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EAN : 9782253015758
510 pages
Le Livre de Poche (30/11/-1)
4.22/5   65 notes
Résumé :
Angela Davis, trente ans. Une héroïne, un symbole, une femme.
Une héroïne. Petite fille noire de Birmingham, Alabama, Angela Davis s'est lancée très. tôt dans la lutte politique, avant d'entrer au parti communiste puis de se joindre aux Frères de Soledad. Plusieurs fois menacée de mort, inscrite sur la liste de recherches du F.B.I. parmi les dix criminels les plus dangereux, elle a été arrêtée, emprisonnée à New York. Son procès, en Californie, a connu un ret... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
Autobiographie est un livre émouvant et truffé d'événements, à nous faire courir sur les pages de l'histoire d'une Amérique des années 60-70 en proie au maccarthysme! On voudrait s'arrêter un moment, et souffler un peu! Quelle femme! Quelle poigne! Quelle audace, quelle ténacité! En Angela Davis, s'incarne trois défauts qui s'apparentent presque à un délit que la société américaine de l'époque ne pouvait tolérer. Premièrement le fait qu'elle appartienne à la race opprimée étant noire, en plus, elle est femme, celle qui n'a pas froid aux yeux de lever effrontément sa tête et de dire tout haut ce que même les hommes n'osaient pas dire, enfin son dernier crime est de s'être engagée comme communiste, ça a en fait trop pour celle qui va devenir la femme la plus dangereuse et la plus recherchée, à son époque, par la FBI.
Un livre très touchant qui nous révèle la nature d'icone scrupuleusement méritée d'Angela Davis! ! Bien que les faits soient relatés avec un rythme alerte, elle nous livre son combat contre l'injustice, et ses combats contre le racisme, le mauvais traitement des ouvriers, la limitation du rôle de la femme dans les prises de décision, la liberté de penser, avec une intimité saisissante!
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Angela Davis rédige cette autobiographie alors qu'elle n'a que vingt-huit ans et celle-ci est publiée en 1974. Elle cumule alors trois handicaps majeurs aux Etats-Unis à cette époque : elle est une femme, elle est noire, elle est communiste !
Née en 1944 et élevée à Birmingham, en Alabama (où elle connaissait les quatre filles tuées dans l'attentat à la bombe de 1963), elle a obtenu un diplôme à Brandeis et un doctorat en philosophie de l'Université Humboldt de Berlin. Elle s'est fait connaître en 1969 lorsque, sur l'instigation du gouverneur de Californie de l'époque, Ronald Reagan, l'université UCLA l'a renvoyée pour son appartenance au Parti communiste. Elle était alors chargée de cours au département de philosophie.
C'est son parcours qui est relaté dans ce texte, révélant comment progressivement cette femme a développé une conscience politique et une envie de faire changer les choses.
Tout « éclate » en 1970 : Jonathan Jackson prit cinq otages dans le tribunal du comté de Marin dans une tentative de libérer son frère, l'un des trois détenus connus sous le nom de Soledad Brothers, accusés de la mort d'un gardien de prison en Californie. Au cours de l'émeute qui s'ensuivit, quatre personnes furent tuées, dont Jackson et un juge. Angela Davis, qui dirigeait le comité de défense des Soledad Brothers, avait acheté les armes utilisées dans la tentative d'évasion. Les autorités l'ont accusée de meurtre, d'enlèvement et de complot. Elle s'est alors cachée mais a été capturée quelques mois plus tard. En attendant son procès, elle a été détenue pendant 14 mois sans caution.
Cette affaire l'a rendue célèbre. "Libérez Angela Davis" est devenu un cri de ralliement pour les jeunes de gauche. Des manifestations de soutien ont eu lieu et elle est devenue un sujet de chansons pour les Rolling Stones ou encore John Lennon et Yoko Ono.
En 1972, elle a été acquittée de toutes les charges, le jury concluant qu'elle n'avait aucune implication dans l'embuscade du tribunal. Ceci marque le début d'une tournée internationale de conférences et son implication dans de nombreuses causes politiques.
