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ISBN : 2330064489
Éditeur : Actes Sud (04/05/2016)

Note moyenne : 3.52/5 (sur 500 notes)
Résumé :
Un homme, tel un spectre, soliloque dans un bar. Il est le frère de l’Arabe tué par Meursault dans L’Étranger, le fameux roman d’Albert Camus. Il entend relater sa propre version des faits, raconter l’envers du décor, rendre son nom à son frère et donner chair à cette figure niée de la littérature: l’« Arabe ».
Iconoclaste, le narrateur est peu sympathique, beau parleur et vaguement affabulateur. Il s’empêtre dans son récit, délire, ressasse rageusement ses s... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (158) Voir plus Ajouter une critique
andman
28 novembre 2015
Parfois aussi en littérature la vengeance est un plat qui se mange froid.
Le roman “Meursault, contre-enquête” de l’écrivain algérien Kamel Daoud, loin d’être un réchauffé de “L’étranger”, est un concentré savoureux.
Le plus connu des romans d’Albert Camus, le premier de la tétralogie “Le cycle de l’absurde”, méritait bien une suite. L’extravagance du meurtre, commis en 1942 sur une plage algéroise inondée de soleil, est ancrée dans les mémoires.
Le narrateur, Haroun, est aujourd’hui un vieil homme qui souvent ressasse devant son verre un passé vécu à son corps défendant. Jamais il n’a pu se défaire ni du fantôme de son frère qu’il a très peu connu ni de la tyrannie castratrice d’une M’ma toujours en vie.
Haroun n’avait que sept ans le jour où Meursault tua de cinq balles son frère Moussa, l’Arabe de “L’étranger”. L’acte de vengeance qu’il commettra vingt ans plus tard, aux premiers jours de l’indépendance en 1962, il le considère à posteriori comme une évidence, comme une catharsis nécessaire non pas tant pour lui-même mais pour sa M’ma…
Kamel Daoud, déjà connu pour son franc parler journalistique au Quotidien d’Oran, évoque le mal-être de la société algérienne constamment à la recherche de son identité. La perméabilité de ses contemporains à l’islamisation rigoriste des esprits, l’inquiète au plus haut point.
Et puis il y a Meursault et plus tard Haroun aux comportements similaires jusque dans l'irrationnel : même quête identitaire, même acte irréfléchi, même absence de remords !
Par son style lumineux, par la gravité du propos sous forme de confession, “Meursault, contre-enquête” paru en 2013 est en symbiose avec son illustre aîné “L’étranger”.
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Erveine
11 mars 2015
Ah ! Merci Kamel Daoud pour le soleil, pour l'écriture et pour Meursault qui, quelle que soit sa terre et quel que soit son nom, nous est livré ici avec un double héritage, traversant le XXe siècle et à la fois contemporain. On y décèle l'inaptitude des hommes à l'amour par le poids du destin mais aussi combien la disparition d'un des siens, fut-il mort, l'est parfois bien moins qu'un soi survivant. Et puis aussi comment est ostracisé le jugement, selon que l'attention est portée sur telle ou telle permanence de l'actualité ou sur le sens du détail dans un contexte donné. J'ai beaucoup apprécié cette lecture dont le contenu est au moins aussi fort que l'oeuvre avec laquelle elle fait sens et se réfère. Meursault, contre enquête...
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Coriolis
10 mars 2016
Il est le héros de L'Étranger, être d'encre et de papier, incompris, décrié, condamné. Il est Meursault. Il est celui qui tenait l'arme, l'assassin entré dans la postérité un après-midi d'été en 1942. En tuant l'Arabe anonyme du roman de Camus, il a gagné l'éternité. du mort, on ne sait rien…Il était là pour que Meursault vienne au monde une nouvelle fois. Pourtant, il a eu une famille, des joies, des peines. Pourtant, il a vécu avant qu'on lui ôte son dernier souffle. Il se nomme Moussa. Meursault, Moussa…Moussa, Meursault…Une homophonie quasi parfaite relient ces deux entités au-delà du sort funeste qui les a réunies à jamais. Au-delà de la main crispée sur l'arme, au-delà des cinq balles tirées, au-delà de la vie et de la mort.
