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Dan Shi (Éditeur scientifique)Nadine Perront (Traducteur)
EAN : 9782877302388
237 pages
Éditeur : Editions Philippe Picquier (19/05/1998)

Note moyenne : 3.9/5 (sur 81 notes)
Résumé :
Yu Chunhe, eunuque au palais de l'impératrice Xiaoding, l'épouse de l'empereur Guangxu de la dynastie des Qing, nous livre ce témoignage exceptionnel sur la vie quotidienne des castrats et sur celle de leurs maîtres. Entré dans la Cité Interdite en 1898, à l'âge de dix-sept ans, il y passera dix-huit années terribles, marquées par la guerre contre les étrangers, l'exil de la cour à Xian, le traité de paix, la révolution, l'avènement de la république et la chute de l... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
Bubu-le-bourguignon
  07 janvier 2014
Partiellement déçu par ces mémoires qui serait plutôt "Histoire d'un Chinois devenu Eunuque à la Cité Interdite". le résumé du livre espère bien des choses, mais au fil des pages, c'est vraiment tout autre.
Le mot "dans" utilisé dans le titre n'est pas approprié. Il aurait mieux valut mettre "de".
La 1er partie du livre (soit plus de la moitié du livre) narre l'histoire de Yu Chunhe avant son entré dans la Cité : l'ado travailleur, fidèle et servile. Issue d'une famille extrêmement pauvre qui travaille pour l'homme le plus riche du village, Yu va se montrer fidèle et travailleur, donc reconnaissant, envers cet homme bon envers lui et son père vieillissant.
Arrive ensuite, dans l'autre moitié du livre : sa castration, son service auprès de Maitre Diba (qui sera son protecteur) puis de l'impératrice Xiaoding. Enfin, après la déclaration de la République, il se met au service de Zhang Lande, ex chef eunuque. Un vécu en lance pierre, sans beaucoup de détails sur son service au sein de la Cité.
Où est passé cette vie quotidienne des castrats au service des puissants !!
Où est passé ces petits potins sur les complots, les jalousies !!
Où est passé ce témoignage exceptionnel sur des portraits des familiers !!
Je ne dis pas qu'il n'y a rien. Mais Yu Chunhe a passé 18 ans au sein de la Cité et peu de choses filtre sur ces 18 ans.
18 ans au service de personnes importantes dans un lieu où nul ne pouvait entrer sans autorisation, où la personnalité impériale était assimilé à un Dieu, et .... rien .... ou presque. Il n'y a pas suffisamment de "croustillant" "de complots", de pensée de la part de l'eunuque. Yu était dans la confidence des grands, il était les yeux et les oreilles de cet univers où les castrats étaient des esclaves corvéables et expulsables à souhait. Mais je n'ai pas ressenti, complètement, cet univers.
La partie sur l'exil de la cour impériale est très intéressante. Yu Chunhe donne un témoignage très captivant sur l'attitude de la cour mais surtout le caractère de l'Impératrice Cixi qui règne en maitre absolu sur tout le monde (sauf son favori), et le droit de vie et de mort qu'elle exerce envers ses semblables.
Ce qui est à retenir aussi, ce sont les sentiments et le destin de ce jeune chinois, châtré de force, pour avoir aimer une jeune femme qui était promise à un autre homme.
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Woland
  26 décembre 2007
Yige Quinggong taijian de caoyu
Traduction : Nadine Perront.
Longtemps, les dynasties impériales chinoises se contentèrent de castrer les serviteurs les plus proches des épouses impériales. Et, jusqu'à l'arrivée des Han orientaux au pouvoir, vers l'an 25 de notre ère, il était hors de question que les eunuques accédassent à des postes non-serviles.
Mais les choses allaient changer sous l'Empereur Guangwu. Ce fut lui qui, le premier, institua la castration pour tous les serviteurs évoluant dans la Cité Interdite. Et ce fut lui encore qui, le premier, en éleva certains aux plus hautes dignités, provoquant ainsi la colère des lettrés qui, non sans raison, prédirent que pareil état de fait ne ferait que multiplier les intrigues.
Intermédiaires obligés entre l'Empereur et ses courtisans, les eunuques devinrent vite indispensable. Un haut fonctionnaire souhaitait-il voir sa requête présentée au meilleur moment ? Il versait alors un pot-de-vin à tel ou tel eunuque et, pot-de-vin après pot-de-vin, finissait par obtenir satisfaction. Ce qui permit aux plus habiles des castrats impériaux de se préparer de très confortables retraites hors de la Cité interdite.
En règle générale, c'était d'ailleurs la misère qui les avait poussés à renoncer à leur virilité. Mais si certains le faisaient en pleine connaissance de cause, il existait en parallèle un véritable marché de jeunes garçons que des pourvoyeurs avisés achetaient à leurs parents avant de les vendre aux castrateurs impériaux.
