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Critiques sur L'oiseau captif (13)
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Bookycooky
  11 novembre 2018
C'est la triste mais passionnante histoire de la poétesse iranienne Forough Farrokhzad, grande figure du féminisme iranien, morte à 32 ans dans un accident de voiture. Née en 1935 à Téhéran, dans une famille plutôt aisée de sept enfants, alors qu'une bonne fille iranienne se doit d'être pieuse, modeste et soignée, elle est impulsive, raisonneuse et désordonnée. Elle se considère l'égal de ses frères, avec l'esprit et l'audace qu'il faut pour répondre aux leurs. Ce qui n'est ni dû goût de sa mère, ni de la société iranienne de l'époque. Quand au père, colonel du Shah, il se contente d'engendrer et de veiller superficiellement à une discipline de fer dans sa famille. Son destin basculera avec sa rencontre avec Parviz Shapour, son cousin et poète, connu en 1950.....une première rencontre avec l'amour et la poésie.....d'autres suivront.....pour le meilleur ou le pire....

Racontée à la première personne, jalonnée de sa poésie, Jasmin Darznik nous offre ici une superbe biographie romancée de Farrokhzad, grande poétesse iranienne méconnue du grand public, en occident. Un livre qu'on lit la gorge serrée, face a tant d'injustices faites à la femme dans l'Iran chiite et à son courage, qui défiera tout interdit. Calvaire chez le père, calvaire chez le mari, une vie de captive basée sur des règles absurdes d'une société, régit par une religion vécue et pratiquée d'une manière encore plus absurde. Au nom de Dieu, tout est désamour, frustrations, cruautés et violences, au point qu'on se demande où et quel Dieu se trouve dans cet enfer ?
Finalement, c'est par le biais de la littérature et surtout de la poésie qu'arrivera le salut, pour cette femme libre dans son corps, libre dans son esprit. Comme quoi encore une fois la preuve que la volonté ne connaît pas de limites, et que même en milieu hostile, quand on s'y accroche, on peut réaliser tout ses rêves, ou presque...
Un livre passionnant qui révèle aussi plusieurs pans tragiques de l'Histoire iranienne, des années 40 à 60 et qui débouchera directement sur la dictature des mollahs qui sévit aujourd'hui le pays; dont celui de la lutte du pétrole entre l'Iran et le couple Etats-Unis / Angleterre , qui se l'approprieront pour un temps, en faisant chuter Mossadegh, le premier ministre iranien de l'époque.....
Lu d'une traite, magnifiquement traduit de l'anglais, un roman splendide sur une femme devenue une icône dans son pays !
Un coup de coeur !

Un grand merci à NetGalley et aux Éditions Stéphane Marsan pour l'envoie et la découverte de ce superbe livre !

“Tout mon être n'est qu'un verset obscure
Qui te célébrera jusqu'à l'aube des éclosions
Et floraisons éternelles.
D'un soupir, dans cette mélopée, je te fais surgir;
A l'arbre, à l'eau, au feu
Je te greffe.”
( Une autre naissance )
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Fransoaz
  21 mars 2019
En ce joli mois de mars, se perpétue la journée internationale des droits de la femme et s'ouvre, sur la beauté, le printemps des poètes. L'oiseau captif fait partie des magnificences qu'il faut saisir avant de le laisser s'envoler vers son destin.
Pour dire la femme, pour dire la poésie, pour dire la liberté et pour crier la liberté de la femme poète et iranienne voici venir l'histoire de l'audacieuse, de l'opiniâtre Forough Farrokhzad.
Une maman conventionnelle, obsédée par le rangement et le regard de Dieu ; un père militaire et intransigeant, une haute stature éloignée de ses enfants et de leur éducation, mais un colonel qui parle de poésie persane avec ses amis.
C'est dans ce créneau que va s'insinuer Forough, celui de la création poétique, pour accrocher le regard paternel.
Forough Farrokhzad détonne dans cette société entravée par le carcan des traditions et la soumission féminine. Les rencontres parfois malveillantes, souvent condescendantes et humiliantes, rarement amicales vont la hisser sur le faîte de la notoriété au prix de renoncements inimaginables et douloureux.
Jasmin Darznik agite sa plume avec détermination pour rendre hommage au courage et à la persévérance de la jeune poète. Elle reconstitue avec fougue et inspiration cette chaîne de souffrances et de concessions, cette force d'indépendance farouche, cette créativité poétique nouvelle et audacieuse.

