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BazaR
  26 septembre 2016
Avant que vous ne vous posiez la question, je vais être clair : oui j'ai mis 4 étoiles à ce roman et oui, il m'a pourtant un peu déçu.

La note se veut intellectuelle : les qualités du roman et de la plume de Lionel Davoust sont évidentes, et l'histoire excellente. La déception est simplement liée au fait que j'ai tellement envie d'en apprendre plus sur l'Empire d'Asreth, que j'avais découvert dans La Volonté du Dragon et La Route de la Conquête !!

Ici nous sommes des millénaires après la chute de l'Empire, dans une civilisation qui est née après les Ages Sombres et qui oscille entre Ancien Régime et Lumières. L'Histoire se répète, un peu comme dans le fabuleux Un Cantique pour Leibowitz ou le cycle de Corlay. Nous sommes à Aniagrad, une ville franche dont le gouvernement et la crapulerie rappellent Wastburg. Rhuys, un brave jeune noble déshérité qui a payé la dette de sa famille par huit ans de service dans la Marine, va tenter de retrouver son rang et son honneur. Mais il va en fait plonger sans un sac de vipères et se faire coincer de tous côtés par les canailles et les autorités. Pourtant une lumière le maintiendra à flot dans la tempête : une femme étonnante qui vend ses souvenirs comme d'autres leur corps.

Les démêlées de Rhuys sont menées comme un thriller ; changez le décor pour les bas-fonds de Chicago et l'univers des trafiquants et ça passe aussi bien. Cela signifie aussi que la magie ne joue presque aucun rôle dans les péripéties. C'est plutôt une approche scientifique de la ressource énergétique si particulière d'Évanégyre qui est privilégiée, une tentative de redécouverte des légendaires connaissances de l'Empire d'Asreth (oui, on le mentionne quand même un peu). Une chose m'intrigue : j'étais intimement persuadé que l'Empire était mort en grande partie à cause de la raréfaction de la dranaclase, cette roche source de puissance exploitable par magie ou science, un peu comme le pétrole pour nous. Mais apparemment il y en a encore à foison à l'époque de Rhuys. Comment la ressource minière s'est-elle reconstituée ? Mystère.

Rhuys m'a fait penser à FitzChevalerie de l'Assassin Royal, et il m'a fait un peu réagir pareil. Sa candeur, son honnêteté m'agaçait à la longue. Et je ne comprends toujours pas pourquoi un gars qui a dû vivre à la dure pendant huit années de servitude n'a pas développé un minimum de cynisme et de noirceur. Ses huit ans n'ont-ils été qu'un camp de vacances un peu sportif ? En tout cas Davoust est parti de l'hypothèse qu'ils n'ont même pas égratigné le bloc de droiture qu'il représente. En fait cette hypothèse est absolument indispensable pour le développement. Il devait partir de cet état pour se prendre dans la tronche toutes les horreurs, les mensonges et les tromperies d'Aniagrad, y survivre et commencer, lentement, à réagir au diapason tout en faisant attention à ne pas se perdre dans le processus. C'est mené avec classe. Avec classe mais avec des longueurs, en tout cas c'est mon ressenti. L'essentiel de l'ouvrage est basée sur le point de vue de Rhuys (donc le plus pur et gentil de tous, dommage) et l'on passe énormément de temps à plonger dans ses introspections. C'était trop pour moi et j'avoue avoir lu certains passages en diagonale afin de retrouver l'action.
Et pourtant je comprends la aussi la nécessité de ces longues introspections, car la plus grande évolution qu'évoque le livre est intérieure. Ce roman, c'est avant tout une histoire d'amour absolu et paradoxale. C'est Rhuys qui est fou de sa Vendeuse d'âme, qui lui donnerait tout de son propre être et qui va en fait lui prendre tout. Et c'est la Vendeuse qui estime que l'originalité de sa personne nécessite de ne se lier avec personne… et qui donnera pourtant tout à Rhuys. Les Transferts de souvenirs impactent Rhuys bien plus profondément que les malveillances des canailles. Il doit les apprivoiser, les faire vivre en lui. C'est une deuxième personnalité à qui il ouvre la porte de son esprit. C'est un thème qu'on n'a pas l'habitude de voir en fantasy. Cela donne des personnages très ciselés. Michel-Ange n'aurait pas fait mieux.

