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Catherine Siné (Traducteur)Serge Quadruppani (Traducteur)
ISBN : 2757803123
Éditeur : Métailié (26/04/2007)

Note moyenne : 3.85/5 (sur 93 notes)
Résumé :
Le Libanais, le Froid, le Dandy, le Buffle, Patrizia : une belle brochette de malfrats a fait main basse sur Rome à la fin des années 1970. Pendant vingt ans, la "bande de la Magliana" mettra la capitale en coupe réglée. Loge P2, terrorisme noir, assassinats, corruption de politiciens, services secrets - rien ne lui échappe. Un roman épique passionnant sur l'une des plus puissantes organisations criminelles jamais démantelées en Italie.
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Critiques, Analyses et Avis (20) Voir plus Ajouter une critique
sandrine57
  07 mars 2012
Rome, fin des années 70. Une bande de petits délinquants décide de monter un gros coup. le Froid, le Buffle, le Libanais, le Dandy et quelques autres enlèvent le baron Rosellini et exigent une rançon. Mais une fois la somme obtenue, le Libanais et le Froid, les têtes pensantes du groupe, bousculent les habitudes. L'argent ne sera pas dilapidé mais servira à alimenter un pot commun qui financera des actions de plus grande envergure. C'est le début d'une organisation criminelle qui sévira à Rome pendant une quinzaine d'années. le jeu, la drogue, le proxénétisme, le racket...bientôt ils contrôlent tout, intimidant les concurrents, abattant les plus récalcitrants, compromettant les politiques et soudoyant la police.
Au même moment, l'Italie vit ses "années de plomb". Enlèvement et assassinat d'Aldo Moro, attentat meurtrier à la gare de Bologne, Les Brigades rouges sèment la panique dans tous le pays et mobilisent toute l'attention des forces de l'ordre, de la justice et du monde politique. Ce qui laisse le champs libre à la petite bande. Seuls le commissaire Scialoja et le substitut Borgia ont compris l'importance sans cesse grandissante de l'organisation et de ses ramifications mais leur lutte semble vaine. Borgia doit transiger avec sa hiérarchie et Scialoja est irrésistiblement attiré par Patrizia, magnifique prostituée maîtresse attitrée du Dandy.

J'ai beaucoup aimé cette plongée au coeur du grand banditisme romain, dans ce monde d'hommes qui se veulent durs et cachent leurs faiblesses. L'amitié est leur force et la traîtrise se paye par le sang. Leur ascension s'accompagne d'un besoin de reconnaissance et d'un embourgeoisement qui laissent les idéalistes sur le bord du chemin. Ils n'ont aucun scrupule à abattre un concurrent ou un traître mais refusent de tuer des femmes ou des enfants. Ils rackettent, volent, pillent mais soutiennent financièrement les familles de ceux qui sont en prison. Cet espèce de code d'honneur peut aussi voler en éclats quand l'appât du gain et l'ambition prennent le pas sur les idéaux.
Les personnages sont bien campés, le rythme rapide et l'écriture de Giancarlo de CATALDO fait penser à celle de James ELLROY. On passe donc un bon moment avec cette histoire sombre et violente.
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Aline1102
  08 septembre 2012
J'ai été étonnée d'apprendre que la Banda della Magliana a réellement existé. Il s'agissait en fait d'une bande de malfrats italiens tirant son nom du quartier d'origine de ses membres et leurs activités se sont terminées en 1992, après vingt-deux ans de crimes en tous genres. Wikipédia en donne d'ailleurs un aperçu par ici : http://fr.wikipedia.org/wiki/Bande_de_la_Magliana.

Bizarrement pourtant, on ne peut s'empêcher d'éprouver une certaine admiration pour le groupe de mafieux que nous présente Giancarlo de Cataldo, du moins au début du roman. Car même s'ils promulguent leurs propres lois et ne respectent pas l'ordre établi, ils respectent un certain code d'honneur et semblent plus intègres que les deux flics corrompus (appelés simplement Z et X) qui fréquentent la maison close de Patrizia et sont en relation avec la bande.

Mais, bien entendu, les choses finissent pas se corser. Des rivalités naissent entre les différents membres de la bande, certains font bande à part (c'est le cas de le dire !) et les gentils voyous du début se transforment peu à peu en personnages peu recommandables.

