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EAN : 978B007PFLSBI
Éditeur : Editions ActuSF (05/04/2012)

Note moyenne : 4.07/5 (sur 21 notes)
Résumé :
Mexique : Juárez. La ville monstre dévore ses femmes. Leurs souffrances et leur sang nourrissent des cauchemars si anciens que la mémoire des hommes les a oblitérés.Allemagne : Un eros-center. Cinq étages sans ascenseur, plaisir hâté pour luxure tarifée. La romance qui naîtrait dans ces murs ne pourrait que se poursuivre dans la folie et la violence.Groenland : L'hiver est le dernier refuge de Cassandra. La désolation glacée pour couver l'oubli. L'oubli de soi et du... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
Verdorie
  15 octobre 2013
Dans sa critique, Boudicca vous prévient d'emblée : "âmes sensibles s'abstenir". Je m'apprêtais à écrire la même chose...mais que vous soyez sensibles...ou pas ; ces cinq nouvelles sur la violence faite aux (ou subie par les) femmes demandent à être lues. Munissez vous plutôt d'une solide carapace et gardez la porte de votre coeur entrouverte. Ainsi armée (d'avertissements et de protection), attendez-vous à recevoir la brutalité de certains textes de Thomas Day comme un poing en pleine figure !
Ce sont des fictions, basées sur la malheureuse réalité toute crue, qui parlent des femmes "enchaînées" avec violence par le destin et/ou par la sauvagerie calculée des hommes.
L'auteur est un écrivain de l'imaginaire et en tant que tel situe ses récits à la frontière du réel.
* Dans "La ville féminicide" (pour moi, un des textes majeurs), il fait e.a. référence à la mythologie aztèque pour tisser un lien vers et avec les disparues de Ciudad Juárez.
* Dans "Éros-center" qui se passe principalement en Afrique et en Allemagne, c'est l'ensorcellement par un sorcier proxénète qui change une jeune couturière en prostituée. (Cette nouvelle semble souffrir d'une construction "morcelée", sauf si vous la lisez en ordre chronologique, suivant la numérotation des chapitres, plutôt que l'ordre de pagination).
* "Tu ne laisseras point vivre" est l'histoire d'une jeune nymphomane qui pour fuir ses dons divinatoires et les tentations...s'installe sur les étendues enneigées de Groenland. (Ce récit détonne un peu parmi les autres).
* "Nous sommes les violeurs" est un texte plus politique : dans un futur proche et plausible, des historiens interrogent les survivants d'un commando, engagé pour éradiquer les champs de pavots en Afghanistan...des mercenaires survivants...et violeurs de femmes "pour la bonne cause"... écoeurant !
* "Poings de suture" est la plus courte nouvelle, parlant de se reconstruire après avoir subie la violence conjugale. Un récit plus "léger" pour clore le recueil...(mais qui m'a moins convaincu).
Des nouvelles qui racontent, dans le sexe et le sang, la misère de la condition féminine. Les propos de Th. Day sont souvent délibérément durs, incisifs et crus pour mieux nous rudoyer et nous secouer. Et il y réussit fort bien, puisque on se sent troublé, bouleversé et indigné.
En colère contre les hommes-bourreaux...inévitablement...
Solidaire avec ces femmes qu'on désire libérer de leurs chaînes.
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Foxfire
  08 août 2016
Une lecture commune du forum sf-fantasy m'avait permis de découvrir Thomas Day avec le roman "Dragon" qui abordait le thème difficile de la prostitution des enfants. Ce trop court roman, s'il m'avait paru un peu inabouti, montrait d'évidentes qualités qui m'avaient donné envie de découvrir d'autres oeuvres de l'auteur. Grâce à Domi (encore mille mercis à toi), j'ai donc pu m'attaquer à "women in chains", un recueil de 5 nouvelles ayant pour thème la violence faite aux femmes.
Comme tout recueil de nouvelles, le résultat est inégal, allant de l'excellent au décevant.
Les 2 récits que j'ai trouvé les plus réussis sont "la ville féminicide" qui évoque les disparues de ciudad Juarez et "Eros center" qui aborde le thème de la prostitution.
L'utilisation de la mythologie aztèque dans "la ville féminicide" est une brillante idée qui permet de mettre en lumière l'abjecte absurdité de ces crimes.