Les journaux, qui se sont saisis de cet événement, n'ont cité que les initiales de Moussa. Il est l'Arabe. On a oublié son histoire et son nom. On l'a oublié, lui. Haroun, son frère cadet et M'ma, sa mère éplorée, eux, se souviennent. Meursault a assassiné une part de leur vie, une part d'eux-mêmes. Haroun a grandi avec l'image d'un frère absent, mort quand il avait à peine sept ans. Il a eu le temps de l'imaginer, d'envelopper son linceul de ses rares souvenirs. Il a eu le temps de connaître le manque. Il n'a pu occuper le vide laissé par Moussa dans le coeur de sa mère, il a dû apprendre à goûter la solitude, à devenir le fils unique. Vingt ans ont passé. Il est devenu un homme hanté par le fantôme d'un frère absent. Il est l'enfant d'une mère qui n'a pas réussi à panser ses blessures et porte le poids de leur chagrin. Leur pays vit un moment historique. La colère gronde et le désir d'indépendance face au joug colonialiste ne cesse de croître. Son conflit à lui est intérieur. Sa guerre, personnelle. Et son désir de vengeance inassouvi. Il pleure un frère rendu anonyme par l'aura de son meurtrier. Il pleure un corps jamais retrouvé. Il pleure une mère qui a cessé d'aimer il y a vingt ans. Il pleure le garçon de sept ans auquel l'enfance fut volée.
Aujourd'hui, pourtant, ses pleurs vont cesser.
D'une profondeur rare, le roman de Kamel Daoud irradie une tristesse et une gravité pesantes. L'Étranger d'Albert Camus est l'oeuvre initiatrice, le substrat de Meursault Contre-Enquête ; un univers dont Daoud explore habilement chaque recoin et s'inspire. L'auteur construit son roman autour du mythe de Meursault et révèle ce que le meurtre à l'origine de sa légende a laissé dans l'ombre. L'Arabe, instrument permettant à Meursault d'exister, se voit ici doter d'une vie et d'une famille. Une mère et un frère, Haroun dont le comportement rappelle indubitablement celui de l'Étranger. Si Meursault a existé grâce à la mort, Haroun parvient à s'affranchir de ses carcans en marchant dans les traces du meurtrier de Moussa. Une fascinante corrélation autour d'un personnage emblématique. Un oeuvre d'une virtuosité rare. Une plongée habile dans l'envers du décor de L'Étranger.
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trust_me
03 novembre 2014
« Un français tue un arabe allongé sur une plage déserte. Il est quatorze heures, c'est l'été 1942. Cinq coups de feu suivis d'un procès. L'assassin est condamné à mort pour avoir mal enterré sa mère et avoir parlé d'elle avec une trop grande indifférence. Techniquement, le meurtre est dû au soleil où à de l'oisiveté pure. […] Tout le reste n'est que fioritures, dues au génie de ton écrivain. Ensuite, personne ne s'inquiète de l'arabe, de sa famille, de son peuple. A sa sortie de prison, l'assassin écrit un livre qui devient célèbre où il raconte comment il a tenu tête à son Dieu, à un prêtre et à l'absurde. Tu peux retourner cette histoire dans tous les sens, elle ne tient pas la route. »
Un vieil homme se confesse dans un bar d'Oran. Dans un long monologue proféré à un prétendu universitaire, il raconte celui qui, pour tous, a toujours été « l'arabe », et rien d'autre. Une victime innocente, tuée sur une plage. Une victime qui n'était autre que son frère, Moussa : « celui qui a été assassiné est mon frère. Il n'en reste rien. Il ne reste que moi pour parler à sa place, assis dans ce bar, à attendre des condoléances que jamais personne ne me présentera. » Haroun n'avait que sept ans à l'époque. Il ne sait pas vraiment ce qu'il s'est passé ce jour-là. Alors il extrapole, il digresse et revient sur son enfance, sur cette mère assoiffée de vengeance qui l'a toujours traité comme un moins que rien. Sur le meurtre qu'il commettra lui-même vingt ans plus tard, en 1962, au moment de l'indépendance. Un meurtre gratuit, contre un français.

