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Simon Leys (Traducteur)
EAN : 9782228895811
637 pages
Éditeur : Payot et Rivages (31/03/2002)

Note moyenne : 4.29/5 (sur 19 notes)
Résumé :
Richard Henry Dana (1815-1882) venait de commencer son droit à Harvard quand un mal mystérieux lui fit interrompre ses études. Ce jeune patricien de Nouvelle-Angleterre décida alors de changer radicalement son mode de vie et s'engagea comme simple matelot sur un voilier de commerce à destination de la Californie pour un voyage de deux ans, en passant par le cap Horn. Dans son récit, grand classique de la littérature américaine du XIXe siècle, il développe quelques-u... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
thomassandorf
  14 septembre 2019
Livre au succès énorme aux États-Unis, un classique de la littérature américaine, à lire dans la traduction méticuleuse de Simon Leys.
Lassé de ses études à Harvard, RH Dana embarque à Boston comme simple matelot sur le Pilgrim en 1834. Ce voyage vers la Californie et la côte Ouest par le Cap Horn durera deux ans.
Avec précision, il retrace dans son carnet le moindre souvenir. Il apprend la servitude des pauvres bougres au bas de l'échelle. Il croise de nombreux personnages hauts en couleur, participe à une routine lassante mais nécessaire, risque sa peau dans les tempêtes.
Le lecteur est plongé dans l'univers de Dana par l'emploi d'un vocabulaire maritime très riche et précis (merci pour le glossaire proposé par Simon Leys). Un exemple ?
« Tout le monde met la main sur les drisses, on frappe les palans de sécurité sur les écoutes de perroquet et les drisses, on hisse le clinfoc et on recommence à faire force de voile. »
La vie est courte, celle de Dana fut riche et diverse. Son témoignage sur ces deux années d'aventure est celui d'un honnête homme. Pour être franc, c'est parfois ardu à suivre pour l'ignare en choses maritimes et lassant à force de précisions. C'est la règle que s'est fixé l'auteur. Pas de fioriture. Collant au plus près de la réalité, il témoigne scrupuleusement, sans chercher à produire du spectaculaire. Son récit raconte avec humanité et respect cette existence hors norme. de celles, authentiques, qui marquent au fer rouge la mémoire, où l'homme se confronte aux caprices de la nature et à sa propre folie.
Très indiqué pour les marins.
Bon vent !
T.Sandorf

Lien : https://thomassandorf.wordpr..
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Belem
  16 février 2013
C'est le seul livre écrit par Richard Henry Dana (1815-1882), dans lequel il raconte son expérience de marin à bord d'un cap-hornier américain, entre 1834 et 1836. Il l'écrit à son retour, et le livre, publié en 1840, a un grand succès.
L'ouvrage de Dana est un témoignage extraordinaire, précis et vivant, écrit à la première personne, sur la vie des matelots à bord d'un voilier au long cours au milieu du 19e siècle. le long séjour qu'il fait dans les différents abris de la côte californienne (près d'un an entre San Diego, Santa Barbara, Los Angeles, San Francisco, qui ne sont que des villages…) lui permet également de dresser le portrait d'une Californie très différente de son image actuelle : à cette époque, c'est un état oublié du Mexique, faiblement peuplé par quelques familles espagnoles et des indiens asservis par l'Église. Plongée dans une léthargie économique, elle vit de l'exportation du suif et des peaux de boeufs.
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JeanBart
  16 novembre 2020
Un livre magnifique pour qui aime la mer.
Ce récit autobiographique nous en apprend beaucoup sur les conditions de navigation sur les clippers et la vie de l'équipage. Dana est également un observateur clairvoyant des changements en cours au XIXe siècle. Ses pages sur le commerce avec les californiens sont délicieuses !
Enfin, le traduction est superbe - ce qui ne gate rien.
Aucun marin ne devrait passer à coté - voilà de quoi occuper quelques quarts !

