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EAN : 9782818053645
320 pages
P.O.L. (09/09/2021)
3.34/5   146 notes
Résumé :
« J’ai perdu le sommeil. Je me suis retournée sur mes pas et il ne me suivait plus. Il s’était détaché de moi, et j’errai sans lui dans la nuit. »

Marie Darrieussecq souffre d’insomnie depuis des années, comme beaucoup d’entre nous. Elle raconte dans ce livre l’aboutissement de vingt ans de voyage et de panique dans la littérature et dans les nuits. Vingt ans de recours désespérés et curieux, parfois très drôles, à toutes sortes de remèdes – pharmacop... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (35) Voir plus Ajouter une critique
3,34

sur 146 notes

Peupler ses nuits d'insomnies en lisant Pas dormir ! C'est à la fois perturbant et réconfortant …

Marie Darrieussecq a perdu la faculté de récupérer nuit après nuit de la fatigue des journées. le déclencheur est bien identifié et d'une banalité universelle : la naissance de son premier enfant a perturbé cette horloge biologique. Au diapason de son enfant les nuits se sont déchirées, morcelées, et rapidement n'ont plus ressemblé à rien. Mais ce qui se récupère au fil des semaines, plus ou moins rapidement en fonction de la propre horloge biologique du nourrisson est devenu un manque chronique. Et cette faculté de se plonger dans les bras de Morphée est devenu une lutte de toutes les nuits.

Le parcours qui en résulte est commun à tous les insomniaques : trouver une solution est une quête permanente, de pilules en tisanes, d'ajustement de la température et de la diététique aux choix des occupations vespérales, ils ont tout essayé ! Et rien ne marche puisqu'il est clair qu'il ne s'agit pas d'une cause unique à repérer !

Cet essai se penche ainsi sur les nuits blanches, et pas uniquement celles de l'auteur. Elle invoque les grands insomniaques de la littérature, Proust, Kafka et tant d'autres. Ou ceux chez qui le sommeil renvoyait à une ritualisation quasi pathologique.

Mais il est aussi question de cinéma, et d'Hal dans 2001 Odyssée de l'espace, d'Alien, de High Life et d'insomnie.

Marie Darrieussecq aborde l'intime, évoque son alcoolisme, résultant à la fois de la recherche d'un produit miracle et de la perturbation du circuit de la récompense induite par le manque de sommeil, responsable sans aucun doute d'un certain nombre de conduites addictives.

Cet essai sur l'insomnie n'est en tout cas absolument pas un remède contre celle-ci. Car le sujet, sérieux est abordé avec humour et auto-dérision et suffisamment décalé pour être plaisant à parcourir et encore plus lorsqu'à chaque page on se reconnait dans ce portrait typique des veilleurs malgré eux.


Lien : https://kittylamouette.blogs..
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Insomnie. Un mot à 8 lettres qui devient vite angoissant.

Cette difficulté est un état que nous avons tous au moins connu une fois dans notre vie. Pourtant, certains malchanceux entretiennent une relation privilégiée avec cette dernière, ce qui est une vraie source de cauchemar.

Le sommeil est un état psychologique indispensable dont nous avons tous besoin pour continuer à mener une vie à peu près normale. Malheureusement, Marie Darrieussecq fait partie de la catégorie des personnes qui ont perdu le sommeil. Dans l'ouvrage "Pas dormir", l'auteur nous retrace dans ce récit ses vingt années de galères à essayer de trouver le sommeil, sans avoir encore découvert une recette miracle. Pourtant, on découvre au fil des pages qu'elle a tout essayé ! L'alcool, les médicaments, les tisanes, les gadgets en tout genre, la médecine traditionnelle... et dire que certains n'ont qu'à compter les moutons...

Cet essai autobiographique est pour moi une véritable caverne d'Ali baba.

Parfois sujette aux problèmes d'insomnies en pleine nuit, cet ouvrage est réconfortant (car on se sent moins seul) et offre des solutions qui fonctionnent dans mon cas ! J'ai beaucoup apprécié les nombreuses anecdotes qui viennent compléter le récit de Marie Darrieussecq. On y apprend que l'insomnie est un mal connu par de nombreux auteurs, artistes ou autres personnalités et que Marcel Proust en est le fervent représentant.