(…)Il est une rue là-bas
Où des garçons qui étaient de moi amoureux, encore
Avec les mêmes cheveux en bataille, leurs cous graciles
et leurs jambes grêles,
Pensent aux sourires innocents d'une fillette qu'une nuit
le vent a emportée avec lui.
Il est une ruelle
Que mon coeur a volée aux quartiers de mon enfance. (…)

Une biographie romancée avec élégance, une écriture magnétique qui ravira même les réfractaires à la poésie.

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blandine5674
  27 décembre 2018
Encore un merci à Bookyccoky (cela devient une habitude pour mon grand bonheur !) Quel merveilleux roman ! Quel beau portrait de femme qui a réellement existée. Dès les premières pages, une terrible consultation dépendra de la future vie de femme de la poète (poétesse est ironique dans la bouche des hommes) iranienne Forough Farrokhzad. Déjà petite, son caractère rebelle n'est pas apprécié. Elle préfère jouer avec ses frères en pissant comme un garçon que d'être bien présentable, dévouée et prier, pour un futur mari. Une femme qui se veut libre dans sa tête et son corps, mais à Téhéran dans les années 50, pour la gente féminine, relève de l'utopie. On y trouve une belle histoire d'amitié dans ces amours tumultueux. Un élément m'a intrigué, (est-ce propre à ce pays ?) Alors qu'elle demeure chez ses parents, elle dit chez le colonel pour son père et dans le salon de ma mère.
Bernardo Bertolucci a exprimé son admiration pour sa poésie et le film qu'elle a réalisé. La presse iranienne écrivait que c'est son amant qui était derrière ses poèmes et son film, parce que ce n'est pas possible qu'une femme créée de l'art.
Une grande dame, hélas, disparue trop tôt à 32 ans et que je ne suis pas prête d'oublier. Je ne comprends pas que cette oeuvre passionnante n'a pas plus de lecteurs. J'espère que cette critique contribuera à la faire connaître un peu plus.


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Tezelsup
  06 octobre 2019
C'est le portrait sensible d'une femme en avance sur son temps, la poète iranienne, Forough Farrokhzad (1935 - 1967). Forough est libre dans une société iranienne qui ne permet pas aux femmes de l'être. Elle paiera cher le prix de cette liberté. C'est beau, c'est triste. le texte de Jasmin Darznik est parsemé de magnifiques poèmes de Forough. Une lecture inoubliable.
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coquinnette1974
  20 novembre 2018
L'oiseau captif de Jasmin Darznik est un magnifique ouvrage découvert grâce aux éditions Castelmore et net galley.
Forough Farrokhzad a grandi à Téhéran dans les années 1930, au sein d'une famille de sept enfants. Dans la maison règne une discipline de fer, et les enfants n'appellent pas leur père "papa", mais "général".
Très tôt, Forough manifeste un vif intérêt pour la poésie persane et dévore les recueils que ses frères étudient, eux qui ont la chance d'aller à l'école.
À l'âge de seize ans, Forough épouse son amour de jeunesse, Parviz, sur décision du général qui tient à éviter un scandale. Mais alors que beaucoup de jeunes filles n'ont pas la chance d'épouser l'homme qu'elle aiment, Forough ne tarde pas à déchanter : l'homme qu'elle a épousé n'est pas exactement celui qu'elle imaginait...
L'oiseau captif est la biographie romancée de Forough Farrokhzad, une poétesse contemporaine iranienne. Je vous avoue que je l'ai découverte car je ne la connaissais pas du tout.
J'ai lu cet ouvrage comme un roman, et j'ai trouvé ma lecture captivante. J'ai appris de nombreuses choses sur l'Iran, sur la conditions des femmes dans les années 40 à 60.
Forough est une femme très touchante, et son salut va venir de l'écriture, notamment de poèmes.
L'oiseau captif est un très bon livre qui m'a pris énormément touché, je vous le conseille vivement et je lui donne un énorme cinq étoiles.
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Aelinel
  01 novembre 2018
De l'Histoire de l'Iran au XXème siècle, je ne connaissais que la Révolution islamique de 1979 grâce à la bande dessinée Persepolis de Marjane Satrapi. En effet, la proclamation d'une république islamique par Khomeini met fin à vingt-cinq ans de règne du Shah Mohammad Reza Pahlavi et exile ce dernier. Ce qui m'avait interpelé dans la BD de Marjane, c'était la condition des femmes qui s'était radicalement détériorée avec l'avènement du nouveau régime, le règne du Shah étant présenté comme plus permissif et en faveur de la libéralisation des femmes. En réalité, avec la lecture de ce roman, L'oiseau captif qui se déroule vingt-trente ans auparavant, les choses sont beaucoup plus complexes.

