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ISBN : 2081351803
Éditeur : Flammarion (26/06/2014)

Note moyenne : 3.44/5 (sur 8 notes)
Résumé :
La publication de L'Origine des espèces, en 1859, a marqué une révolution intellectuelle comparable à celle qui est associée aux noms de Copernic et Galilée. En proposant une théorie de la « descendance avec modification » et de la « sélection naturelle », Darwin apportait des réponses aux questions qui préoccupaient les naturalistes de son époque. Le caractère radical de ces réponses aussi bien que les problèmes qu'elles laissaient en suspens ont alimenté d'emblée ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
pve735
  18 mars 2017
Cette nouvelle édition est la traduction française de la première édition écrite par Darwin en 1859. Les éleveurs constatent la transmission des caractères par l'hérédité sans connaître encore le mécanisme génétique qui ne sera découvert que plus tard. Darwin croit que nombre de variétés domestiques descendent souvent d'une seule espèce. Il discute d'un exemple qu'il connaît bien pour en avoir élevé lui-même, le pigeon domestique. Il évoque l'effet indéniable de la sélection méthodique et inconsciente effectuée par les hommes depuis que les animaux sont domestiqués, sorte de sélection bien imparfaite s'attachant surtout à l'aspect extérieur de l'animal. La plasticité des variétés y est mise en évidence par de nombreux exemples. Il est à noter que l'idée de la plasticité des espèces entre en conflit avec la notion biblique de la création divine des animaux dans le dessein de servir l'homme. L'extraordinaire résistance, pour ne pas dire de mauvaise foi, que rencontre le darwinisme depuis plus de 150 ans n'est pas étrangère à ce conflit d'idées.
Le deuxième chapitre s'intéresse à l'action de la sélection naturelle sur les animaux à l'état de nature. Les différences individuelles sont un terreau fertile sur lequel peuvent naître les variétés. Il y a cependant une grande difficulté, même pour les spécialistes, à différencier une variété d'une espèce. À l'observateur expérimenté, la variété mue en variété plus prononcée, puis en sous-espèce, puis en espèce distincte. Ces transformations ne sont pas le fait de facteurs externes, mais de la sélection naturelle. Par ailleurs, les espèces des genres riches ressemblent davantage à des variétés que les espèces des genres pauvres qui ont des traits mieux délimités. Par définition, les variétés ont des distributions géographiques restreintes.
Comment expliquer les admirables adaptations dans le monde animal entre des plantes et des animaux? Comment expliquer aussi que les espèces naissantes deviennent de vraies espèces distinctes? C'est la lutte pour la vie qui explique cette évolution. Grâce à cette lutte, une variation, aussi minime soit elle, qui avantage un animal a davantage de chance d'être transmise à sa descendance et à favoriser sa survie. C'est ce principe de préservation que Darwin nomme sélection naturelle, opposé à la sélection effectué par l'homme. La lutte pour l'existence implique des relations mutuelles de dépendances, mais aussi l'aptitude à laisser des descendants. La quantité d'individu naissants est telle qu'il faut une réduction sensible de la masse des êtres qui parviennent à la vie sans quoi la terre ne pourrait rapidement plus supporter l'ensemble de la biomasse. La concurrence, la prédation, le climat, le type de végétation, la lutte entre individus de la même espèce ne sont que quelques-uns des aspects de la très grande complexité de cette lutte universelle.
Qu'en est-il du principe de la sélection naturelle à l'état de nature? Il y a un nombre infini de variations individuelles, la force des tendances héréditaires, les rapports étroits des êtres complexes les uns avec les autres. Peut-on douter qu'un individu ayant un léger avantage ait de meilleurs chances de survie? de plus, les modifications n'ont pas besoin de grands bouleversements pour surgir. L'action de l'homme est minime, variable et établie en fonction de ses besoins; en comparaison, l'action de la nature s'exerce au bénéfice des animaux sur des temps géologiques sinon les animaux finiraient par disparaître. La sélection sexuelle se produit lors de la lutte des mâles pour choisir les femelles. Les combats ne sont pas toujours mortels, comme chez les oiseaux où les femelles choisissent certains mâles pour leur plumage. Darwin discute ensuite de plusieurs exemples.