A l'époque où Yu Chunhe, le héros de ce récit, devint eunuque, il existait à Pékin deux castrateurs officiels : Bi le Cinquième et Liu-la-Fine-Lame. L'avantage de ces castrateurs était que, en véritables professionnels, ils évitaient la mort à leurs patients. La mort mais pas la douleur, ainsi que le constatera Yu, alors âgé de 17 ans. Pour le reste, Bi et Liu usaient de procédés qui n'auraient pas dépaysé un proxénète occidental : ils acceptaient souvent de loger chez eux les enfants ou les adolescents que leur amenait un parent "bien attentionné" - l'oncle Qian dans le cas de Yu - le nourrissaient, l'encourageaient à reprendre des forces et à se détendre jusqu'au jour où ils lui mettaient le marché en main : "J'ai dépensé tant de taëls pour toi. Rembourse-les moi ou alors, laisse-moi te castrer et te faire entrer au Palais afin que tu puisses me rembourser."
C'est de cette manière que le piège se referma sur le malheureux Yu Chunhe. Fort heureusement pour lui, il ne fut pas commis au service de l'Impératrice douairière Tseu-Hi, réputée extrêmement difficile et cruelle avec ses dames de compagnie comme avec ses serviteurs.
Yu Chunhe, personnage ayant authentiquement existé et dont le récit forme la base de cet ouvrage, sera l'un des derniers eunuques de la dynastique mandchoue des Qing. Après l'abdication du petit-neveu de Tseu-Hi, Pu Yi, et la prise de pouvoir par Sun Yat-sen en 1912, il se verra contraint de quitter la Cité interdite et de retourner à la vie ordinaire, largement diminué bien sûr. Dan Shi rapporte une fin heureuse, un amour de jeunesse enfin retrouvé et qui accepte d'épouser Yu mais, si cela est vrai, tous, parmi les 1900 eunuques que comptait la cour des Qing sur sa fin, n'eurent pas cette chance.
D'aucuns s'étonneront de voir le mot "mariage" accolé à celui d'"eunuque." C'est ignorer que, en se privant de leur virilité, les eunuques n'en perdaient pas pour autant tout désir sexuel. Même dans la Cité interdite, les eunuques trouvaient chaussures à leur pied et consommaient leur union au moyen de substituts bien connus des sex-shops. La frustration n'en demeurait pas moins présente et, chose encore plus grave dans la société chinoise, le castrat ne pouvait prétendre à aucune descendance : dans ces conditions, qui ferait brûler l'encens pour sa mémoire sur les tablettes des ancêtres ?
La légende veut que certains grands eunuques et favoris soient parvenus à conserver intact leur potentiel sexuel. Pour la période qui nous intéresse, on citera An Te-Haï, que l'Impératrice Tseu-Hi sacrifiera cependant à la raison d'Etat et surtout son autre grand favori, Li Lianying, que nous dépeint ici Yu Chunhe.
Pour en savoir un peu plus sur la grandeur et la misère des eunuques impériaux, à la fois hommes de pouvoir et de servitude, lisez "La Vallée des Roses", ce roman que Lucien Bodart reconnaissait avoir écrit sous alcool et sous emphétamines et qui est d'une flamboyance quasi sadienne et visionnez - si vous le pouvez - "L'Eunuque impérial" de Tan Zhuangzhuang, que le cinéaste réalisa en 1991 sur la vie justement de Li Lianying :
http://www.filmclubcannes.com/l_eunuque_imperial.htm ;o)
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Gaoulette
  31 octobre 2016
Tout d'abord je n'y connais rien en littérature asiatique, c'est une première pour moi. Je pensais bêtement que les Eunuques n'existaient que dans les Harem et le monde merveilleux "d'Aladin". Franchement l'histoire des Empereurs en Chine était un véritable mystère aussi. Alors je voudrais dire merci au challenge Multi-défi 2016 pour cette découverte mais aussi à la proposition d'un copinaute.
Bon quoi dire de ma lecture. Premier ressenti, lecture longue et difficile en concentration. Je m'explique, le récit de Yu Chunche est tout en description en s'arrêtant sur beaucoup de détails sur la vie de son entourage hors la Cité interdite. On sent le côté observateur et respectueux du narrateur mais c'est extrêmement long pour arriver à l'histoire qui nous intéresse le plus : sa vie dans la Cité interdite. Car comme le précise le titre et la quatrième de couverture j'aurais du être face à ses humiliations, la réalité morbide des Eunuques et les châtiments de la Royauté asiatique au siècle dernier.