Un beau roman avec plusieurs rythmes, auquel j'aurais pu enlever une bonne centaine de pages. Mais l'Empire d'Asreth, dont les mânes planent de façon si évanescente pour se solidifier vers la fin ? Qu'en-est-il de lui ? Comment est-il né ? de quoi est-il mort ? Qu'étaient les Dragons ? J'aimerais tellement que Lionel Davoust lui consacre sa prochaine trilogie attendue pour 2017!
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Stelphique
  05 juillet 2017
Pourquoi je l'ai choisi:

J'ai trouvé la couverture magnifique, et quand on lit ce roman, on s'aperçoit qu'elle colle parfaitement à l'histoire. Bravo aux éditions Folio, pour cette très jolie représentation! Chaque fois que je la regardais, je partais dans un voyage brumeux…
Ce que j'ai ressenti:… un souffle enchanteur…

Aniagrad , ville marchande par excellence. Tout se négocie des plus infâmes talents aux plus retorses pouvoirs, de la plus grande douceur à la plus pure des intentions, cette ville portuaire a une vie propre et un fonctionnement qui étourdissent les curieux. Doté d'une philosophie et d'une Administration qui régissent son fonctionnement, elle exerce une forte attraction sur les voyageurs qui arpentent ses ruelles sombres. Sans compter que la ville cache des Anges. Une attraction de plus…En somme, une ville aux mille dangers pour qui, ne respecte ses règles…

« L'existence aurait probablement été plus simple avec des ailes. »

Du plus petit mensonge au plus audacieux stratagème, notre héros a de quoi trembler pour sa vie. Manipulations, jeux de pouvoirs, investissements et politique, ce jeune homme en quête d'identité et de justice, va devoir jouer très serré avec tous ses Prédateurs qui rôdent et tiennent la main mise sur sa bourse. J'ai beaucoup apprécié l'évolution de Ruys, de sa naïveté il en ressort grandit, grâce à son idéalisme. C'est un héros, plaisant à suivre, car au centre de toutes sortes d'attentions, mais aussi en proie à ces plus intimes épreuves personnelles. Entre ombres et lumière, désir et réalité, ce héros tient toute notre attention grâce à cette imbrication de faits et d'émotions.


« La liberté livrée à elle-même finit toujours par se dévorer toute seule. »

Port d'âmes, rien que le titre emmène de la poésie, une ouverture vers la beauté et une énigmatique quête de l'esprit…Et c'est bien là, ce que je retiens essentiellement de cette lecture: une enivrante plongée nébuleuse et vaporeuse que j'ai adoré emprunter avec la Vendeuse et Rhuys, dans cet échange très particulier. Tout le charme et le mystère du Transfert, m'ont laissé une forte impression, j'étais friande de tous ses fragments déposés dans ses lignes, voulant aussi les adopter, les faire miens, pour mieux vous convaincre de vous laisser guider par cette bien trop généreuse offre…Valeur inestimable et instant suspendu, on est presque du domaine de la méditation, comme une parenthèse de rêverie au milieu du chaos et de la corruption, c'est juste saisissant, ces petites touches de magie, cette douceur du souvenir, cette poétique vibration…

Peut-être était-ce là la première leçon du Transfert: chaque histoire était unique.

Entre l'effet dynamique de ses jeux de pouvoirs, et cette ouverture mystique sur une nouvelle méthode d'échanges, Port d'âmes possède beaucoup d'atouts pour porter durant ses 600 pages, toute notre âme d'enfant en soif d'aventures et de nouveaux horizons, grâce à la plume très inspirée de cet auteur…

« J'ai parlé à la nuit et la nuit m'a répondu. »

Ma note Plaisir de Lecture 8/10

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Dionysos89
  21 août 2015
Après une première Volonté du Dragon bien mystérieuse, puis en 2014 une Route de la Conquête très constructive, Lionel Davoust poursuit l'édification de son monde d'Évanégyre avec un Port d'Âmes franchement à part de ce qu'on a déjà pu voir de cet auteur, mais très bien maîtrisé.

