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Critiques sur Truismes (73)
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lecassin
  01 juillet 2015
Dans « Le deuxième sexe », Simone de Beauvoir nous expliquait, péremptoire : « on ne nait pas femme, on le devient »… eh bien Marie Darrieusecq, dans ce "Truismes", nous démontre de fort belle manière qu’on peut être femme et devenir cochonne …

L’héroïne de ce petit roman, un peu perdue, se retrouve employée dans un salon de beauté-massage où à force de faire des « cochonneries » et à force de se faire exploiter voit progressivement son corps se transformer pour prendre une forme porcine ; elle se transforme en truie… d’où le titre « truismes », au pluriel, truismes… sans doute pour signifier qu’on n’assiste pas à une transformation définitive mais plutôt à un changement d’état de type loup-garou qui nécessite la présence de circonstances particulières… et qui dit loup-garou dit Yvan, le directeur de Loup-Y-Es-Tu.
Tout ça sur fond d’élections et de politiciens pervers, finalement renversés par des plus pervers encore… on dirait du Houellebecq… dans un Paris dévasté.

Un livre d’odeurs, aussi…

Après une sortie très remarquée et très médiatisée, qui m’en avait éloigné, voilà un bouquin acquis au hasard de la liquidation d’une bibliothèque, que j’ai lu avec un certain plaisir : un style narratif plaisant, une histoire à dormir debout (les nuits de pleine lune)… on est bien loin de Kafka et de sa « Métamorphose », mais qu’importe. Une lecture plaisante, finalement : un peu sexe, un peu fantastique, un peu d’horreur… Une diatribe dénonçant la triste condition féminine, disent certain(e)s. Oui, peut-être… mais ce serait une erreur, je pense, que de limiter ce roman qui présente une esthétique certaine à cette interprétation militante.
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zabeth55
  19 juin 2014
Bizarre parfois la perception que l'on peut avoir des auteurs et des livres.
Ignorant tout de Marie Darrieussecq, je ne sais absolument pas pourquoi je l'avais associée à Christine Angot, que j'avais vue dans une émission et que j'avais trouvée malsaine à souhait. Et du coup, je n'ai jamais lu aucune des deux.
Hasard d'une brocante, encore, pour un euro je me suis dit que je ne risquais pas grand-chose et j'ai donc acheté Truismes pour me faire une opinion.
Bien m'en a pris. J'ai été très agréablement surprise. J'ai trouvé le ton et le sujet très originaux.
La narratrice, naïve, crédule et soumise m'a fait penser à Darling de Jean Teulé.
C'est la même descente dans la déchéance. On tombe vite dans le glauque. Pourtant, même dans les pires moments, l'auteur effleure simplement le hard et n'est jamais vulgaire.
Elle nous offre une satire du statut de la femme, et de son corps en particulier. Son image ne lui appartient pas.
En même temps que le corps de la narratrice, la socoété se transforme aussi et on arrive à une deuxième satire, celle de la politique.
On peut aussi penser à la part animale qui est en nous, en dualité avec notre intellect.
Bref, il y a matière à réflexion dans ce livre fable qui peut passer pour loufoque.
Je suis vraiment curieuse maintenant de lire autre chose de Marie Darrieussecq.
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greg320i
  21 mai 2014
Faut-il voir le cochon dans l'oeil de la femme ?
Faut-il conclure qu'en chaque être se cache un animal trivial ?
Faut-il mourir ou vivre,selon les paroles d'Hervé Vilard ?
Autant de questions existentielles me taraude l'esprit,jour après jour je vous l'avoue..

Quand on a du chagrin,en tout cas ,rien ne vaut un bon bouquin , un rien 'barré' pour mettre un brin d'ambiance dans tout cela.
Voilà pourquoi , sous vos yeux ébahi d'autant de sérieux pris de ma part ,je vous présente " Truismes " :
Un titre, un mot ,une définition qui peut prêter à sourire.
Son personnage, narratrice altruiste -c'est le cas de le dire-, donne beaucoup ,mais hélas reçoit bien peu.

Enfin, si pardon ,elle va en 'recevoir' énormément..
Ho, tu va prendreeuhh ♫ Oui, je te promets , tu va prendre..♪
Au sein de son salon de parfumerie d'un genre,, mûm particulier ; où les senteurs sont celles de la luxure, de la déconfiture et de l'usurier : donne-moi ton corps , ton sein,ton esprit ,et je rendrai la pareille avec mon appareil .


Vous l'aurez compris, la composition de ce roman est d'une originalité salutaire dans un ton joyeux .
Emmener qui plus est par une plume fine, audacieuse , presque pernicieuse .
Car le constat ne fait plus de doute il fois compris le second degrés émis :
Oui , il fallait Oser !

Offusqué(e)s de l'humour, habitué(es) des bonnes manières , ne lisez pas ce récit qui s'apprécie sauvagement entre deux éclats de rire et au pire avec joie malsaine pour l'ambiance si férocement décadente .

