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San Antonio tome 33 sur 175
EAN : 9782265083035
256 pages
Fleuve Editions (09/11/2006)
3.59/5   58 notes
Résumé :
Mes petits lecteurs chéris, je crois que depuis le temps qu'on se connaît on commence à bien se connaître comme le disait si justement Vincent Toriol à la bataille de Marignan (33, Champs-Élysées, Paris). Alors je vais vous en annoncer une qui méritera d'être prise en considération et dans le sens de la hauteur : je compte vous faire rire avec ce bouquin.
Paru en 1959 n°SA33
Que lire après Prenez-en de la graineVoir plus
Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
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Et hop ! Première contribution de l'année… Un petit San-Antonio, le trente-deuxième de la série (si on en retire « réglez-lui son compte », premier et un peu atypique) dans le cadre de ma relecture de Frédéric Dard dans l'ordre chronologique.

« Prenez-en de la graine », donc … comme annoncé plus haut, un petit San-Antonio. Pourquoi petit, me dira-t-on (laveur, bien entendu)?

D'abord parce que publié 1959, peu de temps après les excellents « En long en large et en travers » et « La vérité en salade », parus en 1958, on tombe de haut : une intrigue peu crédible dont je ne révélerai rien tant il est important que le lecteur l'ignore (comme San-A. et Béru) le plus longtemps possible, et cousue de fil blanc (ou de grosse ficelle) ; des pirouettes tirées par les cheveux pour refermer les pistes ouvertes afin d'égarer le lecteur ; un Béru à contre-emploi ; des bons sentiments en final, etc.

Ensuite, sur la forme, et même si le calembour devient systématique dans les noms de lieux et de personnages, où sont les » envolées lyriques », les digressions merdiques, les énumérations surréalistes ? Juste deux ou trois ajouts au Kâma-Sûtra personnel du commissaire (Hildegarde oblige). C'est peu…

Bon, Paris ne s'est pas fait en un jour et le meilleur reste à venir… Patience… Malgré tout un honorable San-A. , si on le compare à ceux du début.
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Béru est un tireur émérite, qu'on se le dise. Après un repas bien arrosé, il emmène ses invités à la foire et remporte au tir à la carabine une superbe pipe en écume. C'est décidé, désormais il ne fumera plus que la chibouque. Sans cette décision soudaine, cette histoire n'aurait pas débuté. Peu après, San Antonio et Béru partent chercher un ami et collègue, le commissaire Salmons, pour prendre un pot. Mais celui-ci est en plein travail, il interroge un touriste hollandais. Béru taxe une cigarette au prévenu pour bourrer sa pipe et découvre sur le papier une adresse. le Hollandais en profite pour s'enfuir et acculé par ses poursuivants, se tire une balle dans la tête. Curieux… San Antonio et Béru décident de partir pour les Pays-Bas pour en savoir plus, n'ayant aucune autre information que cette mystérieuse adresse. Et par le plus grand des hasards, ils débutent leur enquête par une visite du quartier rouge…

« Prenez-en de la graine » est ma première rencontre avec l'inspecteur Bérurier, la star de la série. Dans les romans précédemment lus, il ne faisait que des apparitions. Et j'ai le sentiment que c'est sa présence phénoménale qui sauve ce roman un peu fade. Il tient le premier rôle dans des scènes d'anthologie où il joue le vert galant, notamment avec une Suédoise de… la rue Mouffetard… Je me réjouissais de ce séjour aux Pays-Bas, mais il n'en ressort pas grand-chose. Dans cet épisode, il y a peu de digressions philosophiques du commissaire qui offrent habituellement du répit et de la hauteur au récit. Mais vous pourrez tout de même méditer sur les « cercles vicieux » de l'existence. Au menu : calembours, jeux de mots, et expressions « piquantes », je vous laisse en apprécier une à titre d'exemple : « si vous ne me croyez pas, courez vite vous faire masser la prostate au gant de crin ». A garder au frais et à ressortir en cas de besoin. Un volume appréciable mais si j'en crois les recommandations du camarade Lecassin, le meilleur est à venir.
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Encore un morceau de choix que ce Prenez-en de la graine dans la liturgie San-Antonienne. Je vous passe les détails aussi savoureux qu'inattendus qui envoient bientôt San Antonio et Bérurier en Hollande, pour signaler que les 2 acolytes n'ont en fait aucune idée de ce après quoi ils courent... Il va donc falloir jouer serré pour donner le change à la bande de joyeux drilles et faire mine d'être dans le coup.
On comprend bientôt qu'il s'agit de barboter quelque chose pour quelqu'un, reste à savoir quoi , comment et pour qui.
Bref, des situations croustillantes à foison, quelques expressions magnifiquement torchées comme dirait Mr Dard, de l'excellente lecture dans le genre.
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« Prenez-en de la graine » est le 33e épisode d'une série que je ne vous ferais pas l'injure de présenter : « San Antonio » de Frédéric Dard.

