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EAN : 9782072834585
184 pages
Éditeur : Gallimard (04/04/2019)

Note moyenne : 3.57/5 (sur 43 notes)
Résumé :
« Depuis la mer, on dirait tout juste une ville. Un rivage étendu de maisons blanches qui écarte les bras pour tenter d’attraper ce qu’il peut de l’océan.
Le corps atrophié, à peine ancré à la terre, Cherbourg convoite l’horizon et la mer de ses deux membres immenses, deux digues de pierre élancées au milieu des flots. »

« Rade de Cherbourg, été 2012 » . Une étrange explosion emporte une partie de la digue. Elle pourrait être liée à la démoli... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (19) Voir plus Ajouter une critique
gill
  13 mai 2019
J'ai bien entendu certains esprits goguenards, parfois obligeamment moqueurs, prétendre qu'à chaque petit-déjeûner, avant même d'avoir ouvert un deuxième oeil, je ne me nourrissais exclusivement que de papier jauni et de vieux livres poussiéreux.
Que Dieu me savonne, et que Gutenberg me pardonne !
Me voilà presque sorti de ma zone de confort ...
"Cherbourg" vient de paraître.
C'est un premier roman sorti tout droit de la plume de Charles Daubas.
C'est un bel instant de lecture, un captivant roman policier.
C'est un livre au style fluide et maîtrisé.
Mais qui est donc ce Charles Daubas ?
Ne serait-il pas un peu sorcier cet horsain pour avoir si finement su capter l'atmosphère, le fond de l'âme de Cherbourg, cette ville endormie, coincée entre l'atome, son arsenal et l'indifférence de ses habitants.
Le décor, les personnages, et même une conversation sont portés par de courtes et splendides descriptions, descriptions d'ailleurs précises par instants, imagées à d'autres.
Le décor, s'il n'est peint qu'en demi-teinte, l'est assez pour être palpable et authentique.
Mais jamais trop pour nuire au récit, ni à l'épaisseur des personnages.
Charles Daubas réussit là un véritable exercice de belle écriture.
Le suspens est habilement entretenu dans un récit qui avance pas à pas au fil de l'enquête de l'attachante Frédérique.
Un premier mystère installe le malaise.
Les débris d'un immeuble détruit sont retrouvés flottant à l'entrée de la rade.
Quelques semaines plus tard, une analyse indépendante de l'ACRO révèle des taux anormalement élevés de tritium dans la baie d'Ecalgrain.
Un second mystère vient plus solidement encore ancrer l'intérêt du lecteur au récit.
Un gosse dit avoir vu une explosion ...
Que Dieu me savonne, et que mon bouquiniste me pardonne !
"Cherbourg" est un excellent roman policier d'atmosphère ...
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lecassin
  24 mai 2019
Un petit matin brumeux, un train qui fonce dans le petit jour… destination : Cherbourg
En mains, le premier roman de Charles Daubas : "Cherbourg", justement… une coïncidence ? Pas vraiment… Une lecture de voyage à propos, en route vers mon Cotentin natal.
Cherbourg qu'on nomme depuis peu Cherbourg en Cotentin depuis qu'on s'est rendu compte que le Cotentin pouvait être vendeur.
Le Cotentin : ses côtes si différentes de l'ouest, l'austère, à l'est la généreuse et maraichère ; ses vaches et leur lait, le beurre, la crème ; ses pommes et son cidre, brut parmi les bruts ; Cherbourg
Cherbourg et sa rade. Cherbourg et son port. Cherbourg et son arsenal de la Marine... L'arsenal qui emploie bon nombre d'habitants aux alentours…
Cherbourg et le quartier des Provinces… La ZUP dans mon jeune temps… Une série de barres construites dans les années 60 : exode rural et baby boum…
Boum, justement ! le quartier sera détruit… Bizarre : on retrouve des blocs de béton issus du chantier flottant dans la rade …
Re-boum ! Une partie de la digue de Querqueville près de laquelle les bétons flottants sont stockés s'est volatilisée ou, plus exactement, a disparu dans les flots… Un adolescent, Jérémy a tout vu, il témoigne, Frédérique enquête… et Paul Bilebart à disparu dans l'explosion…