Ambiance générale ?
Géniale : dérangeante,grand plongeon dans un délire totale , véritable cure de désintoxication à ne plus 'décrocher' une fois entamé.
Pour la curiosité des effets salvateurs de voir l'auteur nous décrire une transformation lente, si latente ,insidieuse et fallacieuse , je dresse là mon salut .
Pour ce début bourré d'impromptu et donnant dans l'épate avec son ton cru, je dis bravo à son côté exagérément "bourru"

On est hilare et le show est assuré.

Petit bout par petit bout , subissez ainsi le courroux de la femelle malgré elle:
Troisième téton ( beuarkk) , prise de poids grossière et allure phacochère : se moquerait-on de nous ?
Et pourtant , tout aussi 'fou' , cela nous la rend sympathique (marrant) bien que pathétique dans l'extrême de sa situation .
Prête-à-tout, devenant " la" femme facile dans la parfumerie, elle reçoit même l'hommage d'être traitée de "meilleur coup ".
( j'en ris encore bruyamment comme un cochon après coup..)

Apparemment, elle s'en vantera bien en accomplissant aussi volontiers la tâche à la besogne cette co..euh,
-0h ben oui, dis-le greg ! C-o-c-h-o-n-n-e !
Volage, légère , nympho dans l'impro. : ces manières frivole lui fait oublier sa principale maladie .

Et c'est là qu'arrive "le gros " de l'opération " truismes" messieurs-dames : Sa métamorphose en cette chose porcine, sa modification génétique allant vers la mutation animal .
Une transmutation aussi aléatoire que bizarre.
Où les phases d'altération du comportement iront de la tendance tenace dans le salace à l'immondice du vice.
Garantie transition pur porc de par son corps !


Cette détérioration déstabilisante n'est pourtant jamais complète; sans doute pour la compréhension de l'histoire qui se fait narrative, et où les phases d'étapes dite 'femelle' jongle avec malice dans son aura de femme .


Le reste.. ( les restes ?? haha)
Pas assez justifié comme nécessaire pour être cité ici : son penchant politique inadapté (l'égérie d'Edgar président : Rien à voir..) , son amourette finale avec un loup-garou ( là ça devient du n'importe quoi ..)
Ou encore ses finances au bords de la ruine qui l'ont d'abord poussée à vendre son corps , ne sont là que pour apporter un petit supplément d'intrigue de ce roman mi-figue , mi raisin , mi gélatine porcine.


Ma conclusion si vous le voulez bien :
Haussons le groin, hissons la phrase finale qui me trottine comme une tétine dans le giron de sa laie :
Tout est bon dans le cochon.. vous ne pensez pas, non ?




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Myriam3
  15 septembre 2014
Si, lentement, nous - les femmes - nous transformions en truie, pourrait-on y prendre du plaisir? Et bien oui, suggère Marie Darrieussecq, à travers ce petit livre se présentant plutôt comme une fable.
La narratrice, petit-à-petit, sent son corps changer: sa peau s'épaissit, devient plus lisse, elle perd ses poils et ceux qui restent se font plus dru. Et puis la faim, dévorante, sensuelle. Elle nous donnerait presque envie d'en passer par là nous aussi. Vous l'aurez compris, le titre "Truismes" nous parle d'abord de truie.
J'ai découvert Marie Darrieussecq il y a longtemps, grâce à ce petit livre sans grande prétention, et c'est tant mieux. Car il paraît que c'était son but: se faire connaître, publier, pour pouvoir enfin sortir les autres.