Tout cela a bien entendu à voir avec « L'étranger » et sonne comme une réponse à ce dernier. Pourtant, jamais le nom de Camus n'est cité. le livre est attribué à Meursault, qui l'aurait écrit lui-même en sortant de prison. Comme s'il s'agissait d'un véritable fait divers, comme si la réalité rejoignait la fiction. Les correspondances entre cette contre-enquête et « L'étranger » sont nombreuses et l'on peut dire que Daoud écrit contre Camus, collé tout contre lui. L'effet miroir est saisissant : son « héros » a un problème avec sa mère, son héros tue sans véritable raison un français, son héros voit sa solitude fugitivement brisée par une figure féminine, son héros hait le religion et le crie bien fort.
Ce ne pourrait être qu'un exercice de style, c'est bien plus ambitieux. Peut-être trop d'ailleurs. J'avoue que je suis resté sur ma faim. L'idée d'exploiter la figure de la victime anonyme, cet angle mort du roman de Camus, ce « hors champ », était intéressante, mais j'aurais préféré découvrir vraiment la vie de cette victime plutôt que celle de son frère. Je m'attendais à découvrir cette histoire-là, je ne sais pas pourquoi. du coup, le monologue décousu du narrateur sur sa propre existence, sa volonté, inconsciente ou pas, de créer le parallèle avec le personnage de Meursault m'a laissé quelque peu indifférent. Pas vraiment une déception, j'admire la façon dont le sujet a été traité, mais ce n'est pas celui que j'aurais aimé découvrir.

Dernière précision qui a son importance, je trouve l'écriture de Kamel Daoud très belle, oscillant sans cesse entre colère sourde et envolées pleines d'exaltation : « Une langue se boit et se parle, et un jour elle vous possède ; alors elle prend l'habitude de saisir les choses à votre place, elle s'empare de la bouche comme le fait le couple dans le baiser vorace ».

Lien : http://litterature-a-blog.bl..
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ClaireG
27 septembre 2015
C'EST LA FAUTE A MEURSAULT.
C'est lui qui a tiré cinq balles dans le corps de l'Arabe. C'est lui le Premier Homme. On sait beaucoup de choses sur le roumi, sur l'Etranger, sur ce Meursault qui a tué un Arabe mais que les autorités condamnent parce qu'il n'a éprouvé aucun chagrin lors de l'enterrement de sa mère. Quelle ironie ! Quelle absurdité !
Qui c'est cet Arabe ? A part son bleu de chauffe et ses espadrilles, que sait-on de lui ? Rien.
Le frère du défunt a décidé de lui donner un nom et de lui fabriquer une existence, de lui façonner une fausse biographie en quelque sorte. C'est ainsi qu'Haroun commence à raconter l'histoire de son frère Moussa à un étudiant en mal de thèse ; ça s'est passé au cours de l'Eté 42, sur une plage d'Alger, à 14h. Il faisait chaud, Meursault se promenait avec des amis quand, tout à coup, il a abattu un Arable qui venait dans sa direction.
Haroun est vieux à présent. Il est l'Homme révolté, le frustré qui sa vie durant a été le frère du mort du livre. En 1962, en août, la nuit, Haroun tue un rôdeur, un Français qui s'approchait par trop de la maison qu'il occupait avec sa mère. Il est arrêté et interrogé. S'il avait tué le Français avant le 5 août, il serait un héros mais là, après l'Indépendance, c'est juste un meurtrier. Malgré cela Haroun est libéré sans explication alors qu'il voulait être condamné. C'est un Malentendu, une ironie, une absurdité ! Comment prendre la vie au sérieux ensuite.