La sélection naturelle tend à la divergence des caractères. Les variétés cherchent à occuper des niches inoccupées car plus les organismes diffèrent les uns des autres sous les rapports de la structure, des habitudes et de la constitution, moins âpre est la lutte entre les variétés. Les souches proches ont tendances à s'éliminer entre elles; il en résulte que les descendants sur des milliers de générations finissent par se différencier davantage. Ce sont les espèces les plus riches qui varient le plus et qui transmettent à leur descendants les avantages qui leur permettent de se maintenir à travers les variétés qui apparaissent et la sélection naturelle tend à faire disparaître les espèces intermédiaires moins perfectionnées. Voilà ce qui explique toutes les affinités que nous voyons dans la nature et que nous ne verrions pas si toutes les espèces étaient entièrement distinctes. Il y a vraiment une ramification de la vie, comme dans les branches d'un arbre, si on remonte assez loin on finit par retrouver un ancêtre commun.
Les lois de la variabilités sont encore inconnues parce que les gènes ne sont pas découvert, mais une observation attentive montre des tendances lourdes appelées lois concernant l'environnement dans une faible part, l'habitude d'utilisation ou non des parties de l'anatomie, les parties fortement développées, les parties secondaires plus variables que les parties centrales, les caractères spécifiques, plus variables que les caractères génériques, les caractères sexuels secondaires très variables. La sélection naturelle n'a pas eu le temps de maîtriser la tendance à la variabilité ultérieure ou au retour de certains caractères.
Dans le chapitre sur les difficultés liées à la théorie, on y apprend qu'il y a énormément de variétés mais peu de formes radicalement originales les unes des autres. Il y a peu de gradations intermédiaires entre les espèces en partie parce que la sélection naturelle agit lentement sur quelques parties et que la sélection implique l'extinction des formes intermédiaires antérieures. Aussi, les formes intermédiaires sont moins nombreuses que les formes établies et disparaissent plus vite. Il faut accueillir avec prudence l'impossibilité d'un changement graduel; une espèce peut changer ses habitudes et ne pas sembler totalement bien adaptée à son environnement. le problème de la perfection de l'oeil n'est qu'un problème apparent, il est possible que la sélection naturelle puisse faire apparaître un oeil au cours de gradations simples s'échelonnant sur une longue période. Des parties atrophiées peuvent redevenir importantes et inversement des parties importantes peuvent s'atrophier dans la suite des temps. La sélection naturelle ne peut produire chez un animal une partie seulement pour nuire à un autre animal; mais elle peut créer des parties très utiles ou très nuisibles à d'autres animaux. Les habitants d'une région plus petite disparaissent plus rapidement que ceux d'une région plus grande. Ceux d'une plus grande région seront en général plus parfaitement adapté que les animaux des régions plus petites. Enfin, la nature ne progresse pas par sauts brusques, mais par lentes et petites évolutions. La formation de tous les animaux repose sur deux grandes lois: l'unité de type et les conditions d'existence. Les conditions d'existences étant supérieures à l'unité de type car elles comprennent, par l'hérédité, l'unité de type elle-même. Les opposants à la théorie de l'évolution utilisent encore aujourd'hui les mêmes objections soulevées par Darwin en leur donnant un statut définitif comme si ces objections réfutaient la théorie alors que Darwin énonce clairement à plusieurs reprises que malgré parfois d'énormes difficultés, rien dans tous ces obstacles ne remet en question la validité fondamentale de ses axiomes. J'y vois une preuve éclatante que les opposants à la théorie de l'évolution n'ont jamais lu Darwin, se contentant de répéter machinalement des objections dont ils ne comprennent ni la portée, ni l'importance. Après le travail colossale d'observation effectué par Darwin, il faut pour le moins être imbu d'une idéologie aveuglante doublé d'un ego hypertrophié pour oser affirmer que cette théorie est fausse.