En refermant cet ouvrage, j'ai envie de vous poser cette question : Et-vous, que faites-vous pour trouver le sommeil?

#grandprixdeslectriceselle

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Vous n'allez pas le croire mais « Pas dormir » m'a sauvé la vie ! Grâce à « Pas dormir », j'ai dormi !

En effet, découvrir que la moitié des habitants de la planète tourne en rond la nuit m'a soulagée. Waouh, je ne suis pas la seule folle à rester éveillée, consciente, agitée, active, hyperactive, non ; demain matin (parce que c'est surtout le matin que ça pique et en début d'après-midi… hummm, les débuts d'après-midi à l'heure de la sieste qu'on ne peut pas faire parce qu'on BOSSE!!!), je ne serai pas la seule complètement épuisée, abattue, exténuée, complètement claquée ! Paraît-il que nous sommes un sacré paquet à refuser le sommeil ou à y goûter trois quatre heures grand maximum… Eh bien, depuis que je sais cela, je me sens moins seule. Je pense aux autres, à mes pairs de veille, à mes confrères d'insomnie, à mes camarades d'agrypnie, je panique moins dans la nuit noire ou pire quand le jour commence à pointer, que le réveil va bientôt sonner et l'interminable journée commencer…

Rien que pour ça, j'ai aimé « Pas dormir. »

Un vrai feel good pour moi !

Marie Darrieussecq ne dort qu' à coup de somnifères : elle a la collec' complète. Et comme ce livre est bourré de photos, vous la verrez, sa collec ! Elle a tout essayé : les tisanes, l'acupuncture, l'ostéopathie crânienne, la psychanalyse, le yoga nidra, le jeûne, l'hypnose et des tas d'autres trucs. Marie Darrieussecq est la reine du non-sommeil. Elle n'y arrive pas. Elle ne sait pas. Alors comme elle veille, elle écrit et nous raconte plein de choses et moi j'ai bien aimé la suivre dans ce livre « inventaire » où il est question de tout ce qui a trait à l'insomnie : tiens, savez-vous que les grands écrivains sont tous insomniaques ? Certains ont beau se coucher de bonne heure, ils se réveillent quelques heures après et attendent le bisou de leur maman… Elle nous parle de ses livres (qu'est-ce qu'elle en a lu des livres !!! - de l'avantage de rester en veille…), de ses voyages où elle ne dort pas, de l'alcool (oui, elle est alcoolique aussi, décidément, j'adore Marie Darrieussecq, elle m'est de plus en plus sympathique, cette-femme là). Elle parle des mômes aussi (alors eux, ils détiennent la palme dans la catégorie bouffeurs de sommeil), de la forêt (plus on déboise, moins on dort), des bêtes... Bref, « Pas dormir » est une balade en darrieussecquois. Quand on aime le personnage, on adore le bouquin… Je me suis régalée, j'ai beaucoup ri et j'ai surtout très bien dormi. Merci Marie !


Lien : http://lireaulit.blogspot.fr/
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Quand on ne dort plus la nuit depuis des mois, voire des années, que faire d'autres sinon que d'essayer tous les subterfuges pour en finir avec cette insomnie présente autant le jour que la nuit, refermant petit-à-petit son monde autour de ce noeud vers lequel tout se tend?

L'insomnie, c'est le drame de millions de personnes et c'est le drame personnel de Marie Darrieussecq. Qu'importe la fatigue, qu'importe le lit, qu'importe l'ivresse, elle est là, telle une présence ineffable, fidèle, sûre d'elle. 4 heures du matin, l'heure fatidique selon l'auteure (pour moi ce serait plutôt 2 heures) où le désespoir et la solitude s'en mêlent. Alors, les collections de somnifères, alors les verres de vin pour lutter contre la fatigue et faire de beaux rêves (au moins au début de la nuit), alors les tisanes, les oreillers spéciaux, les psys, les objets technologiques révolutionnaires... pourvu qu'on puisse dormir, ne serait-ce qu'une nuit!

Marie Darrieussecq déroule petit-à-petit ce fil de l'insomnie de l'intime au pluriel, jusqu'à ce monde sur lequel on ne peut décemment plus fermer les yeux car cette chute libre qui nous entraîne actuellement est présente dans tous les romans, tous les essais qui sortent cette année.

J'ai lu ce livre 1. parce que le sujet me touche intimement 2. parce que j'aime l'écriture de Marie Darrieussecq.

