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ISBN : 2070417530
Éditeur : Gallimard (04/04/2001)

Note moyenne : 3.42/5 (sur 319 notes)
Résumé :
En 2013, le monde est en flammes, rongé par les nationalismes, les apprentis sorciers, les marchands d'armes, les nouvelles guerres, les mafias, les sectes...
Le mercenaire érudit Hugo Cornelius Toorop doit convoyer à Montréal une jeune fille, Marie Zorn. Pour cet aventurier qui a survécu à la guerre de Bosnie, la mission parait simple. Il ignore cependant que le corps de Marie Zorn est une arme biologique puissante et que la jeune fille est schizophrène.
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Critiques, Analyses et Avis (24) Voir plus Ajouter une critique
Luniver
  13 mars 2014
Toorop, un mercenaire des temps modernes qui a participé à tous les conflits des dernières décennies, est chargé par la mafia sibérienne de transporter un « colis » à Montréal. le colis en question étant une jeune femme, Marie, qui transporte quelque chose d'extrêmement important aux yeux des clients, et qui, accessoirement, est schizophrène.
De tout le roman, le point le plus réussi est l'ambiance cyberpunk créée par l'auteur : l'intrigue se déroule dans un futur pas très lointain, les organes limités sont remplacés par des gadgets électroniques, les intelligences artificielles rivalisent avec l'intelligence humaine, les pirates informatiques sont devenus les réels maîtres du monde. Ajoutons à cela des sectes millénaristes, des conflits larvés aux frontières, et des mafias qui prennent lentement le dessus sur les états...
Question intrigue, par contre, rien de très original, on est très proche des thrillers actuels qui font la joie des cinémas : une gueule cassée part pour une mission banale, puis se retrouve aux prises avec un complot mondial qu'il devra démanteler. le final mêle chamanisme, transes et télépathie, et m'a paru assez indigeste.
L'auteur me paraît intéressant, mais j'imagine que je ne tiens pas dans les mains son meilleur roman.
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Commenter  J’apprécie          263
Gataparda
  30 décembre 2017

Dès que l’on ouvre ce troisième roman, force est de noter que l’auteur n’a pas renoncé à sa détestable habitude d’étaler ses références bibliographiques (voir Les racines du Mal). Au moins cette fois nous en épargne-t-il la liste détaillée pour nous asséner, suprême habileté, de longs remerciements adressés à de nombreuses personnalités du monde littéraire et philosophique tels P. K. Dick et P. Deleuze.
Pourtant, malgré ce prélude calamiteux, il est incontestable que Dantec a gagné en expérience et en professionnalisme (à moins que l’éditeur ne se soit enfin décidé à faire son travail de correcteur). Le style, mieux maîtrisé, si l’on excepte quelques passages enflés dont l’auteur s’est fait une spécialité, s’en trouve nettement amélioré.

Nous renouons dans cette troisième œuvre avec le personnage de Hugo Toorop, le héros de La Sirène rouge. Bien du temps a passé : l’homme d’action idéaliste, fringant et sûr de lui, n’est plus qu’un mercenaire fatigué qui s’accroche encore, sans grand espoir, à son système de valeurs. Finies les puissantes voitures qui vous permettaient de filer entre les doigts de l’adversaire, finies les cartes de crédit illimité généreusement distribuées par une énigmatique brigade internationale : Toorop, meurtri, ne peut plus compter que sur lui-même et pour survivre, il dépouille les ennemis qu’il vient d’abattre. Cette dégringolade sociale et morale, voire idéologique, nous rend le personnage plus proche, plus humain, moins sentencieux et en somme plus sympathique. L’effet « looser » reste un bon ingrédient littéraire.
Autre belle réussite du roman : la toile de fond politique et sociale dans un monde postmoderne. Guerre civile en Chine, magouilles en tous genres, sectes et apprentis sorciers, ignobles tractations orchestrées par la mafia se mêlent pour composer un décor aux sordides imbrications, vraisemblable, cohérent, angoissant, à la mesure de l’amertume du personnage principal.
L’intérêt du récit tient également à sa remarquable galerie de personnages secondaires. Du colonel russe corrompu qui use de ses pouvoirs pour soutenir les trafics les plus illicites, au mafieux sibérien qui commandite les plus sombres machinations, en passant par les hommes et femmes de main de tout bord dont les alliances précaires ne cessent de se faire et de se défaire, c’est tout une faune hétéroclite, lamentable, désespérément humaine que l’auteur anime avec brio en l’insérant parfaitement dans le décor grâce à quelques procédés efficaces déjà utilisés dès La Sirène Rouge.
On distingue, en gros, deux parties dans le roman.