Scialoja, le jeune commissaire aux dents longues, et Borgia, le substitut du procureur, sont aussi des hommes très droits. Même si, on s'en doute, ils ne sont pas du même côté que les Libanais et sa bande, eux aussi ont un code d'honneur qu'ils respectent à la lettre.

Ce roman est é par Seuil parmi ses polars ; pourtant, à la lecture, on se sent plutôt plongé dans un portrait de la société italienne à un moment précis de son évolution. Je n'irais pas jusqu'à qualifier le roman de de Cataldo d'enquête sociologique, mais le récit est quand même très éloigné du polar traditionnel.

L'auteur est juge auprès de la Cour d'assises de Rome et cela apporte une perspective particulière à l'histoire : les dispositions du droit pénal sont ainsi parfaitement exploitées par l'auteur qui n'hésite pas à nous relater les déboires de Borgia en détail. Les interventions des différents acteurs de l'ordre judiciaire sont également parfaitement illustrées (flics corrompus, avocats véreux, magistrats blasés) ce qui renforce encore l'impression de réalisme qui se dégage du roman. de Cataldo nous semble presque devenir, quand on avance dans le récit, un témoin privilégié des scènes qu'il raconte.

Finalement, " Romanzo criminale " est une bonne découverte et un polar (puisqu'il faut bien respecter le ement de l'éditeur) très intéressant. Moi qui ne lit pas beaucoup d'auteurs italiens, j'ai été séduite par celui-ci.
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oblo
  22 juin 2018
Si, dans la vie, on s'en passerait bien, il faut pourtant que le sang coule pour faire un bon roman noir. L'Italie des années 1970 et 1980 offre un excellent contexte à tout criminel qui voudrait s'enrichir et à tout bon romancier qui voudrait relater leurs exploits. C'est précisément ce qu'offre de faire Giancarlo de Cataldo dans Romanzo criminale en s'inspirant de la bande de la Magliana.
Le contexte, c'est d'abord une Italie encore marquée par le fascisme (ne serait-ce qu'idéologiquement) porté par Mussolini puis par des hommes comme Almirante, et une Italie brûlée à vif par le terrorisme communiste (enlèvement d'Aldo Moro, attentat de Bologne) qui donne son nom à ces "années de plomb". Pour des hommes de la trempe du Libanais, du Dandy, du Froid et des autres (l'Echalas, Botola, Ricotta, les frères Bouffons, le Buffle, le Sarde, Trentedeniers), c'est une voie royale pour s'imposer à Rome. Leur territoire : la criminalité. Plus particulièrement, le trafic de drogue, particulièrement rentable et qui va considérablement enrichir ces hommes. Sous l'impulsion du Libanais, ces hommes constituent une sorte de société où l'argent gagné est réinvesti, placé, constituant une caisse de sécurité pour ceux qui tomberaient. Les affaires marchent et la loyauté est de mise jusqu'à la mort du Libanais, au début des années 1980.
On ne pourrait pas parler d'une chute, mais d'une lente désagrégation. Dans la bande, aucun ne reprend le leadership, à commencer par le Froid, tête pensante mais bientôt occupée par l'amour qu'il porte à Roberta. Chez les autres, l'argent facile appelle la drogue, le luxe, les femmes. A leurs trousses, il y a aussi un juge, Borgia, et surtout un policier, Scialoja, idéaliste naïf à ses débuts, acharné surtout à faire tomber ces hommes qui ont mis Rome sous coupe réglée. Il faut encore ajouter à cette romance criminelle le parfum d'une femme, Patrizia, une prostituée qui devient bientôt la maîtresse du Dandy, la dernière tête pensante de la bande. Patrizia est une femme indépendante, forte et surtout indifférente aux crimes qui l'entourent, à son propre bonheur, aussi bien que, lentement, elle se laisse séduire par l'atypique Scialoja que la pourriture, lentement, finira aussi par gagner.
La bande sait s'entourer : le Sec fait tourner l'argent, l'oncle Carlo laisse planer l'ombre de la mafia, des liens existent avec la Camorra et N'drangheta. Les relations sont aussi étroites avec certains services de l'Etat comme le prouvent les ripoux X et Z et, plus encore, l'existence de l'énigmatique Vieux, sorte de personnalisation d'un Etat informel mais tout-puissant. Peu à peu, cependant, la prison et les jalousies déchirent la bande : les règlements de compte éclaircissent les rangs, les rancoeurs se font tenaces : le Dandy, particulièrement, est détesté par le Buffle.
