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Bernard Blanc (Traducteur)
ISBN : 2228895962
Éditeur : Payot et Rivages (30/04/2002)

Note moyenne : 4.45/5 (sur 53 notes)
Résumé :
Carder le coton avec sa grand-mère lorsqu'il était tout petit, trimer dans les ranches du Texas ou les ports du Mississippi, sillonner le Vieux Sud avec les vagabonds, élever une famille nombreuse en pleine ségrégation raciale, cela n'a pas empêché George Dawson (1898-2001) de devenir centenaire et de conserver un optimisme à toute épreuve. Cette vie qui a fini par se confondre avec l'histoire de l'Amérique et celle du XXe siècle méritait bien un ouvrage, mais Georg... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
Kittiwake
  30 juin 2014
Peu d'hommes sur la planète ont eu ce privilège de vivre sur trois siècles. Et c'est pourtant ce qui est arrivé à George Dawson, cet petit fils d'esclave né en 1898 et décédé en 2001. Dans sa simplicité et son dénuement cet homme nous livre un extraordinaire message de sagesse. Parce que "ce qui doit arriver arrivé et que les choses sont ce qu'elles sont". L'exposé de sa vie, filtré au gré des entrevues avec le journaliste Richard Glaubman, est édifiant. Une enfance pauvre, dans une Amérique ségrégationniste, une vie de labeur dès onze ans, et pendant plus de soixante dix ans, en acceptant ce qui se présente, quelle que soit la difficulté de la tâche, pour finalement apprendre à lire à ....98 ans, un peu par hasard, parce que quelqu'un frappe à sa porte pour lui parler d'un programme d'alphabétisation pour adulte. Pourquoi avoir attendu si tard? Pas le temps, d'autres urgences, et le développement de facultés de mémorisation et de compensation de ce qui pourrait sembler un handicap majeur dans notre monde moderne. le plus drôle est qu'il a pu le cacher à ses enfants, tout en les aidant à faire leurs devoirs, et leur avouer la supercherie des années plus tard.
George Dawson n'a pas fréquenté les salles de classe, mais a appris à l'école de la vie, faisant siens quelques principes hérités de son père, et vérifiant au fil des rencontres et des expériences variées leur bien fondé.
Sa condition d'homme de couleur, à une époque où le terme politiquement correct d'afro-américain n'avait pas cours, a toujours conditionné sa manière d'être, l'incitant à une perpétuelle méfiance : ne pas provoquer, rester à sa place. Mais lorsqu'il évoque sa découverte des états où la ségrégation n'existe pas, la révolte qui aurait pu en résulter ne voit pas le jour. Profiter de ce que l'on a : et c'est tout. Ainsi lorsque Richard lui demande s'il considère que son bol est à moitié plein ou à moitié vide, il répond qu'il contient juste ce qu'il faut.
C'est une magistrale leçon de sagesse et d'humilité, qui prouve une fois de plus s'il en est besoin que le bonheur est sur le chemin.
Lien : http://kittylamouette.blogsp..
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paulotlet
  20 août 2013
A l'âge de 98 ans, Georges Dawson décida d'apprendre à lire et à écrire. Juste parce qu'il avait toujours eu envie d'en être capable. Lorsque Richard Glaubman entendit parler de ce vieil homme qui était retourné à l'école, il le convainquit de raconter son histoire.
A travers le récit de la vie de Georges, c'est un siècle d'histoire américaine qui est évoqué. Une histoire de ségrégation où on croise le Klan, où on assiste à des lynchages, à des vexations quotidiennes, où les noirs restent à leur places, respectent les maîtres, où on croise des jeunes recrues obligées de changer de wagons à leur retour au pays après la grande guerre.
Georges, lui, n'a pas fait de politique. Il a grandi avec quelques principes moraux bien ancrés dans la tête. respect des autres, respect du travail bien fait, obéissance aux patrons. Armé d'un invraisemblable optimisme, il a voyagé, visité les Etats du Nord et du Sud, et même le Mexique, un pays dont les trains n'ont pas de compartiments pour gens de couleurs. Il a cardé la laine avec sa grand mère, servi comme garçon de ferme chez des blancs alors qu'il n'avait pas dix ans, il a construit des digues sur le Mississippi, traversé la plaine dans des trains de marchandises avec des hobos, été ouvrier et même jardinier à plus de 80 ans. Il a travaillé dur et mouillé sa chemise. Mais à 95 ans, il voulait arrêter, aller à la pêche et aux matches de Baseball.
