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EAN : 9791030704341
160 pages
Au Diable Vauvert (06/05/2021)
4.11/5   27 notes
Résumé :
Comment et pourquoi plus de deux millions d'américains vivent en prison ? Comment les entreprises font-elles profit du système carcéral ? Quels sont les mécanismes qui criminalisent les communautés de couleur et désaffilient politiquement les électeurs des minorités ?
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Je découvre Angela Davis par le biais de ce court essai exceptionnel, La prison est-elle obsolète? Six chapitres, extrêmement bien documentés et illustrés d'exemples tirés du modèle américain, s'emploient à analyser ce qu'on appellera désormais un système carcéro-industriel. le propos de Davis est extrêmement clair, qu'il s'agisse de démontrer le lien entre esclavagisme et justice criminelle ou d'analyser la prison sous le prisme des violences sexuelles. C'est tout un système de société qui est en réalité passé au crible, qui a marié de manière inextricable crime et châtiment, au détriment des notions de réparation et de réinsertion. La question de la privatisation du système carcéral, devenu une manne de profits pour les capitalistes, est également évoquée. C'est profondément actuel, puissant, inspirant, révoltant.
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Dans cet ouvrage Angela Davis nous développe les liens entre esclavage et prison. En effet, l'incarcération comme sanction s'est développée après l'esclavage. Un larcin, par exemple, est devenu un crime. Ainsi la prison a beaucoup profité aux capitalistes blancs, car ils disposaient d'une main d'oeuvre pas cher dont ils n'avaient pas à se soucier en raison du système de louage.

Angela Davis s'attarde sur la question du genre et de la prison. Elle observe une continuité des violences exercées sur les noir.es, les latinos dans la société, et celles exercées en prison. de nombreuses alertes ont été faites, notamment par l'ONU qui dénonçait les agressions sexuelles et viols commis au sein des prisons de femmes.

Elle établit un lien entre le système militaro-industriel et carcéro-industriel. Ils sont liés l'un à l'autre au travers des armes, des systèmes de surveillance. En outre beaucoup de grandes entreprises ont intérêts à ce que les prisons restent pleines. Les prisons sont à la fois des sources de profit direct, lorsqu'elles sont gérées par des entreprises privées, mais également de profits indirects puisque l'État à recours à des entreprises privées, comme pour fournir de la nourriture.

Afin d'abolir la prison il faudrait mettre en place des institutions, des stratégies, qui auraient pour objectif de faire disparaître la prison de notre paysage idéologique et social. Il ne s'agit donc pas de trouver des substituts à la prison, comme l'assignation à résidence. Il faudrait donc réfléchir en amont à des stratégies pour éviter l'incarcération, comme revitaliser l'éducation, mettre en place d'un système de santé gratuit et accessible pour toustes, mettre en place d'une justice réparatrice ou restauratrice.
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Ce livre en six chapitres très bien documentés nous permet d'explorer le système carcéro-industriel aux États-Unis, qui pue clairement le racisme et le sexisme (entre autres).
Cet essai est absolument essentiel pour déconstruire notre vision de la prison et du système carcéral dans sa globalité.
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La prison est-elle obsolète est un essai très intéressant qui pousse à la remise en question du système carceral des Etats-Unis en particulier, mais questionne le sytème dans sa globalité. Notamment la place des femmes dans cette institution m'a beaucoup interpellé, mais surtout celles des femmes racisées, ainsi que les millions qu'engrange le système. A lire absolument !
Lien : https://sorbetkiwi.wordpress..
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
Il est extrêmement troublant de penser que certaines de nos régions urbaines modernes et industrialisées sont le fruit de travaux forcés dans le cadre d’un système raciste de servitude pénal dont les conditions sont souvent décrites par les historiens comme pires que l’esclavage. […] L’un des nombreux subterfuges du racisme consiste à gommer la contribution des peuples de couleur à l’histoire. Nous avons ici à faire un système pénal qui était raciste sous bien des aspects –arrestation, condamnation, conditions de travail et modes de châtiment tous discriminatoires –, doublé d’un effacement délibéré du rôle majeur joué par les condamnés noirs.
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Pourquoi la prise de conscience de l'omniprésence des abus sexuels dans les prisons pour femmes constitue-t-elle un élément important de la critique radicale du système carcéral, notamment dans le cadre du projet abolitionniste ? Parce que les opposants à la prison en tant que norme punitive ne peuvent ignorer à quel point l'institution carcérale a accumulé des concepts et des pratiques qui, bien qu'heureusement en voie d'extinction dans la société au sens large, jouissent encore d'une vitalité effrayante derrière les murs de la prison.
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La société semble attendre tranquillement que les jeunes hommes - mais aussi de plus en plus de jeunes femmes - noirs, latinos, amérindiens et asiatico-américains soient naturellement transférés du monde libre vers la prison où ils auraient, paraît-il, leur juste place. Malgré les victoires importantes des mouvements antiracistes depuis la seconde moitié du XXe siècle, le racisme se cache au sein même de nos structures institutionnelles et son refuge le plus sûr est le système carcéral.
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Tel est le travail idéologique accompli par la prison : nous soustraire à la responsabilité qui est la nôtre de réfléchir sérieusement aux problèmes de notre société, notamment ceux liés au racisme et, de plus en plus, au capitalisme mondialisé.
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Juste après la guerre de Sécession, les Noirs (hommes et femmes) affranchis constituaient un gigantesque vivier de main-d'oeuvre à un moment où les propriétaires de plantation - et les industriels - ne pouvaient plus s'appuyer sur l'esclavage comme ils l'avaient fait par le passé. Cette main d'oeuvre a été rendue progressivement disponible aux acteurs du secteur privé grâce au louage carcéral, que nous avons déjà largement évoqué ici, et à d'autres systèmes comme le péonage.
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Vidéo de Angela Davis
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