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EAN : 9782234083738
140 pages
Stock (03/10/2018)
3.9/5   30 notes
Résumé :
« Je suis un "Arabe" invité à passer une nuit dans le musée Picasso à Paris, un octobre au ciel mauvais pour le Méditerranéen que je suis. Une nuit, seul, en enfant gâté mais en témoin d'une confrontation possible, désirée, concoctée. J'appréhendais l'ennui cependant, ou l'impuissance. Pour comprendre Picasso, il faut être un enfant du vers, pas du verset. Venir de cette culture-là, sous la pierre de ce palais du sel, dans ce musée, pas d'une autre. Pourtant la nuit... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
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Wyoming
  31 janvier 2022
Un livre absolument inouï qui ne peut que séduire tous les passionnés d'art, particulièrement de peinture, ceux qui aiment les oeuvres de Picasso, ceux qui savent contempler la femme, la désirer sans la posséder, la prendre lorsqu'elle s'offre, par les yeux, les mains, la bouche, ceux qui ne sont pas écrasés par une religion d'interdits, ceux qui aiment la culture arabe, les saveurs de l'Orient et même Robinson Crusoe.
Dans sa nuit au musée Picasso de Paris, Kamel Daoud s'intéresse de manière quasi-exclusive à Marie-Thérèse que plus de trente années séparaient du peintre et donc particulièrement aux toiles qu'il a réalisées de son corps durant l'année 1932. Kamel Daoud analyse magnifiquement la charge érotique de ces peintures, cette dévoration de la femme par le peintre qui finit par s'enfermer dans ce corps qu'il pénétre pour atteindre une plénitude en son sein.
Kamel Daoud profite de cette nuit devant ces toiles pour analyser le rapport de l'Orient à l'Occident, la différence de condition des femmes et livre toutes les frustrations qu'elles subissent dans son pays, que ce soit dans leur corps ou dans ses représentations, telle la statue de Sétif détruite par un barbu.

Il assimile quasiment la relation artistique ou amoureuse à un cannibalisme de la nudité et en vient à Vendredi que Robinson tenait absolument à vêtir de pied en cap, ne pouvant supporter sa nudité. Il cite même des extraits du livre du Defoe pour appuyer son propos et lui donner tout son sens.
Il aime l'art dont il est privé en Algérie, l'érotisme magnifié à chaque page, la femme glorifiée, oubliées les menstrues symboles d'impureté (quel mot!), allant même jusqu'à lui donner l'accès à la fonction d'imam.
Un très beau passage sur la calligraphie et sa vision érotique qui ne peut être détruite par les islamistes. Un autre sur la sieste est tout autant chargé de symbolique orgasmique et de repos des deux guerriers des corps.
Sa réflexion est magnifique, lucide, poétique, c'est un hommage à l'oeuvre d'un géant de la peinture, à la femme dans sa plénitude, à la beauté de la vie et de l'amour, par cette dévoration inéluctable qu'il sanctifie.
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Nat_85
  20 janvier 2019
Partagez une nuit au musée de Picasso à Paris en compagnie de l'auteur Kamel Daoud. Dans son tout dernier roman » le peintre dévorant la femme « paru aux éditions Stock en fin d'année 2018 dans la Collection Ma nuit au musée, Kamel Daoud se fait les yeux de la confrontation de l'art entre l'Occident et l'Orient. Si pour l'écrivain « il faut être un enfant du vers, pas du verset, pour comprendre Picasso », sa manière inédite d'appréhender l'ensemble des toiles du célèbre peintre est un appel à la méditation.
» Je suis un « Arabe » invité à passer une nuit dans le musée Picasso à Paris, un octobre au ciel mauvais pour le Méditerranéen que je suis. «
Déambulant seul dans l'antre dédié au peintre, dans la magie d'une nuit sacrée et consacrée à l'érotisme à travers l'art, l'auteur suspend le temps, dans une visite bien singulière des lieux.
p. 34 : » L'exposition est ordonnée comme un journal, disaient tous les prospectus. D'ailleurs, Picasso aime bien raconter que peindre c'est entretenir un journal, c'est-à-dire baliser le temps, le cadencer, le domestiquer, en faire un rythme choisi, pas un cycle subi. «
Marie-Thérèse Walter n'est âgée que de dix-huit ans lorsqu'elle rencontre Picasso qui en a alors cinquante ! A la fois offrande et désespoir, elle devient muse pour le célèbre peintre, dans cette année si sensuelle de 1932. Toujours peinte de profil, elle est ainsi consentante mais pas complice.