Je dirais que dans l'ensemble j'ai eu beaucoup de mal à accrocher mais la vie de ce jeune chinois est émouvante et sincère. Donc je refusais de lâcher mon livre et fort heureusement. Et oui en fermant ses mémoires nous apprenons une partie affreuse de l'histoire de la Chine, faits que j'ignorais complètement.
Comment pouvait-on traiter ces hommes de cette manière? Il est vrai que mes idées préconçues c'était celui du harem comme Aladin, celui heureux de vivre au milieu de ses chouchoutes, mais pas de l'esclavage pour un oui pour un non. Pas de ces sévices corporelles sans aucune autorisation de l'être car tout le respect est du aux anciens.
Yu Chunche va vous arracher la larme à l'oeil du début jusqu'à la fin sur sa servitude sans faille quoiqu'il arrive.
Je dirais au final que c'est une lecture intéressante dans l'ensemble mais j'en lirais rarement car le style asiatique est pour moi trop longue sur la narration. J'aime découvrir donc affaire à suivre pour un prochain dans un challenge.
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LePamplemousse
  04 mai 2013
Le témoignage passionnant d'un eunuque au coeur de la mythique Cité Interdite. L'auteur nous raconte son parcours qui n'a rien d'un rêve contrairement à ce que l'on voit dans les films.
Car non seulement ces hommes endurent de très grandes souffrances physiques avant de devenir eunuques mais de plus, leurs conditions de vie sont loin d'être agréables. Ils ne choisissent pas pour qui ils travaillent et doivent le plus souvent commencer par être le serviteur d'un autre eunuque ayant plus d'expérience.
Affamés en permanence, souvent battus, régulièrement humiliés, devant rester des heures debout pour surveiller une porte ou devant effectuer des tâches ingrates, ces hommes certes enviés par le peuple, n'avaient pas du tout une vie de tout repos. Bien souvent ils étaient chassés de la Cité Interdite sans préavis et pour toutes sortes de raisons et se retrouvaient sans aucune famille ni ressource du jour au lendemain.
Ce témoignage m'a semblé particulièrement touchant même si je l'ai trouvé un peu court et que j'aurais aimé connaître plus de choses sur leurs conditions de vie.
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metraux73
  21 mai 2018
Ce livre invite le lecteur dans le monde de la Cité Interdite et particulièrement dans le cercle des eunuques. le récit met en avant les drames vécus par de jeunes garçons et jeunes hommes, vendus par leurs parents ou par leur propre misère, à de grands seigneurs qui les asservissent en échange de la mutilation de leurs parties génitales. Il s'agit d'une vie d'esclave, choisie ou non, où le moindre faux pas peut conduire à la torture et la mort. Ce livre permet également d'avoir un aperçu de la vie impériale chinoise au tournant du XXe siècle. Je conseille fortement ce récit de vie, rare et bien documenté.
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
Aurelien_BonjourAurelien_Bonjour   06 juillet 2012
- C'est tout l'art de la conservation, reprit-il d'un air très fier. Un art délicat, mais pas très compliqué : une fois que je les ai coupées, je les lave très soigneusement, puis je les sèche et je les fais frire dans de l'huile de sésame. Ensuite, je les égoutte, et enfin je les saupoudre d'une mélange de minerais, de chaux, de camphre, de musc, de bois d'aloès et de camphrier et même de poudre de perles.
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cvd64cvd64   02 février 2018
[...] Tu comprends maintenant pourquoi je mets tant de soin à les conserver ? A présent, ôte ton pantalon, et va t'allonger.

Il se tut brusquement et je me déshabillai dans un état second, comme drogué. J'avais les jambes molles et les doigts gourds, de la peine à ordonner mes mouvements, mal au ventre, mal au coeur. J'avais peur tout simplement. Peur de souffrir, peur de mourir, je ne saurais plus dire exactement ; mais j'avais peur.

[...]
J'avais la sensation de tomber dans un puits sans fond, de perdre pied, de m'enliser. Je poussai une longue plainte aiguë, les yeux écarquillés sur le vide, comme si j'avais eu la certitude de vivre au moins le temps que durerait ce gémissement continu.
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pandarouxpandaroux   01 mars 2017
- Oncle Qian, qu'est ce que maître Han a voulu dire tout à l'heure en parlant de purifier mon corps? Je n'ai pas osé lui demander, mais je n'ai pas compris.
- Tu me demandes ça à moi ! se défila-t-il. Crois-tu que j'en sache plus que toi sur le sujet ? Seulement, je te préviens que devant tes nouveaux maîtres, il faudra perdre cette habitude de questionner à tors et à travers. Tu n'es pas encore embauché, alors au lieu de chipoter, tu ferais mieux de te soucier de leur plaire. Si tu veux travailler, tu dois obéir, et te taire !
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MiaMia   28 février 2013
La faim a la vertu de rendre délectable ce qui dans l'opulence vous semble une abjection.
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