AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

Christian Gauffre (Traducteur)Quincy Troupe (Collaborateur)
ISBN : 2856165338
Éditeur : Presses de la Renaissance (29/06/2007)

Note moyenne : 4.57/5 (sur 21 notes)
Résumé :
Miles Davis, musicien de légende issu de la bourgeoisie noire de Saint-Louis, raconte son parcours musical de plus de quarante ans, des clubs de Harlem et de la 52e Rue où il croise la route de Charlie Parker, Dizzy Gillespie, Thelonious Monk et bien d'autres, aux années électriques et à la fusion entre jazz, rock, pop et musique antillaise. Et c'est en toute franchise qu'il se confie sur les épreuves qui ont jalonné sa vie, ses problèmes d'alcool et de drogue, ses ... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
ImagoProduction
  29 mars 2020
"Écoutez. La plus grande émotion de ma vie - habillé s'entend - a été d'entendre pour la première fois Diz et Bird jouer ensemble à Saint Louis, Missouri, en 1944". C'est par ces quelques mots que Miles Dewey Davis de Alton, Illinois, commence sa biographie que le journaliste et poète Quincy Troupe a aidé à expulser.
Nous allons cheminer avec le trompettiste de St Louis à New York, de Bird Parker à Marcus Miller, du be-bop naissant au jazz fusion et aux longs silences de Miles dans ses derniers concerts. Mais à l'instar de Mozart, un silence après une note de Miles, c'est encore et toujours du Miles. L'amateur de jazz qui lit cet ouvrage connait déjà certainement la musique de Davis, mais il découvrira l'homme, le compositeur, le musicien, le chef d'entreprise. La franchise de Miles ne le sert pas beaucoup, le portrait qu'il fait de lui au long de ses six cents pages n'est pas très flatteur. Égocentrique, caractériel, il maquereaute (selon sa propre expression) ses petites amies pour se payer son héroïne, il tabasse ses différentes femmes par jalousie ou sous l'emprise de divers stupéfiants. Étrangement, on se rend compte, petit à petit, qu'il n'aime vraiment personne d'autre que lui, à part Dizzy Gillespie et Gil Evans. Un leitmotiv revient en fil rouge, de la petite enfance sur les bords du Mississippi aux derniers moments à Santa Monica, le racisme. Il l'a subi malgré sa célébrité, malgré la reconnaissance du public blanc. Il a lutté contre, souvent en vain, mais sans jamais renoncer.
Venons-en donc au musicien qui a traversé, suivi puis impulsé près de cinquante années de la musique américaine du 20e siècle. le livre fourmille d'anecdotes concernant tous ceux que Miles a croisé, des plus célèbres. de Billie Holiday à Prince en passant par Hendrix qu'il admirait semble-t-il. La plus croustillante concerne Duke Ellington, je vous laisse la découvrir. Une façon d'aborder cette somme de rencontres, de concerts, de compositions, est de passer par les copieuses dix pages d'index et de picorer, d'Adderley Julian à Zawinul Joe en passant par Dona Lee ou Ava Gardner. On s'attardera sur ses relations compliquées avec Coltrane. Et on admirera, de page en page, le nombre impressionnant de musiciens qui sont devenus des stars après être passés dans l'un de ses nombreux groupes. Passionnant.
Lien : https://www.lejazzophone.com..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
Notecuivree
  01 février 2018
Dans cette autobiographie du musicien trompettiste, Miles Davis (1926 – 1991) nous livre son histoire en remontant dès son enfance dont il nous conte son addiction aux sucreries, ses visites chez ses grands-parents ou encore ses pires bêtises.
Il commence aussi par son amour pour sa famille et son admiration pour son père fervent défenseur des noirs.
Au fil des pages, on devient à notre tour admirateur de ce père aimant et énormément bienveillant, qui a toujours la phrase d'encouragement parfaite pour chaque situation.

On apprécie également le style de notre conteur : sa façon parfois crue de parler – comme s'il nous racontait l'histoire de vive voix -, bien que ce soit en même temps très bien écrit.
Puis il faut l'écouter raconter comment il est tombé amoureux de la musique !, cela semble magique.
Il enchaîne alors avec ses débuts dans l'apprentissage musical, sa passion pour la musique et sa volonté, très jeune déjà, de devenir fermement musicien.
Vient alors son entrée professionnelle dans le milieu musical à New-York. On y suit sa vie dans la capitale où la musique y a une place évidemment prédominante entre ses cours à la Julliard et les boeufs ou concerts le soir.