Forough Farrokhzad est née dans une famille privilégiée dont le père est un militaire, proche du régime du Shah, à Téhéran. Très tôt, la petite fille apprend à ses dépens que ses droits dûs à sa condition féminine sont bien plus restreints que ceux de ses frères. Ces derniers peuvent sortir dans la rue comme ils le veulent ou continuer leurs études alors même que cela est refusé à Forough. Sa colère et le sentiment d'injustice qui l'habitent deviennent les principaux terreaux de son écriture et de sa plume si particulière. Forough que l'on souhaite faire taire, que l'on marie dès seize ans pour réprimer son caractère turbulent et éviter le déshonneur sur la famille, bouillonne intérieurement et rêve d'une vie qu'elle entend mener comme elle l'entend. Mais, les carcans de la société iranienne sont si étriqués que Forough paiera très cher ses désirs de liberté et d'indépendance…

L'auteure d'origine iranienne, Jasmin Darznik explique dans une note à la fin de l'ouvrage comment elle a connu cette fameuse poétesse qui avait tant fait scandale dans l'Iran des années 60 mais était aussi devenue une figure de proue du féminisme. En effet, la famille de Jasmin est partie aux Etats-Unis peu avant la Révolution de 1979 emportant avec elle seulement deux valises dans une desquelles se trouvait un petit recueil de poésies de Forough. Cette écriture si libre et si percutante a tant fasciné Jasmin depuis qu'elle est toute petite qu'elle a suivi les traces de la poétesse jusque dans ses études de littérature iranienne. Malheureusement, les sources peu nombreuses ont manqué à l'auteure dès le début de la rédaction de L'oiseau captif. En effet, la famille de la poétesse a fait disparaître tous les journaux de Forough après sa mort, désirant ne pas attirer l'attention sur elle lors des temps troublés qui ont suivi la Révolution islamique de 1979. Jasmin s'est donc basée sur l'oeuvre littéraire de la poétesse (Le captif paru en 1955, le Mur en 1956 et La rébellion en 1958), sur des ouvrages d'historiens (A Lonely woman de Michael C. Hillman publié en 1980 et Forough Farrokhzad : A literary biography de Farzaneh. M. Milani en 2016) mais s'est également documentée sur le contexte historique. Et en cela, L'oiseau captif est vraiment réussi car Jasmin Darznik est parvenue avec une facilité déconcertante à redonner une voix à Forough, à nous livrer ses pensées les plus intimes et à la faire revivre en quelque sorte.