p. 73 : » Picasso se peint et se repeint dans le nu de la femme. Il vise le paroxysme de l'autoportrait : celui où on le voit de l'intérieur, dans la coupe verticale de ses obsessions, à partir du point de vue de sa hantise. «
A travers les toiles, force est d'admettre que la femme est source d'inspiration inexhaustible, objet de désir et de controverse, tout autant que de contemplation. Parfois en proie à une sorte de cannibalisme artistique, tel un animal traquant sa proie, Picasso déploie d'ingéniosité face à la représentation de l'érotisme.
p. 40 : » Il n'y a pas d'érotisme sans folie de possession. «
Que l'on vienne de l'Occident ou du Sud de la Méditerranée, la notion de représentation par l'image est équivoque. Si la culture de l'un non seulement l'autorise mais l'y encourage, l'autre y est appauvri par tout le poids d'une religion, dans tout ce que l'extrémisme a de plus pernicieux.
p. 173 : » La peinture ou l'art sont la déclamation de l'intime, une exposition dit-on à juste titre. Quand cette intimité est refusée, tout l'art est déclassé vers le vice ou la solitude. Les artistes fuient, se déguisent, sont tués ou s'exilent. Ils deviennent expression de la liberté refusée. «
C'est pourquoi, tel un miroir, l'auteur introduit dans sa narration le personnage d'Abdellah, prisonnier d'une culture castratrice de toute liberté et de jouissance, otage d'une certaine conception de la religion qui interdit toute représentation du plaisir. Ainsi, dans une sorte d'échange constant entre les pensées de l'un et les réflexions de l'autre, l'art devient un terrain de discordances.
p. 49 : » Mon personnage s'appellera donc Abdellah, l'esclave de Dieu, monstre né des chairs mortes des cadavres de notre époque, l'enfant d'un malheur qu'il perpétue. «
Faisant référence à de nombreuses reprises à l'oeuvre de Daniel Defoe « Robinson Crusoé », pour son rapport à la nudité et à l'asservissement, Kamel Daoud amène le lecteur à s'interroger sur la perpétuelle confrontation entre l'Occident et l'Orient.
p. 204 : » Je me pose cette question à la fin : l'art peut-il guérir mon personnage de sa perte du désir du monde ? de sa violence qui croit trouver le soulagement par la destruction ? Je suis l'enfant d'un monde où l'érotisme est un silence. le corps n'y est pas aimé mais subi. «
La couverture est le reflet de cette nuit au musée, faite d'humilité et de vastité. Composé de nombreux chapitres très courts, il en favorise l'absorption par le lecteur, car c'est un roman d'une grande richesse. S'il a mis un terme à sa carrière journalistique pour se consacrer pleinement à l'écriture, Kamel Daoud est, pour ma part, une révélation en tant qu'auteur. Il représente la puissance de l'écriture dans une plume de velours et de poésie. Si son écriture peut rester hermétique pour certains, c'est qu'il faut apprivoiser ses mots, prendre le temps de la lecture, non pas à la recherche d'un dénouement imminent, mais dans la délectation du subtile choix des mots et du sens. Il est un écrivain engagé vers l'ouverture. Un roman qui appuie et confirme sa virtuosité.
Lien : https://missbook85.wordpress..
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BRUMANT
  02 février 2021
Paris est une pierre sacrée blanche. L’érotisme est un rite de chasseur Ou les immeubles sont des dos tournés. Les houris après la mort maquillées et oisives. Les bouches qui n𠆞mbrassent personne. Je ne sais où le poser ou regarder partout. Que fait un prophète quand il a 10 mn d𠆚vant une vision. le vrai prophète des pays dit Arabes c 𠆎st jeremie. Un Picasso de la Guernica syrienne . Picasso 1932 année erotique. L’érotisme est la permanence de l’homme. J𠆚i regardé ces toiles comme des versets. Sauf qu’il ne tue pas sa proie. Contrairement à la faim, le chasseur aime se faire dévoré par sa proie. C𠆞st une dévoration plus tyrannique. C𠆞st le corps entier qui devient palais. C𠆞st le contraire de l�ouchement.
