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Hugo Martin (Auteur de la postface, du colophon, etc.)
ISBN : 2804014479
Éditeur : Espace Nord (30/11/-1)

Note moyenne : 4/5 (sur 2 notes)
Résumé :
Au menu, en vrac et entre autres : Ensor par lui-même, ses hauts faits artistiques, sa défense du milieu naturel, ses insultes aux architectes, peintres à manières "étriquées" et autres "vivisculpteurs", ses célébrations d'Ostende, de la mer, de la Flandre et, bien sûr, de l'Éternel (c'est-à-dire Ensor), le tout payés en devises mirobolantes.
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
colimasson
  07 juin 2012
Quelle liberté littéraire peut caractériser un peintre qui ne se refuse rien, pas même le droit d'écrire pour une revue de thalassothérapie intitulée « La cure marine » ? Démesurée, elle a autorisé James Ensor à publier ses opinions dans toutes sortes de revues et de journaux, dans des enquêtes artistiques, des préfaces de catalogues d'exposition ; à les exprimer au cours de cérémonies qui lui sont dédiées ou de cercles artistiques et autres sociétés carnavalesques.
Car n'oublions pas que James Ensor est avant tout connu pour ses travaux en tant que peintre, dessinateur, graveur et aquafortiste. Les références dans le domaine émaillent tout au long de ses récits et justifient ses prises de position. Pour qui n'aurait pas combattu avec Ensor les réserves de la vieille-garde en peinture, il y a souvent de quoi se sentir perdu… Heureusement, le peintre ne s'en tient pas à des règlements de compte et étend ses propos à des considérations plus larges qui, partant du cercle étroit des peintres de son époque, s'étendent à décrire une certaine frange de la population bourgeoise avec un cynisme et un verbe anarchique.
Si en peinture, James Ensor n'a jamais aimé emprunter les voies débroussaillées par d'autres avant lui, il n'agit pas différemment en littérature, à tel point qu'il est parfois difficile de le suivre dans ses divagations et dans ses emportements, qu'il traduit par des successions d'énumérations saugrenues faisant primer la musicalité avant la sens. Emile Verhaeren a traduit cette fougue en ces termes : « Lorsqu'une bouteille d'ardent champagne se débouche et que le fourmillement des bulles gazeuses s'élève myriadaire et pétille vers le goulot pour se répandre et se résoudre en mousse, je songe au style fermenté de James Ensor ». Ce n'est pas faux, car l'overdose n'est jamais loin lorsqu'on se plonge dans les écrits du peintre. A lire comme de la poésie, en prenant son temps, pour s'assurer une dégustation que n'aurait pas renié James Ensor, ce peintre qui au-delà des formes, des mouvements et des couleurs, appréciait également la bonne chère, la musique et les bons mots.
Lien : http://colimasson.over-blog...
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Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
colimassoncolimasson   10 juin 2012
Haro ! Haro !! Haro !!! sus aux censeurs.
Je n’estime guère le bourgeois censeur moralisant ni sa logique rabique ventrue alimentée de rancœur, morale indigeste de râble d’estomac, intestinale morale de bourses et de culottes, morale inélégante, anti-galante, morale vicieuse et de fiel composée. Morale servile cuisinée, faisandée poulardée de vieux puceau de Virginie, morale de conseillers déchaussés, en mauvaise odeur de sainteté. Morale « Baelsamique » et morose, morale enragée de cafard macéré au cerveau de fœtus poissonneux, morale indiscrète, espionne, bavarde, cachottière, aiguiseuse, allumeuse, éveilleuse de mauvais sentiments. Excitante, outrageante. Morale sans quartier blasonnée de gueules de douairières dépitées. Morale désuète de juge rouge, d’inquisiteur-rôtisseur traînant en laisse jolie diablesse bien fessée, ou tirant gentiment un pauvre diable par la queue. Morale médicastrée de vivisecteur à moelle de ouistiti, morale d’arpenteurs désaxés reluquant points de vue insoupçonnés, morale d’architecte cubiforme aux gueules branlantes, aux derrières croulants mal bétonnés. Morale de roquet gâteux maculant fleurette rose, morale lunettée convexe ou concave de lunatiques microscopés, morale immorale.
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colimassoncolimasson   23 juin 2012
« Ensor écrit assez volontiers. On sait que la plume est entre ses mains une arme –certes contournée, fantasque, chimérique- mais qu’elle est toutefois aiguë et pointée comme un couteau et qu’elle blesse souvent. […] Sa phrase est surabondante d’adjectifs pittoresques et cocasses, de substantifs soudains et inventés ; elle est folle, amusante, superlificoquentieuse ; elle écume et bouillonne ; elle monte et s’écroule en cataracte. Lorsqu’une bouteille d’ardent champagne se débouche et que le fourmillement des bulles gazeuses s’élève myriadaire et pétille vers le goulot pour se répandre et se résoudre en mousse, je songe au style fermenté de James Ensor. »

Emile Verhaeren
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colimassoncolimasson   17 juin 2012
Les jeunes m’offraient en guise de chique un bout de leurs tresses parfumées, les mûres en pies-grièches roublardes, m’enlevaient toujours quelques plumes, les plus âgées m’apportaient les brodequins légers de leur jeunesse, me régalaient de flans succulents, de tourtes crémeuses confectionnées avec amour, de macarons fondants, de soupirs de nonnes, de délices de Turquie, de barbes de capucins, de confitures et de dragées, de poires tapées et de pommes cuites, le tout arrosé d’une larme de Saint-Marceau. Une dame gracieuse m’offrit à Noël, un gâteau prodigieux œuvré par des angelets marmitons, angelets chers aux vieux peintres des pays plats, gâteau pétri par Sainte-Farine, délice de Saint-Chrême, purée de Sainte-Galette, chef-d’œuvre de Saint-Honoré, beurré par Sainte-Margarine, sucré par Sainte-Sucrine.
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colimassoncolimasson   18 juin 2012
Les vieux parlent, chantent, rien, frémissent, ils aiment surtout et mieux que vous. Mais les jeunes se dérobent toujours en quête de conquêtes, histoire de dresser ou re-dresser les signaux de vitalité, faire de leur Jan, casser les vitres des pucelles à Bruxelles, hurler aux lunes nouvelles et quand ils galopent tels poulains éperdus ou veaux déchaînés, enragés, leurs dirigeants coqs-vainqueurs les mènent paître aux champs clos des batailles, des bagarres et des dévastations, et c’est là surtout qu’on apprend à les connaître, à les admirer, mais la guerre point n’en faut.
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colimassoncolimasson   20 juin 2012
Vous ne construisez plus à l’heure actuelle des maisons à grenier. Quel dommage ! On trouvait de tout dans ces greniers. On y découvrait du passé émouvant, des œuvres d’art, des choses pleines d’imprévu et de mystère, tout le folklore reflétant la sensibilité de nos pères. Pourquoi avoir supprimé les greniers qui recélaient des trésors et où je me souviens d’avoir passé des heures de mon enfance émerveillée. Architectes à bas les griffes. Ne touchez plus aux greniers d’abondance de nos grands-parents.
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