"Eros center" est un récit à la fois dur et très poignant. En donnant un coeur et une âme à ces filles qu'on préfère trop souvent ne pas voir, Thomas Day rappelle l'air de rien que les proxénètes sont des ordures.
"Nous sommes les violeurs" est un très bon récit. le propos de cette nouvelle se déroulant en Afghanistan est très dérangeant. Parfaitement maîtrisé sur la forme, j'avoue ne pas savoir quoi penser du fond. Finalement, peut-être trop dérangeant pour moi.
J'ai été déçue par "poings de suture" qui aborde le sujet de la violence conjugale. J'ai trouvé ce récit très anecdotique, trop léger alors que ce sujet tristement banal aurait mérité un traitement choc.
"Tu ne laisseras point vivre" est la nouvelle qui m'a le moins plu. En fait, je n'ai pas très bien saisi en quoi elle s'inscrivait dans la note d'intention de l'ouvrage.
Tout au long des 5 nouvelles, l'utilisation du surnaturel permet d'aérer un peu la lecture, de la rendre plus supportable. Cependant, l'aspect fantastique n'édulcore en rien la dénonciation. le propos est fort, dérangeant, révoltant et plus d'une fois on est tenté de poser le livre, de sortir de cet étalage d'horreur. Mais Day accroche le lecteur avec son style vif, cru et par sa capacité à créer des personnages forts. Car si les femmes de ces nouvelles subissent des violences, elles ne se résument pas à ce statut de victimes. Elles se battent autant qu'elles peuvent.
Si 2 récits sur 5 m'ont déçue, "women in chains" vaut largement le détour pour les 3 bons textes du recueil. "Women in chains" n'est pas une lecture agréable. "Women in chains" est une lecture oppressante, désespérante mais ô combien salutaire.
Challenge Petits plaisirs 2016 - 31
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boudicca
  17 juin 2012
Âmes sensibles s'abstenir! Thomas Day nous propose ici cinq petites nouvelles d'une brutalité et d'une violence presque insoutenable. Inspirée de faits réels « La ville féminicide » nous plonge dans le cauchemars de la ville de Juarez, l'enfer sur terre pour les femmes dont plus de cinq milles ont déjà été enlevées, violées et assassinées. L'auteur nous entraine ensuite à la découverte de la prostitution africaine en Occident avec « Eros center » puis en Afghanistan avec « Nous sommes les violeurs », nouvelle spéculative visant à choquer le lecteur pour le faire réfléchir. Enfin, avec « Tu ne laisseras point vivre » et « Poings de suture » nous suivons pour quelques pages le parcours de deux jeunes femmes : Cassandra, exilée volontaire au Groenland et Samira, confrontée pour la première fois à la violence de son conjoint.
Des histoires fortes, dures, glaçantes, insoutenables souvent, on peut dire que T. Day sait comme s'y prendre pour marquer ses lecteurs! Mais le tout est écrit avec beaucoup de talent et les idées originales foisonnent : il est nécessaire de parler des femmes et de la violence qui leur est faite partout dans le monde, pourquoi pas par le biais de la fantasy? Tout en abordant le massacre des femmes de Juarez, le quotidien des prostituées africaines ou encore le sort réservé aux femmes afghanes en temps de guerre, l'auteur trouve ainsi le moyen de nous parler également de sacrifices aztèques ancestraux, de puissante magie africaine, de malédiction familiale, de chasse aux sorcières...
Les héroïnes de T. Day sont toutes très différentes les unes des autres mais on on retrouve chez elles la même force, la même volonté de vaincre. Qu'il s'agisse de Joy, africaine naïve embarquée dans la prostitution, Cassandra, jeune femme pour qui le sexe est loin de n'être qu'une partie de plaisir ou encore Sayeda et Samira, la première violée, l'autre battue mais qui surent malgré tout se reconstruire, l'auteur nous livre des portraits de femmes attachantes, touchantes et profondément humaines. Une lecture difficile donc mais nécessaire, le sujet de la violence faite aux femmes étant trop souvent passé sous silence. « Women in chains » a le mérite d'en parler, de façon originale certes mais non pas moins sérieuse. Un recueil poignant après la lecture duquel on ressort groggy et pas totalement indemne.