Kamel Daoud a eu cette idée généreuse de donner une identité à l'Arabe de Camus et de raconter son pays meurtri par la colonisation. A travers Haroun, il tente de reconstituer le crime, les mobiles, les pans d'ombre tout en imprégnant son monologue de son point de vue d'Algérien d'aujourd'hui. C'est l'Endroit et l'Envers de la même histoire. La Chute n'en sera pas une finalement. Pas de fin, pas d'aboutissement tel le Mythe de Sisyphe. Quelqu'un peut-être prendra la relève ?
Ecriture superbe, hommage à Camus. Idée superbe pour un mensonge sublime et une concordance magique avec la vie de son héros Haroun.
A recommander sans modération.
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Les critiques presse (7)
LaPresse25 novembre 2014
Meursault, contre-enquête est en quelque sorte une réponse qui éclaire le monument autrement, à la fois un hommage, une réappropriation, une critique, une claque, mais certes pas un banal règlement de comptes.
Lire la critique sur le site : LaPresse
LeDevoir17 novembre 2014
La force du roman, c’est de n’être ni une revanche ni l’histoire d’un martyr. C’est une suite, une réponse historique, le pan d’un diptyque appelé par Camus : on y lit une colère géante, à la mesure de l’absence d’empathie, de l’effacement de la victime, de « la nonchalance majestueuse » du criminel Meursault.
Lire la critique sur le site : LeDevoir
LePoint29 octobre 2014
Premier roman du journaliste et écrivain algérien Kamel Daoud, qui a brillé, notamment pendant les élections algériennes, dans les médias français par sa liberté de parole, il ose le défi de s'adosser à L'Étranger, de Camus.
Lire la critique sur le site : LePoint
LeFigaro17 octobre 2014
Écrire un roman dans le miroir d'un autre n'est pas une entreprise facile. Kamel Daoud y est parvenu, peut-être parce que son ambition était de faire entendre à la fois de l'amitié et de la colère.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
LaLibreBelgique14 octobre 2014
L’écrivain algérien Kamel Daoud donne sa version de "L’Etranger". Remarquable "Contre-enquête" sélectionnée pour les prix d’automne.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
LesEchos30 juin 2014
Ce serait un écueil si l’auteur n’avait, au passage, inventé une très belle écriture, originale, entre colère sourde et poussées d’exaltation.
Lire la critique sur le site : LesEchos
Lexpress26 mai 2014
Avec Meursault, contre-enquête, Kamel Daoud donne un frère cadet à la victime du Meursault de l'Etranger. Une suite camusienne qui fait mouche.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations & extraits (225) Voir plus Ajouter une citation
araucariaaraucaria17 septembre 2016
Il y a, en face de mon balcon, juste derrière le dernier immeuble de la cité, une imposante mosquée inachevée, comme il en existe des milliers d'autres dans ce pays. Je la regarde souvent depuis ma fenêtre et j'en déteste l'architecture, son gros doigt pointé vers le ciel, son béton encore béant. J'en déteste aussi l'imam qui regarde ses ouailles comme s'il était l'intendant d'un royaume. Un minaret hideux qui provoque l'envie de blasphème absolu en moi. Une sorte de : "Je ne me prosternerai pas au pied de ton tas d'argile", répété dans le sillage d'Iblis lui-même... Je suis parfois tenté d'y grimper, là où s'accrochent les hauts-parleurs, de m'y enfermer à double tour, et d'y vociférer ma plus grande collection d'invectives et de sacrilèges. En listant tous les détails de mon impiété. Crier que je ne prie pas, que je ne fais pas mes ablutions, que je ne jeûne pas, que je n'irai jamais en pèlerinage et que je bois du vin - et tant qu'à faire, l'air qui le rend meilleur. Hurler que je suis libre et que Dieu est une question, pas une réponse, et que je veux le rencontrer seul comme à ma naissance ou à ma mort.