J'en sors mitigée: d'un côté, il m'a apporté des solutions possibles (car il se présente parfois comme un guide), il m'a touchée, mais d'un autre côté je l'ai trouvé plutôt désordonné voire fourre-tout malgré un aspect thèse universitaire par instants. J'ai quand même partagé sa jalousie récurrente face aux bons dormeurs et ses agacements m'ont fait sourire.

On y découvre aussi des tonnes d'écrivains insomniaques, à commencer par Kafka et Proust (qui vivait dans son lit: pas conseillé!).

Ca n'aide pas forcément à mieux dormir, mais je conseille aux insomniaques.

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J'ai été attirée par le dernier livre de Marie Darrieussecq pour deux raisons : la première réside dans le fait que j'ai toujours aimé son écriture, intelligente et cultivée sans jamais être pesante ; et la deuxième se trouve dans l'intérêt que je porte à ce sujet si délicat du sommeil…

« Cachée dans ns combles, tapie sous nos matelas, glissée entre les lattes du temps, d'où vient l'insomnie ? Des fantômes ? du cerveau ? du mal à l'âme ? du monde ? Qu'est- ce qui ne dort pas quand je ne dors pas ? » L'auteure souffre d'insomnie depuis une vingtaine d'années. Ce livre, qui n'est pas un roman mais plutôt un essai littéraire, reprend ses diverses solutions (somnifères, alcool, hypnose et autres…) et les allie à des références littéraires diverses qui remontent jusqu'à l'Antiquité. Car, il faut le savoir, le sommeil qui résiste et ne se présente pas a fait couler beaucoup d'encre !

« J'ai essayé des tisanes. Des champs entiers. Aucune ne me fait dormir. L'idée même m'amuse. Mais il y en a d'excellentes. » Marie Darrieussecq a le don de ne pas dramatiser ce trouble qui lui gâche la vie jour après jour ; quelques- unes de ses réflexions m'ont d'ailleurs fait sourire.

« Dormirais-je si je n'étais pas hantée ? Et si d'autres autour de moi ne l'étaient pas ? Et qu'est- ce que ça veut dire, la hantise ? » Pour qui suit l'auteure, il est facile de comprendre que les fantômes qui la poursuivent, un frère, un enfant ; ce ne peut qu'être de profonds tourments, aptes à maintenir éveillé celui qui reste ancré dans un quotidien constitué d'absences à jamais comblées.

Au final, une lecture à la fois très intéressante et enrichissante : je ne pensais pas qu'autant d'écrivains, ou d'artistes en général, étaient insomniaques et en avaient rendu compte dans des écrits, pour certains restés confidentiels. Vous ne trouverez pas ici de remèdes à vos insomnies, peut-être quelques pistes de traitement (pas toujours efficaces…) mais matière à relativiser ce trouble qui touche un nombre considérable de personnes, que ce soit de manière constante ou ponctuelle. Et puis, vous aurez un livre qui est fait de manière à être posé sur une table de chevet au cas où le sommeil se fait capricieux. Marie Darrieussecq ; une amie, je vous dis !

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critiques presse (4)
LeMonde
15 novembre 2021
Un jour, le sommeil a fui l’écrivaine de "Truismes". Dans "Pas dormir", tourbillonnant nouvel essai autobiographique, l’ancienne psychanalyste se lance à ses trousses avec malice et autodérision – sans oublier une dose de culpabilité.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Bibliobs
12 octobre 2021
Dans « Pas dormir », la romancière raconte 20 ans de nuits sans sommeil. Avec elle, Morphée morfle. Et nous, on trinque.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
LaCroix
27 septembre 2021
Il y a vingt ans, Marie Darrieussecq perdait le sommeil. Elle signe ici un bel essai sur l’insomnie, et la création.
Lire la critique sur le site : LaCroix
LesInrocks
10 septembre 2021
À travers ses insomnies, l’autrice ausculte son rapport à la nuit et à la vie, dans un second essai qui mêle références et récit personnel. Une réussite.
Lire la critique sur le site : LesInrocks
Citations et extraits (80) Voir plus Ajouter une citation

Un arbre sans feuilles n'est pas un arbre mort, mais un arbre qui dort, qui attend à voix basse que l'hiver se passe. Dans les forêts équatoriales, les arbres sont insomniaques. Leurs feuilles poussent sans cesse et tombent quand elles fanent, toujours renaissantes dans tout cet eveil vert. Nous déboisons ces forêts millénaires et l'insomnie s'étend. Les arbres la libèrent partout dans le monde tel un gaz maléfique, et nous nous asphyxions.