Aussi, passais-je directement à la chronique concernant le texte sans m'étende sur le personnage, l'auteur ou le contexte de la série comme j'ai coutume de faire avec des héros littéraires moins célèbres.

Alors que Béru amène San Antonio dans un commissariat afin d'aller chercher un pote pour boire un coup, ils tombent tous deux en plein interrogatoire d'un Hollandais dont l'épouse a été trouvée dans sa chambre d'hôtel agonisante après avoir avalé une dose massive de médicaments.

Béru, cherchant du tabac pour bourrer sa toute nouvelle pipe, pique une cigarette dans l'étui de l'interrogé, déchire le papier pour récupérer le fameux tabac.

Mais San Antonio remarque que l'intérieur du papier à tabac est griffonné de quelques mots ressemblant à un rendez-vous donné.

Flairant une histoire d'espionnage, San Antonio demande à récupérer l'étui à cigarettes, mais le Hollandais. 8 autres cigarettes comportent le même message.

Alors que Béru interroge le Hollandais, celui-ci sort un petit revolver de sa manche et saute par la fenêtre pour s'enfuir, mais, pendant que San Antonio et l'ami de Béru se lancent à la poursuite du quidam, Béru, de la fenêtre, lui tire deux balles dans les jambes.

Se sentant pris, le Hollandais se tire une balle dans la tête...

Une graine, il ne suffit pas de la prendre et de la planter pour qu'elle pousse correctement et produise une belle plante.

Ce pâle axiome, inventé pour l'occasion, s'adresse directement à cet épisode de San Antonio.

Effectivement, on a beau mettre tous les ingrédients habituels, parfois, cela prend et d'autres non.

Ici, ce serait plutôt « Non ».

Et pourtant, Frédéric Dard nous propose les mêmes ingrédients ou presque que d'ordinaire avec des jeux de mots sur les noms, des apartés en veux-tu en voilà, un Bérurier en pleine forme quoique trop sentimental, un San Antonio toujours aussi charmeur et fonceur, des rebondissements...

Mais la sauce ne prend pas vraiment.

Alors, un « San Antonio » moyen demeure tout de même une agréable lecture, d'autant que l'auteur a toujours la bonne idée de ne jamais trop s'étendre, ce qui évite de s'ennuyer.

Là où le livre pèche, à mon sens, c'est dans son intrigue. Et c'est d'autant plus dommage que le départ était plutôt prometteur avec ce type banal, si ce n'est qu'il est hollandais, qui tente de fuir après que sa femme ait tenté de se suicider et qui, se voyant pris, préfère se tirer une balle dans la tête... effectivement, on s'attend à une intrigue dont la noirceur serait contrastée par l'humour ordinaire de l'auteur et des personnages.

Pour autant, il n'en est rien et l'on se demande même, à la fin, pourquoi le Hollandais s'est fait sauter le caisson pour si peu.

Frédéric Dard nous offre bien quelques rebondissements, mais ceux-ci ne rehaussent pas réellement l'ensemble et sont même parfois peu crédibles.

Reste la plume de Dard. Mais là aussi, on sent qu'il en fait un peu trop pour compenser la faiblesse de son récit. Là où, d'ordinaire, son style semble fluide malgré un bric-à-brac incroyable entre l'humour, les jeux de mots, les apartés et j'en passe et des meilleurs, dans cet épisode, on a l'impression qu'il a un peu forcé le trait, sûrement pour tenter de masque les failles de son intrigue.

On notera d'ailleurs quelques tournures lourdingues (pourtant probablement volontaires de la part de l'auteur) du genre « l'affaire dont c'est au sujet de quoi il m'a chargé... », « La petite dont de qui au sujet de laquelle il est question... », « La rue de la personne dont de laquelle au sujet de qui je vous parle »... Frédéric Dard nous avait habitués à mieux, même si ces expressions font référence à une de celles de Pinuchet.