Comme je ne l'ai jamais autant fait pour un roman, tentons l'aventure de la critique au plus près de la lecture (une fois n'est pas coutume, rassurez-vous), en tout cas au moins sur les tout premiers chapitres, car plus loin cela risquerait de trop spoiler votre propre progression.
Après un prologue classique, voire poussif, avec des noms qui peuvent rebuter de but en blanc, Lionel Davoust se rattrape de suite avec un premier chapitre particulièrement immersif, qui pose une ambiance glauque, façon « crapule fantasy » je dirais, et déjà de l'imaginaire en action. Pas d'inquiétude, le plus dur est déjà fait et le voyage ne fait que commencer ! le chapitre 2 nous lance sur deux intrigues, sûrement les principales car indiquées sur la quatrième de couverture : d'un côté, la relance des aventures de Rhuys dans les arcanes de sa ville de naissance ; de l'autre, l'approfondissement de la compréhension de la magie locale appliquée aux Transferts de portions d'âmes. C'est déjà (ou enfin, selon vos attentes) l'occasion de faire une passerelle avec le monde d'Évanégyre tel que Lionel Davoust nous l'a bâti dans ses précédentes productions, notamment dans la fabuleuse nouvelle « Bataille pour un souvenir » présente dans La Route de la Conquête et dans l'anthologie de Lucie Chenu, Identités, nouvelle qui s'applique à narrer l'histoire et les techniques des guerriers-souvenirs du Hiéral. le chapitre 3 poursuit cette mise en place des mystères et nous gâte au niveau des références concernant Évanégyre, ce qui me rassure désormais totalement sur la cohérence de ce monde : ce qui est « historicisme » entretient des légendes partiellement transcrites sur un Empire du Dragon qui aurait dominé toute terre, l'Empire d'Asreth qui aurait commandé aux Anges et à des humains cuirassés ; les aficionados auront notamment reconnu l'un des événements explorés dans la nouvelle « le Guerrier au bord de la glace » présente (et inédite) dans La Route de la Conquête. La technologie de l'artech qui sera vraisemblablement un enjeu de l'histoire au sens de sa réinvention.
Dans ce Port d'Âmes, nous suivons ainsi le retour rocambolesque de Rhuys, un noble déchu qui ne possède plus que son nom, ayant perdu en cours de route reconnaissance, liquidités et carnet d'adresses. Après être devenu marin relativement aguerri, il arrive à une vingtaine d'années dans une ville franche, Aniagrad, où le commerce et l'Administration règne en maîtres. Par d'heureux hasards, de drôles de rencontres et des mésaventures douloureuses, il va reprendre en main son destin, ainsi bien personnel qu'amoureux et financier. Rhuys se révèle un héros intéressant à suivre, qui rencontre suffisamment de problèmes et de personnages contrariants pour nous tenir longtemps en haleine ; peut-être quand même est-il parfois trop mélancolique et trop centré sur lui-même pour être inoubliable. Ses relations avec son mentor ou avec son amour à sens unique sont souvent naïves, mais il faut essayer de se remettre dans la tête d'un jeune d'une vingtaine d'années qui a eu un début de vie dichotomique entre une éducation très noble et une formation très à la dure.
Au fil des intrigues qui se tissent autour de Rhuys, non seulement nous retrouvons un univers que les fans de la Volonté du Dragon et de la Route de la Conquête apprécieront encore, mais en plus nous plongeons dans une ambiance qui n'est pas sans rappeler des enchevêtrements de sournoiseries telles celles rencontrées dans Gagner la guerre, de Jean-Philippe Jaworski, ou Les Mensonges de Locke Lamora, de Scott Lynch, deux oeuvres majeures et récentes de cette « crapule fantasy » si attractive. Bien sûr, les descriptions n'y sont pas toutes aussi parfaites que dans le premier et les dialogues n'y sont pas tous aussi cultes que dans le deuxième, pourtant Lionel Davoust a son petit truc à lui qui fait passer un très bon moment de lecture.

Au fur et à mesure, Lionel Davoust distille tant de petits points sur l'expérience, sur l'avancée dans la vie, sur le propre de l'Homme, que le lecteur ne peut s'empêcher de lire à travers eux la propre expérience de l'auteur. L'apport des livres, l'intérêt de toujours se porter vers l'avenir, de toujours voir plus loin que son petit système personnel, voilà bien des thèmes qui parleront aux habitués du site internet de l'auteur. Bref, il appuie constamment sur l'essentiel grâce à un seul terme : s'adapter.
D'ailleurs, on peut voir plus loin dans le sous-texte : le personnage auquel est censé s'identifier le lecteur, ce Rhuys à l'accent naïf et mélancolique, est constamment attiré par la tragédie au sens noble du terme : la relation qu'il entretient avec une Vendeuse d'âmes ne peut que faire penser à la relation qu'entretient le lecteur avec l'auteur qui lui fournit encore et encore des aventures dignes d'intérêt et qu 'il choisit, le plus souvent résolument tragiques. Bizarrement, Lionel Davoust semble se retenir quelque peu au niveau des tragédies : on les sent poindre et finalement elles sont repoussées… jusqu'à un certain point seulement (quand même, faudrait pas exagérer non plus !). Ainsi, n'étant pas dans sa tête, je ne sais pas si c'est uniquement parce que ce Port d'Âmes nous arrive après qu'il ait écrit sa trilogie du Léviathan, mais il insère bien davantage ici, format du roman oblige également, des notions et des artifices propres au thriller. Un coup d'oeil avisé surprend quand même ces indications sur certains personnages ou certains lieux qui seront utiles parfois quelques lignes plus loin, et donc qui ne se glissent pas là par hasard, comme on pourrait facilement le croire au sein d'une quelconque description. Et c'est avec un certain plaisir que l'auteur surprend son lecteur assidu même quelques chapitres avant la fin.
Dans tous les cas, cela fait déjà pas mal de publications de Lionel Davoust que je consomme allègrement, et j'avoue qu'en total accord avec les préceptes qu'il dispense sur l'écriture en général via son site internet personnel, l'usage de la ponctuation, notamment du point-virgule et des guillemets dévolus au dialogue, convient à ma façon de penser, et donc de lire. Mis à part quelques usages particuliers du point (usages cependant réguliers chez énormément d'auteurs qui consiste à avoir des phrases sans verbe…), cette façon de faire est rationnelle, sensée et efficace. Pour finir, les ayant comptées et relevées pour une fois, seulement trois coquilles à notifier, ce n'est rien sur 500 pages, ainsi qu'un clin d'oeil rigolo… une histoire de fromage, français ou suisse, voilà tout, mais une question me taraude : le gruyère a-t-il des trous dans l'univers d'Evanégyre ?