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gigi55
  28 octobre 2018
"Un récit quasiment documentaire sur la vie d'une gabier dans la marine marchande américaine en 1834-36 entre Boston et la Californie via le cap Horn. La dureté de la vie à bord, le despotisme du capitaine, la découverte des habitants des îles sandwichs (Hawaï), la passage aller et retour du cap Horn sont des moments marquants de ce récit.
la traduction de Simon Leys est nickel."
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CeCedille
  20 novembre 2012
Le livre de Dana est un document exceptionnel sur la vie des marins au milieu du XIXème siècle. Il a inspiré Melville, comme le rappelle Giono, qui l'avait lu. Les passages du Cap Horn dans la tempête et sous la neige sont hallucinants. Mais le récit minutieux de la vie à bord est aussi passionnant. Il faut dire que la traduction de Simon Leys est admirable de précision et d'élégance, comme sa préface. Il y a d'autres sujets d'intérêt dans ce livre : la description de la Californie avant et après la conquête de l'Ouest. Car Dana, auteur consacré et avocat y retourne longtemps après, sans rien reconnaitre de son terrain d'aventures. Enfin, on trouve chez ce juriste d'abondantes notation de droit maritime dont il est un des fondateurs. Un dictionnaire des termes marins et des cartes complètent cette lecture, hautement recommandable !
Lien : http://diacritiques.blogspot..
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
BelemBelem   16 février 2013
L'un des deux est demeuré dans ma mémoire comme le plus parfait exemple de pur marin anglais qu'il m'ait jamais été donné de rencontrer. Il avait commencé sa carrière maritime en qualité de mousse, puis avait navigué sept ans comme apprenti, ce qui est la période obligatoire pour les matelots anglais. Il devait avoir alors vingt-quatre ou vingt-cinq ans. Il était de haute taille, mais on ne s'en apercevait que lorsqu'il se tenait debout près de quelqu'un d'autre, car la largeur de ses épaules et de sa poitrine pouvait donner l'illusion que sa stature ne dépassait guère la moyenne. Sa poitrine était aussi profonde que large ; il avait des bras herculéens, et ses mains étaient vraiment faites comme les poings d'un gabier, tout hérissés de fil de caret. Avec tout cela, il avait le sourire le plus franc que j'eusse jamais vu. Son teint était basané, sa denture était d'une blancheur éclatante, et ses cheveux, noirs comme l'aile du corbeau, ondulaient en mèches légèrement bouclées tout autour de sa tête, couronnant un front haut et bien dessiné.(...) Avec son chapeau de toile cirée noire campée sur l'arrière de sa tête, ses longues mèches qui lui retombaient presque sur les yeux, son pantalon et sa chemise de coutil blanc, sa vareuse bleue et son foulard noir négligemment noué autour du cou, il présentait un magnifique exemple de beauté virile. Sur sa large poitrine était tatoué à l'encre de Chine 'Le moment du départ' : un voilier prêt à appareiller, un canot sur la grève, et une fille et un matelot – son amoureux – en train de se dire adieu. En-dessous étaient dessinées les initiales de son propre nom, et deux autres lettres qui devaient désigner un nom que je n'aurais pu identifier, mais que lui devait bien connaître. Le tatouage était finement exécuté : c'était l'œuvre d'un spécialiste du Havre qui travaillait pour une clientèle de matelots (...) Il était féru de lecture, et nous lui prêtâmes presque tous les livres que nous avions dans le poste. Il les lut tous et nous les rendit au fur et à mesure de nos rencontres. Il savait beaucoup de choses ; son capitaine disait qu'il était un parfait marin, et que, par tous les temps, il valait son poids d'or sur n'importe quel navire. Il devait être doué d'une force considérable et il avait un œil d'aigle. Il peut paraître étrange que je me sois appliqué décrire de façon aussi détaillé un matelot inconnu, un homme en marge de la société, que je ne reverrai vraisemblablement jamais, (...) Il y a des gens dont nous faisons la connaissance dans des circonstances fort ordinaires, mais dont le souvenir, pour une raison ou une autre, ne nous quitte plus jamais. Il s'appelait Bill Jackson ; de tous les hommes que j'ai rencontrés par hasard, il n'en est aucun dont j'aurais plus de plaisir à serrer la main. Quiconque aura la chance de faire route avec lui trouvera en lui un compagnon superbe et généreux, et un vrai camarade.
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BelemBelem   16 février 2013
Dans notre petite communauté d'une cinquantaine de personnes, presque toutes les nations de la Terre étaient représentées – deux anglais, trois Yankees, deux écossais, deux gallois, un irlandais, trois français (deux d'entre eux étaient normands, le troisième gascon), un hollandais, un autrichien, deux ou trois espagnols (de la vieille Espagne), une demi-douzaine d'hispano-américains et de métis, deux indiens du Chili et de l'île de Chiloé, un nègre, un mulâtre, une vingtaine d'italiens de toutes les régions de l'Italie, autant d'indigènes des îles Sandwich, un tahitien et un canaque des îles Marquises. Durant la soirée qui précéda le départ des navires, tous les européens se rassemblèrent et eurent une petite fête dans l'entrepôt du Rosa. Le programme comporta des chants de tous les pays, dans toutes les langues (…) Après avoir exécuté ces divers hommages nationaux, l'autrichien nous offrit une jolie petite chanson d'amour ; les français chantèrent un morceau qui ne manquait pas de feu, 'Sentinelle ! Ô prenez garde à vous !'. Puis vint tout le pot-pourri qu'on peut facilement imaginer. Quand je quittai mes compagnons, l'aguardiente et l'anisette leur étaient déjà bien montées à la tête, et les jurons polyglottes commençaient à pleuvoir dru dans leurs discours.
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BelemBelem   16 février 2013
Il n'y a pas de situation où se révèle mieux l'état d'esprit d'un équipage que durant les manœuvres d'appareillage. Quand 'le coeur y est', les matelots grimpent dans la mâture comme des chats, les voiles sont déferlées en un instant, chacun pèse de toutes ses forces sur sa barre de cabestan, et le cabestan tourne vivement, accompagné d'appels rythmés : 'Oh, vire et vire, oh !', et tous en chœur on chante 'Cheerly, men' en hissant l'ancre à poste. Mais, cette fois-ci, la manœuvre traîna en longueur... (...) les marins disent qu'une chanson vaut dix hommes...
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BelemBelem   16 février 2013
Ils nous donnèrent des morceaux d'os de baleine, des dents et d'autres fragments de l'anatomie de curieux animaux marins, et nous échangeâmes des livres – il s'agit là d'un usage courant, d'un navire à l'autre, dans les ports étrangers, et qui permet de se débarrasser des livres que l'on a lus et relus, et d'obtenir à leur place une provision de lectures neuves ; dans ces échanges, la valeur respective des livres n'entre guère en considération. 
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