En rejouant le néant et la parturition. le candidat à la mort délicieuse de désosse. Pour le chasseur, l𠆞ssentiel est de restituer la nuit. Partager l’obscurite
tiède de la nuit soit une insistance. Il y a un lien inattendu entre la cuisson et la séduction. le corps se fait pieuvre. Devoration, catherine Millet. Moi qui suis un végétarien et qui n𠆚ime plus la viande. L𠆚rt est le dos du monde. Quel goût à la chaire humaine? le cannibalisme immaculé . Il faut séparé la peau du muscle de la volonté qui ne peut rien contre le supplice et la passion. Abdallah a voulu que l’Occident soit nu. Robinson, je lui offrit un pantalon en toile de voile ainsi qu’une casaque de peau de chèvre. le missionnaire n’ est plus l’occidental mais l𠆚rabe qui débarque. Ou le dénûment est un outrage. Si Abdallah nie son corps. Il veut être Dieu. le nu est sa bête noire. Chez les hommes, le sexe est évoqué comme une grossièreté. Un gros mot. Tout était sexuel. Il est partout figure et défiguré. Il rend les intégristes hystériques enjeux des puissances et des rapts, détournant le roman de Defoe. le souvenir qu’on lui a transmis de cette violence. Je poursuis cette lecture datée et biaisée bien avant la naissance de ce peintre. Figures au bord de mer. Cunnilingus sans fin. On n�ndonne pas l’homme sans salut.
Je le tuerais. L𠆞mpreinte de leur matière.
Le temps a pour portrait le désert. L’unique cierge est celui du minaret. le sable est pur et tue. le sable lave. le salaf ancien source. Eddounia la vie. L’image qui apprivoise le sombre et l’intime. Il y taxidermise les événements des époques. La Nahda. Je suis le temps devenu vieux. Avez vous vu un saint avec une montre ? La plage n𠆞st pas faite de grain de sable mais de grain de peau. C𠆞st le lieu du cannibal et du nu. La mer des obscurités La houri est crée de safràn. Francis de saint vidal. Ibn Arabi écrit je m’étonne de l𠆚moureux. La nudité est le temps arrêté. l'éternité ne dure que 5 secondes. le souvenir de la colonisation devenu une rente et une excuse ?
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dido600
  13 décembre 2018
Le passage qui m'a le plus intéressé dans ce livre ; celui consacré à la calligraphie arabe (pp162-165) qui selon Picasso «a atteint l'objectif ultime de l'art»... Pour l'auteur, rejoignant quelque part la pensée picassienne, «c'est un art érotique sublimé... Un érotisme de l'écriture... Une formidable mise en scène de la guerre de l'image contre le dogme... Ce que la main ne pouvait dessiner, elle l'a écrit... du figuratif clandestin en quelque sorte... C'est le strip-tease le moins passible de lapidation... Un art du contournement de l'interdit de la représentation...». Par contre, pour lui, la miniature «l'est curieusement moins». Moins érotique, cela s'entend, et on le comprend.
Difficile pour un jeune écrivain, «arabe» de surcroît, un «chercheur de sens» de ne pas être sous l'emprise des sens face à des oeuvres à l'érotisme sublimé. En fait, pour moi, Daoud est, quelque part, un «autre» Boudjedra... un «père», aujourd'hui plus que septuagénaire, qui ne supporte pas trop le «fils»... C'est un «fils», même pas cinquantenaire, qui, outre l'admiration (visible ou tue, plus tue que visible) pour son père, veut parfois, sinon souvent, le surpasser. Tant mieux pour la littérature algérienne ! Ouvrage à lire en se mettant dans la peau du visiteur... nocturne et solitaire... et en un lieu clos. Ecriture tourmentée... s'adaptant très bien à l'«orgie de lignes», au «désossement spectaculaire», à l'oeuvre d'un «Narcisse enfermé dans le corps d'autrui».
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TawfiqBelfadel
  24 mars 2019
Kamel Daoud : robinsonnade au Musée Picasso
Ce livre est le fruit d'une nuit que Kamel Daoud a passée au Musée Picasso à Paris. Pour lui, c'est une nuit sacrée. « Si j'ai accepté, c'est pour une unique raison : l'érotisme est une clef dans ma vision du monde et de ma culture ».