Glaubman écrit à la première personne, c'est de la bouche de Georges que nous entendons ce récit fascinant. Ce qui frappe, c'est la générosité de l'auteur qui, sans encenser l'homme, met en évidence un héroïsme au quotidien, une volonté sans faille, une sorte d'abnégation naïve, une humanité profonde qui ont permis à Georges de traverser les difficultés de la vie, et Dieu sait s'il en a connu, sans jamais flancher.
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brijouII
  12 août 2013
George Dawson , noir , américain, est né au Texas en 1898.
Il a traversé tout un siècle ; il a connu une vie difficiel,faite de travail, de pauvreté, de soumission à la race blanche.
Il a connu une série de présidents, vu les premières automobiles, construit la ligne de chemin de fer qui relia les grandes villes du Middle West,…
Il a connu le KKK (KuKluxKlan), s'est vu infliger des humiliations, …
Il a connu pluisieurs guerres, vécu la dépression de 29, …
Il a vu naître et mourir les siens,…
Mais jamais il ne se plaint, ou ne songerait à le faire.
C'est que la vie n'a pas toujours été désagréable avec lui ; même s'il vivait pauvrement et durement, il a eu une famille , des frères et soeurs, une mère attentive et bonne cuisinière ; un père aimant et avec qui il entretenait des liens de profonde affection et d'admiration sincère et réciproque.
Marié quatre fois et quatre fois veuf, il est père de plusieurs enfants, petits-enfants, arrière-petits-enfants.
Levé tôt, couché tard ; fatigué et épuisé par de dures et longues journées d'un travail harassant, presque inhumain,analphabète jusqu'il y a trois ans, cet homme se raconte tout simplement, étonné d'être encore en vie et qu'on s'intéresse à lui.
Mais au-delà de l' histoire d'un homme, comme il doit y en avoir eu des milliers, ce récit est surtout à prendre comme une véritable leçon d'optimisme.
Sa lecture nous fait du bien.Tout simplement.
Un regret toutefois : que le livre ne soit pas accompagné d'une carte géographique décrivant les périples du héros.
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Jangelis
  22 mai 2016

Quel superbe témoignage ! Un régal à lire ce bouquin.
J'ai aimé :
- Combien il est tonique et positif, même si sa vie n'a pas toujours été forcément gaie.
- La découverte d'un siècle de vie en Amérique profonde. D'ailleurs au départ, c'est pour ça que je l'ai emprunté (j'arrivais d'un séjour en Californie).
Et vraiment, vu du coté noir, ça dépasse ce qu'on peut lire habituellement.
- Qu'il se passe tant de choses qu'on ne peut pas lâcher le livre. Pas une minute d'ennui.
Aucune monotonie, vue la vie bien remplie de notre centenaire.
On n'y croit pas forcément toujours à cent pour cent, mais pas grave, c'est passionnant.
Si le livre ne commençait pas par l'épisode du lynchage de son ami, sans aucun motif, je pense que je l'aurais donné à lire à mes petites-filles, on y apprend tellement.
De ce fait, j'attendrais un peu.
Je n'ai pas très bien compris pourquoi soudain, vers la fin, il se met à parler au passé simple. Bizarrerie de traduction ? Volonté de montrer qu'à présent qu'il sait lire, il parle différemment ?
J'ai regretté qu'il n'y ait pas de carte de l'Amérique du nord pour suivre un peu son périple. J'ai tracé son itinéraire sur l'ordi, mais pas toujours à portée pendant que je lis.
Je crois que mon passage préféré, même si j'ai aimé tout le livre, est sa brève incursion au Mexique.
D'abord surprise de la facilité de passer la frontière USA - Mexique dans les années 20.
Et puis, sa surprise à lui de découvrir que si près de chez lui, tout changeait : plus de wagon réservé, de fontaine à part, de restaurant interdit. On le considère comme un homme, plus comme quelque chose de transparent et non humain. C'est très étonnant.
"Jorge et moi, nous discutions à présent comme des gens normaux, même s'il était blanc et moi noir."
En conclusion, un livre à lire absolument, et si agréable à lire.
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agnesrobert
  25 janvier 2017
Une superbe biographie, celle d'un homme qui est toujours resté debout, durant les 102 ans de sa vie.
A travers son récit, c'est aussi l'histoire de l'Amérique ségrégationniste, celle des Etats du Sud (George Dawson est Texan) de la fin de l'esclavage, du Klu Klux Klan, des relations Noirs-Blancs, des petits fermiers pauvres mais dignes, du travail tout au long de la vie (l'auteur a travaillé jusqu'à 90 ans).