Je signerais donc tous les ans pour un ouvrage de Lionel Davoust dans l'univers d'Evanégyre tant il réussit à varier son style et sa chronologie pour se renouveler considérablement. Malheureusement, un tel rythme n'est évidemment pas tenable sur une telle oeuvre, surtout quand on sait le temps nécessaire – six ans apparemment – à Port d'Âmes pour mûrir en un tel roman bien équilibré.

[Davantage de contenus (éléments connexes, images, critique plus longue) sur https://bibliocosme.wordpress.com/2015/08/18/port-dames/ ]
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Aelinel
  15 février 2017
J'ai découvert Port d'âmes dans le cadre de la Soirée de l'Imaginaire à la Librairie Décitre de Grenoble, le 26 Janvier dernier. A cette occasion, je n'avais lu qu'une centaine de pages du roman lorsque j'avais rencontré son auteur, Lionel Davoust. A sa question, « Qu'est-ce que vous pensez de mon livre ? », je me suis sentie prise de court mais j'avais tiré les leçons de l'année dernière (en gros, j'avais dit à Matthieu Rivero que je m'étais ennuyée à la lecture de son roman Or et nuit… Sans commentaires…). Plus diplomate cette année, j'ai donc répondu que je n'aimais pas le personnage principal mais que je trouvais l'univers développé très intéressant. Une centaine de pages sur un roman qui en fait 500, c'était en effet un peu prématuré pour juger de l'ensemble de l'oeuvre. Car, Port d'Âmes s'est révélé être une excellente surprise mais non exempt de défauts.

A 22 ans, Rhuys vient tout juste de débarquer dans la cité franche d'Aniagrad. Enfin libéré de 8 ans de servitude en tant que matelot pour éponger les dettes de sa famille, il est bien décidé à commencer une nouvelle vie. En premier lieu, il souhaite profiter des plaisirs offerts par la Ville et fait la rencontre d'une mystérieuse jeune femme sur le Marché qui lui vend des fragments de son âme. Puis dans un second temps, il compte reconstituer le prestige de sa famille. En effet, issu de l'aristocratie rhovellienne, il semblerait que son père bien que ruiné, ait réussi à sauvegarder un petit pécule. Avec ce premier fond, Rhuys investit dans la société d'un ancien associé de son père, Edelcar Menziel. Mais, tout le monde ne voit pas d'un bon oeil son ascension récente et cela commence à lui attirer quelques ennuis.

Très honnêtement, j'ai eu beaucoup de mal à rentrer dans le roman dans un premier temps.

En effet, le personnage principal Rhuys ne m'a pas paru très sympathique. En cause, son caractère un peu hautain de jeune premier très conscient de ses qualités et son idéalisme qui le rendaient un peu benêt. Sur ce point, je rejoins d'ailleurs la réflexion de Relax67 : huit années de servitude auraient dû normalement lui faire rentrer du plomb dans la tête et saper son état d'esprit utopiste. On imagine aisément que les autres matelots issus d'une modeste condition, ont probablement dû lui faire payer ses origines aristocratiques. Heureusement, Rhuys évolue de manière très positive au fil du roman car il devient même désabusé suite aux nombreuses épreuves qu'il a traversées.
le style d'écriture m'a également un peu gêné. Si je reconnais qu'il est indéniablement de qualité et très étoffé, en revanche, il m'a semblé manqué de fluidité. J'ai décroché à de nombreuses reprises et cela jusqu'à la fin du roman. L'intrigue est également émaillée de longueurs qui ont beaucoup nui à ma lecture et je reste persuadée que cent voire cent-cinquante pages de moins auraient suffi à rendre le récit bien plus efficace.

Passé cela, Port d'Ames possède de nombreuses qualités :

Les personnages secondaires sont bien plus intéressants que Rhuys. Je pense ainsi au négociant Khartari, l'associé de Menziel. Il est intelligent et n'est pas dupe du jeune homme. J'ai également beaucoup apprécié ses joutes orales. Cassian possède aussi beaucoup d'intérêt à mes yeux : fin limier, droit, calculateur et machiavélique. J'adore ce genre de personnage et je n'ai pas pu m'empêcher de voir dans ce rôle, l'interprête de Tywin Lannister dans Games of Thrones, Charles Dance.
Enfin, Port d'Âmes possède un background extrêmement développé et complexe. C'est très plaisant. La ville d'Aniagrad elle-même n'est pas un simple décor. Elle participe directement à l'intrigue. Quant au reste, l'univers d'Evanégyre semble déjà posséder toute une Histoire, une géographie préexistante, des relations diplomatiques et commerciales, une économie, un système politique représentatif, etc… Cela donne beaucoup de relief et de consistance à l'ensemble. L'esthétisme du roman m'a également beaucoup fait penser au XIXème siècle anglais (période que j'adore), à l'aune du développement industriel amorcé par l'électricité puis par le pétrole.