La première peut être assimilée à une longue scène d’exposition chargée de promesses d’orages. Marie Zorn, une jeune femme au passé trouble, doit être convoyée au Canada sous haute protection. Pourquoi ? Cela, même le colonel russe qui coordonne l’opération l’ignore. La mafia paye bien, trop bien même, et elle ne tolère aucune question. Toorop accepte la mission avec deux autres mercenaires (un tueur orangiste et une ancienne de Tsahal) placés sous ses ordres. Armés jusqu’aux dents, ils se claquemurent avec leur protégée dans un appartement de Montréal. Le jeu est risqué : la mafia surveille l’opération, le colonel cherche à doubler son « allié » mafieux avec la complicité de Toorop, et d’autres forces que l’on devine tout aussi redoutables œuvrent en coulisse. La mission qui dérape rapidement hors du schéma prévu peut être interrompue d’un moment à l’autre et, dans ce cas, Marie Zorn devra être exécutée. Des affrontements sanglants se dessinent et le lecteur se surprend à imaginer les déchaînements à venir. Malgré quelques longueurs et incohérences psychologiques, cette mise en place sur l’échiquier est un succès.
La deuxième partie est malheureusement beaucoup moins brillante. Renonçant à exploiter ses effets d’annonce (affrontements pressentis entre la mafia, les Russes et l’équipe de Toorop), l’auteur bifurque, et l’intrigue perd soudain sa cohérence. Les nouveaux personnages se multiplient, tous dotés, même les plus mineurs, d’une biographie détaillée où le propos du récit s’englue. De la scène épique longuement préparée pour relancer l’action, l’auteur (pourtant orfèvre en la matière) ne nous livre, à force de prises de reculs, d’affèteries narratives et de procédés d’éclatement du discours, que des images fragmentaires, incomplètes et pour tout dire frustrantes. Comme la bataille oppose, de plus, des factions que l’on n’a pratiquement pas vues jusque-là et que les personnages principaux n’y participent pas, l’intérêt du lecteur est vite émoussé. On retrouve là les limites de Dantec qui révèle, une fois de plus, son incapacité à maîtriser une intrigue complexe. Le scénario, de plus en plus décousu, cède la place au pittoresque, voire aux effets racoleurs, et l’intrigue délayée brinquebale tant bien que mal vers une issue prophétique à la Dantec, puisqu’il en faut une. Ce n’est d’ailleurs pas tant l’utilisation de la théorie de Deleuze sur les schizophrènes qui lasse (le sujet s’intègre très bien dans un roman de science-fiction) que le style pesant et sentencieux exhumé pour l’occasion. L’auteur a retrouvé tous ses défauts de jeunesse, et c’est dans un interminable dialogue de gourous entre Toorop, Darquandier (le héros des Racines du Mal) et Dantec lui-même, sous le nom de Boris Dantzic (!), que nous est infligée la révélation des arcanes du récit. Suit, pour ceux qui seront arrivés jusque-là, un pâle épilogue censé injecter une dose d’optimisme dans toute cette noirceur.
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SMadJ
  11 mai 2014
RELECTURE
il est touffu ce bouquin de Dantec.
Compliqué aussi. Alors que ses mots sont brillants et scintillent comme une douce mélodie.
Et pourtant le livre est rude. Pas de place pour le sentimentalisme. Pas le genre de Toorop son héros de "La Sirène Rouge" ou de Darquandier, un des personnages principaux des "Racines du Mal", son chef-d'oeuvre absolu.
Les enjeux sont dilués par une réflexion post-moderne un peu confuse si l'on ne se concentre pas un peu. Beaucoup de remplissage au détriment de l'avancée de l'intrigue qui prend finalement peu de places dans les 550 pages proposées.
Dommage, car l'histoire quand Dantec se concentre dessus est captivante et demanderait un peu plus de développement voire d'éclaircissement. du rebondissement et de l'action quoi !
Et d'après ce que j'ai lu des suivants, cette manie ne va pas aller en s'arrangeant pour tous ses bouquins post 11/09/01 où sa paranoïa et son mysticisme vont s'aggraver. Pas le premier auteur à péter les plombs cependant, Maupassant, Robert E. Howard, Poe et Lovecraft n'ont pas très bien finis non plus. 3/5
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Darkcook
  04 décembre 2012
J'ai lu ce roman l'été dernier, avec plein d'attentes, comme beaucoup de gens après les claques inoubliables que sont La Sirène rouge et Les Racines du mal. J'étais ouvert au passage SF de Dantec, et j'ai de l'affection pour l'individu qui est plus souvent victime du protocole télévisuel (où il faut surveiller ce qu'on dit, sortir des banalités, faire de la lèche, parler des livres en surface, ne retenir que trois phrases pseudo-chocs sur l'ensemble d'une oeuvre, se faire traiter de polémiquard alors que les ainés et influences respectées comme K. Dick et Céline avaient des vues toutes aussi particulières, mais sont désormais vénérés...) Et je fais même un mémoire, entre autres, sur Les Racines du mal!