En plus, justement, il manque un peu de Pinuchet.

Au final, pas la plus mémorable des enquêtes de San Antonio, à peine un épisode agréable à lire, ce qui n'est déjà pas si mal, mais qui est quand même très décevant, comparé à ce dont était capable de proposer Frédéric Dard.
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Béru, « tireur-des-litres » gagne une pipe au tir à la carabine. Vous me direz : Rien d'extraordinaire à ça. Et pourtant si.

Primo : Dans l'état ‘dans celui duquel il est' lors de sa prestation il n'aurait jamais dû atteindre sa cible, au mieux il aurait abattu, et sans le faire exprès, le patron du tir.

Secondo : Bérurier déclare solennellement que, désormais, il ne fumera plus que la pipe (Déclaration à laquelle madame Bérurier affirme que ça pue).

Tercio : Cette pipe va les amener, San Antonio et lui, dans une nouvelle aventure aussi inattendue qu'étrange.

=====

Ce 33ème épisode est assez sympathique. Il ne casse pas trois pattes à un canard mais se laisse lire.

On ne verra pas Pinaud, Béru se prendra un bon coup sur la cafetière et se montrera assez maladroit ce qui fait partie de son charme soit dit en passant. Il me plait bien, ce « gros ».



A lire au coin du feu après une journée de travail harassante. Ça requinque son bonhomme et ça dispense de devoir faire du sport (si on n'en a pas envie)…
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Citations et extraits (26) Voir plus Ajouter une citation
j’ai connu une dame qui portait sa fortune dans son appareil à désosser les côtelettes, sous la forme d’un râtelier complet, en 18 carats véritable. Lorsqu’elle avait du mal à finir le mois, elle engageait son damier chez ma tante. Moi, c’est ce que j’appelle un cercle terriblement vicelard. Parce qu’enfin cette honorable marchande de calamités mettait ses dents au Mont-de-Piété pour pouvoir bouffer (…). Quand elle avait ses ratiches bidon, elle n’avait pas d’artiche pour grailler, et quand l’engagement de ses croqueuses lui permettait d’acheter du bœuf gros sel, elle ne pouvait plus avaler que du yaourt et de la purée mousseline ! La vie, quoi ! C’est pour ça qu’il faut en rire, les gars ! Ce serait tellement balluche d’en pleurer !
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(Béru) se cure les chicots de la pointe de son Opinel.
— Vois-tu, me dit-il gravement, ce qui séduit chez le Français, c’est pas seulement sa technique, c’est avant tout ses bonnes manières... Les étrangères sont dingues de nos pommes uniquement parce que nous nous comportons comme des barons...
Il crache sur le tapis un morceau de couenne de jambon qui lui obstruait un reliquat de molaire. Puis il essuie la pointe de son couteau sur la nappe brodée.
— Et tant que le Français aura des bonnes manières, la France conservera son prestige, conclut-il noblement en se mouchant dans sa serviette.
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Cauchon qui s’en dédit, comme disait l’évêque qui cherchait des crosses à Jeanne d’Arc et qui lui a fait le coup de la femme au foyer bien avant que Landru ait fait breveter le système.

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Tout a démarré de la façon la plus innocente qui soit, comme toujours. Bérurier fêtait ses vingt-cinq ans de mariage avec sa baleine. Grosse fiesta chez lui. Il y avait là Félicie et moi-même, M. et Mme Pinaud avec leur chat siamois, because cette bestiole n’aime pas rester seule ; plus le coiffeur du dessous, puisqu’étant, vous le savez, l’amant en titre de la femme Bérurier… Garçon charmant au demeurant, coiffure à la Branlon Mado (Béru dixit) ; ceinture amaigrissante ; moustache à la Craque Câble ; avec ça abonné au Rire par profession et au Chasseur Français par vocation… Bref, un beau produit de la race humaine. Bravo Cadoricin !
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Pas d'erreur, il est perturbé de la mansarde ! A son âge, l'amour ça cause des méfaits, comme les gelées de printemps. Il va rêver de la jument au corsage violet, la sublimer dans sa caboche de grosse nave !
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*RÉFÉRENCE BIBLIOGRAPHIQUE* : San-Antonio, _Réflexions définitives sur l'au-delà,_ morceaux choisis recueillis par Thierry Gautier, Paris, Fleuve noir, 1999, 120 p.
#SanAntonio #FrédéricDard #Aphorismes #LittératureFrançaise #XXeSiècle
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