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EAN : 9782226438867
336 pages
Éditeur : Albin Michel (30/10/2019)

Note moyenne : 3.24/5 (sur 35 notes)
Résumé :
Sarah Court : complexe d’habitation sans âme construit à la hâte au nord de Niagara Falls, où les vies se font et se défont et où les résidents se révèlent dans toute leur stupéfiante horreur. Un batelier à jamais hanté par une malédiction familiale repêche dans les eaux noires ceux qui s’y noient ; un cascadeur au corps brisé à force de courir après le danger ; un neurochirurgien alcoolique en disgrâce ; un boxeur raté sur la pente de l’autodestruction dont le fils... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (29) Voir plus Ajouter une critique
Kirzy
  04 décembre 2019

Clairement, ce roman ne plaira pas à tout le monde, trop sombre, terriblement sombre, d'une noirceur terrifiante qui ferait passer un roman noir classique pour un feel good !
Ce lotissement de Sarah Court, Ontario, à quelques encablures des Niagara falls, a l'air banal de l'extérieur, des pavillons, des écureuils, mais derrière la façade, il n'est peuplé que d'êtres brisés, de familles dysfonctionnelles, des pères ( surtout ), des mères, des fils, des filles qui interagissent dans la souffrance et la violence : un batelier chargé de repêcher les noyés au pied des fameuses chutes et son fils cascadeur dont chaque acte de bravade ressemble à un suicide ; un neurochirurgien alcoolique et son fils boxeur raté, lui-même père d'un enfant obèse victime de harcèlement et qui se rêve vampire ou momie ; un mec qui est passé à côté de sa vie et transforme sa fille en petit boeuf haltérophile jusqu'à ...
C'est très impressionnant comment l'auteur cogne sur le société nord-américaine, comment il gratte jusqu'au sang le vernis des apparences. le thème n'est pas neuf, il a été moultes fois abordés l'horreur domestiques a rarement été aussi glaçante sous les mots d'un auteur.
La construction est implacable : 5 chapitres comme des nouvelles connectées, les deux premières assez courtes et presque banales, puis une montée en puissante qui tient en haleine le lecteur. Chaque mot compte pour une écriture qui tient presque plus de la mise en scène que de la narration, saccadée, visuelle, qui dit tout très vite pour donner une vision d'ensemble large spectre.
«  C'est douloureux de priver ma fille de sa rage. Ça me fait mal qu'elle ne puisse pas me la crier au visage, diriger le canon froid et acéré de sa haine contre moi. Et faire fondre la chair sur mes os. C'est là la source de ma plus profonde frustration. Parce que n'importe qui peut devenir père, pas vrai ? La moitié de l'espèce humaine. Il suffit de trouver une femme et de lui dire que vous l'aimez. La paternité suivra. Et pourtant rien n'est si simple. IL est vrai que j'aime ma fille, mais ceci est tout aussi vrai : l'amour est une maladie. Une sorte d'agent pathogène qui existe en dehors de toute logique.
Une obscurité bizarre traverse la fenêtre – un trou sinistre s'ouvre au centre du soleil – alors que des gouttelettes, telles des billes d'argent, frappent ma peau. Aucun bruit. L'eau. le battement de mon coeur. Et ce sinistre trou qui s'élargie au milieu du soleil. »
L'humour ( très noir forcément, loin du consensuel ) permet de reprendre son souffle, d'autant qu'il provient directement des personnages qui tournent en dérision les situations terribles qu'ils subissent. Ce tragique mêlé à du grotesque est très réussi. Et c'est là que l'auteur brouille encore les pistes en y ajoutant une pincée de surnaturel voire de bizarre avec un «  démon » dans une boîte de magicien qui se balade dans tout le roman et semble être le narrateur du prologue et de l'épilogue. Je n'ai pas tout saisi, mais cela ravive le trouble du lecteur face à cette furia qui explore les âmes jusqu'à l'os.
Au final, il ne m'a manqué que de ressentir un peu d'émotion, seule peut-être la jeune Abigail a fait vibrer en moi quelque chose de sensible, surtout avec le splendide épilogue qui clôt ce roman impressionnant et très dérangeant.