Comme je le disais en introduction, la société sous le régime du Shah des années 50 et 60 n'a pas été aussi permissif que la bande dessinée Persépolis l'avait laissée entendre bien que les choses se soient effectivement empirées après 1979. En effet, les femmes étaient « éduquées » avant tout pour être de bonnes épouses et de bonnes mères. Il était donc « inutile » que la jeune fille poursuive des études, sa seule virginité avant le mariage devait être un indicateur de sa bonne réputation. S'ensuit dans le roman, une scène absolument hallucinante de Forough emmenée de force par sa mère dans un quartier malfamé de Téhéran. En effet, surprise en train de boire un verre dans un bar à Téhéran avec son cousin, sa réputation a été compromise. Afin de préserver l'honneur de la famille, Forough a dû alors prouver qu'elle n'avait pas perdu sa virginité grâce à l'obtention d'un certificat. Et une fois mariée, il eut été vain de se croire « sauvée »! Se promener seule dans les rues sans mari était un gage de moeurs légères, quant à voyager seule… Il était de plus quasiment impossible d'exercer un travail, alors se faire publier, n'en parlons même pas! Et pourtant, Forough s'est battue non sans mal contre ces carcans qui entravaient sa liberté et son indépendance, ce qui lui a valu autant l'admiration que l'opprobre.

Dans L'oiseau captif, Jasmin Darznik nous livre un portrait fort et émouvant de cette poétesse iranienne, Forough Farrokhzad. Je ne la connaissais absolument pas et je me rends compte qu'elle aurait très bien pu faire partie de ces femmes d'exception présentes dans les deux tomes de la bande dessinée, Culottées de Pénélope Bagieu. Bref, je ne peux donc que vous conseiller ce roman.
Lien : https://labibliothequedaelin..
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sylire
  24 février 2019
Je ne sais pas si vous avez déjà entendu parler de Forough Farrokhzad. En ce qui me concerne, je ne connaissais rien de cette poétesse iranienne avant de dévorer "l'oiseau captif" de Jasmin Darznic.


Forrougn Farrokhazad est née en 1934 à Téhéran dans une famille où l'on ne plaisante pas avec la discipline. Pour s'évader, elle écrit des poèmes et se cultive en cachette de son père. A seize ans, elle est contrainte de se marier après avoir flirté avec un jeune homme. Son mariage est un désastre. La jeune femme est trop avide de liberté pour se laisser enfermer dans une vie familiale classique. Pour gagner sa liberté, elle quitte son mari et doit laisser derrière elle son enfant. Ses poèmes, très osés pour l'époque, lui valent des tas d'ennuis dont un séjour musclé dans un hôpital psychiatrique. Grâce à sa détermination, elle parviendra toutefois à atteindre l'accomplissement personnel auquel elle aspire. Dans un pays où les femmes sont écrasées par le poids de la religion, Fourough va écrire, réaliser des documentaires... sans jamais plier sous la menace.


J'ai accueilli cette biographie romancée avec beaucoup d'enthousiasme. La lecture est fluide et bien rythmée. Jasmin Darznic s'est glissée dans la peau de la poétesse. Son style est tout à fait en phase avec la poésie de Forrough Farrokhazad, que nous découvrons au travers d'extraits, tout au long du roman.

Un aperçu du style de l'auteure :

-Dieu est partout, me dit un jour ma mère alors que je n'étais encore qu'une fillette.
Plissant des yeux , elle me cloua du regard et ajouta:
-Il est partout, il voit tout ce que tu fais.
Bien qu'elle ne fût pas voilée, sa vie serait toujours un tapis de prière devant l'autel de la peur.

Un aperçu de la poésie de Forrough Farrokhazad :

"Je suis l'oiseau, cet oiseau qui depuis longtemps
Songe à prendre son envol
Mon chant s'est fait plainte dans ma poitrine serrée
Et dans les désirs, ma vie a reflué

Viens, ouvre la porte, que je m'envole
Vers le ciel limpide du poème
Si tu me laisses m'envoler
Je me ferai rose à la roseraie du poème

Mais ô homme, homme égoïste
Ne dis pas c'est une honte, que mon poème est honteux
Pour ceux dont le coeur est enfiévré, le sais-tu,
L'espace de cette cage est étroite, si étroite ?"