En conclusion, Port d'Ames n'est pas un roman facile à appréhender. Son écriture de qualité peut parfois manquer de fluidité et les quelques longueurs peuvent faire décrocher le lecteur. C'est dommage, car je ne suis pas passée loin du coup de coeur. En effet, l'univers très développé d'Evanégyre et les personnages hauts en couleur donnent de l'intérêt à ce roman et en font une belle découverte. Je ne manquerai donc pas de lire d'autres romans de Lionel Davoust dans le même univers d'Evanégyre, semble-t-il mais à des époques différentes.
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ludi33
  30 avril 2018
Me voici arrivée au bout de ce joli roman de fantasy. On est loin des aventures épiques de certains romans du genre. L'histoire prend son temps (un peu trop parfois) pour avancer et mettre en place intrigues et complots. le héros de ce livre est un brin trop naïf et on a parfois envie de le secouer un peu, mais il va se révéler à travers ses épreuves. L'univers mis en place par l'auteur est très cohérent et on aimerait partir l'explorer un peu plus. Et surtout, la fin n'est pas pleinement attendue, même si on pouvait s'attendre à certaines choses.
Malgré quelques défauts, çà reste une lecture très agréable.
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BlackWolf
  28 août 2015
En Résumé : J'ai passé un très bon moment de lecture avec cette nouvelle intrusion dans le monde d'Evanégyre, qui se situe, d'un point de vue temporel, dans une époque complètement différente de l'Empire d'Asreth. On se retrouve plonger ainsi dans une histoire qui peut, aux premiers bords paraitre classique, mais qui est maîtrisée, captivante mélange de mensonges, de trahisons, de manipulations et de jeux de pouvoir et qui n'oublie pas aussi de pousser le lecteur à se poser des questions. L'univers, se révèle dense, soigné, nous présentant la ville d'Aniagrad qui oscille entre ombre et lumière et qui donne envie d'en apprendre plus tant elle se révèle tortueuse. On s'accroche très rapidement au personnage principal de Rhuys, naïf adolescent qui va, par la force des choses entrer dans le monde adulte avec tout ce que cela entraine. Les personnages qui gravitent autour de lui se révèlent eux-aussi très intéressants à découvrir, avec une mention spéciale pour la vendeuse, héroïne passionnante, vivante et charismatique, apportant une touche de poésie. Je ne relèverai que deux points, le premier est que j'ai ressenti quelques longueurs, mais rien de vraiment dérangeant tant on est pris dans l'intrigue. le second vient d'une révélation que j'ai vu venir très rapidement, rien de non plus dérangeant vu que l'intérêt vient des conséquences qu'elle amène, mais tout de même légèrement frustrant. La plume de l'auteur se révèle travaillée, captivante et fluide, nous plongeant avec facilité de nouveau à la découverte d'Evanégyre dont je lirai sans soucis d'autres écrits.


Retrouvez ma chronique complète sur mon blog.
Lien : http://www.blog-o-livre.com/..
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Selvegem
  12 avril 2016
Rhuys ap Kaledán est un héritier déchu. Pour avoir pris la punition à la place de son père et de son associé, il a travaillé huit ans sur une galère. Tout juste libéré de cette servitude, il rejoint la cité d'Aniagrad où il parait qu'on peut tout acheter et trouver.
Lui, il cherche à reconquérir l'honneur de sa famille et de sa maison. Cette chance se présente sous l'aspect d'Edelcar Menziel, un ancien ami de son père, qui lui propose de travailler sur un procédé perdu depuis des siècles et qui permettrait de réaliser des machines magiques. Mais rapidement le jeune homme va perdre sa naïveté et va réaliser qu'Aniagrad est une cité pour le moins imposante, et grouillante de mensonges et de tromperies.
Alors que j'errais au SDL, je suis tombée en arrêt devant le stand de Critic, qui propose beaucoup trop de tentations pour mon bien ! Cette fois, je me suis donc arrêtée devant Lionel Davoust et son Port d'Âmes, que je ne connaissais ni l'un ni l'autre. C'était donc l'occasion rêvée de combler cette lacune !
Port d'Âmes fait partie d'une fresque plus vaste où on peut retrouver cet univers, mais dont les différents livres peuvent heureusement se lire de manière indépendante ! La description de ce monde est dense sans être lourde, c'est un monde riche et soigné que nous propose Lionel Davoust, et maintenant que j'ai lu ce livre, je serais curieuse de découvrir les autres. J'ai particulièrement aimé la description de la ville d'Aniagrad : une ville qui semble être libre et avoir énormément à offrir, belle et pittoresque... Elle est tout cela, mais elle est surtout contrôlée avec une poigne de fer par la milice et par l'administration, une vraie toile d'araignée qui peut engloutir les personnes inattentives. Clairement le personnage principal du roman !
(Mon avis complet sur mon blog.)
Lien : http://chezlechatducheshire...
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Soleney
  14 novembre 2017
Vendu à l'âge de quatorze ans pour rembourser les dettes de sa famille, Rhuys ap Kaledán vient de voir ses huit années de service s'achever. Fraichement débarqué dans la célèbre cité libre d'Aniagrad, il n'a plus qu'une idée en tête : rendre ses lettres de noblesse à sa maison, dont il n'est plus que le dernier représentant. Cette ville où tout s'achète et tout se vend est le meilleur endroit pour repartir de zéro – encore faut-il reconnaître ses ennemis.

