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Danièle Valin (Traducteur)
ISBN : 2070308049
Éditeur : Gallimard (13/05/2005)

Note moyenne : 3.52/5 (sur 110 notes)
Résumé :
Deux n'est pas le double mais le contraire de un, de sa solitude.
Deux est alliance, fil double qui n'est pas cassé. Dans "Le contraire de un", recueil de nouvelles mêlé au vacarme, au bruit du XXe siècle, Erri De Luca décrit un monde où la solitude, propre de l'homme, est ponctuée de moments précieux et forts d'alliance et de solidarité.
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Critiques, Analyses et Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
Ambages
  22 septembre 2016
Le contraire de un, c'est la beauté d'un pavé donné par une fille à un manifestant, c'est la naissance d'un enfant porté par sa mère, c'est la chaleur humaine partagée dans une fièvre. C'est Erri de Luca qui me transporte dans ses mots, secs, concentrés jusqu'à la souffrance qui sourd des pores de l'humain qu'il porte en lui. J'adore son écriture bien que d'un accès difficile pour moi, il me faut porter une attention particulière à sa lecture. Je ressens l'enchaînement des choses, la vibration de la terre, rude, montagneuse, tremblant sous les coups du canon ou du tonnerre. C'est une poésie de l'instant qui se propage à l'infini dans son intensité furieuse qu'il arrache aux mots. Magnifique ce contraire de un, cette unité qui commence à deux.
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Josephine2
  10 février 2017
A travers ces nouvelles, Erri de Luca raconte ses amours, ses amitiés qui ont égrenées sa vie, ses rencontres lors de ses pérégrinations, lors de ses divers combats pour la liberté quels qu'ils soient et lors de ses ascensions.
Ils racontent les rencontres furtives, éphémères avec l'autre, qu'elles aient abouties ou pas, les gens qui l'ont aidé à surmonter les pires tourments, notamment lorsqu'il a eu la malaria, ses peines d'être quitté, ou d'avoir quitté, ses regrets et ses Amours.
Un très bel hommage faite aux femmes et aux hommes qui ont traversé sa vie. Mais pas seulement. Même au plus fort de la mêlée, il n'a jamais été seul, « le contraire de un ». Il y a toujours plus avec Erri de Luca et c'est ce qui fait la force de ses livres.
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mireille.lefustec
  31 janvier 2018
Dix-neuf récits autobiographiques et un poème.
Petites séquences d'un vie bien remplie : professionnellement, engagement politique, amitiés.
De l'enfer de la chaîne de montage au paradis des cimes de montagnes, des sauts dans le temps, sur fond de la Rome rebelle de soixante-huit, du golfe de Naples, du nord de l'Italie, de la fatigue, la vraie.
Plus qu'un livre, c'est une sorte d'essai sur la vie, sur l'être profond du genre humain en harmonie avec la nature.
Et, pour moi, toujours le plaisir de lire les écrits d'Erri de Luca et ses engagements.
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Herve-Lionel
  05 février 2014
N°460 - Octobre 2010
Le contraire de unErri de Luca – Gallimard.
Le titre de ce recueil de nouvelles est à la fois énigmatique et évident ainsi que le note la 4° de couverture « Deux n'est pas le double de un, de sa solitude. ».
Un recueil comporte toujours une unité que recherche inconsciemment le lecteur. Ici, il présente deux parties et singulièrement c'est la deuxième, intitulée « Les coups des sens » et qui est la reprise d'un recueil publié quelques années plus tôt, où se justifie le plus ce titre. Ces courts textes qui évoquent effectivement les cinq sens sont, selon l'auteur, destinés à défaire «  le temps de quelques pages le noeud lâche et le noeud serré des récits sur l'aventure du deux, le contraire de un ». Ils se réfèrent principalement à des souvenirs de son enfance napolitaine, solitaire sans doute. Il confesse «  Je suis d'un siècle et d'une mer mineurs. Je suis né en leur milieu, à Naples en 1950 ». Plus loin De Luca confie à son lecteur «  Il a bien dû exister pour moi une heure où j'ai connu de quoi était fait l'envers des solitudes, le contraire de un » ou bien encore «  nous sommes deux, le contraire de un et de sa solitude suffisante ». le ton est donc donné.
