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EAN : 9782072867552
Éditeur : Gallimard (09/01/2020)

Note moyenne : 4.33/5 (sur 12 notes)
Résumé :
Vingt ans après son exil, Arben dit "Beni", revient dans son pays natal, l'Albanie, avec pour projet de venger Rina, sa femme assassinée.
Armé de ses souvenirs et d'un vieux Tokarev, Arben se remémore son enfance et l'implacable succession d'événements qui ont fait de lui un malfrat puis un fuyard, à la faveur de cette période trouble qui a vu un régime communiste se métamorphoser en démocratie libérale à tendance oligarchique.
Un à un, il va retrouve... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
kielosa
  26 janvier 2020
Danü Danquigny est probablement le tout premier auteur de thrillers d'origine albanaise, bien qu'il soit né en 1975 à Montréal au Canada. Toutefois, le titre et la couverture du roman ne laissent point de doute sur l'origine de l'auteur : "Republika Shqipërisë" en Albanais, ou "République des aigles" traduit en Français.
C'est le premier ouvrage de Danü Danquigny, qui a fait des études de droit, est diplômé en psychocriminologie et a travaillé pour la police des frontières avant de devenir détective privé.
L'auteur sera le 8 février prochain, à 18 heures, à la Librairie A Ty'Bull...tome 2 à Rennes, en Bretagne.
L'histoire est essentiellement située en Albanie après la mort de l'abominable dictateur Enver Hoxha en 1985. Sous son successeur, Ramiz Alia (1925-2011), le pays ne s'est pas tout à coup transformé d'enfer en paradis. Loin de là ! Jusqu'en 1992, ses modestes réformes étaient vraiment trop modestes pour améliorer la situation des citoyens dans un pays en ruine économique. le mécontentement de la population était pourtant général, surtout les jeunes protestaient contre ce régime pourri, tandis que de plus en plus d'Albanais fuyaient, surtout en Grèce et en Italie.
Ce n'est qu'après les élections de 1991 et la nomination du cardiologue Sali Berisha comme Premier ministre, l'année suivante et Président plus tard, que finalement les choses commencèrent à bouger dans le pays au plus bas PNB de toute l'Europe.
Voilà l'arrière-plan politique et économique et le fond contre lequel se déroule le récit de Danü Danquigny.
Le personnage principal de cette aventure se nomme Arben Beni que l'on va suivre pendant 4 phases importantes : lors de son adolescence, en 1988, puis 1995 et finalement en août 2017. de sa fuite en France pendant 20 ans, l'auteur nous dit très peu, puisque c'est en Albanie que l'action violente et dramatique se passe.
Autour d'Arben gravitent, tout au long du récit, des personnages dont nous suivront aussi les traces, quoique plutôt épisodiquement : il y a Nesti et Mitri, ses amis d'école à Korçĕ (Koritza) dans le sud du pays pas loin de la frontière grecque ; le brillant élève Elis ; et les 2 vauriens Alban et Loni, qui sont par ailleurs des cousins.
À la mort de ses parents, instituteurs, noyés dans un accident sur un lac proche de la frontière macédonienne, le jeune Arben est éduqué par sa tante Limka et son oncle Kastriot. Cet événement tragique marque un tournant décisif dans l'existe de notre jeune héros : il abandonne ses rêves d'études et accepte un job débile dans une usine de coton pour un salaire de misère, tout en jouant avec l'idée de s'enfuir en France. Arben ne veut pas "une vie d'esclave en Grèce ou de paria en Italie" (page 97).
Conformément à la tradition albanaise, son oncle lui déniche une fiancée et arrange le mariage. Arben trouve cette Rina, qui est infirmière, pas mal, mais au début ne l'aime pas à cause de l'arrangement où il n'a pas eu grand choix.
Par après cela changera et ils auront 2 enfants : une fille Tritana et un fils Endril.
Le jour où il perd son emploi, il décide de travailler pour Alban et Loni, entretemps des gangsters "établis" et gros trafiquants en tous genres. Dans la tête d'Arben, ce ne sera que pendant une brève période, le temps de gagner assez de fric pour permettre à sa famille une vie décente en France et â ses gosses de bonnes écoles française.
MAIS....
La lecture du roman de Danü Danquigny constitue une expérience quelque peu spéciale. Si au début le lecteur est légèrement submergé par le nombre des personnages et leurs noms albanais, pas évidents pour nous bien sûr, ainsi que par des termes albanais, progressivement le récit vous capte et devient de plus en plus envoûtant et ensorcelant.
Nous faisons connaissance avec la réalité quotidienne de pauvres citoyens qui ont été soumis pendant un demi-siècle (1941-1992) à un régime foncièrement injuste et inhumain. Sans longues explications, l'auteur a parfaitement bien réussi à en évoquer le climat épouvantable.