Étant donnés la trajectoire vers le Canada, et le goût pour le roadtrip de Dantec, je m'attendais, en lisant la quatrième de couverture, à une sorte d'errance vers la terre promise, intimiste, entre Toorop et Marie Zorn... C'était tout sauf ça. Ça m'a à la fois rebuté et fasciné. Ces personnages de chefs de guerre, qui spéculent sur les conflits, étaient terrifiants, le sujet ne m'intéressait pas, et pourtant, la perspective, et la façon dont l'auteur les révélait étaient effrayantes, j'étais happé, mais pas passionné. le propos sur l'homo sapiens neuromatrix n'était pas non plus génial ou crédible, mais j'ai surtout retenu l'ambiance de ce bloc noir au milieu du Canada, refuge autotellique, utopique, paradisiaque (mais temporaire) des penseurs/pionniers, amorce de ce que sera Satellite Sisters où cet éloge de la recherche de l'évolution permanente est scandé.
Babylon Babies est très bien écrit, avec un style à la fois chargé et harmonieux, ce qui n'est pas forcément le cas de sa suite. le seul problème, c'est que malgré le caractère percutant de tout ce à quoi on assiste (et on s'en souvient bien, mention spéciale aux crises de schizophrénie de Marie et celle qu'elle provoque à Toorop) le sujet nous intéresse moins... Babylon Babies et Satellite Sisters ont pour moi la même note, mais je préfère nettement le style littéraire du premier, et l'histoire du deuxième.
Très agréable de retrouver Joe-Jane aussi, avec les discrètes allusions qu'il descend de Schaltzmann.
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bdelhausse
  12 juillet 2016
S'il ne fallait garder que quelques livres de Dantec, je suppose que celui-ci serait à la limite, avec ses indéfectibles fans et les lecteurs qui le trouvent déjà "too much"...
Après Les Racines du Mal, qui reste incontournable, et la Sirène Rouge, Babylon Babies reprend les thèmes chers à Dantec. L'homme-cyber, le mal, la société en déliquescence, les complots, les mutations (sociétales et humaines)... Déjà le titre... les bébés de Babylone... on plonge dans l'hyper-science, dans le tout-technologique, aussi sûrement que la société va au tout-à-l'égout... Cette Babylone, putain immonde, à l'image de notre société, Dantec en a fait un personnage à part entière.
Cela commence plutôt "bien" et le propos est d'emblée assez accrocheur. Des mercenaires, une mission, les guerres dévastatrices... le lecteur habitué à la prose de Dantec est en pays de connaissance. On s'accroche à du Dantec. Cela ne ruisselle pas comme du Musso... Cela éclabousse, gras et sanglant, avec de vrais morceaux de cervelle cybernétique dedans...
Puis viennent les premières digressions... les rappels mystiques, les errances ésotériques... Et ces écarts finissent par noyer le propos. Ils prennent le pas sur le récit. On ne peut se départir de l'impression que l'essentiel est ailleurs... ou alors serait-ce que l'accessoire soit devenu l'essentiel? On hésite. On revient sur ses pas. On se demande enfin si la paranoïa guette les personnages du livre, le lecteur ou l'auteur lui-même...
Juin 2016... Dantec n'est plus là. Et le lecteur sait qu'il n'avait aucun souci de santé mentale.
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
MarcBibliothecaMarcBibliotheca   01 mars 2010
Vivre était donc une expérience incroyable, où le plus beau jour de votre existence pouvait s'avérer le dernier, où coucher avec la mort vous garantissait de voir le matin suivant, et où quelques règles d'or s'imposaient avec constance: ne jamais marcher dans le sens du vent, ne jamais tourner le dos à une fenêtre, ne jamais dormir deux fois de suite au même endroit, rester toujours dans l'axe du soleil, n'avoir confiance en rien ni en personne, suspendre son souffle avec la perfection du mort vivant à l'instant de libérer le métal salvateur. Quelques variables pouvaient à l'occasion s'y glisser, la position du soleil dans le ciel, le temps qu'il faisait, et à qui on avait affaire.
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LuniverLuniver   05 mars 2014
Donne un cheval à celui qui dit la vérité, rappelle un proverbe afghan, il en aura besoin pour s'enfuir.
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SMadJSMadJ   01 mai 2014
Toorop ferma les yeux un instant. Des robots homosexuels qui se suicidaient en se jetant par les fenêtres... Il était définitivement hors concours pour les vétérans.
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MarcBibliothecaMarcBibliotheca   01 mars 2010

Les journalistes, occidentaux surtout, étaient de ceux à qui il fallait sans cesse rappeler les évidences.
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MarcBibliothecaMarcBibliotheca   01 mars 2010
Toorop se souvint de l'aphorisme du Yi-qing servant de référence au quatorzième des Trente-Six Stratagèmes: «Ce n'est pas moi qui réclame le concours du naïf, c'est lui qui se livre à moi.» Le stratagème n° 14 s'intitulait curieusement «Redonner vie à un cadavre»
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Videos de Maurice G. Dantec (23) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Maurice G. Dantec
Débat Malek Chebel et Maurice G. Dantec "L'Islam et la raison" chez Ardisson.
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