On retiendra de cette lecture un souffle romanesque qui ne s'interrompt pas. Clairement, l'objectif de Cataldo est de s'immiscer au plus profond d'une histoire secrète : celle des bandits et de ceux qui les protègent, criminels eux aussi ou membres officiels de l'Etat. Si ce souffle n'égale pas la puissance de celui qui irrigue les oeuvres de James Ellroy, il peut lui être comparé par le rythme qu'il impose à l'histoire et par son refus de tout manichéisme. Cependant, si tous les personnages ont des caractères propres (cela est déjà une prouesse), on peine à s'y attacher, peut-être parce que l'usage presque totémique des surnoms les déshumanisent déjà un peu. Quoiqu'il en soit, c'est tout de même le portrait d'une Italie passée qui transparaît ici : mais un passé qui colle encore, parfois, à l'image de ce pays.
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Philemont
  26 juin 2013
Romanzo criminale est un roman historique sur « la Bande de la Magliana » qui sévit à Rome de 1978 à 1992. Son nom, attribué par les médias, est celui d'un quartier périphérique de la capitale italienne où ont grandi la plupart des membres du gang, notamment les leaders qu'étaient le Libanais, le Froid et le Dandy. Dès le départ leur objectif est la « conquête » de Rome à partir des marchés de la drogue et de la prostitution. Pour cela tous les moyens sont bons, de la corruption au terrorisme, en passant par les enlèvements et les exécutions sommaires. Leurs activités sont en outre intimement liées au contexte politique du pays à l'époque, en commençant par l'enlèvement et l'assassinat du Président du Conseil Aldo Moro par les Brigades rouges en 1978. La bande entretenait en effet des liens étroits avec des organisations mafieuses telles Cosa Nostra, la Camorra et la 'Ndrangheta, mais aussi avec l'extrême droite italienne...
Tout cela constitue un roman extrêmement dense dont le ton et le rythme de la narration ne sont pas sans rappeler ceux de James ELLROY dans certains de ses romans, tels ceux de la trilogie Underworld USA. Mais Romanzo criminale a bel et bien sa personnalité propre, acquise grâce au contexte politique si particulier des « années de plomb » italiennes, et à l'érudition de l'auteur sur l'histoire contemporaine de son pays. Il est vrai qu'en plus d'être écrivain Giancarlo DE CATALDO est aussi magistrat en cours d'assises à Rome.
Romanzo criminale n'est finalement pas un roman facile à lire, d'une part parce qu'il est bien difficile de s'attacher à l'un des quelconques personnages mis en scène, d'autre part parce que le contexte politique du roman est si complexe que le lecteur non italien aura toutes les peines du monde à en appréhender les enjeux sans documentation parallèle. Plus qu'un roman il s'agit en fait d'un document où sont relatés des faits sans qu'aucun jugement de valeur ne soit porté par l'auteur. C'est le lecteur lui-même qui est appelé à se forger sa propre opinion.
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le-mange-livres
  30 mars 2015
"Ils se connaissaient depuis toujours. Ils avaient formé ensemble une bande de gosses, et maintenant ils étaient juste une petite équipe."
Au départ, à la fin des années 1970, la bande, ce n'est pas grand chose, sinon des gamins animés par des rêves de domination de la ville éternelle. Pour atteindre ce but, une seule solution : s'approprier le marché de la drogue. Les premières actions de ces paumés sympathiques paraissent presque des fanfaronnades anecdotiques ... et puis la "famille" prend de l'ampleur, sous la conduite du Libanais, qui, assisté de ses fidèles lieutenants le Dandy, le Froid et le Buffle, et animé par un sens très sûr de la stratégie, tisse patiemment sa toile.
"Désormais, nous sommes une société, collègues, expliqua le Dandy, les décisions, on les prendra tous ensemble et personne ne jouera plus en solo."
Sous la forme d'un feuilleton, presque d'une série, Giancarlo de Cataldo démonte, d'une façon minutieuse et fascinante, les rouages d'une organisation mafieuse, la bande de la Magliana, qu'en tant que magistrat il connaît bien, dessinant finalement une fresque ambitieuse. de 1977 à 1992, on suit pas à pas, sous une forme assez entrecoupé l'essor, l'apogée et la chute de cette pieuvre, qui lance ses tentacules tous azimuts : de l'extorsion de fonds à la corruption, en passant par le trafic de stupéfiants et d'armes, le blanchiment, les intimidations et les meurtres, le tout géré par une organisation complexe et ramifiée. Car soumettre Rome demande une discipline de fer, qui s'impose de façon violente aux concurrents comme aux traîtres.