L'extrême violence à laquelle certains bandits albanais peuvent avoir recours, s'explique, je présume, davantage par tant d'années d'arbitraire et d'excès que par les rudes conditions d'existence dans la montagne et à la campagne d'Albanie.
N'oublions pas que selon l'auteur du temps de Hoxha un dixième de la population se trouvait en taule ou dans des camps de travail et de rééducation et "presque un habitant sur deux a tôt ou tard eu maille à partir avec la police politique".
Je termine mon billet par un citation révélatrice de Danü Danquigny (à la page 178) : "Accoudé au bastingage, j'ai regardé jusqu'au bout les rives de mon pays s'éloigner puis disparaître, emportant avec elles mon peuple superbe et malheureux, comme un animal beau et sauvage qu'on aurait maintenu en captivité trop longtemps, comme un aigle endormi qu'on aurait jeté dans la fosse aux lions en lui chuchotant < vole, maintenant >. "
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Sylviegeo
  21 mars 2020
Quelle belle découverte pour moi que ce Danü Danquigny et Les aigles endormis! Un auteur qui a su en quelques 215 pages me raconter 40 ans d'histoire albanaise mérite mon respect. Quel auteur et quel conteur. C'est le récit de 4 copains ordinaires qui par la force des choses (disons ainsi) sont devenus de vrais et purs salauds que tout le monde connait. Ils ont su traverser et tirer partie d'un pays amoché par le communisme, puis par l'ouverture, puis par le capitalisme sauvage, puis par les hommes. Découvrir une liberté nouvelle pour survivre mais aussi pour extorquer, tricher, mentir, ruiner les amis et la famille, enlever les filles pour les vendre à l'Occident, armer des enfants, bref quatre copains qui ont oublié le sens des mots morale et décence. Pour l'un d'eux, Arben Beni, ce sera la vengeance qui le fera revenir dans son pays après 20 ans d'exil en terre française. Il aura tout fait pour faire oublier les origines albanaises de ses enfants mais se gardera quelques petits comptes à régler chez lui...Quand on parle de son pays en ces termes : " Nous sommes un peuple qui ne sait pas , ou ne sait plus, faire dans la nuance. Les vieilles guimbardes côtoient les voitures de luxe, la misère voisine l'opulence, la nécessité s'oublie dans la consommation. Et c'est partout la même histoire. Les classes se sont fondues en une masse inerte, tout juste bonne à râler, mais toujours partante pour aller se faire tondre par le premier guide venu. Celui qui jouera du pipeau plus fort que les autres, qu'il soit un imam dévoyé, un banquier en marche ou le chantre de nationalisme nostalgique d'un jadis doré et fantasmé, celui-là trimbale toujours le troupeau d'une aliénation à l'autre sous les vivats d'un poignée de salopards gras et avides." (P.193) ce n,est pas très édifiant de ce que l'on pense de soi et de ses origines.
Un récit en aller-retour entre l'enfance, l'adolescence, l'âge adulte et nos jours qui est réglé au quart de tour et que je n'ai pu lâcher ! Un récit poignant et déconcertant tout à la fois.
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SylvieBelgrandReims
  14 janvier 2020
Les aigles endormis, de Danü Danquigny.
Série Noire, Gallimard.
Mais quel bon bouquin ! Au-delà d'une Série Noire, "Les aigles endormis ", c'est surtout une très belle histoire, celle d'un homme pris au piège qui se bat pour sa liberté et ceux qu'il aime.
Danü Danquigny écrit formidablement bien, et nous fait vivre cette quête avec émotion et suspense. le contexte géo-politique de l'Albanie, pays que nous connaissons si mal, est une composante majeure du roman. C'est ce qui lui donne une profondeur unique.
J'ai adoré ce style différent et j'ai dévoré le livre en à peine plus d'une journée.
Un auteur à découvrir absolument !
#LesAiglesEndormis #DanuDanquigny #SérieNoire #Gallimard #Polar #thriller #lecture #livres #chroniques
Le quatrième de couverture :
Dans l'Albanie d'Enver Hoxha, l'un des régimes communistes les plus durs du bloc de l'Est, Arben grandit entouré de sa bande de copains et de ses parents profs. Son avenir semble tout tracé. Mais avec la chute du régime et l'avènement du libéralisme s'ouvre une période de chaos politique et de déliquescence morale qui emportent tout sur leur passage et transforment le jeune idéaliste en malfrat endurci.
Pour tenter d'échapper à la spirale de la violence et protéger les siens, Arben n'a qu'une solution : fuir avant qu'il ne soit trop tard.
Lien : Http://lesbouquinsdesylvie.fr
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CASH
  13 janvier 2020
Encenser les copains ou leurs oeuvres simplement parce que ce sont des copains, ça n'est pas mon genre. Lorsque c'est un ami, encore moins.
