AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix BabelioRencontresLe Carnet

Pierre Masson (Éditeur scientifique)
EAN : 9782020225342
359 pages
Seuil (01/01/1980)
3.87/5   23 notes
Résumé :
L'histoire du jeune Jean ,12 ans, qui découvre la vie adulte au moment de la guerre de 1870 contre les Prussiens.
Que lire après Bas les coeurs! (1870-1871)Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
1870, la foudre d'abat sur Paris : la Prusse déclare la guerre à la France ! Alors qu'ils ne sont que prussiens, tandis que leurs adversaires sont tout de même français ! Une fois la stupeur passée, on se réjouit de pouvoir enfin donner à ces êtres frustres la bonne leçon qu'ils méritent. Une seule question fait débat : combien de temps faudra-t-il à l'armée française pour atteindre Berlin ? Quelques jours ? Quelques semaines ?

Le jeune Jean, 12 ans, s'enthousiasme avec sa famille, dans laquelle chacun fait surenchère dans la glorification de l'armée française. Jusqu'à ce qu'il se rende compte que la ferveur patriotique de son père, de ses amis et de ses voisins est directement proportionnelle à la distance qui les sépare de l'ennemi. Criant hier « Vive l'empereur ! », ils n'hésitent pas à crier « Vive la République » quand celle-ci est officiellement proclamée. Prêts à verser leur sang jusqu'à la dernière goutte pour la patrie quand l'ennemi était encore aux frontières, ils s'enthousiasment pour la discipline teutonne quand leur ville est envahie, n'hésitant plus à commercer avec le nouveau maître des lieux, et d'obtenir au passage quelques avantages personnels dûment mérités, ou l'élimination de quelques adversaires gênants.

Moins d'un siècle plus tard, on retrouvera les mêmes comportements : certitude d'une victoire facile, stupeur devant la défaite, collaboration rapide avec l'occupant par ceux-là même qui manifestaient le plus fort leur attachement à la patrie. Darien s'attaque vivement à la morale bourgeoise, accusée de tous les maux : hypocrisie, lâcheté, cupidité, trahison, … La critique est amère, d'autant que l'auteur s'est inspiré de sa propre enfance pour ce roman. le patriotisme et les va-t-en-guerre bruyants, mais bien planqués au chaud, en prennent aussi pour leur grade. Là encore, on ne voit pas très bien ce qui a changé depuis un siècle.
Commenter  J’apprécie          260

Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
Oui, nous sommes battus par les Prussiens, mais battus glorieusement, héroïquement, battus comme Roland à Roncevaux, battus comme une poignée de chevaliers succombant sous les coups d'une horde entière de barbares. Beaux vainqueurs, vraiment, que ces vandales qui s'embusquent pour surprendre les corps les plus faibles et les écraser sans danger ! Beaux vainqueurs, que ces lâches Teutons qui ne savent combattre que lorsqu'ils sont dix contre un !

M. Pion ne dérage pas. Il traite les Prussiens de cochons, de brutes, de sauvages, depuis le matin jusqu'au soir.

M. Beaudrain cite le vers fameux : « A vaincre sans péril on triomphe sans gloire. »
Commenter  J’apprécie          150
– Mon enfant, me dit le père Merlin lorsque nous avons fini, tu parlais tout à l'heure d'aller révéler les horribles secrets qui te pèsent, de crier sur les toits les iniquités dont tu as été le témoin, de publier les mauvaises actions dont on s'est rendu coupable devant toi. Il ne faut pas faire cela. Il faut, comme tu l'as fait jusqu'ici, enfouir ces choses au fond de toi. Ne les oublie pas, souviens-t'en, au contraire, repasse-les souvent dans ton cœur. Laisse là ta colère, mais conserve ton indignation. L'indignation est toujours une chose juste. C'est pour cela qu'elle vit. Plus tard, quand tu seras grand, les frémissements qui t'agitent aujourd'hui te secoueront encore et ce sera peut-être au souvenir des ignominies qui t'ont fait horreur que tu devras d'être un homme. C'est une dure leçon qui t'est donnée là, mon enfant, tu le comprendras un jour. Elle peut te profiter à toi, si tu veux. Si tu veux, si tu es assez fort pour ne pas laisser fausser, pendant dix ans au moins, ton âme d'enfant qui est sincère et droite ; si tu es assez robuste pour voir les choses, plus tard, avec tes yeux d'aujourd'hui.
Commenter  J’apprécie          60
C'est drôle, Léon est convaincu que les Français ont été vainqueurs. Je ne sais pas comment il s'arrange, mais c'est comme ça. Il admet bien qu'en définitive nous sommes battus, mais battus sans l'être, battus avec le beau rôle, battus pour la forme. Il prétend qu'au fond, en poussant jusqu'au bout l'examen des faits, en approfondissant la question, il est impossible de douter de notre succès définitif. C'est un succès moral, ce succès-là ; mais enfin c'est un succès – et le plus grand.
Commenter  J’apprécie          120
M. Legros, seul de toutes les personnes qui viennent chez nous, rit toujours ; seulement il est bête comme une oie. Il a des yeux en boules de loto, des narines poilues, des oreilles en feuilles de chou et un gros menton rasé de près, tout piqué de trous, qui ressemble à une pomme d'arrosoir.
Commenter  J’apprécie          140
— Je m'emporte, mon enfant, je m'emporte. Ces choses-là, vois-tu... La guerre, je la hais.
— Oh ! moi aussi, je la hais !
— Toi aussi ? demande le vieux en souriant. Tu as déjà des convictions ?
Et il ajoute, très sérieux :
— Alors, tu souffriras. Ce sont les convaincus qui souffrent.
Commenter  J’apprécie          90

Lire un extrait
Video de Georges Darien (2) Voir plusAjouter une vidéo
autres livres classés : guerre franco-prussienneVoir plus
Les plus populaires : Littérature française Voir plus


Lecteurs (65) Voir plus



Quiz Voir plus

Retrouvez le bon adjectif dans le titre - (2 - littérature francophone )

Françoise Sagan : "Le miroir ***"

brisé
fendu
égaré
perdu

20 questions
3658 lecteurs ont répondu
Thèmes : littérature , littérature française , littérature francophoneCréer un quiz sur ce livre

{* *}