"Nous avons découvert des choses incroyables. Un fil qui partait de ce que j'appelle la mafia romaine, qui passait par l'assassinat de Moro, l'attentat de Bologne, dix ans d'homicides et menait au bunker d'un service spécial dépendant directement des appareils de l'Etat."
Face à la puissante bande, un flic et un magistrat, tenaces mais toujours à contretemps, constamment empêchés de confondre les criminels, se heurtant à la puissance de leur réseau."Ils avaient été près, tout près du coeur du système. Si près qu'ils pouvaient en renifler les relents pourris."
Car la famille est puissante, très puissante, dans cette Italie des années de plomb, où les attentats se multiplient, où les mafieux croisent les Brigadistes dans les geôles de la République italienne, où se nouent des relations douteuses entre l'appareil d'Etat, l'extrême droite et le crime organisé, des "connexions services - fachos - pègre". Mais la charnière des années 1980-1990 est aussi celle d'un changement d'ère, qui accélère le déclin et le délitement de la bande.

Pour prolonger la lecture de Romanzo Criminale, différentes options.
Pour un autre magistrat italien écrivain, voir les bouquins de Gianrico Carofiglio, tels que Témoin involontaire, mais selon moins un peu moins bon d'un point de vue littéraire.
Sur la mafia, sicilienne cette fois-ci, il y a du littérairement très bon, comme la trilogie de Piergiorgio di Cara ou encore son roman Hollywood-Palerme, ou bien sûr la mythique Chouette de Sciascia.
Et sur cette période très particulière des années de plomb, rien n'égale l'excellent et très beau Dolce Vita 1959-1979 de Simonetta Greggio.
Lien : http://le-mange-livres.blogs..
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Citations et extraits (20) Voir plus Ajouter une citation
ArnaudDArnaudD   16 octobre 2012
Il se pencha sur le morpion et lui murmura son nom à l'oreille. L'autre commença à trembler.
- Tu as entendu parler de moi ? lui demanda-t-il d'une voix douce.
Le Morpion hocha la tête. L'homme sourit. Délicatement, il plaça le canon sur le front du garçon et lui tira entre les yeux. Indifférent aux pleurs, aux bruits de pas, aux sirènes qui approchaient, il tourna le dos et, pointant l'arme contre cette putain de lune, hurla, avec tout le souffle qu'il avait dans le corps :
- Moi, j'étais avec le Libanais !
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bluelynxsbluelynxs   23 septembre 2010
- Tu es une femme sur le seuil, Patrizia. Tu es là parce que tu ne sais pas quoi faire. Tu te sens prisonnière et tu voudrais te libérer. Mais la liberté est la chose la plus coûteuse qui existe au monde. Même avec tout le fric du Dandy, tu n'arriverais pas à te la payer. Tu n'en ferais rien. C'est trop difficile pour toi. Comme pour n'importe qui, d'ailleurs.
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le-mange-livresle-mange-livres   30 mars 2015
Nous avons découvert des choses incroyables. Un fil qui partait de ce que j'appelle la mafia romaine, qui passait par l'assassinat de Moro, l'attentat de Bologne, dix ans d'homicides et menait au bunker d'un service spécial dépendant directement des appareils de l'Etat.
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le-mange-livresle-mange-livres   30 mars 2015
Le Dandy observait et apprenait : le Libanais était un chef-né. Il savait comment tenir en respect les sanguinaires et revigorer les faiblards.
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le-mange-livresle-mange-livres   30 mars 2015
Le Dandy ne possédait pas l'intelligence aiguë du Libanais, le caractère imprévisible du Buffle, et même pas la force obscure qui émanait des silences du Froid. Mais c'était comme si, à force d'être avec les autres, un peu de chacune de ces qualités lui était restée collée à la peau.
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