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marina53
  06 février 2020
Bienvenue à Sarah Court, petit quartier résidentiel de St Catharines, au nord de Niagara Falls... Dans ce lotissement morne, quelques maisons pavillonnaires toutes scrupuleusement identiques. Parmi elles, cinq familles. Cinq destins plus ou moins liés. Un batelier qui repêche dans les eaux noires ceux qui s'y noient, son fils cascadeur qui repousse sans cesse ses limites. Un neuro-chirurgien renommé mais alcoolique aujourd'hui en disgrâce. Son fils, un boxeur raté dont le propre fils, en surpoids, doit faire face aux harcèlements subis. Une jeune femme adepte du vol à l'étalage. Une Mama qui a recueilli de nombreux enfants...
Divisé en cinq parties, ce roman choral dresse un portrait sans fard, sombre et peu reluisant des habitants de Sarah Court. L'on y croise des personnes bizarres, peu recommandables parfois, mais aussi touchantes. L'on assiste à des scènes improbables, de haut vol ou encore ridicules. Si les cinq parties bien distinctes ne semblent avoir que peu de lien entre elles, elles sont, au final, inter-connectées. En effet, les personnages déjà rencontrés resurgissent dans un autre chapitre et le dénouement d'une histoire se retrouve dans le récit d'une autre. Dans ce sens, Craig Davidson nous offre un roman pour le moins singulier et d'une maîtrise totale, aussi bien sur le fond que sur la forme. Déconcertant mais finalement captivant. Une peinture un brin amère et cynique d'une société désabusée...
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Crossroads
  11 novembre 2019
Merci à Babelio et aux éditions Albin Michel pour l'envoi de ces épreuves non corrigées.
Après lecture, le contraste entre une couverture presque immaculée et la noirceur qui habite ce roman est plutôt saisissant.
Si l'envie me prenait de vouloir investir au pays voisin du guignol, ascendant twittos, ce ne serait certainement pas à Sarah Court que je poserai mes valoches.
Petit lotissement sans charme, tout le monde se connaît.
Le problème, c'est justement que tout le monde se connaît.
Et le moins qu'on puisse dire, c'est l'empressement plus que modéré qui m'habiterait à vouloir lancer la délicieuse et folâtre fête des voisins annuelle.
Le ressenti est mitigé, on va pas se mentir, pas de ça entre nous.
Si j'ai apprécié le découpage et l'entièreté des portraits atypiques ici présentés, j'ai failli dévisser maintes fois, la faute à un vilain manque de rythme et de liant, ultime et récidivant occupant de cette communauté inaccoutumée broyée par la vie.
L'écriture de Craig Davidson souffle le chaud et le froid, possible caractéristique géographique canadienne au grand écart thermique aussi prononcé qu'une jolie surprise acnéique sur le visage boutonneux d'un ado pré-pubère alors au sommet de sa joie de vivre coutumière.
Là encore, si les portraits présentent tous un intérêt évident, certains auront l'attrait hypnotique d'un unijambiste s'essayant au grand écart facial sur l'air prémonitoire de casse-noisette alors que d'autres se liront plaisamment, sans plus d'excitation que ça.
Bref, les bonnes âmes de Sarah Court aura eu l'effet irritant d'une clim' déréglée.
Joie profonde alternant avec torpeur passagère, pas vraiment la météo escomptée en cette saison de grisaille persistante.
Ce qui ne m'empêchera pas, en toute contradiction assumée, de retenter ma chance avec Little Heaven, incessamment sous peu.
Le jeudi en 15, pour être précis...
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nadiouchka
  02 novembre 2019

#Rentrée littéraire 2019
Pour Craig Davidson, né à Toronto, qui était déjà bien connu, cette fois, c'est son second livre auquel nous avons droit : « Les bonnes âmes de Sarah Court », après « De rouille et d'os » qui avait été adapté au cinéma par Jacques Audiard.
On sait de l'auteur, qu'il a également publié sous des pseudonymes (pour des romans d'horreur), comme Patrick Lestewka et Nick Cutter…. Tiens, tiens, ça me dit quelque chose...