Elle critique fortement le système carcéral, détaille les problèmes psychologiques non traités ou surmédicamentés des détenus. Elle souligne les conditions inhumaines et la culture carcérale de se regrouper en "familles" pour un soutien mutuel. Quant à ses descriptions des relations homosexuelles derrière les murs de la prison, elle reconnaît aujourd'hui qu'elle "a adhéré de manière inconditionnelle à des préjugés homophobes", les replace dans leur contexte et explique son aveuglement à l'époque.
Soutenue par son éditrice Toni Morrison, Angela Davis nous livre un témoignage poignant certes sur une époque mais je trouve hélas que ce texte reste très actuel, notamment sur les préjugés et discriminations qui persistent presque 50 ans plus tard.
Une excellente lecture !
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Publiée dans la première moitié des années 1970, lorsque Angela Davis avait à peine 30 ans, cette Autobiographie est en réalité axée autour de sa cavale, de son incarcération préventive et de son procès – accusée de meurtre, de kidnapping et de conspiration – suite à une révolte carcérale survenue le 7 août 1970, alors que, encore libre, elle était activement impliquée dans un mouvement politique visant à obtenir la libération d'autres prisonniers politiques noirs que les révoltés, détenus dans une autre prison nommée Soledad. Il en découle, par-delà les péripéties judiciaires de l'auteure, un cadre assez précis du racisme systémique états-unien des années 60, caractérisé par l'usage absolument arbitraire de la violence par les forces répressives d'État (police, justice, prison) contre ce qui est appelé le « peuple » noir, y compris l'abus éhonté du recours à l'incarcération et la discrimination raciste dans le judiciaire à tous les niveaux, sur fond de la persistance du sexisme et d'un anticommunisme maccarthyste primaire, ainsi que de la possession généralisée des armes à feu et explosifs. Mais on bénéficie aussi d'une description approfondie des méthodes de conscientisation, de mobilisation et de lutte collective, à partir des campus et des réseaux antiracistes et/ou communistes, grâce à tous les instruments de pression imaginables, que l'auteure ainsi que ses comités de soutien ont pu mettre en oeuvre à l'époque, au niveau national et même international. En somme, la lecture de cet ouvrage m'a fait penser par moments à la célèbre autobiographie de Nelson Mandela, par moments à celle non moins connue de Trotski...

L'ouvrage, qui ne s'illustre pas par sa concision, s'articule en six parties auxquelles s'ajoute, dans la présente édition, une très précieuse Postface qui consiste en un « Entretien avec Angela Davis » par Gilles Martin et Daniel Zamora daté de 2013, dans lequel, avec une lucidité et une capacité d'analyse de l'actualité tout à fait remarquables, l'auteure âgée alors de presque 70 ans traite de l'ensemble de l'engagement politique depuis 1974, aux États-Unis et ailleurs, et de l'évolution des mouvements de lutte progressistes (antiracistes, antisexistes, anticapitalistes, environnementaux, par ex. :« Occupy », etc.) à l'époque de la disparition du bloc communiste et de l'hégémonie de l'idéologie néolibérale.
La première partie, « Les Filets », d'août à décembre 1970, narre de façon haletante sa cavale et son arrestation. La deuxième partie, « Les Rochers », retrace l'influence du racisme dans l'Alabama de son enfance. La troisième partie, « Les Eaux » entre septembre 1961 et septembre 1963, se concentre sur les études et le cursus universitaire de l'auteure, que l'éveil de sa conscience émancipée conduit en Europe – France, Finlande, Allemagne –, études d'abord en littérature française (influences de Sartre, de Jean Genet et des poètes du XIXe siècle), puis dans un doctorat en philosophie sous la direction de Herbert Marcuse (en contact avec les professeurs de l'École de Francfort). La quatrième partie, « Les Flammes », entre avril 1968 et le 7 août 1970, montre la genèse de l'engagement militant d'Angela Davis, notamment dans la cause du soutien aux détenus politiques noirs, tout en commençant à exercer une activité professionnelle d'enseignement universitaire constamment menacée par son identité de femme noire se déclarant ouvertement communiste. La cinquième partie, « Les Murs », du 22 décembre 1970 (le lendemain de son arrestation) au 25 février 1971, décrit avec minutie les détails de son expérience carcérale. Enfin la sixième partie, « Les Ponts », du 28 février au 4 juin, relate tout aussi minutieusement le déroulement de son procès, dont l'issue est incertaine – entre peine de mort et acquittement – jusqu'au dernier instant.