Comme les formes biologiques, l'instinct est soumis à la sélection naturelle. Les habitudes mentales sont variables et héréditaires. Darwin discute longuement de l'instinct esclavagiste des fourmis et de l'instinct des abeilles à construire des rhombes (alvéoles) de cire d'une symétrie parfaite avec une économie de moyen favorisant la survie de la ruche, autre manifestation de la sélection naturelle.
Comment se fait-il qu'il y ait si peu d'espèces de transition dans les archives fossiles? Les archives fossiles sont d'abord et avant tout très incomplètes. Si en plus, les espèces intermédiaires sont remplacées plus rapidement par les espèces dominantes, il est normal que les chaînons manquants soient plus difficile à trouver. Darwin discute ensuite des laps de temps immenses des époques géologiques à l'aide de observations des dépôts et des couches de sédiments sous toutes leur forme et de la très grande imperfection des archives géologiques.
À ce stade, je n'ai lu que le résumé des deux chapitres sur la distribution géographique, et sur les affinités mutuelles des êtres organisés et n'ai lu ni la récapitulation ni la conclusion.
Voici l'une des grandes oeuvres de l'humanité, manifeste du génie d'observation et de déduction de l'esprit humain. C'est un peu soporifique par moments, et j'aurais aimé un peu plus de concision, plus de 500 pages, c'est trop long, mais dans l'ensemble, une lecture passionnante que je recommande à tous ceux qui veulent en apprendre davantage sur la vie et ses ramifications.
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Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
pve735pve735   16 mars 2017
Quant à moi, je considère les archives géologiques, selon la métaphore de Lyell, comme une histoire du globe incomplètement conservée, écrite dans un dialecte toujours changeant, et dont nous ne possédons que le dernier volume traitant de deux ou trois pays seulement. Quelques fragments de chapitres de ce volume, et quelques lignes éparses de chaque page sont seuls parvenus jusqu'à nous. Chaque mot de ce langage changeant lentement, plus ou moins différent dans les chapitre successifs, peut représenter les formes qui ont vécu, qui sont ensevelies dans les formations successives, et qui nous paraissent à tort avoir été brusquement introduite.
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pve735pve735   04 mars 2017
L'exemple de la vessie natatoire chez le poisson est excellent, en ce sens qu'il nous démontre clairement ce fait important qu'un organe primitivement construit dans un but distinct, c'est à dire pour faire flotter l'animal, peut se convertir en un organe ayant une fonction très différente, c'est à dire la respiration. La vessie natatoire fonctionne aussi, chez certains poissons, comme un accessoire de l'organe de l'ouïe. Tous les physiologiste admettent que, par sa position et sa conformation, la vessie natatoire est homologue ou idéalement semblable aux poumons des vertébrés supérieurs; on est donc parfaitement fondée à admettre que la vessie natatoire a été réellement convertie en poumon, c'est à dire en un organe exclusivement destiné à la respiration.
On peut conclure de ce qui précède que tous les vertébrés pourvus de poumons descendent par génération ordinaire de quelque ancien prototype inconnu qui possédait un appareil flotteur ou, autrement dit, une vessie natatoire. Nous pouvons ainsi [...] comprendre le fait étrange que tout ce que nous buvons et que tout ce que nous mangeons doit passer devant l'orifice de la trachée, au risque de tomber dans les poumons malgré l'appareil remarquable qui permet la fermeture de la glotte.
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pve735pve735   04 mars 2017
Pourquoi, dans l'hypothèse de la création, y aurait-il dans de variétés et si peu de nouveautés réelles? Pourquoi toutes les partie, tous les organes de tant d'êtres indépendant, créés, suppose-t-on, séparément pour occuper une place séparée dans la nature, seraient-ils si ordinairement reliés les uns aux autres par une série de gradation? Pourquoi la nature n'aurait-elle pas passée soudainement d'une conformation à une autre. La théorie de la sélection naturelle nous fait comprendre clairement pourquoi il n'en est point ainsi; la sélection naturelle en effet n'agit qu'en profitant de légères variations successives, elle ne peut donc jamais faire de sauts brusques et considérables, elle ne peut avancer que par degrés insignifiants, lents et sûrs.