Ce que j'aime aussi avec les (auto)biographies : bien souvent, au-delà de l'histoire d'une personne, c'est celle de toute une époque que l'on suit.
Ici, on découvre donc également l'histoire des clubs New-Yorkais en pleine période de ségrégation.
Puis c'est sans compter tous les musiciens que l'on croise, on a l'impression que l'artiste a été en contact de tous les grands jazzmen d'une époque. Tout au long du livre, Miles Davis évoque de nombreux musiciens de jazz mais aussi de rock, dont ceux auprès desquels il a énormément appris.

Au bout d'un moment, on a également le sentiment que le livre ne tourne qu'autour des problèmes de drogue des musiciens. Problèmes auxquels il commencera par se « vanter » de ne pas tomber dans ces travers, puis il n'y échappera pas, n'arrivera pas à s'en défaire et ils finiront par régir un peu sa vie… .

Malgré tout, il a voué sa vie à la musique, dans différents groupes au départ, avant de monter son propre groupe.
Côté musique, tous les détails de la vie d'un musicien y passent : il nous raconte ses concerts et ses tournées – on apprend qu'elles sont les lieux du monde où il considère être le mieux accueillit -, les enregistrements d'albums… mais également son travail constant du son, sa volonté de sans cesse se renouveler musicalement – il va alors se mettre à s'intéresser à la musique modale orientale ou encore au rock -, son rapport au public, ses inspirations musicales ou encore le fait que seul l'approbation du public l'intéressait et certainement pas l'avis des critiques.
Au-delà de son propre rapport à la musique, on en apprend également sur comment tel ou tel musicien compose ou sur sa façon d'interpréter, il évoque également le rôle de la musique dans les mouvements noirs ainsi que dans les changements de société (notamment en ce qui concerne le mouvement hippie).
Ce que j'admire aussi chez lui, à la lecture de son autobiographie, c'est qu'il s'est toujours intéressé pleinement à la musique et à ses évolutions pour mieux comprendre la musique et faire évoluer la sienne. Il n'a jamais souhaité s'enfermer dans un schéma qui marche.
Niveau style musical, il est question du style de jazz le be-bop puis du début du free jazz, mais aussi plus largement de l'évolution du jazz ainsi que son attrait par le public qui va peu à peu le délaisser lui préférant le rock.

« Fallait voir la tête de tous ces blancs […] Nous avons traversé le hall jusqu'à la réception, tous les yeux rivés sur nous ! Ça dérangeait leurs putains de têtes, de voir dans le grand hall deux Nègres qui n'étais pas des employés » : décrit bien sa façon de parler crument et sa haine contre la façon dont les blancs les traitaient.
Il en a en effet beaucoup souffert. Il nous raconte comment il a eu notamment des ennuis par la police elle-même à de nombreuses reprises juste pour sa couleur de peau. C'est également l'époque de Martin Luther King et bien sur, il ne fait pas non plus l'impasse dessus.

A la fin de sa vie, si la musique était toujours présente, il a fait évoluer son amour de l'art en s'intéressant à la peinture et en se mettant à peindre lui-même.