Mes amis, il faut que je vous dise la vérité. J'ai adoré ce roman, littéralement. Mais j'ai eu tellement de mal à le lire ! Port d'âmes n'est pas un texte qui se donne, il faut arracher la progression de haute lutte. La faute aux descriptions. Je les ai trouvé trop nombreuses, trop approfondies et bien souvent injustifiées. Elles ralentissent le rythme du récit et m'ont faite perdre le fil plus d'une fois.
Port d'âmes est un roman qui ne s'adresse qu'à des lecteurs confirmés.

Cependant – eh oui ! – cependant, quel délice ! Ces personnages, cet univers ! Cette « magie », cette ville, cet obscurantisme, cette Histoire ! Que du bon !
Rhuys est un jeune idéaliste qui accorde sa confiance très facilement. Il essuie quelques plâtres au début du roman, le temps d'apprendre bon gré mal gré que personne n'est tout à fait bienveillant. À Aniagrad, l'honnêteté est une utopie. Rhuys s'endurcit, il s'efforce d'apprendre les règles du jeu (manger pour ne pas être mangé) ; et pourtant il ne peut renier ce qui fonde sa personnalité : sa bonté. Sa sensibilité. Qui est aussi la source de la passion qu'il ressent pour une jeune Vendeuse d'âme. Une fille de rien, un reliquat de la société. Une femme qui n'a plus rien à monnayer que ses souvenirs – et contre seulement quinze mercats, encore ! Mais sa grâce, sa dignité et sa beauté le bouleversent moins que sa volonté de fer et sa fierté – c'est vous dire. Elle n'est cependant pas femme à accepter la protection d'un homme, fut-elle dans la pire des conditions.
Et cette Vendeuse anonyme, mes chers, n'est rien de moins que mon coup de coeur de l'année. Je vous jure, elle m'a fascinée. Qui est-elle ? Pourquoi Vend-t-elle ? Comment s'appelle-t-elle ? L'obsession de Rhuys s'est transmise jusqu'à moi. L'amour passionnel, pétri de respect et d'admiration qu'il éprouve est un des plus beaux qu'il m'ait été donné de voir dans la SFFF. On ne sait pas exactement ce qu'elle pense de lui. Elle l'apprécie suffisamment pour tolérer sa présence, mais pas assez pour répondre à ses questions.
Au fur et à mesure, elle gagne en profondeur. On en sait plus sur ses motivations et son passé, et surtout sa vision des choses. Une vision terriblement poétique, sensible, bouleversante et dramatique. Je ne l'en ai aimée que plus.
Dernière mention pour Khartari, un personnage secondaire antipathique, mais fascinant. Comme tous les Druas, il maîtrise la flatterie et l'insulte à la perfection. Dans son pays, quand on offense quelqu'un, on le fait dans les règles de l'art. C'est un symbole d'intelligence et de savoir-vivre. Le but ? Faire en sorte que la personne visée soit la seule à ne pas se rendre compte de l'insulte pour la déshonorer à son insu.
Un personnage ambigu et très difficile à cerner.

Pour ce qui est de l'univers, nous n'en savons pas beaucoup. Ça tombe bien, les personnages non plus. Cela fait seulement trois siècles que l'humanité est sortie des Âges Sombres, qui ont été provoqués par une guerre titanesque. Le Vayd Asrethia, un ouvrage religieux, affirme qu'il y a eu un empire mondial (le Saint-Empire d'Asrethia), gouverné par une personne toute-puissante et équitable. Il y avait des Anges, autrefois. D'immenses créatures ailées et sans tête qui avaient pour but de faire régner une justice sans merci. Les hommes d'autrefois savaient utiliser la conversion dranique, qui permettait, entre autres, de faire avancer des voitures TOUTES SEULES.
Et puis les Âges Sombres. L'empire a chuté. Les connaissances se sont perdues. Ne sont restées que des reliques et quelques textes. Le monde de Rhuys serait-il le futur du nôtre ?