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pve735pve735   24 février 2017
Quelque lente pourtant que soit la marche de la sélection naturelle, si l'homme, avec ses moyens limités, peut réaliser tant de progrès en appliquant la sélection artificielle, je ne puis concevoir aucune limite à la somme des changements, de même qu'à la beauté et à la complexité des adaptations de tous les êtres organisés dans leur rapport les uns avec les autres et avec les conditions physiques d'existence, que peut, dans le cours successif des âges. réaliser le pouvoir sélectif de la nature.
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pve735pve735   05 mars 2017
Or, il est tout au moins possible que, dans des milieux différents, de légères modifications de l'instinct puissent être avantageuses à une espèce. Il en résulte que, si on peut démontrer que les instincts varient si peu que ce soit, il n'y a aucune difficulté à admettre que la sélection naturelle puisse conserver et accumuler constamment les variations de l'instinct, aussi longtemps qu'elles sont profitables aux individus.
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Videos de Charles Darwin (11) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Charles Darwin
Charles Darwin & la théorie de l’évolution | 2000 ans d’histoire | France Inter Charles Robert Darwin (né le 12 février 1809 à Shrewsbury dans le Shropshire – mort le 19 avril 1882 à Downe dans le Kent) est un naturaliste anglais dont les travaux sur l'évolution des espèces vivantes ont révolutionné la biologie avec son ouvrage De l'origine des espèces paru en 1859. Célèbre au sein de la communauté scientifique de son époque pour son travail sur le terrain et ses recherches en géologie, il a formulé l'hypothèse selon laquelle toutes les espèces vivantes ont évolué au cours du temps à partir d'un seul ou quelques ancêtres communs grâce au processus connu sous le nom de « sélection naturelle ».
Darwin a vu de son vivant la théorie de l'évolution acceptée par la communauté scientifique et le grand public, alors que sa théorie sur la sélection naturelle a dû attendre les années 1930 pour être généralement considérée comme l'explication essentielle du processus d'évolution. Au XXIe siècle, elle constitue en effet la base de la théorie moderne de l'évolution. Sous une forme modifiée, la découverte scientifique de Darwin reste le fondement de la biologie, car elle explique de façon logique et unifiée la diversité de la vie.
L'intérêt de Darwin pour l'histoire naturelle lui vint alors qu'il avait commencé à étudier la médecine à l'université d'Édimbourg, puis la théologie à Cambridge. Son voyage de cinq ans à bord du Beagle l'établit dans un premier temps comme un géologue dont les observations et les théories soutenaient les théories actualistes de Charles Lyell. La publication de son journal de voyage le rendit célèbre. Intrigué par la distribution géographique de la faune sauvage et des fossiles dont il avait recueilli des spécimens au cours de son voyage, il étudia la transformation des espèces et en conçut sa théorie sur la sélection naturelle en 1838. Il fut fortement influencé par les théories de Georges-Louis Leclerc de Buffon.
Ayant constaté que d'autres avaient été qualifiés d'hérétiques pour avoir avancé des idées analogues, il ne se confia qu'à ses amis les plus intimes et continua à développer ses recherches pour prévenir les objections qui immanquablement lui seraient faites. En 1858, Alfred Russel Wallace lui fit parvenir un essai qui décrivait une théorie semblable, ce qui les amena à faire connaître leurs théories dans une présentation commune. Son livre de 1859, De l'origine des espèces, fit de l'évolution à partir d'une ascendance commune l'explication scientifique dominante de la diversification des espèces naturelles. Il examina l'évolution humaine et la sélection sexuelle dans la Filiation de l'homme et la sélection liée au sexe, suivi par l'Expression des émotions chez l'homme et les animaux. Ses recherches sur les plantes furent publiées dans une série de livres et, dans son dernier ouvrage, il étudiait les lombrics et leur action sur le sol.
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