Une biographie très intéressante !
Lien : http://notecuivree.fr/2018/0..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
eco
  17 février 2016
Ce livre est un monument. Non seulement couche-t-il sur papier la plume d'un des musiciens les plus importants de sa génération (et dont l'impact se fera encore sentir dans des dizaines d'années), mais c'est également un témoin privilégié de la scène jazz des années '40 à nos jours. Miles Davis n'a assurément pas sa langue en poche et cette autobiographie apporte un éclairage précieux sur des musiciens incontournables qui ont croisé sa route comme Charlie Parker ou John Coltrane, pour ne citer qu'eux. Plus qu'une biographie, Miles prend le pouls d'une époque baignée de racisme et nous permet d'appréhender succinctement la vie d'un homme noir, musicien dans une Amérique profondément ségrégationniste. Miles Davis y règle donc certains comptes mais n'hésite pas à rendre de multiples hommages aux personnes (musiciens ou non) qu'il admirait. Bref, une mine d'information pour un livre sans langue de bois… du petit lait (ou un verre de cognac, c'est selon).
Commenter  J’apprécie          60
brunoneveux
  10 octobre 2010
le plus grand créateur de jazz se livre ici sans complaisance. Entre processus de composition, rencontres avec les plus prestigieux jazzmen de l'époque (Charlie Parker, Dizzy Gillespie, John Coltrane...) et racisme ambiant. le trstament d'un homme et des époques qu'il a traversées avec les Etats-Unis en toile de fond.
Commenter  J’apprécie          30
Citations et extraits (2) Ajouter une citation
ecoeco   17 février 2016
Que les gens viennent me demander de jouer des trucs comme My Funny Valentine parce que c'est ce qu'ils entendaient pendant qu'ils baisaient une super-fille et que ça leur avait fait plaisir à tous les deux, je le comprends. Mais je les envoie s'acheter le disque. Je n'en suis plus là, et je dois vivre pour faire ce qui est bon pour moi, pas pour eux.
Commenter  J’apprécie          50
NotecuivreeNotecuivree   01 février 2018
"J’ai encore en tête la musique que j’entendais dans l’Arkansas, chez mon grand-père, surtout le samedi soir à l’église. Je devais avoir six ou sept ans. Nous partions le soir sur les routes de campagne sombres et, tout à coup, cette musique semblait surgir de nulle part, de ces arbres inquiétants dont tout le monde disait qu’ils étaient hantés de fantômes. Bref, nous étions au bord de la route […], quelqu’un se mettait à jouer de la guitare comme B.B. King, un homme et une femme chantaient, parlaient de déprime. Merde, c’était quelque chose, surtout la femme. […] Ce son-là, ce côté blues, église, funk de petite route, cette sonorité et ce rythme rural du sud, du Midwest. C’est à la tombée de la nuit, sur les effrayantes routes secondaires de l’Arkansas, lorsque les chouettes sortent en hululant, que ce son se mêla à mon sang. Et quand j’ai pris mes premières leçons de musique, j’avais peut-être bien, déjà, une idée de ce que je voulais que ma musique soit."
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
Videos de Miles Davis (6) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Miles Davis
Reportage de Marjory Déjardin Miles Davis commence à jouer de la trompette à l'âge de douze ans. Il fut à la pointe de beaucoup d'évolutions dans le jazz et s'est particulièrement distingué par sa capacité à découvrir et à s'entourer de nouveaux talents. Son jeu se caractérise par une grande sensibilité musicale et par la fragilité qu'il arrive à donner au son. Il marque l'histoire du jazz et de la musique du xxe siècle. Beaucoup de grands noms du jazz des années 1940 à 1980 travaillent avec lui.
Les différentes formations de Miles Davis sont comme des laboratoires au sein desquels se sont révélés les talents de nouvelles générations et les nouveaux horizons de la musique moderne ; notamment Sonny Rollins, Julian « Cannonball » Adderley, Bill Evans et John Coltrane durant les années 1950. De 1960 aux années 1980 ses sidemen se nomment Herbie Hancock, Wayne Shorter, George Coleman, Chick Corea, John McLaughlin, Keith Jarrett, Tony Williams, Joe Zawinul, Dave Liebman et Kenny Garrett ; c'est avec eux qu'il s'oriente vers le jazz-rock fusion, dont il reste l'un des pionniers. La découverte de la musique de Jimi Hendrix est déterminante dans cette évolution, mais surtout le choc du festival de Newport, en 1969, où l'on assiste à l'origine exclusivement à des concerts de jazz, mais qui, cette année-là, programme du rock. Nombre de musiciens qui passent par ses formations de 1963 à 1969 forment ensuite les groupes emblématiques du jazz-rock fusion, notamment Weather Report, animé par Wayne Shorter et Joe Zawinul, Mahavishnu Orchestra de John McLaughlin, Return to Forever de Chick Corea, ainsi que les différents groupes de Herbie Hancock.
Miles Davis est un des rares jazzmen et l'un des premiers musiciens noirs à s'être fait connaître et accepter par l'Amérique moyenne, remportant même le trophée de l'homme le mieux habillé de l'année du mensuel GQ pendant les années 1960. Comme Louis Armstrong, Miles Davis est ce phénomène curieux : une superstar du jazz. À la différence de son glorieux aîné qui avait recherché l'intégration à la culture grand public dominée par la population blanche, le parcours musical de Miles Davis s'accompagne d'une prise de position politique en faveur de la cause noire et de sa lutte contre le racisme, menée avec la colère permanente d'un homme au caractère réputé ombrageux. En 1985, il participe à l'album Sun City contre l'apartheid à l'initiative de Steven Van Zandt.
En France, c'est l'enregistrement de la musique du film Ascenseur pour l'échafaud (1957) de Louis Malle qui le rend célèbre. Son dernier album, Doo-bop, paru en 1992 après sa mort, laisse éclater des influences rap.
+ Lire la suite
autres livres classés : be-bopVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Pentaquiz : on recherche le cinquième terme

Afrique, Amérique, Asie, Europe, ...

Basson
le chien Dagobert
Le Deutéronome
Jean Valjean
New York
Océanie
Rimski-Korsakov
Russie

16 questions
442 lecteurs ont répondu
Thèmes : anatomie , bande dessinée , géographie , géopolitique , littérature , musique , société , sport , zoologieCréer un quiz sur ce livre