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ISBN : 1096997037
Éditeur : Omblage (21/11/2017)

Note moyenne : 4/5 (sur 4 notes)
Résumé :
Le Cirque de Satan, à travers l'histoire d'un lieutenant de police corrompu, dresse le portrait du quartier dangereux et extravagant qui florissait au coeur de New York au tournant du vingtième siècle. Dans les années 1910, à New York, entre la Cinquième et la Septième Avenue, il existait une incroyable cour des miracles : prostitution, jeux illégaux et crime organisés y proliféraient, mais également les théâtres, les music halls... Ce quartier était surnommé le ten... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
palamede
  19 novembre 2017
À l'aube du XXe siècle, New York est une ville qui grossit constamment. Par vagues entières, les immigrés italiens, juifs, irlandais, déferlent sur la ville. Les nouveaux venus, dans un mouvement permanent, occupent les immeubles sordides de la ville, tandis que ceux qui leur laissent la place partent vers des quartiers plus riches de Manhattan ou vont ailleurs.
Mais la ville ainsi devenue en quelques années une des plus grandes du monde est aussi l'une des plus corrompues. Les démocrates qui dirigent New York (en accord avec les républicains) sont pourris jusqu'à la moelle. Les élections sont truquées et le clientélisme est la règle. Quant à la police, en majorité irlandaise, elle sert de bras séculier aux politiciens.
À Manhattan, un quartier de plaisir, surnommé le Cirque de Satan par les pasteurs et le Tenderloin (le filet de bœuf) par la police, concentre les bordels, les bars, les salles de jeux et de spectacles (sur Broadway) de la ville. Dans ces lieux de perdition, les capitaines de la police, qui ont payé les boss de la politique pour obtenir leur poste, « prélèvent  » de l'argent qu'ils partagent avec eux.
Face à ce système bien rodé, certains s'émeuvent et veulent l'assainir. C'est le cas d'un directeur de la police, énergique mais naïf, qui crée à cette fin trois brigades et met à la tête de l'une d'entre elles Charles Becker. le policier, grand et massif, d'origine allemande et républicain, n'a jusqu'alors pas eu accès à la corruption, et a subi une carrière longue et peu brillante.
Enfin en position de pouvoir, Charles Becker, ancien flic intègre malgré lui, organise dans le Cirque de Satan une corruption à grande échelle, rançonnant les salles de jeux. Il gagne très vite beaucoup d'argent. Mais un tenancier, Rosenthal, avec qui il est associé, va se mettre en travers de cette éclatante réussite et menacer de dénoncer tout le système.
Après l'assassinat de Rosenthal, un procureur prêt à tout - craignant de ne pas être réélu - accuse Becker d'en être le commanditaire et monte un procès truqué. À la surprise générale, Becker est reconnu coupable et condamné à la peine capitale. Le policier fait appel, mais même si le deuxième procès est plus équitable, sa condamnation à mort est confirmée et il est exécuté sur la chaise électrique (dans des conditions atroces).
Mike Dash, avec sa précision d'historien, signe un livre aussi palpitant que captivant. Il donne de New York des années 1900 un cadre vivant ; il décrit à merveille un système qui a une vie intense, où il n'y a pas de bons - les hommes dont il parle sont tous mauvais à un degré ou à un autre. Le Cirque de Satan, leur oeuvre, s'est développée à la vitesse d'une ville qui, plus large que les hommes, en a englouti certains comme le lieutenant de police Charles Becker.
 
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Montana
  23 mars 2018
En général, mes critiques sont courtes, précises, et vous expliquent pourquoi et en quoi j'ai aimé ou non un livre . Cela vous permet de sentir (en tout cas....je l'espère) en un coup d'oeil si le livre vous plaira ou non selon vos propres critères. Pour ce qui est de ce livre ci, le Cirque de Satan de Mike Dash , véritable pépite, je vais être un peu plus longue, car je veux vous montrer à quel point en le lisant vous allez vivre une expérience extraordinaire :
Je ne vais pas vous raconter le livre, car si vous ne le lisez pas de vos propres yeux, il y a de forte chance pour que vous ne me croyez pas...Quand on dit que la réalité dépasse parfois la fiction, on ne peut que valider cette affirmation à la lecture de ce récit.