Je me suis passionnée pour ce destin hors norme, impressionnée par la modernité et le courage de cette femme. En arrière-plan, le contexte historique joue bien-entendu un rôle important. le hasard (ou pas ?) fait que l'Iran revient régulièrement dans mes lectures en ce moment. Mes précédentes lectures couvraient la période allant de 1960 à nos jours alors que celui-ci commence en 1935 pour finir en 1960. Mes différentes lectures se complètent donc.


Un très beau roman et mon premier coup de coeur de l'année
Lien : http://www.sylire.com/2019/0..
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voyagelivresque
  30 novembre 2018
Quelle poésie, quelle délicatesse d'écriture , quel gros coup de coeur pour ce roman de Jasmin Darznik, L'oiseau captif , qui signe là un superbe portrait d'une femme figure du féminisme en Iran, un roman captivant, émouvant qui nous ouvre les portes de ce pays , qui évoque les conditions de vie des femmes dans les années 1040 à 1960, qui montre l'injustice dans laquelle elles évoluaient , enduraient, ce manque d'égalité homme femme, ce manque de liberté.
L'auteur nous conte la biographie romancée de Forough Farrokhzad , poétesse iranienne , qui a vécu dans les années 1930 à Téhéran au sein d'une grande fratrie et d'une famille où les maitres mots étaient rigueur et discipline, une famille dans laquelle les enfants n'appelaient pas leur père "papa"., mais « colonel » Un pays où la police du Sha veillait à l'ordre public .
La jeune Forough s'intéresse très tôt à la poésie persane et se nourrit des recueils que ses frères étudient, eux qui ont la chance extrême d'aller à l'école. Elle, la rebelle qui brave les interdits, révoltée par sa condition qu'exige sa position de fille, compose des rimes . A seize ans, elle épouse son amour de jeunesse, Parviz, pour éviter un scandale. Mais Forough ne tarde pas à déchanter : l'homme qu'elle a épousé n'est pas exactement celui qu'elle imaginait...et elle part en quête de sa liberté qui passera par la poésie, des rimes pour affirmer sa liberté d'être, d'aimer, de ressentir, de vivre , sa liberté d'être une femme , d'avoir des envies, des désirs, du plaisir ... une délivrance par les mots ...
« Quand ma confiance était pendue à la corde souple de la justice
Et que dans toute la ville
On morcelait les coeurs de mes lumières,
Quand l'on fermait les yeux enfantins de mon amour
Avec le bandeau noir de la loi
Et que des temps troublés de mes yeux
Jaillissait le sang
Et que dans ma vie
Il n'y avait rien, rien que le tic-tac de l'horloge
J'ai compris : il faut, il faut, il faut
Que j'aime à la folie » poème de Forough

Comment ne pas tomber sous le charme de cette femme touchante , vibrante, moderne, éprise d d'amour, à qui l'écriture à donner la voie de sa vie, à donner des ailes de liberté et de désir .
Une femme à qui j'ai envie de dédier ses quelques vers
« ...Elle voudrait planer dans l'océan du ciel,
Ange elle-même, suivre un ange Ithuriel,
S'enivrer d'infini, d'amour et de lumière,
Et remonter enfin à la cause première.
Mais, grand Dieu ! quelle main ouvrira sa prison,
Quelle main à son vol livrera l'horizon « Théophile Gautier ( l'oiseau captif )

Forough a trouvé cette main, la sienne , source d'écriture , ivresse de liberté et roman à la magnifique écriture que je ne peux que vous recommandez

Merci aux éditions Stéphane Marsan et à Netgalleyfrance pour cet envoi
Lien : https://www.voyagelivresque...
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girafeneuf
  01 septembre 2018
Lire un livre avant sa sortie, pour la libraire que je suis, est toujours le résultat de plein de choses. Ici, c'est l'intérêt grandissant pour un pays et sa littérature, la découverte d'une poétesse et d'un destin de femme et enfin la rencontre avec l'éditeur lors d'une présentation de la rentrée !
Plongée réussie et savourée !