Une lecture enrichissante, bien qu'insatisfaisante : il reste encore beaucoup de questions en suspens. Je suppose qu'il me faudra lire La Route de la Conquête et La Volonté du Dragon pour en savoir plus (à ceux qui ne savent pas, les trois livres se déroulent dans le même monde sans toutefois se suivre). Des personnages d'une richesse étonnante, mais une lecture ardue qui ne conviendrait pas à des lecteurs débutants.
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meygisan
  17 septembre 2018
J'ai choisi de lire ce livre avant tout pour me faire une idée du style de Lionel Davoust, mais également parce que le quatrième de couverture m'a bien tenté.
J'avoue que j'ai accroché dans les deux premiers tiers du livre, puis mon intérêt s'est délité dans le dernier tiers. Suivre l'ascendance de Rhuys ap Kaledan dans les milieux scientifico politico mafieux de la cité d'Aniagrad a été un véritable plaisir d'autant que la plume de Davoust se prête formidablement bien à la description de ce genre. Voir comment son héros s'y prend pour reconquérir son titre de noblesse et le nom de sa famille, tout en dénonçant les magouilles de la cité, et en y découvrant ses lois, ses coutumes et ses vices cachés. Tout cet aspect là est fort intéressant et fort bien mené. J'accuserai simplement quelques longueurs bien dispensables.
Puis il y a cette autre histoire avec la vendeuse d'âme, qui donne l'aspect fantastique au récit, et qui donne sa profondeur à Rhuys. En effet, c'est par ce biais que l'auteur peut explorer les tréfonds de l'âme de son personnage, qui est partagé, déchiré devrais je plutôt dire, par les émotions que lui apportent cette relation, loin d'être facile, à un point tel qu'il est difficile de parler de relation. Ce personnage emblématique incarne à lui seul une ambiguïté et un mystère qui laisse Rhuys aux abois à chaque rencontre. Celui ci est également déchiré dans sa recherche de légitimité pour laquelle il découvre un monde secret qui ne le laisse pas indifférent, qui remet en cause ses croyances, ses principes et même ses valeurs.
Lionel Davoust nous livre là un exemplaire d'une réflexion et d'une profondeur sur la nature humaine, et ses souffrances, sa duplicité, où le personnage principal, confronté aux mensonges et aux manipulations, aux menaces, doit faire ses preuves, parfois utiliser les mêmes armes que ses adversaires, pour s'en sortir. C'est également un roman qui questionne l'héritage familial ( pas financier, mais éducatif et symbolique), qui parfois peut mener la victime à une véritable torture. Comment réagit on lorsqu'on découvre que son père n'est pas le héros que l'on croyait?
Malgré tout cela, je n'ai pas été séduit par l'écriture de Davoust. Quelques passages m'ont longuement ennuyé et ont émoussé mon intérêt au point que j'ai failli arrêté la lecture.
Heureusement le dernier tiers offre quelques rebondissements intéressants, qui permettent d'aller jusqu'au bout, et qui laissent même envisager, espérer une suite, ou plutôt un développement différent ultérieur, dans le même monde.
Dernier mot concernant la cité d'Aniagrad, que l'on peut considérer comme un personnage à part entière. L'auteur s'évertue à nous la décrire, non pas directement comme il le ferait de n'importe quel personnage, mais bien par sa vie propre, en filligrane du récit qui se déroule sous nos yeux. Au premier regard, le lecteur ne prendra pas toute la mesure de son importance, et cela ne fera que renforcer le sentiment d'inquiétude à son égard, nous invitant à imaginer que la cité douée de vie propre pousse ses habitants dans leurs plus sombres recoins et guident jusqu'à leurs comportements et leurs choix.
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oursinculte
  01 mars 2017
J'avais beaucoup apprécié ma lecture de la route de la conquête par Lionel Davoust donc j'ai pas mis longtemps à replonger dans l'univers d'Évanégyre avec ce Port d'âmes, dernier né de l'auteur, édité chez Critic. Bon, faut être honnête, vous attendez pas à replonger dans le même délire, la soupe a pas du tout le même goût.

En effet, on passe de la grandeur de l'empire d'Asreth à une ambiance urbaine pleine de rues pourries et d'aristos corrompus dans une ambiance de début de révolution industrielle. Port d'âmes se passe des centaines d'années après tout ce qu'on a lu, le grand empire du passé n'est plus qu'un vague mythe auquel plus personne ne croit vraiment. A Aniagrad, nous suivons Rhuys ap Kaledán, héritier d'un baron déchu qui revient après huit ans de travaux forcés sur un navire pour rembourser les dettes de la famille. Enfin libéré de ses obligations, le jeunot n'a qu'un but : Retrouver son statut et sa place dans la société. Il va s'allier à un ancien ami de son père qui travaille sur un projet de recherche très ambitieux et a besoin d'investisseur. Mais Rhuys va bien vite apprendre qu'à Aniagrad, personne n'est vraiment honnête, le seul pouvoir absolu c'est le commerce.

On va y aller tout net, j'ai été franchement moins emballé par Port d'âmes que La route de la conquête. J'y suis allé avec l'espoir de retrouver le souffle et la magie de tout ce que j'avais lu sur cet univers mais l'auteur a décidé de faire complètement différent. Même si c'est un autre délire, on a quand même de belles choses ici, cette ville a une pure ambiance, de la vie et beaucoup de cachet. le travail sur les descriptions est très immersif, donnant à la cité une vraie identité, avec ses pierres noires et son marché géant. L'écriture est toujours belle et invite à l'aventure, Lionel Davoust n'a plus rien à prouver de ce côté-là.