"Cherbourg", un petit bouquin où l'arsenal tient une grande place, comme dans Cherbourg, la ville…
Un petit bouquin pour lequel l'auteur s'est bien documenté : l'arsenal de la Marine, l'élevage de saumons…
Un petit bouquin ou le Cotentin est plutôt bien vu. On nous parle de la pluie. Certes, il pleut à Cherbourg (la ville) mais moins fort que dans Cherbourg (le livre) et plus longtemps : le fameux crachin qui tombe à l'horizontale, porté par le vent ; étrangement absent (ou peu présent) le vent…
Un petit bouquin où les gens d'ici comme aurait dit Gilles Perrault sont plutôt bien rendus, dans leur discrétion, voire leur détachement : "Daniel voudrait bien savoir ce qu'elle cherche exactement. Mais il ne demande rien".
Quelques bizarreries, néanmoins : Cherbourg au bord de l'océan (page 128 !?), on produit l'acier 100HLES des coques de sous-marins à l'arsenal...
Bref, une agréable lecture de voyage : une enquête bien menée à la conclusion surprenante ; une deuxième vite refermée qui nous laisse un peu sur notre faim ; une histoire annexe bien dans l'air du temps, mais pas indispensable… le style est vif, la lecture facile, sur la route de Normandie.
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alexb27
  07 mai 2019
Un roman étonnant par son cheminement qui nous emmène dans une direction pour mieux nous perdre et envoûtant par son atmosphère (très maritime) avec la rade de Cherbourg pour héroïne. Des questions jalonnent le récit, questions aux réponses parfois surprenantes : pourquoi la rade s’est effondrée ? Pourquoi une classification secret défense de cet effondrement ? Où est passé Paul, présent au moment de l’écroulement ? Le texte donne également une mine d’informations sur la radioactivité et sa fin est totalement inattendue. Un auteur à suivre.
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Litteraflure
  12 juillet 2019
En nommant son roman Cherbourg, Charles Daubas a placé la barre très haut. Pourquoi ? Parce qu'on s'attend à lire un Total Khéops made in Cotentin. Or, ce que Jean-Claude Izzo avait magistralement réussi avec l'histoire de Fabio Montale, Charles Daubas ne fait que l'effleurer avec son thriller sur la rade. D'où une légère frustration. J'aurais aimé en savoir plus sur cette ville portuaire que le secret défense et le mauvais temps isolent du monde, à l'exception notable d'une comédie musicale que nos petits-enfants ne verront jamais. Il y a quelques réussites, cependant. Charles Daubas parvient à nous inculquer une angoisse diffuse, un sentiment de malaise où vient se nicher idéalement le mystère sur lequel enquête la commissaire, Frédérique, personnage atypique et attachant. À Cherbourg, la résignation peut vite se transformer en cynisme. le danger est omniprésent, monstrueux parce qu'invisible. Chez les militaires, les exploitants de la centrale nucléaire, parmi les ouvriers des chantiers, dans les filets des pêcheurs. Et partout, on étouffe la menace. Qu'est-ce qui peut conduire une population entière à dissimuler une cause vicieuse de mortalité ? Il faut que l'attachement à la terre (à la mer) soit viscéral pour lui pardonner de vous empoisonner. On touche à l'aveuglement et au masochisme collectif. Même si la symbolique est parfois trop voyante, j'ai aussi trouvé intéressant le thème du refus de l'enfant. Une façon de dire que certains ont ouvert les yeux ou, a contrario, et c'est déprimant, que la résignation dont je parlais plus haut conduit au renoncement. Un bon premier roman donc, et un auteur qui mérite d'être attentivement suivi.
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Commenter  J’apprécie          220
tynn
  21 mai 2019
Une lecture choisie pour le titre, en curiosité associée à une ville que je connais, m'interrogeant, amusée, sur le décor d'un roman dans ce coin tranquille (et pas très glamour, il fait bien le dire), du Cotentin.
C'est un singulier mélange de policier et d'uchronie écologique que nous offre Charles Daubas, dans une atmosphère toute aussi déroutante
Il décrit une ville un peu triste, indifférente à des phénomènes géologiques étranges, des disparitions de personnes, la chape de plomb mise par l'armée sur une affaire policière qu'une jeune policière refuse de lâcher. Et avec tout cela s'invite un très gros et très résistant saumon...
il convient de rappeler que la région est hautement concernée par le nucléaire, et qu'elle fournit nombre d'emplois dédiés.
On adhère ou pas au discours militant un peu simpliste dans le genre complot du silence/écolo/Greenpeace/antinucléaire/antimilitaire. C'est dans l'air du temps et même en littérature, ça peut être vendeur. L'auteur évite des clichés trop grossiers et un manichéisme de base mais nage en eaux troubles du genre « tous pourris ». Son propos un peu condescendant reste soft comme l'est sa narration serrée et efficace, sans affect appuyé.
Un livre étrange et peu empathique, qui n'a pas provoqué de radiations de plaisir dans mes neurones de lectrice. Pas loin de l'avoir trouvé carrément brumeux, ce qui colle bien à la météo cherbourgeoise.
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critiques presse (1)
LeMonde   29 avril 2019
Premier roman de pleine maîtrise. Je ne vais pas vous le raconter, c’est comme un thriller, et vous ne devez pas ­savoir le mot de la fin avant la fin.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
lecassinlecassin   21 mai 2019
Sur l'enclos flottant, les hommes ont arrêté de travailler. Dans les caisses, certains poissons frétillent encore. Les hommes sont debout, tournés vers l'ouest, comme les tournesols du soir. Aucun ne parle. Ils contemplent la digue et, tout autour, la poussière qui retombe lentement sur l'eau calme.
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lecassinlecassin   24 mai 2019
Pendant les vacances, le temps s'inverse. La semaine devient une amie, et le Week-end une corvée. L'écoulement habituel du temps se transforme en son double négatif.
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gillgill   11 mai 2019
Le corps atrophié, à peine ancré à la terre, Cherbourg convoite l'horizon et la mer de ses deux membres immenses, deux digues de pierre élancées au milieu des flots ...
Commenter  J’apprécie          152
lecassinlecassin   24 mai 2019
Le secret défense [...]la ville s'endort avec puis le retrouve au matin, déjà à ses petites affaires. Elle le laisse s'infiltrer partout, dans chaque jointure de son quotidien. Et puis, quand ça déborde un peu trop, quand viennent les bobards officiels, elle laisse dire. Comme la bonne épouse acquiesce aux explications du mari volage. Sans trop y croire. Juste parce que la vérité, c'est parfois trop d'emmerdes.
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gillgill   08 mai 2019
Le temps n'est pas beau. Le vent ramène jusqu'ici l'humidité du large ...
Commenter  J’apprécie          170

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