Truismes n'a pas vraiment à voir avec les suivants de cet auteure, il faut le savoir, et si ce livre pourrait - presque - être du Amélie Nothomb, Darrieussecq remonte drôlement la pente avec White, Mal de Mer, le Pays ou Tom est Mort.
Ca n'en reste pas moins un roman amusant et plaisant à lire, et qui, en fait, reste très longtemps à trotter dans la tête.
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GrandGousierGuerin
  10 mars 2015
Miam miam … je me suis régalé ! J'ai trouvé que tout était bon, comme dans le cochon. Car je me suis beaucoup amusé à la lecture des péripéties de notre héroïne : rien ne lui est soustrait et le pire lui échoit : se transformer en truie. Et bien sûr, c'est une vraie cochonne dans sa manière de s'alimenter ou de pratiquer le coït. On peut donc lire ce livre comme une grosse farce …
Mais pas seulement … C'est aussi une critique des hommes et de la société en général : les hommes ne pensent qu'au sexe ou à s'entretuer … Et notre narratrice n'est que l'objet du désir balloté dans un flot de sperme et de sang. C'est ainsi une sorte de conte philosophique à la Candide. En ligne de mire, on a également la description d'une société totalitaire à la manière d'Orwell comme dans 1984 mais surtout dans la Ferme des animaux. Edgar le président dictateur n'a pas à rougir devant Big Brother. Mais c'est aussi un beau conte tout court où un loup-garou tombe fou amoureux d'une femme truie et se retrouvent en diner romantique avec un menu constitué pour l'une de pizza et pour l'autre du livreur.
Avec de tels ingrédients, il ne nous reste qu'à magner dignement le pinceau à soie de porc pour dépeindre ce joli cloaque sans s'embourber dans des truismes trop évidents. Et heureusement, ce n‘est pas écrit à la truelle, it's truie ! Et cochon qui s'en dédie…
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KrisPy
  23 octobre 2014
Lu ce livre au moment de sa parution en 1998, car il FALLAIT le lire, tout le monde en parlait comme d'un livre de génie...
L'histoire de cette femme qui a si peu d'estime d'elle-même qu'elle se transforme en truie, littéralement, se laisse lire, mais elle m'a laissé un goût de déjà-vu, malgré l'encensement de la critique.
Alors, oui, la symbolique, l'analogie... le corps de la femme, objet de convoitise ou de dégoût...
Mais j'ai préféré une autre métamorphose, plus ancienne et pourtant plus vivante, celle de Kafka.
Et puis, je n'aime pas les truies. Je préfère les cafards...
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carre
  13 mars 2012
L'histoire d'une métamorphose d'une jeune femme en truie. (Si, si). Ce roman largement encensé lors de sa sortie n'a cessé de m'irriter, temps par sa forme narrative que par le fond.
Conte cruel, farce absurde ? je n'y ai lu qu'ennui. Et qu'est ce que c'est long un livre auquel au n'adhère à aucun moment. Grosse déception.
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ATOS
  08 janvier 2020
Nos ADN sont à 95 % identique. Cette thérianthropie humaine/porcine n'a donc rien d'incroyable.
Peut être celle-ci était-elle inimaginable ? Marie Darrieussecq l'a imaginée en fouillant et retournant le corps des mots enfouis dans tous nos lieux communs... Femme/ truie. Qui de la bête, que de la femme ? qui du porc ou de l'humain? Qui transforme quoi, en qui , en quoi ? Société, famille, soi même ? Où commence le dégoût, le rejet, où s'arrête la comédie, où la vérité va t elle se loger ? Métamorphose..dissimulation..cannibalisme ? Jeu de rôles ? Jeu de cochons ou de massacres ? C'est déjanté, drôle, et sur bien des aspects pas si fictionnel que cela.
Astrid Shriqui Garain
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AquinER
  19 janvier 2013
Avec Truismes, Marie Darrieussecq n'est pas entrée en littérature par la petite porte. C'est plutôt à grands coups de canif dans la littérature du réel, si chère au théoricien littéraire Jacques Dubois, qu'elle débarque.

Une femme, la narratrice, se métamorphose petit à petit en truie. La pauvre finira par perdre son travail, son amoureux et connaîtra une série d'épisodes incongrus. Puis, une rencontre favorable avec Yvan, le loup-garou, apaisera notre héroïne qui désormais passe de femme à truie et vice versa par la simple volonté.

Les vieux de la vieille y verront un conte ou une longue métaphore filée sur la différence ou encore sur la condition de la femme. Mais Darrieussecq est maligne et voit la littérature avec un grand L, une littérature qui transgresse les genres et leur rend hommage. Un joli clin d'oeil à la littérature fantastique.
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LiliGalipette
  30 avril 2014
Chômeuse depuis un certain temps, la narratrice estime qu'elle a décroché un emploi dans une parfumerie grâce à son physique avantageux. En effet, elle est une belle femme qui respire la santé et dont le corps attire les convoitises. Mais sans comprendre pourquoi, elle est prise de désirs qui la laissent honteuse et perplexe. « J'étais de plus en plus persuadée que j'avais quelque chose au cerveau, une tumeur, je ne sais pas, quelque chose qui m'aurait à la fois paralysé l'arrière-train, troublé la vue, et un peu dérangé le système digestif. » (p. 75) Qu'il s'agisse de sexe ou de nourriture, elle ne se contrôle plus. En un mot, elle devient une cochonne, une vraie, avec des soies sur le dos et des tétines sur le ventre. Et autour d'elle, tout change avec l'élection d'Edgar, un homme politique aux idées subversives. « Edgar a dit que ce serait tout de même marrant si on pouvait transformer les prisons en porcheries, qu'au moins ça fournirait des protéines pas chères. » (p. 109)

En littérature, le truisme est une figure de style qui désigne une vérité manifeste, une évidence inutile à démontrer, voire à énoncer. Dans le roman de Marie Darrieussecq, le jeu de mots porte sur la transformation subie par l'héroïne. Rien d'évident là-dedans, rien de manifeste. Pourquoi ? Comment ? On ne le sait pas. Sans être une totale déception, ce roman ne m'a pas enthousiasmée. Après avoir découvert l'auteure avec Il faut beaucoup aimer les hommes, j'avais envie de lire d'autres textes de Marie Darrieussecq. Mauvaise pioche…
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