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Tatooa
  16 octobre 2017
Un livre difficile... Voire insoutenable par moments... Thomas Day ne mâche pas ses mots, ne s'encombre pas de périphrases, et va droit au but. La dénonciation de l'inhumanité de l'humanité...
Comme je partage beaucoup de ses points de vue, bah j'apprécie que quelqu'un se révolte et le crie dans ses bouquins. Mais c'est dur à lire, hein, on va pas se le cacher. Un T. Day par an, c'est très suffisant...
J'ai lu le livre (oui c'est d'abord un livre) "Les disparues de Juarez" et vu le film "Les oubliées de Juarez". C'est donc une histoire vraie que je connais plutôt bien. Il serait bien pratique de croire qu'il y a un quelconque être malfaisant surnaturel derrière ces meurtres, hélas, j'ai bien peur qu'il n'y ait pas d'autres explications que l'inexplicable sauvagerie humaine... L'évolution n'est peut-être pas si évolutive que ça, au final. Au sens "grandir".
Les deux autres histoires qui sonnent ultra-réalistes dans ce livre sont "Eros-center" et "Nous sommes les violeurs". On sait que le viol est une arme de guerre. Bref la majeure partie de ce bouquin, ce sont à la base, des histoires vraies. Et même si "points de suture" n'est pas ce qu'elle aurait pu être, c'en est une aussi, d'histoire vraie, comme il y en a des milliers, avec à la clé non des femmes qui viennent à la boxe - quoi qu'il parait que c'est un sport qui se développe énormément au féminin ces derniers années, et tant mieux, ma foi - mais avec des mortes par centaines.
Il n'y a que deux intruses : "Tu ne laisseras point vivre...". Celle-là m'a laissée carrément perplexe. Il me semble qu'elle n'a rien à faire dans ce recueil. Elle m'a laissée aussi perplexe que l'ancienne camarade de classe de T. Day l'a laissé, lui. Il faudrait qu'il lise Alice Miller, ce monsieur, il apprendrait des tas de choses sur la violence et sa transmission, ou son intégration chez et par les victimes. Et "points de suture" qui n'est pas assez développée ni approfondie, très superficielle et pas tellement dans le ton du reste, non plus.
Bref, c'est un bon recueil, qui fait mal, mais surtout aux gens qui s'aveuglent, parce que ceux qui ont les yeux ouverts savent déjà tout ça. Merci à Domi_V qui a mis ce livre en circulation, et à Foxfire qui me l'a fait passer après l'avoir lu ! Rendez-vous ici pour connaître le fonctionnement de la "circulation" : https://www.babelio.com/forum/viewtopic.php?t=15390
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IreneAdler
  03 juillet 2014
Le thème commun des 5 nouvelles ? La condition féminine.Celle dont nous ne voulons pas : mort, prostitution, violence. le problème, c'est que partout dans le monde, tout cela existe, à des degrés divers, mais de même nature : le sexe féminin, dit faible, s'en prend plein la gueule. Et je reste polie.
Petite revue de détail :
"La ville féminicide". Ciudad Juarez, frontière Mexique/USA. Les chiffrer est impossible, des milliers de jeunes femmes ont disparu. Une sorte de grand sacrifice aztèque nouvelle formule ? Leurs morts ne seront jamais élucidées, les tueurs, violeurs... jamais inquiétés.
"Eros-center". En Allemagne, les maisons closes existent toujours. Les filles ont des conditions de vie décentes et travaillent dans une relative sécurité. Pour autant, est-ce vraiment la fin de l'esclavage pour les Africaines ? Un sorcier ne les a t-il pas envoutées ? Comment dans ces conditions se libérer ?
"Tu ne laisseras point vivre". Une nymphomane a aussi le droit de disposer de son corps comme elle l'entend. Non, c'est non. Pourtant, certains hommes pensent que TOUT leur est dû. Même le droit des pires atrocités.
"Nous sommes les violeurs". La nouvelle la plus dérangeante, celle qui fait surgir le plus de questions. Celle qui dit que violer les femmes leur donne une place dans L Histoire, chose longtemps refusée aux Afghanes. Entrer dans L Histoire parce qu'on a été violée, par le courage de sublimation, de prise de parole, ou par la vengeance. Là vraiment, il est possible de réfléchir à la place qui est laissée aux femmes, de la meilleure manière pour elles de se faire entendre.