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Angela Davis fut une des militantes les plus connues des années 1970 : ses positions, jugées très radicales aux USA, concernant la paix au Vietnam, l'antiracisme, ou le féminisme ont fait d'elle une icône de la contestation dans le monde entier.
Dans cette autobiographie, elle raconte sa vie de militante de la communauté noire américaine, dans les années 1960. Elle est révoltée par le racisme qui sévit aux Etats-Unis à cette époque. Menant des études de philosophie, notamment en Allemagne et en France, elle s'engage rapidement dans l'action dès son retour aux USA. Elle participe, avec de plus en plus d'engagement, aux campagnes visant à la défense et à la libération des prisonniers noirs injustement accusés de meurtres (souvent des coups montés par la police et le FBI). Elle côtoie donc rapidement le milieu militant noir, mais elle refuse le racisme anti-blanc et la misogynie de certains groupes nationalistes. Elle se rapproche plutôt des Blacks Panthers, et des militants noirs du Parti Communiste des USA, qui comptent dans leurs rangs des hommes qui combattent eux aussi le machisme de nombre de leurs frères.
Du coup, parce que son discours et ses actions militantes dérangent, les milieux réactionnaires vont s'en prendre à elle (en voulant la renvoyer de son poste de professeur de philosophie à l'université de Californie). Elle va également subir la répression policière et les provocations du FBI. Après une fusillade dans un tribunal, auquel elle n'a pris aucune part, elle est accusée par la police et devient un ennemi public. Emprisonnée pendant près de 20 mois, elle sera finalement déclarée « non coupable ». Ses actions militantes, son emprisonnement (qui va soulever une campagne mondiale pour sa libération), et son procès, vont faire d'Angela Davis la militante la plus connue du PC Américain. Jusqu'à aujourd'hui, elle va utiliser sa notoriété pour se battre sans relâche contre la peine de mort dans les Etats d'Amérique, et pour la libération des prisonniers noirs victimes d'une machination de la police ou du FBI.
A noter que cette autobiographie va prochainement être ré-éditée. (Maison d'édition belge)
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D'après le titre, il s'agit bien d'une autobiographie ; cependant, à 30 ans, le chemin à parcourir, sauf cas extrême, peut représenter le double de celui déjà effectué (ce qui est le cas !). A l'instar de nombreuses personnes ayant subi un épisode de vie dramatique, elle a éprouvé le besoin de décharger son mental en s'adressant au grand nombre, partisans et opposants. Son récit s'articule en six parties (parfois surchargées de détails sans trop d'importance pour le lecteur), chacune représentant un épisode précis de son parcours d'alors. Son enfance ; ses études ; son engagement social et politique contre la ségrégation, puis au parti communiste ; son adhésion au mouvement des « Panthères Noires » ; son arrestation et son emprisonnement puis son procès ; et enfin, après sa libération en 1972, la reprise de la lutte.
Elle nait dans une famille aimante, de parents cultivés, favorables à l'émancipation de leurs filles, dont l'accès à l'enseignement supérieur. Née en 1944, elle grandit pendant le Maccarthisme et la chasse aux communistes. A Birmingham en Alabama, la communauté Noire subit radicalement la division ethnique. Les tentatives d'affranchissement sont réprimées par des incendies ou des assassinats. Dotée de bourses universitaires, elle se forgera de vastes connaissances culturelles philosophiques et politiques, en France et en Allemagne. Influencée par de grands maîtres, tels James Baldwin et Herbert Marcuse qui sera son directeur de thèse, elle étudiera le marxisme à Francfort, adhérera au PC et politisera son combat pour les droits civiques. Quand la lutte antiapartheid s'intensifie contre les positions conservatrices et racistes de Reagan et de Hoover, elle rejoint le groupe extrémiste des Panthères Noires. Accusée (à tort), de meurtre, de kidnapping et de conspiration après la prise d'otages en aout 1970 dans un tribunal (conté de Marin en Californie), emprisonnée, elle aura le soutient de nombreux intellectuels et politiques de nombreux pays. Son combat filtrera hors les murs. Femme d'une grande intelligence mise au service des causes à défendre (racisme, féminisme, peine de mort, paix au Vietnam, en Irak…), à l'énergie inépuisable, elle a acquis à travers le monde, une notoriété non usurpée.