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Les livres que nous lisons à nos enfants sont pleins d’ours, de tigres et de lions. Nos enfants s’endorment en pensant aux animaux. Nous les élevons avec et contre les animaux ; comme si l’urgence, à leur naissance, était de leur signifier que nous sommes différents, différents et supérieurs. Nous accordons pensée et parole aux animaux, mais en les affublant de notre humanité. Nous en faisons des monstres ou des peluches. Mais l’expérience que fait l’enfant de son doudou contredit fortement l’Encyclopédie : les yeux de verre ou de plastique sont ouverts dans la nuit. L’animal veille sur le sommeil de nos petits.

p. 276-277

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Les livres que nous lisons à nos enfants sont pleins d’ours, de tigres et de lions. Nos enfants s’endorment en pensant aux animaux. Nous les élevons avec et contre les animaux ; comme si l’urgence, à leur naissance, était de leur signifier que nous sommes différents, différents et supérieurs. Nous accordons pensée et parole aux animaux, mais en les affublant de notre humanité. Nous en faisons des monstres ou des peluches. Mais l’expérience que fait l’enfant de son doudou contredit fortement l’Encyclopédie : les yeux de verre ou de plastique sont ouverts dans la nuit. L’animal veille sur le sommeil de nos petits.

Et nous cachons le plus longtemps possible à nos enfants que leurs compagnons du coucher sont « en voie de disparition ». L’absence à venir des tigres et des lions. Le massacre des éléphants et des abeilles, mais aussi des bourdons et des vers de terre et de tous ceux qui ne sont ni dans les contes, ni dans notre héraldique, ni dans le viseur direct de notre rapacité. « En voie de disparition » est une expression fallacieuse héritée des années 1980. Il faut parler, comme Derrida dans son dernier séminaire, de « guerre totale aux animaux ». La différence ne passe pas tant entre nous et les animaux, qu’entre le « tuable » et le « non-tuable », comme le détectait Donna Haraway. Et pour rendre tuables les humains, il suffit de les animaliser. Les massacres d’humains sont autorisés par les massacres d’animaux.

La guerre est là, la guerre aux animaux, la guerre aux « tuables ». Nous dormons sur leurs cadavres. Cette guerre a produit une telle masse de tués qu’il ne reste plus, désormais, que 4 000 tigres à l’état sauvage, et 5 000 dans les zoos.

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Et le champion de l'insomnie, c'est Proust – dont l'œuvre s'ouvre par la plus célèbre des mises au lit raté : « Longtemps, je me suis couché de bonheur. Parfois, à peine ma bougie éteinte, mes yeux se fermaient si vite que je n'avais pas le temps de me dire : « Je m'endors .» Et, une demi-heure après, la pensée qu'il était temps de chercher le sommeil m'éveillait ».

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Un soir où Atiq Rahimi et moi nous nous plaignions de concert de notre épuisement, je lui conseillai le Donormyl, en vente libre. On peut aller jusqu’à deux comprimés, ordonnai-je à ce patient réticent. Atiq s’administra avec prudence la moitié d’un comprimé. Je n’attendais rien moins que les remerciements d’un Proust à une princesse de Caraman-Chimay, mais Atiq me laissa sans nouvelles, jusqu’à ce que notre éditeur m’apprenne que j’avais manqué le tuer : mon camarade insomniaque affirmait s’être traîné comateux pendant trois jours.

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Videos de Marie Darrieussecq (81) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Marie Darrieussecq
Les Nuits de la lecture reviennent pour une 7e édition, dont le message sera cette année portée par Marie Darrieussecq, marraine de la manifestation. Rejoignez-nous autour du thème de la peur du 19 au 22 janvier 2023 pour frissonner délicieusement au cours de milliers d'événements physiques et virtuels. Plus d'infos : https://nuitdelalecture.culture.gouv.fr/ et sur la page Facebook "Nuits de la lecture" et le compte Instagram @nuits_de_la_lecture. #NuitsdelaLecture
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