"Poings de suture". La plus "banale", en France, les violences conjugales. Non, toutes ne sont pas des victimes impuissantes ou des monstres de vengeance et de violence. Il suffit parfois de trouver un exutoire, même temporaire, refuser de pardonner (même si ce ne sont "que" 7 points de suture) Être intraitable, avec soi également et se battre.
Parfois insoutenables, toujours crues mais jamais vulgaires par facilité. Un bon mélange de genres et de situation. Un sort souvent tragique, de beaux moments aussi, malgré tout et après bien des difficultés (parce que dans la vie non plus tout n'est pas toujours voué à l'échec.)
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critiques presse (1)
SciFiUniverse   04 avril 2012
Si l'auteur nous avait surpris récemment avec son roman Du sel sous les paupières, et avait semblé s'assagir, ce recueil nous prouve qu'il n'en est rien.
Lire la critique sur le site : SciFiUniverse
Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
VerdorieVerdorie   11 octobre 2013
[...] les mortes de Juarez sont un chiffon rouge, l'ombre portée de la lune...Tant que la justice et les médias se concentrent sur cette énigme, ils occultent le reste, et ce qui compte vraiment, c'est le reste. La vraie question n'est pas tant : pourquoi ces cinq mille femmes, oui cinq mille pas cinq cents, ont été assassinées ? La vraie question, c'est : à qui profite l'existence d'une ville industrielle, d'une grande ville-frontière où la vie des ouvrières ne vaut rien ?

(Dans : "La Ville féminicide", nouvelle publiée pour la 1e fois dans "Utopiales 2010" chez Actusf)
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VerdorieVerdorie   15 octobre 2013
J'ai parlé une fois du viol dans mon immeuble, j'en ai parlé un peu à la vieille qui garde mon fils. Elle m'a dit que son mari l'avait violée tant de fois que je pouvais me considérer comme chanceuse. Je lui ai dit que ce n'était pas pareil, alors elle a ri en me demandant : "Vraiment ?"

(Dans "Nous sommes les violeurs"... en Afghanistan)
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boudiccaboudicca   18 juin 2012
Vous voulez que je vous parle de Nusrat Mobarez? On parle beaucoup d'elle parce que son histoire coïncide avec la fin de la guerre de l'opium, parce qu'elle a tué certains de ses violeurs. En la glorifiant on oublie celles qui n'ont pas réussi à se relever, celles qui n'ont eu aucun choix, mais qui méritent pourtant notre respect. Le courage n'est pas donné à tout le monde. Qu'on demande du courage à un policier, je le comprends, ça fait partie du métier, mais qu'on l'exige de toutes les femmes afghanes, de toutes les femmes violées, je ne le comprends pas. Celles qui ont été violée comme moi et qui n'ont eu aucun courage ne méritent pas moins de respect que je n'en ai eu.
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boudiccaboudicca   17 juin 2012
« Les visages des disparus de Ciudad Juarez, « les mortes de Juarez » comme on les surnomme, sont imprimés sur des tracs, des affichettes, dans les journaux, les petites annonces... De nombreux corps, un sur dix environ, ne sont jamais retrouvés. Tu sais pourquoi... Tu entends ce bruit? Il est insupportable non? En robes blanches, écharpes roses au cou, les mères crient : « NI UNA MAS! » et dès le lendemain je leur réponds : « UNA MAS! » »
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VerdorieVerdorie   12 octobre 2013
(Félicité :) - Je voulais Paris.
(M. André :) - Et tu auras Francfort. C'est pas le même genre de saucisses...T'es pas au niveau de Paris, tu ne le seras jamais, t'es une motte de boue à peine sculptée...pas une panthère. [...] À Paris je suis trop connu, je ne peux plus mettre de filles comme toi à Château Rouge. C'était le bon temps. Celui des années Chirac. L'argent coulait à flots. Maintenant faut se farcir Sarkozy et la racaille nigériane. [...] Félicité est morte aujourd'hui. Joy vient de naître et Joy m'appartient : le parcours trois trous, l'âme et le reste.
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