Préparez vous à découvrir la passionnante et terrible histoire de Charles Becker, policier atypique de la ville de New York à la veille du XXème siècle, entouré d'une incroyable galerie de personnages hauts en couleur que même le plus téméraire des romanciers aurait hésité à inventer. Or, tout ce que vous lirez dans ces pages est vrai!
C'est l'histoire de la splendeur d'un homme intelligent et ambitieux, qui su saisir sa chance pour faire évoluer sa situation tout en jouant sur différents tableaux pour améliorer son quotidien - jusqu'à sa décadence en devenant un bouc émissaire sacrifié sur l'autel des intérêts personnels des protagonistes et de la politique anti-corruption du moment.
Mike Dash a effectué un vrai travail de fourmi pour collecter toutes ces informations issues de sources diverses et variées. Les nombreuses notes quant à elles, viennent étoffer encore plus les propos, en apportant précisions, détails ou anecdotes.
Une fois intégrés un certain vocabulaire, les différents mécanismes de corruption assez complexes à comprendre mêlant politique et pouvoir (un peu comme aujourd'hui, quoi...), et les nombreux personnages croisés tout au long du récit, la lecture est passionnante car elle est servit par une écriture dense, vivante et exigeante de précision.
Ce qui fait une des forces de ce livre, c'est que Mike Dash a parfaitement replacé chaque événement dans son contexte économique, politique et social de l'époque : le New York du début du XXème siècle grouille sous nos yeux grâce à une écriture quasi cinématographique. On voit vivre la ville, on la "sent". J'ai alors repensé aux photographies de Jacob Riis (chez Phaidon collection 55) qui s'est attaché - par la force de ses images - à dénoncer la pauvreté et la misère des conditions de vie des immigrés de New York, clichés noir et blanc montrant une ville qui passe des cimes aux abîmes...
Mike Dash remonte à l'origine même de la création de la New York Police (NYPD) en 1845, cherchant à comprendre comment et pourquoi dès ses débuts, la police de New York est corrompue. A l'époque de Charles Becker, le dilemme pour un policier n'est pas de devoir choisir entre l'honnêteté ou la corruption, mais entre la corruption "honnête" et la corruption "malhonnête"(proche de la criminalité).
J'ai ressenti de l'injustice face au déroulement des procès de Charles Becker qui furent non équitables et conduits essentiellement à charge. J'ai été émue des lettres qu'il a écrit à son épouse du fin fonds de sa cellule dans la prison insalubre et sordide de Sing-Sing.
Plus on avance dans le livre, plus les personnages nous deviennent familiers. Les rebondissements se multiplient et je me suis même surprise à espérer pour Charles Becker une autre issue que celle connue depuis le début. Ses dernières heures et la description de l'exécution serrent la gorge par leur réalisme.
Avec la fin de Charles Becker, c'est la fin d'une époque, une page se tourne en faveur d'un vaste programme de réformes et de réorganisation de la police de la ville de NY. Certes, la corruption est toujours là, mais elle se veut plus discrète et prend d'autres formes...
Exigeant jusqu'au bout, l'auteur ajoute un épilogue qui relate ce qui est advenu de tous les protagonistes de l'"affaire"Becker-Rosenthal" : ce que la vie a fait d'eux de 1915 à leur disparition.

Vous l'aurez compris, j'ai adoré ce livre... bien que j'aurai apprécié qu'il contienne plus de photos, même si les lieux et personnages sont superbement décrits.
D'ailleurs, j'ai tellement aimé ce livre que je me suis procuré tous les autres livres de Mike Dash!
Un énorme MERCI à toute l'équipe de Babelio et bien sûr aux éditions Omblage qui m'ont permis de vivre une telle aventure!
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Commenter  J’apprécie          52
lechristophe
  14 mars 2018
Tout d'abord, je tiens à remercier les éditions Omblage et la Masse Critique de Babelio pour m'avoir fait découvrir "Le cirque de Satan".
L'historien britannique Mike Dash y décrit la vie de débauche et de corruption qui régnait dans les deux premières décennies du XXe siècle à Manhattan, New York.