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
« Il y avait les organisations culturelles nationalistes, qui parlaient d’une nouvelle culture, d’un nouveau système de valeurs, d’un nouveau style de vie pour le peuple noir. Il y avait les factions rigoureusement opposées aux blancs, qui pensaient que seule une mesure des plus draconiennes – l’élimination de tous les blancs – pouvait délivrer le peuple noir du racisme. D’autres voulaient simplement se séparer d’eux et fonder une Nation noire, distincte à l’intérieur des Etats-Unis. Et certains voulaient retourner en Afrique, la terre de nos ancêtres. Il y avait ceux qui pensaient que la tâche la plus urgente du mouvement était de développer l’esprit d’affrontement au sein du peuple noir. Ils voulaient provoquer des soulèvements de masse semblables aux révoltes de Watts et Detroit. Très proches d’eux, il y avait ceux qui nous enjoignaient de « prendre les fusils », mais ils semblaient rarement savoir ce qu’ils allaient obtenir avec. »
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Je décidai (...) de prendre le français comme matière principale. Cette année-là, je me plongeai totalement dans mon travail : Flaubert, Balzac, Rimbaud et les milliers de pages d'A la recherche du temps perdu, de Proust. Sartre m'intéressait toujours de façon aiguë – à chaque instant de loisir, je me plongeais dans son œuvre : La Nausée, Les Mains sales, Les Séquestrés d'Altona, ainsi que toutes ses autres pièces, anciennes ou récentes, et les romans inclus dans la série de Chemins de la Liberté. Je lus quelques-uns de ses essais philosophiques et politiques, et m'aventurai même dans L'Etre et le Néant. Puisque, d'une façon ou d'une autre, il fallait que je m'accommode de l'isolement du campus, je décidai d'en faire une utilisation constructive en passant le plus clair de mon temps dans la bibliothèque, ou cachée quelque part avec mes livres.

60 – [Le Livre de poche, n° 4898, p. 171]
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« Je découvris avec détresse que parmi certains leaders noirs, la tendance était d’abandonner complètement le marxisme comme étant « la chose de l’homme blanc ». J’avais depuis longtemps la certitude que, pour parvenir à ses buts ultimes, la lutte de libération des noirs aurait à s’insérer dans le mouvement révolutionnaire qui, lui, englobait tous les travailleurs. Il était aussi clair pour moi que ce mouvement devait se diriger vers le socialisme. Et je savais que les noirs – les travailleurs noirs – devaient avoir un rôle de leadership important dans la lutte finale. »
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"On nous mit des menottes, à Anna et à moi, et on nous poussa sur le siège arrière d'une voiture de police chauffée à blanc et garée dans la cour du complexe de la prison municipale. Les fenêtres étaient fermées, et nous découvrîmes qu'il n'y avait pas de poignées de portes intérieures. L'officier de police claqua les portières et s'éloigna. Quinze minutes passèrent, puis vingt. La chaleur était devenue absolument intolérable. La sueur coulait sur nos visages et nos vêtements étaient trempés. Nous cognions contre les fenêtres et hurlions. Personne ne vient."
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3. [extrait de la postface, 2013] : « Les discours sur le multiculturalisme et la diversité ont, la plupart du temps, adopté une logique assimilationniste qui cherche à modifier la race et le genre de certains acteurs dans de grandes institutions, à teinter ces institutions d'un peu de couleur, mais sans toucher aux structures qui les sous-tendent et qui profitent du racisme et du sexisme. Le féminisme assimilationniste n'a rien de nouveau – il y a un tas de versions du féminisme qui s'accommodent très bien du racisme et de l'exploitation de classe aux XIXe, XXe et XXIe siècles. Les féminismes hégémoniques – et entre parenthèses, ce terme est utilisé au moins depuis l'émergence d'un féminisme radical porté par les femmes de couleur – adoptent une logique qui rappelle la conception selon laquelle l'obtention des droits civiques serait la victoire ultime sur le racisme. » (p. 452)
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