriser tous les noms de régions du cerveau, mais finalement, ça ne m'a pas gêné.
En dépit de son titre, l'erreur de Descartes n'est pas un livre de philosophie, mais un livre de science humaniste qui aborde des questions philosophiques. C'est sa force. Il peut nous apprendre beaucoup sur nous mêmes et sur la manière dont nous fonctionnons.
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paulotlet
  19 février 2011
Dans L'Erreur de Descartes, Antonio Damasio montre comment le centre de l'émotion nous est indispensable pour prendre des décisions rationnelles. le cas bien connu de Phineas Gage, ouvrier dont le crâne avait été traversé par une barre à mine et qui, bien qu'intellectuellement normal, était devenu incapable de se comporter de manière cohérente est resté célèbre. Au fond, ce que montre Damasio, c'est qu'une part de subjectivité est indispensable à un comportement efficace.
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SeverinSen
  17 mars 2021
Ce livre m'avait été conseillé par mon professeur de philo, au lycée. A ce moment de ma vie, j'aimais ses cours de philosophie, contrairement à ce que la plupart de mes camarades de classes en pensaient. J'attribuais d'ailleurs grandement mon attrait pour cette matière à la qualité du cours, les capacités oratrices et la recherche permanente de la bonne image dont ce professeur faisait preuve pour nous rendre accessibles les théories parfois abstraites qu'il nous enseignait. Malheureusement, à ce moment de ma vie, j'aimais ces cours de philosophie, mais de là à me lancer avec l'assiduité nécessaire dans la lecture d'un ouvrage complet, aussi technique que philosophique, il y avait un pas que je n'avais à l'époque pas su franchir.
Une bonne décennie s'est désormais écoulée depuis ces cours (devrais-je dire, quasiment quinze ans...) et il aura fallu un ou deux confinement et quelques couvres-feu pour susciter en moi un attrait littéraire qui m'a permis d'occuper un temps libre qui devenait d'un coup presque pléthorique. Alors après avoir lu plus de livre en l'espace de six mois que durant toute ma vie ayant précédée cette période, je ressortais l'Erreur de Descartes des mes étagères et décidais de m'y consacrer pleinement. Et grand bien m'en a fait.
Ce livre est un ouvrage tout à fait passionnant et fascinant : Comme je le disais précédemment, il s'agit d'un ouvrage aussi technique que philosophique. Mais c'est aussi un texte pédagogique, sans vulgarisation à outrance et confiant dans la capacité du lecteur à comprendre ce que l'on souhaite lui exposer. Comme mon professeur de terminale, l'auteur illustre d'exemples (réellement vécus ou inventés) toujours parfaitement pertinents et accessibles, des concepts aussi abstraits (les émotions, la prise de décision, la conscience de soi, de notre corps) que relevants d'une science (la neurologie) qui pour les néophytes peut apparaitre tout aussi abstraite.
Cet ouvrage est l'occasion d'en apprendre plus sur soi, nous, le cerveau, notre corps et de considérer autrement la dualité du corps et de l'esprit traditionnellement admise. Je ne sais pas dans quelle mesure l'Erreur de Descartes (ou l'ensemble des travaux de l'auteur) a permis de poser les bases à de nouvelles recherches, ni dans quelle mesures ses observations ont permis de faire évoluer collectivement notre vision du moi, de nos émotions ou de notre santé. Mais une chose est sûre : étant donné l'attrait généralisé actuellement pour les médecines douces, alternatives ou autres concepts d'éducations, il est certain qu'Antonio Damasio a su cerner un phénomène qui, peut-être inconscient en chacun de nous, révélait la nécessité de reconnecter notre corps à notre cerveau ainsi qu'à notre esprit.
Ce livre est nécessaire, et en plus de cela, il est accessible.
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ElizabethBennet
  19 janvier 2013
Quel récit passionnant que celui fait par Damasio, sous la forme d'une simple conversation entre amis, sans aucune supériorité scientifique, sans jargon superflu, écrit tout en subtilité, rempli d'humour... le lecteur suit avec délectation l'enquête menée par Damasio pour étayer sa théorie naissante, à partir du cas de Gage, sur les corrélations entre raison et émotions. Alternant comptes-rendus de tests psychologiques effectués sur divers patients, atteints de troubles plus ou moins sévères, hypothèses de travail, explications détaillées sur les mécanismes complexes du cerveau, ou encore anecdotes brillantes et sympathiques, ce livre ne lasse jamais, tant il présente de variété. Strictement rigoureux sur un plan scientifique, accumulant les schémas décrivant le fonctionnement du cerveau, le récit livré par Damasio reste toutefois parfaitement accessible à un néophyte, qui n'a guère besoin que de comprendre l'essentiel pour saisir tous les enjeux de l'hypothèse formulée par Damasio. Car c'est bien là que réside le coeur du problème : supposer l'intervention, par divers moyens, des émotions ressenties par le corps, dans le processus de réflexion mené par la raison, vient remettre en question tous les fondements modernes de la science, y compris de la psychiatrie et de la neurobiologie. L'auteur a néanmoins l'honnêteté intellectuelle de reconnaître les limites (et il y en a peu) de sa théorie, tout en misant sur des recherches et des découvertes ultérieures qui viendront étayer son hypothèse. Bien sûr, le titre est volontairement provocateur, car sur les 400 pages du livre, l'auteur ne mentionne Descartes qu'à de rares reprises, mais soyons honnêtes, il s'agit à la fois d'un argument marketing (et qui sonne mieux, somme toute, que "Le cerveau pour les Nuls" ou "Raison et passion : la réconciliation ?") et d'un choix philosophique assumé.