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PiatkaPiatka09 mai 2015
Un certain goût pour la paresse s'installe chez le meurtrier impuni. Mais quelque chose d'irréparable aussi : le crime compromet pour toujours l'amour et la possibilité d'aimer. J'ai tué et, depuis, la vie n'est plus sacrée à mes yeux. Dès lors, le corps de chaque femme que j'ai rencontrée perdait très vite sa sensualité, sa possibilité de m'offrir l'illusion de l'absolu. À chaque élan du désir, je savais que le vivant ne reposait sur rien de dur. Je pouvais le supprimer avec une telle facilité que je ne pouvais l'adorer - ç'aurait été me leurrer.
J'avais refroidi tous les corps de l'humanité en en tuant un seul. D'ailleurs, mon cher ami, le seul verset du Coran qui résonne en moi est bien celui-ci : " Si vous tuez une seule âme, c'est comme si vous aviez tué l'humanité entière. "
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araucariaaraucaria11 septembre 2016
Un jour, je me suis posé une question que toi et les tiens ne vous êtes jamais posée alors qu'elle est la première clé de l'énigme. Où se trouve la tombe de la mère de ton héros? Oui, là-bas à Hadjout, comme il l'affirme, mais où précisément? Qui l'a un jour visitée? Qui est remonté du livre jusque vers l'asile? Qui a suivi de l'index l'inscription sur la pierre tombale? Personne, me semble-t-il. Moi, j'ai cherché cette tombe, et je ne l'ai jamais trouvée. Il y en avait des tas, dans ce village, qui portaient des noms similaires, mais celle de la mère de l'assassin est restée introuvable. Oui, bien sûr, il y a une explication possible : la décolonisation chez nous s'en est même prise aux cimetières des colons et on a souvent vu nos gamins jouer au ballon avec des crânes déterrés, je sais. C'est presque devenu une tradition ici, quand les colons s'enfuient, ils nous laissent souvent trois choses : des os, des routes et des mots - ou des morts... Sauf que je n'ai jamais retrouvé la tombe de sa mère à lui. Est-ce que ton héros a menti sur ses propres origines? Je crois que oui. Cela expliquerait son indifférence légendaire et sa froideur impossible dans un pays inondé de soleil et de figuiers.
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araucariaaraucaria08 septembre 2016
Aujourd'hui, M'ma est encore vivante.
Elle ne dit plus rien, mais elle pourrait raconter bien des choses. Contrairement à moi, qui, à force de ressasser cette histoire, ne s'en souviens presque plus.
Je veux dire que c'est une histoire qui remonte à plus d'un demi-siècle. Elle a eu lieu et on en a beaucoup parlé. Les gens en parlent encore, mais n'évoquent qu'un seul mort - sans honte vois-tu, alors qu'il y en avait deux, de morts. Oui, deux. La raison de cette omission? Le premier savait raconter, au point qu'il a réussi à faire oublier son crime, alors que le second était un pauvre illettré que Dieu a créé uniquement, semble-t-il, pour qu'il reçoive une balle et retourne à la poussière, un anonyme qui n'a même pas eu le temps d'avoir un prénom.
Je te le dis d'emblée : le second mort, celui qui a été assassiné, est mon frère. Il n'en reste rien. Il ne reste que moi pour parler à sa place, assis dans ce bar, à attendre des condoléances que jamais personne ne me présentera.
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Annette55Annette5522 janvier 2015
"J'ai toujours eu cette impression quand j'écoute le Coran . J'ai le sentiment qu'il ne s'agit pas d'un livre, mais d'une dispute entre un ciel et une créature. La religion pour moi est un transport collectif que je ne prends pas. J'aime aller vers ce Dieu à pied s'il le faut, mais pas en voyage organisé."
Commenter  J’apprécie          753
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