Mais c'est aussi et avant tout l'histoire d'homme libre : Jusqu'à ses trente ans environ, George Dawson a beaucoup voyagé par le train, parfois avec billet, souvent sans, sautant d'un train de marchandises à un autre en compagnie des nombreux oubliés, les bolos. George Dawson est ainsi allé, sans le sou, jusqu'au Canada. Et fait de multiples rencontres.
Un homme exceptionnel, qui n'ayant jamais pu aller à l'école, a appris à lire aux cours pour adulte à l'âge de 98 ans.
Une belle lecture.
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
veronique55veronique55   12 septembre 2010
P 297 On abandonna un moment tous ses livres et on sortit sur le véranda.
- Voyez cet homme assis devant chez lui de l’autre côté de la rue ? dis-je. On est voisin depuis des années. C’est un gars plutôt sympa. Là, en cet instant, quand je le regarde, je me dis que sa vie s’améliorerait peut-être s’il changeait certaines choses. Je pourrais sans doute lui expliquer quelques trucs qui l’aideraient. Mais c’est hors de question. – Et pourquoi donc ?
- Parce qu’il ne me l’a jamais demandé.
- Ainsi vous ne donnez des conseils qu’à ceux qui vous sollicitent ?
- Vous voyez, je pourrais très bien m’imaginer que je sais ce qui es le mieux pour lui. sauf que je ne connais pas ce qu’il y a vraiment dans le cœur de cet homme. Je lui dirai de faire ceci ou cela. Il acquiescera. Mais au fond de lui il n’est pas prêt à changer, ça ne fera aucune différence. Ca risque m^me de créer des tentions entre nous.
- Des tensions, Alors que vous auriez juste essayé de l’aider ?
- Tant qu’un homme ne vous demande pas de conseils, il n’a pas vraiment besoin de votre avis.
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JangelisJangelis   22 mai 2016
- Il vaudrait mieux qu'on rentre, dis-je.
- Pourquoi ? demanda Richard
- Vous voyez ce nuage, là ? C'est un cumulus bourgeonnant. On va avoir un gros orage.
- Il est tout seul, ton nuage, dit Sallie en rigolant. La météo annonce dix pour cent de chances de pluie. Je viens juste d'entendre le bulletin.
- Je vois le temps depuis un siècle; répliquai-je. Je sais ce que je vois.
Aujourd'hui, les gens allument la télévision pour savoir le temps qu'il fait, alors qu'il leur suffirait d'ouvrir la fenêtre et de mettre le nez dehors !
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JangelisJangelis   22 mai 2016
[Après que l'auteur qui l’interviewe lui ai montré le livre du Docteur Spock "L'Art d'être parents"]
- Fils, on n'apprend pas tout dans les livres. Le bon sens a encore de beaux jours devant lui. Elzenia et moi, on en avait à revendre ! Et on avait beaucoup d'amour aussi. Une famille a besoin d'amour pour bien fonctionner.
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JangelisJangelis   22 mai 2016
Les gens sont comme ça. Impossible de leur en vouloir de chercher à vous aider. Mais dans ce cas ils n'ont qu'à réserver leur bonne volonté à ceux qui en ont vraiment besoin. Moi, ça va. Ce n'est pas de ma faute si j'ai cent deux ans.
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paulotletpaulotlet   24 août 2013
J'ai toujours rêvé d'apprendre à lire. Personne n'a jamais deviné que je ne savais pas, et j'ai su garder mon secret. J'aurais été tout à fait capable de lire et mon cerveau fonctionne aussi bien que celui de n'importe qui. Mais c'est ainsi. Toute ma vie j'ai trop travaillé pour avoir le temps d'aller à l'école.
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Videos de George Dawson (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de George Dawson
Life is so good de Richard Glaubman et George Dawson aux éditions Petite Bibliothèque Payot
Carder le coton avec sa grand-mère lorsqu'il était tout petit, trimer dans les ranches du Texas ou les ports du Mississippi, sillonner le Vieux Sud avec les vagabonds, élever une famille nombreuse en pleine ségrégation raciale, cela n'a pas empêché George Dawson (1898-2001) de devenir centenaire et de conserver un optimisme à toute épreuve.
Cette vie qui a fini par se confondre avec l'histoire de l'Amérique et celle du XXe siècle méritait bien un ouvrage, mais George avait dû travailler trop jeune pour pouvoir apprendre à lire et à écrire. C'est à l'âge de quatre-vingt-dix-huit ans qu'enfin il a pris le chemin de l'école. Son ami Richard Glaubman, instituteur, l'a aidé à raconter ses mémoires qui valent tous les élixirs de jouvence.
http://www.lagriffenoire.com/life-is-so-good.html
Vous pouvez commander Life is so good sur le site de la librairie en ligne www.lagriffenoire.com
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