Pour cela, il s'est intéressé au cas de Charles Becker, policier d'origines campagnardes très modestes, qui reste le seul policier américain (à l'écriture du livre) a avoir été exécuté pour meurtre.
Mike Dash retrace son parcours depuis son enfance, son entrée dans une police naissante, puis la facilité et la quasi-obligation pour un policier de tomber dans la corruption s'il veut réussir à survivre à l'époque. Tout le pousse à y sauter à pieds joints : les politiciens sont corrompus, les dirigeants de la police sont corrompus, les collègues sont corrompus, et au centre de Manhattan on trouve une profusion de bars, maisons closes, cercles de jeux illégaux qui ne doivent leur existence qu'à la protection policière contre rémunération illégale. Tout cela à l'insu du peuple new-yorkais qui croit sa police intègre.
Aidé par sa stature et sa force physique hors normes, Charles Becker a réussi à se faire une place dans ce monde de corruption. Mais tout va basculer quand un petit bookmaker, tenancier de tripots et associé de Becker, va déclarer dans la presse que celui-ci est un ripoux et pas des plus petits. Son assassinat quelques jours plus tard va attirer l'attention d'un procureur ayant décidé de nettoyer le quartier, et qui, par le biais de procès honteusement truqués (juge partial, faux témoins...), va réussir à faire condamner à mort Charles Becker.
Un livre assez captivant qui nous fait découvrir de l'intérieur la corruption qui a gangrené New York au début du XXe siècle et que la période de prohibition des années 20-30 va amplifier.
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Tristale
  20 mars 2018
Ce documentaire m'a permis de découvrir le New York du début des années 1900, avec notamment un de ses quartiers surnommé le cirque de Satan par les honnêtes gens et le tenderloin ou filet de boeuf, par tous ceux qui profitent de la corruption qui y règne.
Mike Dash mets ici en avant principalement un policier, Charles Becker, le seul à l'écriture de ce livre à avoir été condamné à mort et exécuté.
Cet homme qui a ses débuts était intègre, va se laisser emporter par le chant des sirènes au combien lucratif, du fameux "tenlerloin".
Ici pas de gentil, tout ce petit monde est plongé dans les magouilles jusqu'au cou.
C'est une période bien sombre des dessous de la police qui nous est dévoilée et c'est aussi les dessous tordus d'une justice pas très honnête qui va tout faire pour redorer son blason en accusant Charles Becker d'être le commanditaire du meurtre d'un de ses soi-disant associé dans le fâcheux "cirque de Satan".
Rien de très glorieux donc pour la police de New York, mais des faits réels et précis très instructifs.
Merci à Babelio et à sa masse critique pour cette découverte
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
palamedepalamede   25 novembre 2017
Près de cinq millions d'hommes et de femmes ont servi aux Etats-Unis comme policiers.
Un seul a été exécuté pour meurtre.*
... Charles Becker, un lieutenant de police de New York vilipendé au début du siècle dernier comme " le flic le plus pourri qui ait porté un insigne ".


*Lors de l'écriture de ce livre, deux autres policiers attendent leur exécution, condamnés à mort pour des meurtres commis en 1995.
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palamedepalamede   21 novembre 2017
... dès 1850 [à New York], on disait que la meilleure manière d’arrêter une réunion politique était de foncer dans la salle en criant, " il y a le feu dans votre bar ! ".
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lechristophelechristophe   14 mars 2018
[...] le bruit que craignaient le plus les condamnés à mort était celui qui se propageait depuis la salle d'autopsie quand on sciait le sommet du crâne d'un prisonnier exécuté.
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lechristophelechristophe   14 mars 2018
Le plus connu fut sans doute l'inspecteur Alexander Williams, réputé pour s'être battu en moyenne une fois par jour pendant ses années de patrouille. Williams, qui gagna le surnom de "Clubber", le matraqueur, pour l'enthousiasme avec lequel il se servait de sa matraque.
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lechristophelechristophe   14 mars 2018
Une seule condamnation pour crime était supposée rédhibitoire pour entrer dans la police [...] ; en pratique cependant, un certain nombre de policiers de New York avaient été condamnés pour cambriolage ou vol.
Commenter  J’apprécie          10
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