Le livre est constitué de plusieurs chapitres titrés, centrés tous sur Picasso, mais qui expliquent aussi la relation de l'Homme au monde à travers des thèmes philosophiques comme le corps, le nu, l'amour, l'altérité…
L'auteur commence par décrire Paris. Pour lui, ce n'est pas seulement une géographie et une topographie, mais une philosophie. « Paris est le Paradis, el Firdaous, pour celui qui vient du sud du monde : mais il y perd son corps, son droit de jouissance, son sexe et sa chaleur à cause de ses soupçons ou de ses différences et pauvretés ».
Kamel Daoud commente ensuite les tableaux pour découvrir Picasso, le monde, et lui-même aussi. Ce qui fait que Picasso est un génie éternel. « Pour comprendre Picasso, il faut être un enfant du vers, pas du verset » dit l'écrivain. Il ne s'agit pas de commentaires pédagogiques inspirés par les théories de peinture ; l'auteur forge des réflexions profondes à partir des tableaux. Il ne donne pas de réponses ou d'informations, mais pose des questions.
L'écrivain fouille profondément l'érotisme chez Picasso. Pour lui, c'est une clef pour comprendre le monde et se comprendre soi-même. Kamel Daoud estime que l'érotisme chez Picasso est un rite de chasse. Autrement dit, le chasseur court après la proie (le corps de l'Autre) pour la dévorer, mais à la fin il se laisse dévorer par sa cible. « Dans le sacrifice érotique on inverse les rôles : on ne brûle pas la proie, mais on brûle pour elle ! C'est le cuit qui dévore le cru ».
Pour Kamel Daoud, quand Picasso peint le nu, il fait du cannibalisme. le peintre mange la femme. Celle-ci est très souvent immobilisée sur les toiles : Picasso la fixe pour pouvoir la dévorer. L'immobilisation n'est pas une chosification, un repli, mais une éternité. Pour illustrer cette réflexion, l'écrivain fait rappel à un livre qui traverse toutes ses oeuvres : Robinson Crusoé. Robinson et Vendredi sont éternels : il suffit de changer les noms de ce duel mythique : Orient-Occident, Je-Autre, Picasso-Femme, Visiteur-Toiles… Fasciné par la robinsonnade et l'altérité, l'auteur dit : « le musée est comme une plage et les nus de Picasso sont mes Vendredi ».
L'auteur de Meursault contre-enquêtes'attarde aussi sur la philosophie du corps. Il dépasse son concept anatomique et explique comment on existe et on s'efface par le corps. Celui-ci établit le rapport au monde. « L'art et le corps, une guerre ancienne. Son contraire est le meurtre ou le martyre ». Il estime notamment que les monothéismes sont une dépossession du corps.
Dans cette nuit sacrée, l'écrivain-visiteur crée un personnage fictif. Il l'appelle Abdallah. C'est un homme qui a offert son corps à Dieu et qui a perdu le désir du monde. Effacé, il est au Musée Picasso pour détruire l'Occident en le frappant dans son point faible : l'art. Il veut tout détruire parce que « Dès lors, peindre c'est tenir tête à Dieu, restaurer peut-être des divinités plus anciennes que le monothéisme ».
Kamel Daoud conclut son livre sur cette phrase qui résume cette nuit sacrée parmi les femmes de Picasso : « Moi je sors exalté de cette expérience presque : je savais que j'avais raison quand, adolescent dans mon village, j'ai conclu que l'érotisme est la religion la plus ancienne, que mon corps est mon unique mosquée et que l'art est la seule éternité dont je peux être certain ».
En somme, Kamel Daoud ne fait pas l'inventaire du Musée Picasso. Il fait la confrontation, dans ce musée semblable à l'île de Robinson, de deux mondes : l'un mange la femme pour exister et l'autre existe à travers le corps de la femme, l'un offre le corps à l'art et l'autre l'offre à Dieu, l'un qui a le désir de vivre et l'autre qui croit à la vie après la mort…
Le livre est nourri de pensées et réflexions sur différents thèmes qui conditionnent le rapport de l'Homme au monde : le corps, la religion, la femme, Dieu, l'Autre… Embellie de poésie et de métaphores, l'écriture donne l'impression de lire une fiction. Ce livre, à la suite de Ibn Tufayl, Daniel Defoe et Michel Tournier, offre une sublime robinsonnade dont l'espace n'est pas une île ou une plage, mais un musée. Kamel Daoud est un épris de philosophie, mais aussi un philosophe !
Lien : http://www.lacauselitteraire..
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critiques presse (2)
LeSoir   28 décembre 2018
L’écrivain algérien raconte la nuit qu’il a passée au Musée Picasso. Passionnant.