Par la construction de l'ouvrage, cela ressemble à des nouvelles :
Outre le Prologue, on trouve plusieurs chapitres :
* Eau noire – Batelier, père et fils,
* Poudre noire – Poussière d'étoiles,
* Boîte noire – le donneur d'organes,
* Carte noire – Nosferatu, mon fils,
* Tache noire – Les tuyaux.
Donc, du noir, du noir et du noir. ❤
Ayant reçu des « épreuves non corrigées » (ce que j'ignorais), il se peut que certains éléments aient été changés ou améliorés et, de plus, je n'indiquerai pas les pages de citations (si j'en prends exemple ou alors elles risquent d'être erronées).
Ici, nous nous trouvons à Sarah Court, un village au nord du Niagara – un village bien triste dans l'Ontario. S'il est désigné comme « morne » sur la fiche du livre, il se passe pas mal de choses tout de même : « Sarah Court : un lotissement circulaire érigé par la Mountainside Holdings Corporation. Des maisons toutes scrupuleusement identiques et construites à la va-comme-je-te-pousse. (…) Nous sommes dans une petite ville à vingt minutes au nord de Niagara Falls. (…) Une petite ville qui s'étend le long du lac Ontario. » (p.8) « Alors, venez, laissez-vous convier par les bonnes âmes de Sarah Court. Et de garde, apprenez à les connaître. » (p.14)
Le décor est gris et il s'agit de cinq familles dans cinq maisons. On rencontre aussi bon nombre d'écureuils qui envahissent carrément le territoire. On peut dire que les personnages se connaissent, certes puisqu'ils sont si peu nombreux - mais la solitude est là, malgré tout.
LA question que soulève Craig Davidson, est  : « Peut-on jamais connaître vraiment ses voisins ? Et sa propre famille ? ». Il le fait entre horreur et humour noir, et c'est là sa réussite.
Avec ces chapitres racontés chacun pour un sujet différent, on voit tout de même que les fils (qui ne semblaient pas conducteurs), arrivent finalement à se rencontrer, à un certain moment.
Ce qui peut ressembler à un puzzle à assembler, parvient finalement à se constituer.
On trouve des personnages forts, cabossés par la vie, soit physiquement, soit émotionnellement… et si vous lisez la quatrième de couverture, vous y verrez de quoi il est question et que je ne peux pas détailler. Je peux dire, par contre, que certains chapitres sont émouvants – que d'autres sont comiques – que l'on trouve de l'horreur, mais comme l'humour noir de Craig Davidson est bien présent, ça passe. ❤
Je vais simplement conclure par ces quelques phrases relevées : « Craig Davidson brouille les frontières entre comédie et horreur, cruauté et compassion. Ne cherchez pas le réconfort dans ses livres, car ils sont toujours exigeants et profondément dérangeants. » (Chuk Palahnuk) – Bel hommage, n'est-ce pas ?
Je remercie #Babelio pour cette Masse Critique Privilégiée qui m'a fait connaître #CraigDavidson avec ce livre #Les Bonnes Âmes de Sarah Court et merci aux Éditions #AlbinMichel qui ont participé à l'envoi.
❤❤❤❤❤
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greg320i
  30 octobre 2019
De bons débuts d'auteur pour un joli travail de fond;
il va de soi que l'écrivain promet et que l'on en entendra parler encore dans les années qui suit.
Mais tout d'abord,, je remercie l'équipe de Babelio pour cette spéciale opération-super privilège- à l'envoi de ce roman.
Assurément le joli coup de pouce donné pour ajouter plus d'ampleur à sa renommé débutante. Que certains qualifierons déjà déroutante !
Quand au résultat , ;
Et bien ma foi, il est à mi chemin entre suivi familial et perception des ressentiments de chacun au coeur de ce drame.
de la gloire, de l'émotion,du coeur, oui, messieurs-dames.
Et la passion et les sentiments ne mentent jamais, c'est vrai ,,comme disent les stars interviewées ,
OUI, mais ..pas seulement ! (heureusement,,)
Car là où l'ambition,l'amour et le danger côtoie le quotidien de chacun des protagonistes , le petit "+" qui fait la différence entre une romance à l'eau de rose et ce brillant roman mâtiné d'humour est le recours à un style plus bref, direct, mùm: 'percutant' comme disent les boxeurs..