Et cette poétesse n'est pas n'importe laquelle, c'est Forough Farrokhzad, la plus grande poétesse iranienne, éprise de liberté envers et contre tout ! Quelle vie ! Et quelle écriture pour nous l'amener ! Fille d'un colonel du Shah, on suit son évolution de fille, de femme, d'amoureuse, de femme mariée et même divorcée et d'envie surtout de liberté ! Pouvoir mettre des mots sur ce que pensent les femmes mais qu'elles n'osent pas dire, par la poésie ! Et ça n'est pas facile, moins encore dans ce pays en cette première moitié de XXe siècle ! Elle va rencontrer des personnes par le biais desquelles L Histoire va rejoindre la sienne.
Ce n'est pas un roman féminin ou féministe, pas uniquement ! C'est tout d'abord une très belle histoire, une très belle histoire de femme oui, à la vie courte mais intense ! Intense parce que ce qui aurait pu être un vrai mariage d'amour c'est avéré être un carcan, qui ne s'est pas ouvert dans la légèreté, aux conséquences douloureuses. Parce qu'elle a vécu dans une période charnière pour l'Iran et sans être directement impliquée, sa volonté de liberté s'est manifestée à un moment délicat dans l'histoire de ce pays, lorsque le changement ne s'accompagne pas toujours de plus de libertés, pas tout de suite...
J'ai envie de lire plus de ses poèmes, d'en commander pour la librairie ! de lire plus de littérature iranienne ! Et pour ça aussi, merci ce livre !

Pardon si mes chroniques de livres de cette rentrée littéraire sont un peu brouillonnes, je les reprendrais plus tard sûrement, mais j'ai envie de partager avec la communauté Babelio ! Et l'exercice de l'écriture d'une ou plusieurs chroniques par jour est intéressante et stimulante !
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izabulle
  07 octobre 2019
Forough Farrokhzad est la plus grande poète que l'Iran ait connu. Sa vie nous est racontée ici, dans un mélange subtile de biographie et de fiction.
Nous la découvrons enfant alors qu'elle vit avec ses frères et soeurs dans la maison du colonel, leur père. Vivant dans un milieu aisé elle a accès à de nombreux livres et magasines. Elle tombe amoureuse de son cousin, lui même amoureux des mots, mais le mariage semble maudire ce couple qui ne retrouve pas la magie des premiers émois.
L'histoire est racontée à la 1ere personne, à l'image de l'autobiographie. L'écriture est tellement réaliste, poétique et sensible, qu'il m'a été impossible de ne pas me projeter comme si Forough était la narratrice elle-même. J'ai été envoutee par la découverte de cette Iran qui m'était inconnue. J'ai souris devant l'insoumission de Forough et sa soif de vivre. J'ai fremis devant ses premiers amours interdits et les coups tant physiques que psychologiques qu'elle a reçu au cours de sa vie.
Le récit est ponctué de ses poèmes au rythme musical, envoûtant et parfois sexy pour l'Iran conservatrice. Elle sera dépeinte comme le diable parfois, comme une pécheresse souvent, mais pour ma part, je n'ai rien vu de choquant ou de transgressif en cette artiste qui ne pouvait s'auto censurer.
Un magnifique roman historique, où l'amour est présent mais n'est pas le coeur de l'histoire. L'intérêt réside dans la découverte de cette fabuleuse poète, féministe et visionnaire avant l'heure.
Coup de coeur ❤❤❤
Lien : http://evenusia.canalblog.co..
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