J'aime le roman noir, qu'il se trouve noyé dans le genre policier et thriller, ou classé dans la blanche, qu'il soit moderne et contemporain ou venu des siècles passés, peu importe.
En voici un comme je les aime. Sobre et beau. Comme le pays qu'il décrit. Pays qui sombre, se délite, entraînant avec lui ses hommes, ses femmes et
ses enfants. Arben, Mitri, Loni, Rina... ils resteront dans votre mémoire.
Un roman qui met en scène un héros déchiré et déchirant. Pathétiquement humain. Victime, pour finir, d'un destin implacable et sans pitié.
Un premier roman remarquable.
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jpguery
  29 février 2020
L'effondrement du bloc communiste provoqua la chute du régime totalitaire albanais qui offrit littéralement le pays au libéralisme le plus sauvage. A défaut de pouvoir fuir ce pays, Arben et ses copains mettent le doigt dans l'engrenage criminel et perdent tout sens ci-vique au profit du pouvoir que confère la peur dans les yeux de l'autre. Au summum de cette violence, un drame familial obligera Arben à fuir en France avec ses deux jeunes enfants. Vingt ans plus tard, il revient en Albanie pour se venger. L'auteur utilise le roman noir pour dénoncer les tares et les ignominies d'un pays corrompu. Magistral !
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Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
collectifpolarcollectifpolar   31 janvier 2020
Enver Hoxha était paranoïaque. Cliniquement paranoïaque. Il voyait des menaces partout et en inventait d’autres. Il avait entretenu une armée démesurée. Et cette folie lui a survécu plusieurs années. Chaque camarade était un soldat formé au maniement des armes, un partisan prêt 21à mourir pour défendre la patrie. Et nous étions tous des camarades.
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collectifpolarcollectifpolar   31 janvier 2020
L’hiver s’épanouissait des cimes du Morave jusqu’au fond de la vallée, et enserrait dans ses mâchoires de givre la ville de Korçë. J’avais alors une dizaine d’années. Ce devait être la fin de 1978, plus probablement le début de 1979. Le métal sous mes pieds mordait la neige. Son épaule contre la mienne, Nesti me disputait la première place au sommet de la côte.
— Arben, foutu bourricot, pas si vite !
— Pousse sur tes jambes tant que tu veux, Nesti, je resterai toujours devant toi !
— Beni, c’est de la triche, ma chaussure se défait.
Mitri nous suivait, imitant notre technique. Et plusieurs mètres derrière nous, Alban tomba pour la quatrième fois sur le cul. Il jura, se releva péniblement sous nos éclats de rire, et se remit en crabe. Rouge et transpirant, il soufflait comme une bête.
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collectifpolarcollectifpolar   31 janvier 2020
— Reste par terre !
Le type émet un borborygme et se redresse. Tête de mule. Trois fois que je le mets au tapis, autant qu’il se relève. Ça force le respect. Il esquisse deux pas maladroits. Je glisse sur le côté, brosse son pied juste derrière le talon et il retourne bouffer le sol poussiéreux.
— Reste par terre !
Mais il ne veut rien entendre. Il secoue sa grosse tête rougeaude d’ivrogne et, péniblement, se remet sur ses jambes avant de repartir à la charge. Il accroche le col de ma chemise. Il est tenace, mais il n’a plus de jus. Je lui assène un vilain coup de tête sur le nez. Dans la foulée, je lui colle un coup de genou bien vicelard qui lui tire une sorte de couinement suraigu. Il finit par aller au tapis, en gardant entre ses doigts serrés un morceau de tissu.
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collectifpolarcollectifpolar   31 janvier 2020
— Bonjour, camarades ! Ça fait un moment que je les cherche ceux-là ! Leur tante les a envoyés faire une course.
Les deux policiers se regardèrent et haussèrent les épaules.
— Ramasse-les vite, et surveille-les mieux que ça. Ils finiront par avoir des problèmes, à force de traîner avec ces deux garnements.
— Vous avez raison ! Ils vont avoir une sacrée correction, croyez-moi !
— C’est ce qu’il leur faut. Et préviens les familles de Bajbaku et de son imbécile de cousin. Dis-leur de venir les chercher au poste.
— Comptez sur nous. Merci encore, Oficer. Venez, vous trois.
Et comme on ne bougeait pas d’un pouce, il aboya :
— Allez, filez !
On ne se fit pas prier.
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collectifpolarcollectifpolar   31 janvier 2020
Loni n’avait jamais porté d’intérêt aux activités auxquelles s’adonnait avec joie n’importe quel enfant. Dès ses huit ans, il volait les cigarettes de son grand-père pour les fumer en cachette. Il portait un couteau sur lui et écorchait des rats et des pigeons. Il disposait d’un coffret de bois dans lequel il entreposait les ossements et les crânes de ces bestioles après les avoir nettoyés. Il le changeait de place tous les deux jours. C’était son trésor.
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