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Citations sur Tu tueras le Père (39)

Souri7
Souri7   28 février 2017
— […] Vous devriez rentrer dans la police.
— Je m'engagerai seulement en cas de guerre.
[...]
— Je ne te savais pas si patriotique, observa-t-elle.
Dante la regarda sans comprendre.
— Patriotique ?
— Tu as dit que tu t'engagerais en cas de guerre.
— C'est juste parce qu'en temps de guerre il y a plus de civils qui meurent que de soldats, tu ne le savais pas ?
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Souri7
Souri7   27 février 2017
[...] les enfants n'ont qu'une seule façon de distinguer la vérité du mensonge. La vérité, c'est ce que les parents approuvent. Le mensonge, c'est ce qui les rend mécontents. Et les enfants sont capables de se souvenir de choses qu'ils n'ont jamais vécues, il suffit de le leur demander comme il faut.
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canel
canel   28 décembre 2017
[Il] était sur le point de répondre, mais il resta muet. Tout à coup, il s'était vu tel que ses hommes pouvaient le voir : un policier d'âge moyen, portant un trench-coat trop léger pour la température de cette nuit, que ses collègues les plus jeunes regardaient avec crainte à cause de ses accès de colère, que ses collègues les plus chevronnés évitaient parce qu'ils n'avaient pas confiance en lui. Et il pensa qu'ils avaient raison, car de toutes les sortes de flics, il appartenait à la pire : celle des flics qui n'en avaient plus rien à foutre. Il n'en avait rien à foutre qu'on arrête le vrai ou le faux coupable, rien à foutre que quelqu'un se fasse mal ou meure, rien à foutre qu'il y ait, derrière les barreaux, un innocent ou un coupable. Parce que l'important, pour lui, c'était de refermer le dossier et de ne pas se laisser casser les couilles. 'Aller dans le sens du bois', comme disait sa mère. Enfant, il rêvait d'être le protagoniste d'une de ces scènes qu'on voit dans les films, où le policier, éclairé d'une lumière angélique, est applaudi par ses confrères pour avoir accompli une action héroïque. Mais ce rêve avait lentement disparu, au profit de ce fonctionnaire gris qui savait toujours de quel côté de la table il fallait s'asseoir, à qui donner raison ou tort.
(p. 600-601)
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canel
canel   27 décembre 2017
- Un vilain accident, et une certaine ironie du sort. Ils revenaient juste d'un pèlerinage au sanctuaire, et voilà comment le bon Dieu les a récompensés. Les voies du Seigneur sont impénétrables.
- Impénétrables, reprit Colomba qui avait cessé de s'interroger ainsi depuis le catéchisme.
(p. 339)
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canel
canel   26 décembre 2017
Colomba perdit son calme, elle rangea les assiettes dans le lave-vaisselle, remit ses rangers sans chaussettes et sortit en claquant la porte. Elle marcha jusque chez elle, l'estomac serré, avec l'envie d'être agressée par n'importe quel gros porc qui lui donnerait l'occasion de se défouler. Elle fit exprès de passer par les ruelles les plus sombres, en ralentissant le pas, pleine d'espoir, au moment de croiser des individus de sexe masculin, mais le nuage noir qui l'entourait suffisait à les tenir éloignés. Quand elle entra chez elle, elle était encore plus frustrée et elle eut presque envie de frapper à la porte du voisin qui, un jour, lui avait rapporté son string tombé du fil à linge (le lendemain, elle avait acheté un sèche-linge) et qui s'était présenté avec des yeux perçants comme des rayons X. « Il doit sûrement vous aller très bien », avait-il dit. Elle s'était contentée de le lui arracher des mains et de le renvoyer, mais maintenant elle aurait aimé le rencontrer, lui et son petit sourire plein de sous-entendus.
(p. 145-146)
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canel
canel   31 décembre 2017
Ils vivent ensemble depuis près d'un demi-siècle. Il a fait carrière comme fonctionnaire avant de partir à la retraite ; elle a élevé deux enfants qui donnent des nouvelles au moment des fêtes. Elle a supporté ses trahisons épisodiques, maintenant anciennes et à moitié oubliées ; lui, ses instants de fragilité émotive, quand elle n'arrivait pas à sortir du lit et gardait les stores baissés pour échapper à la lumière du soleil. Le temps a gommé les différences et a arrondi les angles, il les a assimilés et rendus dépendants l'un de l'autre. C'est pour ça que, ce soir, elle ne sait pas comment lui dire que les résultats des examens ne sont pas rassurants, qu'ils révèlent clairement une masse tumorale dans sa poitrine. Ce dont elle a le plus peur, ce n'est pas de la mort, mais de le laisser, lui, tout seul. Elle se demande comment il pourra continuer sans elle.
(p. 60-61)
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MagEv
MagEv   11 octobre 2015
- Mais tu n'as pas besoin de dormir ?
- Je connaissais un type qui ne dormait jamais, répondit Dante.
- Et comment il a fini ?
- On lui a tiré une balle dans la tête, maintenant il dort un peu trop.
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ladesiderienne
ladesiderienne   02 décembre 2017
Même si ses parents avaient été de fervents catholiques, Rovere avait grandi en proie au doute, ce doute constant et cette volonté de comprendre qui l'avaient aidé dans sa carrière de policier. Mais comment appliquer la pensée rationnelle à l'inconnu, au transcendant ? Trop sceptique pour croire et trop imprégné de tradition pour refuser l'idée de Dieu, Rovere oscillait entre les deux. Il n'allait pas à la messe, mais il ne se disait pas athée, ni même agnostique. Dieu existait probablement mais il était tellement loin du monde et des hommes qu'y croire ou pas ne faisait aucune différence.
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ladesiderienne
ladesiderienne   01 décembre 2017
Anzelmo s'arrêta tout de suite après l'entrée en pointant son arme vers le centre de la pièce et en criant : "Police. Avancez les mains en l'air !"
Chaque fois qu'il prononçait cette phrase, il avait l'impression de jouer dans un mauvais film. Pourtant, il n'en avait jamais trouvé d'autre qui soit aussi efficace. Heureusement, étant donné la nature de son poste, cela ne lui arrivait pas souvent, et il n'avait jamais utilisé son arme qu'à l'entrainement. Colomba, en revanche, lui semblait être du genre à se servir de son pistolet même à la maison, pour ouvrir des bouteilles.
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Gudulle
Gudulle   08 novembre 2015
Dante descendit et s'approcha de la ferme, l'estomac serré: derrière le bâtiment, un soleil énorme et tout rond disparaissait. Les murs étaient couverts de graffitis et de tags de crew locaux, d'inscriptions obscènes et d'hymnes à Pantani. Il y avait une odeur nauséabonde de marécages et de feuilles pourries. L'odeur n'avait pas changé.
Je suis revenu à la maison, pensa-t-il. La seule maison que j'aie jamais eue.
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