L'honneur et l'audace aussi de mêler plusieurs histoires en une, sorte de mixage inédit qui font se rencontrer les personnages.

Mon avis: Par delà les pages de ce roman, se trouve un univers fantastique et merveilleux, parfois riche et glorieux, tantôt déstabilisant et nous dirons 'déroutant' ..comme disent les coureurs cyclistes valdinguant ;
Dans ce décor, bâti par un auteur talentueux , la prise est immédiate : attention haute tension !
(trop tard pour donner ce conseil à Clo-Clo qui était vraisemblablement meilleur chanteur-danseur-chorégraphe et seigneur de l'autographe que simple électricien dans sa salle de bain,,)

Bref,je disais donc:
Allant à nous éblouir avec tant d'humanité , que la prise est immédiate dans le titre même donné : " Les bonnes âmes ".. de Sarah Court .
C'eut-pu être d'ailleurs Dallas ou Côte Ouest ,que le résultat n'en serait pas en reste : l'important réside
dans ces fabuleuses découvres de secrets,
où l'on pénètre avec stupeur -mais envies- l'humeur de chaque personnages présent ici.
Déplorez les méfaits subis des protagonistes,
aimez ou détester l' opportuniste et l'arriviste ;
mais surtout Vivez avec un grand "V" de victoire cette histoire qui découle comme l'eau des torrents :
Voluptueuse, impérieuse & impétueuse comme nous le proclame le poète,, euh surement ^^
AU final : Ô ,Souvenir mémorable,tant pour le procédé de construction : chapitres court pour nous tenir haleine
que pour le feu de la passion qui nous réchauffera de son contexte parfois froid comme la givre d'un hiver éternel. Mais tantôt chaud et beau comme la douceur d'une soirée en plein été.
En un mot :Superbe.
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critiques presse (1)
LeMonde   16 décembre 2019
L’écrivain canadien raconte avec une superbe humanité les esquintés de St. Catharines, une ville industrielle près des chutes du Niagara.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (36) Voir plus Ajouter une citation
Gwen21Gwen21   24 novembre 2019
Le bar est entouré d'une clôture en fer forgé. Des filles trop jeunes pour y entrer selon la loi sont assises en terrasse devant un pichet rempli d'un cocktail vert fluorescent qui ressemble à du liquide de refroidissement. A l'intérieur, le silence règne au point qu'on entend le glouglou des tristesses qui se noient. On dirait que les visages de cette assemblée de poivrots ont été façonnées à partir d'un étain de catégorie bidonville. Tavelé, jauni, privé de cette dignité dont jouit la chair dépouillant les hommes de leur substance. Mais qu'on me troue le cul si je n'y suis pas à ma place.
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marina53marina53   06 février 2020
Certaines créatures vivent à la manière des étoiles : une vive et puissante combustion qui réduit en cendres les êtres qu'ils côtoient, mais aussi et surtout eux-mêmes. Leurs vies sont des brasiers au cœur desquels ils trouvent leur bonheur. Ils se consument à petit feu jusqu'à ce qu'il ne reste que le désir des flammes.
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marina53marina53   06 février 2020
Vous, les vivants, êtes tellement pétris de défauts. Le pire d'entre eux est de chercher constamment à être heureux. Le bonheur est meilleur quand il se vit à petites doses et ne dure pas trop longtemps. Exiger davantage confine à la folie.
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marina53marina53   07 février 2020
"Ça fait terriblement mal de ne pouvoir le sauver, ni le protéger, ni le mettre hors de danger ou le préserver de la douleur. À quoi sert un père si ce n'est à cela ?"
Thomas Lynch, "The way we are"
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marina53marina53   09 février 2020
Quelle connaissance intime de nous-mêmes avons-nous ? Posons-nous la question. Nous affichons un portrait idéalisé et prions pour que personne ne nous demande d'explications. Nous traversons la vie en faisant l'impasse sur les aspects de notre nature avec lesquels nous ne voulons pas composer. Nous mourons complètement étrangers à nous-mêmes.
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