Lire la critique sur le site : LeSoir
LeFigaro   28 septembre 2018
Le Peintre dévorant la femme est un texte puissant dans son évocation et triste dans sa colère, avec ses méditations sur le corps et, en vé­rité, sur l'amour.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (129) Voir plus Ajouter une citation
WyomingWyoming   03 février 2021
Car ce que l'on veut appréhender ce n'est pas le corps de l'extérieur, mais partager l'obscurité tiède du dedans. Je ferme les yeux et, du coup, je vis ton corps à toi à partir de ton propre obscurcissement, je me noue à ta veine. Je partage ton point aveugle qui te leste. Je me confonds et je ne peux le faire, dans ma condition de séparé, que par cette nuit fabriquée par mes paupières closes.
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WyomingWyoming   06 février 2021
Le Nu couché à la mèche blonde est une merveille de l'apaisement. C'est une fin parfaite, ovale, sphérique, comme une source d'eau. Le corps est délimité par des traits mais il reste transparent aux couleurs de son environnement, comme une eau. Le visage est celui d'un couple mais aussi celui d'une seule personne. Cet être à la fois vu de dos, de face, de l'intérieur, en contre-jour du reste du monde. Je peux rester des heures à contempler cette toile, comme si je suivais les traits rugueux avec le bout de mes doigts. Elle est palpable en quelque sorte, matérielle, lumineuse. C'est la toile d'un accomplissement. C'est un au-delà.
+ Lire la suite
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WyomingWyoming   05 février 2021
La croix est ici la scène d'une autre dévoration, elle désarticule, efface les décors ancien et coutumiers, ramène à l'essentiel et peint le corps dans son volume, sa présence dans la chair du spectateur.
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WyomingWyoming   05 février 2021
Je reste des heures dans ce lieu, à côté de la loge des gardiens qui m'apportent gentiment un café. Contemplant les insomnies de ce peintre fougueux, ses toiles qui sont ses paupières qui ne se referment pas, songeant à l'impossibilité du musée dans ma culture, quoi qu'en disent les narcisses de ma géographie. Je creuse et je creuse cette impossibilité et ses mille sens.
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Nat_85Nat_85   22 janvier 2019
L'art est le dos du monde : il en porte le poids et y laisse les époques dessiner des signes et des récits en tatouages.
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Videos de Kamel Daoud (19) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Kamel Daoud
En 1961, Raymond Depardon réalise plusieurs reportages photographiques en Algérie, puis à Évian, pendant les premières négociations pour mettre fin à la guerre. Les clichés algériens montrent surtout Alger. L'attention prêtée aux mouvements des personnes et aux lignes propres à l'environnement urbain dévoilent avec beaucoup de subtilité une ville sous tension, fracturée par la colonisation, et les images, loin des images du corpus orientaliste véhiculées par les colons, ne sont pas sans rappeler les images du célèbre film "La Bataille d'Alger".
À Évian, Depardon capte les visages, les sourires, les volutes de fumée de cigarette et les jolis costumes de la délégation algérienne, composée de jeunes militants. Certains d'entre eux, notamment Krim Belkacem, à la tête de la délégation, disparaîtront quelques années plus tard, dans les violences politiques post-indépendance.
Ces photographies, en plus de leur caractère esthétique et artistique, interrogent beaucoup, sur l'apport des images à l'histoire bien sûr, mais aussi sur la mémoire algérienne de la guerre d'indépendance, toujours disputée ardemment.
Près de soixante ans plus tard, Depardon fait part à l'auteur Kamel Daoud de son désir de voir ses photographies republiées. le romancier décide de s'en emparer et de leur adjoindre du texte. Les deux s'entendent pour ajouter aux images d'époque une nouvelle série de photographies prises en 2019 à Alger. le livre, "Son oeil dans ma main", est publié simultanément en France et en Algérie, aux éditions Barzakh, dont le rôle important dans les sciences humaines et la littérature est maintenant acquis.
L'auteur Kamel Daoud était l'invité des Matins du 14 février 2022.
#guerrealgerie #photographie #franceculture _____________
Découvrez tous les invités des Matins de Guillaume Erner ici https://www.youtube.com/playlist?list=PLKpTasoeXDroMCMte_GTmH-UaRvUg6aXj ou sur le site https://www.franceculture.fr/emissions/linvite-des-matins
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