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Critique de Nowowak


Nowowak
  08 septembre 2019
Je m'appelle Antoine San-Antonio, je suis commissaire de police. Un dur à cuire comme on n'en fait plus. Vous connaissez peut-être mon paternel. Frédéric Charles Antoine Dard qui m'a mis au monde en 1949 non pas pour régler des comptes avec le gangstérisme de Paname ou de Navarre mais pour calmer ses bourrins de créanciers. Est-ce mon papa, est-ce moi qui en 175 volumes chez Fleuve Noir (cette maison c'est pas de la réglisse ! ) narre des aventures salaces et toujours exubérantes où mon second gras du bide le fidèle Bérurier n'est jamais en reste. D'ailleurs je l'attends assis à cette terrasse depuis belle lurette. le fion humide à force de fredonner « Rose de Picardie ». Cette immonde masse de graisse est toujours à la bourre et ses quintaux de trop atteignent la quintessence de l'ignoble. La couche de saindoux qu'il traîne en stockage pourrait facile alimenter un élevage d'oies du Périgord pendant des années.

Au début mes histoires policières truffées de jeux de mots gouleyants n'ont pas plu. le poulet au menu n'attire pas la foule, la plaisanterie gauloise n'est pas à la mode. Faut dire que la censure veille et interdit Vadim aux moins de dix-huit berges. Tu parles d'une vallée de larmes ! Ces gusses qui ont le crâne luisant comme un suppositoire et qui plantent des panneaux un peu partout ont une tronche qui ressemble au sac d'un aspirateur en fin de vie. Dans mes récits pour novices de couvents, les donzelles ne sont guère vêtues et guère farouches ça fait jaser sous l'hémicycle. Vous mordez le topo ? Et puis alleluia, Elvis Presley achète une Cadillac rose à sa mère, je me promets de faire autant, les années soixante arrivent, époque hénaurme pour le roi du standinge façon Bérurier. C'est fait les couilleries littéraires trouvent preneurs, les cochons sont lâchés !

Mes histoires sont toujours remplies de poupées bien tournées et de mâles entourloupes pourtant là sur cette terrasse c'est le désert dégobille. Le désir est en décomposition. Chienne de couennerie. De quoi alimenter la gamberge. J'ai l'air gland en comptant les mouches dans le potache. Pas un jupon qui ne virevolte à l'horizon. La vigie est en deuil et mon braquemart tourne de l’œil. Le tourniquet moldave, le babouin glouton ou la brouette congolaise… c'est pas d'actualité. J'en suis à ma dixième clope. Sur la terrasse qui pue la sueur et les chicots moisis, on est aussi jouasse qu'à l'arrivée du pèlerinage de Saint Jacques de Compostelle. Sans même se connaître une chiée de types se passent le sel, c'est un rien louche, ces anneaux hymnes semblent posés sur leurs chaises comme des perdreaux attendant le coup feu du starter. Des hannetons téméraires, des bas tauliers de la vodka qui aimeraient bien jouer de la pompe à vélo mais pas de pot ça manque de rustines. Côté dérailleur j'en connais un rayon mais là j'ai le nez dans le guidon.

Pourquoi la gaudriole et le graveleux seraient réservés à Rabelais, on veut en croquer ! Le Zola de la fellation, le Balzac du cunnilingus, le Dostoïevski du broutage de minou, le Victor Hugo de la levrette vous salue bien ! Je n'ai pas quitté le pavillon de ma mère à Saint Cloud pour me tourner les pouces, les doigts ça ne sert pas qu'à se curer l'oreille. Je pense d'ailleurs écrire un livre sur tous les usages de l'auriculaire à l'adresse des jeunes vierges diplômées. Le gros serait là il dénicherait une pouliche, cet obsédé notoire a le pif pour cela. C'est le flic le plus cradingue de la terre mais il vous lève une souris en un rien de temps, son blaire c'est un radar à sirènes. Il serait parmi nous, il viderait d'abord mon verre puis celui de tous les caves assemblés, le troquet deviendrait la synagogue du pastis, le mur des lamentations de la bière sans faux-col. Il distribuerait des gnons aux grognons et jouerait de la paluche aussi bien qu'un chef d'orchestre asthmatique bat la mesure et vous balance du Mozart en respirant une note sur deux.

On n'attrape pas les guêpes avec de la purée mousseline. Ni avec du lait pour nourrisson. Pour agrémenter l'horizon il nous faudrait une Rachel Dietrich, une greluche bien balancée avec des yeux d'azur et les nibards de Lollobrigida. La vie n'est pas cirrhose comme dirait Béru dont les aphorismes ont fait le tour du monde si l'on estime que l'arrondissement où il sévit est d'une taille planétaire. Ce qui contrairement à mon collègue est faux. Une vie sans femmes est aussi exaltante que de passer des vacances en Ecosse avec l'ectoplasme de votre trisaïeul. Bérurier aurait cinq ans ce serait un surdoué mais il n'a pas loin de dix fois l'âge d'un chiare alors du coup c'est un juste un alcoolique porté sur la chose, le roi du tirlipoti bulgare, ayant échoué dans la police comme des bébés baleines échouent sur des plages d'autres continents. Ce gros plein de soupe qui ne carbure pas au Vichy-fraise est en train de me poser un lapin. Le foireux fait déjà collèque de blâmes je ne vais pas lui faire ce plaisir de lui en coller un de plus ! Une paire de mandales sera suffisante. Ce sinistré du bulbe doit être en train de caramboler une vendeuse d'Uniprix ou d'essayer toutes les marques de bières d'un bistrot. On n'est pas aidé.


Lien : https://pasplushautquelebord..
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