Tout le roman se suit du point de vue quasi-exclusif de Rhuys, ce baron déchu idéaliste et solide. Ce héros part sur de bonnes bases, il a beaucoup de ressources, il est malin et débrouillard. Mais très vite, je me suis désintéressé de lui. L'auteur reste très près de son personnage et nous expose ses états d'âmes à chaque chapitre, on a droit à tous ses doutes, ses réflexions et ses certitudes mais c'est trop. Beaucoup trop. On lit des pages et des pages de Rhuys qui doute, Rhuys qui chiale, Rhuys qui sait pas quoi faire, Rhuys qui se reprend et fonce tout d'un coup jusqu'au prochain obstacle qui va le refoutre au fond, puis il re-doute. Ses humeurs virent d'ailleurs d'un extrême à l'autre assez souvent, il est difficile à suivre le bougre. Globalement, on a beaucoup trop d'introspection, ce qui donne un rythme vraiment lent et une furieuse envie de secouer ce p'tit gars inconstant qui change de tempérament à chaque chapitre.

J'arrivais pas à lire plus de 30 pages par session, j'ai mis quasiment un mois pour arriver au bout de l'aventure. Mais ce problème de rythme et de « Fitzification » n'est pas le seul obstacle à ma lecture. Je l'ai surtout jamais compris ce héros, un comble quand on voit le nombre de pages dont le but est de nous mettre dans sa tête ! J'ai vraiment trouvé qu'il faisait n'importe quoi tout le long de l'histoire. le gars revient de 8 ans de travaux forcés et veut à tous prix regagner son statut de riche bourgeois, et la première chose qu'il fait c'est de s'allier à un inconnu en y foutant toutes ses billes parce que « j'étais un ami de ton papa ». Il subit un chantage par un autre mec qui a un moyen de pression très vague (mais il est trop puissant, il faut pas le fâcher) et commence à se prendre pour le Jason Bourne le plus bancal du monde. On a alors une série d'aventures où il se foire à peu près à chaque fois, il se laisse mener par le bout du nez sur la quasi-totalité du récit avant de réagir enfin et de faire quelque chose.

Le lien avec le reste du monde d'Évanégyre est très mince sur une grosse partie du livre, c'est simplement le projet dans lequel Rhuys investit qui concerne l'énergie dranique qui a donné toute sa puissance à l'ancien empire mais qui a été perdu depuis. le fait de placer l'empire d'Asreth sous forme de mythe du passé, mélange entre histoire et religion, donne une nouvelle profondeur à l'ensemble de la saga, c'est très bien amené. Mais pour le reste on est sur une histoire de bourgeoisie et de corruption, des ruelles qui suintent et la pègre qui fait des trucs louches. Il y a une trame globale de complot pas très passionnante et qui s'étale beaucoup trop sur la longueur. Ce n'est que dans les 100 dernières pages que la lumière se fait et qu'on raccroche un peu les wagons, et là l'intérêt du lecteur revient à la charge ! On voit où ça va, on ajoute une belle brique à l'édifice de cet univers mais je ne pouvais pas m'empêcher de penser que les 400 pages précédentes étaient vraiment superflues pour arriver à ça. En taillant une bonne moitié du roman, je pense que le propos aurait été aussi puissant… Mais que je me serai moins ennuyé…

Autre obstacle : La « relation » que vit Rhuys, éperdument amoureux d'une Vendeuse qui s'adonne à un commerce fort étrange, je n'y ai jamais vraiment cru. Il croise deux fois cette femme et elle l'obsède en permanence. Tout ce pan de l'histoire fait une grosse parenthèse où Davoust se lâche sur les symboles de la transmission de récits, de création et de partage, où on voit bien que l'écrivain parle d'écriture en faisant du méta et du poétique, et pris à part c'est une belle thématique. Seulement, on se demande ce que ça fout là. La Vendeuse joue la mystérieuse bohémienne torturée à l'excès et j'avais plus envie de lui mettre des gifles que de la comprendre. C'est juste une fille paumée en pleine dépression qui fait le truc le plus stupide qu'elle ait pu trouver pour se sortir de ça. Et on est censés trouver ça beau et touchant !

Sur ce roman, j'ai apprécié l'ambiance de cette ville et les cent dernières pages qui apportent vraiment quelque chose, qui proposent une réflexion sur la course à la technologie, la puissance et la guerre. Là on a vraiment apporté quelque chose à Évanégyre, sa mythologie, son histoire et la beauté de cette fresque. Seulement, cette belle qualité arrive après 400 pages d'une histoire de trafic et de corruption beaucoup trop étalée et quelconque, malgré la beauté et l'inventivité de son cadre. C'est un peu frustrant.
Lien : http://ours-inculte.fr/port-..
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