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EAN : SIE125922_173
Le Livre de Poche (30/11/-1)
3.28/5   9 notes
Résumé :
Le « glaive fulgurant » de la Bible interdisait à Adam et Eve, chassés du Paradis, tout retour en arrière. Les éblouissant, il ne leur permettait plus de voir Dieu que de tout leur être cependant ils appelaient... Les membres de la famille du banquier Deaucourt paraissent en proie à un aveuglement de cette sorte. Durant une longue journée, nous les voyons vivre, comme ivres, emportés dans le tourbillon de leurs velléités, de leurs remords, condamnés soudain à la luc... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
L'épée de feu /Daniel Rops (1901-1965) Académie française
Abel a fui. Fils cadet de Maximilien Deaucourt, un homme de la haute finance, il a quitté la demeure familiale. On apprend ensuite que Jean-Louis, son frère aîné a fui cinq ans plus tôt ce père rongé par le culte de l'argent, propriétaire d'un bel hôtel particulier rue Vaneau au coeur de Paris. La soeur Sylvie est mariée à Pierre Jaligny, un homme assez froid qui la rend malheureuse en lui manifestant simplement une méprisante inattention Elle n'est pas heureuse et n'a pas oublié Rémy Pésaro qu'elle a connu naguère au sanatorium avant d'être mariée et qui a été emporté par la maladie en laissant à son père un cahier de confidences dans lequel Sylvie occupe une grande place et où il révélait son amour pour Sylvie sans jamais le lui avoir avoué. Les rencontres entre M. Pesaro père et Sylvie sont des grands moments du livre. Au terme de l'une d'entre elles, Sylvie retrouve l'espoir : les paroles de M. Pesaro effacent sa solitude et elle sait alors qu'elle traversera désormais la vie escortée d'une invisible et miraculeuse sauvegarde. À présent Sylvie et Pierre laissent s'établir dans leur ménage le rythme artificiel des affaires et des réunions mondaines faisant naître une subtile mésentente. Sylvie revoit aussi parfois dans des soirées Serge Odié qu'elle a aimé dans sa jeunesse.
La mère des trois enfants, Mathilde, alors qu'ils étaient encore jeunes a semble-t-il été chassée par Maximilien, tombant ensuite malade et perdant la vie. Ce n'est qu'au cours du roman que l'on découvre peu à peu le calvaire de cette femme auquel n'est pas étrangère la gouvernante Nathalie Sucre.
Abel vient donc de franchir le pas et suivre les traces de son frère : il a quitté incognito le domicile paternel et retrouve des amis à qui il se confie. Depuis un certain temps, il refusait cet entourage et cette éducation basée sur le fait que seul l'argent à gagner importait. Il restait cependant dans l'incertitude totale et terrible sur ce qui pourrait donner un sens à sa vie, ce qui avait le don d'exaspérer son père au cours de discussions très tendues entre eux.
« Qu'est-ce qu'on m'a appris depuis que je suis gosse, à aimer, à estimer ? L'argent peut-être. Mais la vie, est-ce que c'est cela ? »
Abel est en révolte contre sa classe et son argent, mais ce n'est là que l'apparence et l'occasion d'un dégoût plus général qui lui monte aux lèvres, venu de si profond en lui qu'il ne sait d'où. À présent, réfugié dans un petit hôtel de quartier, il éprouve un certain plaisir, car il est maître de son destin. Il hésite encore à choisir sa route tant qu'il n'a pas revu son frère Jean-Louis, son modèle en quelque sorte. Et puis il y a Hedwige, cette femme qu'il a rencontrée il y a déjà plusieurs années alors qu'il avait 20 ans. C'était en 1931. La trentaine, elle venait de divorcer. Et Abel dans sa révolte a choisi de rompre avec Hedwige mais il n'est pas certain que cette double brisure suffise à le libérer.
Les retrouvailles avec Jean-Louis sont chaleureuses et celui-ci lui fait comprendre qu'il a commencé à vivre le jour où il a deviné qu'il ne vivait pas. Et cela ne doit pas mener au désespoir. L'inquiétude est une promesse et Abel comprend que l'angoisse est une renaissance. Ils reparlent de Mathilde et du drame de cette mère absente. Jean-Louis avait dix ans lorsqu'elle s'est enfuie. Abel retrouve donc son frère Jean-Louis à qui il se confie. Jean -Louis vit avec Nadja Pavlovna, une fille d'origine russe et ensemble ils fréquentent les milieux anarchistes et le cercle d'études marxistes au grand désespoir de la famille de Nadja qui hait les bolcheviks. Bogdan est le confident de Nadja. Russe lui aussi, il l'aime. Nadja le sait et s'interroge sur qui elle doit choisir.
« L'anarchie, ça ne sauvera pas l'homme, ni même le monde. Mais ça sauvera peut-être quelque chose : la dignité de l'homme. » Tel est le credo du groupe.
Abel cherche à présent du travail en compagnie de son ami Albin et l'entrevue avec un patron embaucheur tourne au burlesque avant de finir dans la violence tant la turpitude de l'individu visiblement exploiteur enflamme Albin. Peu à peu sa quête vaine d'un sens à donner à sa vie le mène au désespoir…
Paulin, le beau-frère, un homme très croyant, tente d'ouvrir les yeux de Maximilien sur sa responsabilité dans le drame qui se noue au fil des pages et qui va voir la famille se regrouper un temps quand la mort rôde autour de la rue Vaneau…
Ce magnifique roman de Daniel-Rops, écrivain chrétien, publié en 1939 peut être considéré comme la chronique d'une famille de la haute finance au début du XXe siècle, rongée par le culte de l'argent. La révolte des trois enfants animés par des désirs antagonistes anime les pages de ce livre au très beau style.
À signaler pour la petite histoire que Daniel-Rops avait chez lui à Tresserve en Savoie une bibliothèque de 10 000 livres ! Il fut un des écrivains les plus lus dans la France d'après-guerre. J'ai lu relu son chef d'oeuvre « Mort où est ta victoire ». Mais c'est une autre histoire !





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