(la suite en cliquant sur le lien ci-dessous !)
Lien : http://ars-legendi.over-blog..
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Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
avatar905avatar905   15 février 2015
Quand aux connaissances dont nous nous servons pour raisonner, elles aussi peuvent être complètement explicites ou en partie cachées, comme lorsque nous avons l’intuition d’une solution. En d’autres termes, l’émotion joue un rôle dans l’intuition, processus cognitif rapide grâce auquel nous parvenons à une conclusion sans avoir conscience de toutes les étapes logiques qui y mènent. Il n’est pas nécessairement vrai que la connaissance des étapes intermédiaires soit absente, mais l’émotion livre la conclusion si directement et si rapidement qu’il n’est pas nécessaire d’avoir conscience de toutes les connaissances. Voila qui correspond à la formule ancienne selon laquelle “l’intuition échoit aux esprits bien disposés”. Qu’est-ce que cela signifie dans le contexte de l’hypothèse des marqueurs symboliques? Cela signifie que la qualité de notre intuition dépend de la façon dont nous avons raisonné par le passé, dont nous avons classé les événements de notre expérience passée en relation avec les émotions qui les ont précédés et suivis, et dont nous avons réfléchi à l’échec et au succès de nos intuitions passées. L’intuition, c’est tout simplement de la cognition rapide, les connaissances requises étant en partie cachées sous le tapis, grâce à de l’émotion et beaucoup de pratique. Je n’ai clairement jamais souhaité opposer émotion et raison; je vous plutôt dans l’émotion quelque chose qui, au moins, assiste la raison et, au mieux, entretien un dialogue avec elle.
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avatar905avatar905   15 février 2015
La distinction entre maladies du “cerveau” et maladies “mentales”, entre problèmes “neurologiques” et “psychologique”, relève d’un héritage culturel malheureux qui imprègne toute la société, en général, et la médecine en particulier. Elle reflète une méconnaissance fondamentale des rapports entre le cerveau et l’esprit. Dans le cadre de cette tradition, on estime que les maladies du cerveau sont des affections dont on ne peut blâmer ceux qui en sont atteints, tandis que les maladies psychologiques, et surtout celles qui touchent à la facon de se conduire et aux réactions émotionnelles, sont des troubles de la relation interpersonnelle, dans lesquels les malades ont une grande part de responsabilité. Dans ce contexte, il est courant de reprocher aux individus leurs défauts de caractère, le déséquilibre de leurs réactions émotionnelles, et ainsi de suite; le manque de volonté est considéré comme la source primordiale de tous leurs problèmes
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PhilOchePhilOche   30 août 2015
La théorie des marqueurs somatiques est donc compatible avec l’idée que, pour se comporter efficacement sur le plan personnel et social, les individus doivent se représenter théoriquement de façon adéquate leur propre psychologie et celle des autres. A partir de cette représentation on peut prédire celle que les autres individus se forment de nos propres dispositions mentales. L’exactitude de telles prédictions est, bien sûr, essentielle lorsque nous avons besoin de prendre une importante décision dans le domaine des relations interpersonnelles. Là encore, le nombre de possibilités à envisager est immense, et je pense que des marqueurs somatiques (ou quelque chose y ressemblant) doivent aider à faire le tri des innombrables variantes – ce qui, en pratique, diminue le volume des opérations de tri à effectuer, puisqu’ils fournissent une détection automatique des éléments de scénario probablement les plus pertinents. Tout cela montre clairement que les processus dits cognitifs ont véritablement partie liée avec ceux que l’on appelle généralement « émotionnels ».
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paulotletpaulotlet   04 avril 2011
La capacité d'exprimer et de ressentir des émotions est indispensable à la mise en oeuvre des comportements rationnels. Et lorsqu'elle intervient, elle a pour rôle de nous indiquer la bonne direction, de nous placer au bon endroit dans l'espace où se joue la prise de décision, en un endroit où nous pouvons mettre en oeuvre correctement les principes de la logiques.
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WalktapusWalktapus   09 février 2012
(...) mais laissez-moi vous dire pour le moment que le moi n'est pas représenté par cet infâme homoncule, ce petit personnage à l'intérieur de notre cerveau, regardant les images formées par ce dernier et réfléchissant à leur sujet. Il s'agit, bien plutôt, d'un état neuro-biologique perpétuellement recréé. On a attaqué, à juste titre, le concept d'homoncule dans toutes ces dernières années, et cela a conduit beaucoup de théoriciens à se méfier également du concept de moi. Mais il n'est pas du tout nécessaire que la base neurale du moi soit l'homoncule. En réalité, il faut plutôt craindre l'idée d'une cognition qui se passerait du concept du moi.
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Video de Antonio R. Damasio (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Antonio R. Damasio
http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=58265
L'ALTER DE MON EGO
Empathie, mimétisme et éducation
Joël HILLION
Professeur d'anglais pendant 40 ans, l'auteur a pratiqué ce qu'il appelle la pédagogie du lien. Sous l'influence de René Girard, d'Antonio Damasio, et plus récemment des découvertes de neurones miroirs, il a appliqué une pédagogie originale où l'empathie tient une place centrale. L'apprentissage s'appuyant sur un mécanisme mimétique l'auteur donne des pistes pour valoriser l'imitation et tirer profit de l'empathie spontanée dans un cadre scolaire.
Joël Hillion a enseigné en lycée et classes préparatoires. Il est l'auteur de plusieurs essais sur l'éducation. Il est également traducteur des Sonnets de Shakespeare et de plusieurs essais à son sujet.
Broché - format : 13,5 x 21,5 cm ISBN : 978-2-343-13623-3 ? 1 décembre 2017 ? 160 pages
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