Le recueil s'ouvre sur un poème à Mamm'Emilia (sa mère?). Il se poursuit par des textes où il est possible de lire la trace de son expérience militante, entre charges de police, gaz lacrymogènes et manifestations révolutionnaires, mais rapidement cette impression se dissipe et laisse place à une vision du monde différente, plus intime bien que fugace, comme en filigranes : « La jeune fille à la jupe bleue s'éloigna ce jour-là et qui sait qui a mérité de l'avoir entre ses bras ». Vient un autre texte, celui qui met en scène une femme qui attend son assassin sans le connaître qui aspire à la mort mais rejoint la vie grâce à une rencontre de hasard. Les femmes (ou les jeunes filles) comptent beaucoup dans l'oeuvre de de Luca, elles accompagnent souvent un parcours intime d'adolescent puis plus tard d'adulte, parce qu'elles sont l'objet de fantasmes, soit parce qu'il en tombe amoureux et qu'elles font un petit bout de chemin avec lui, soit parce qu'elles sont une sorte d'ombre dans sa vie qu'elles ne font que traverser. Que se soit durablement ou non, elles suspendent pour lui le temps et font échec à sa solitude, sont effectivement le contraire de un.
Ce sont des impressions d'enfance et d'adolescence napolitaines, pas vraiment tristes mais empruntes d'une certaine mélancolie. Les phobies ne sont pas absentes non plus (la mort, le noir, l'enfermement, l'étouffement, la peur de l'avenir...) qui sont des variantes de la solitude. Cette impression est prégnante tout au long de ces nouvelles et même lorsque qu'une équipe se forme, il revient toujours à ce concept de l'unique (« la moindre cordée de deux, même si elle s'entend bien, en a toujours un qui encaisse moins bien la retraite, qui voudrait risquer un peu plus » ). Plus tard, c'est sans doute en réaction contre cette enfance solitaire qu'il s'engagera dans des actions collective où l'individu certes agit conformément à un idéal individuel, mais le fait à l'intérieur d'un groupe.
Je ne peux passer sous silence la poésie qui s'attache à l'étrange attraction des mots (« J'observais plutôt la querelle des couleurs sur le marché de la palette qui avait un trou pour le pouce et le sien trempait dans la sauce de l'arc en ciel »).
l'hypothétique lecteur de cette chronique se sera sans doute rendu compte de l'intérêt que je porte à l'oeuvre d'Erri de Luca non seulement par la qualité de son écriture simple et authentique (qu'une traduction fidèle ne trahit pas) mais aussi à cause de son engagement politique, militant et humanitaire sans concession.
Chacun de ses livres est en tout cas pour moi un bon moment de lecture.

Hervé GAUTIER – Octobre 2010.http://hervegautier.e-monsite.com
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isabellelemest
  26 avril 2013
Dans ce court recueil de nouvelles, ou plutôt de textes autobiographiques, divisé en deux parties distinctes, Erri de Luca fait encore une fois preuve de sa sensibilité de poète, à la prose si dense et souvent poignante.
Les premiers récits sont consacrés à ses combats et guérillas de jeunesse, quand avec la génération de 68, (un peu plus tard en Italie), il se révoltait contre l'ordre établi. Manifestations, arrestations, amours et rencontres, c'est toute une époque, avec ses luttes parfois discutables, qui revit sous nos yeux. On n'est pas toujours persuadé que ces combats héroïques aient été le bon choix, mais l'erreur est humaine et qui ne l'a faite au même âge ?
En revanche la seconde partie, plus poétique, centrée autour d'impressions et de perceptions sensuelles est une réussite souvent très belle et très émouvante. L'auteur excelle à suggérer les ambiances maritimes de son adolescence à Ischia, les rudes courses en montagne où s'exprime son sens du défi et de l'exigence vis à vis de soi-même, mais aussi les fièvres et les amours croisées au long de sa vie.
Son écriture est si ramassée, d'une telle sobriété et densité qu'elle en a l'éclat et la dureté du diamant... Mais est-il possible, quel que soit le talent de la traductrice, de la faire passer dans une autre langue ? C'est souvent un regret de ne pas avoir l'original sous les yeux... Toutefois, à quelques aspérités près, l'émotion demeure et c'est l'essentiel.
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Citations et extraits (44) Voir plus Ajouter une citation
gavarneurgavarneur   11 octobre 2018
Meydl, o meydl ikh'l bay dir fregn
vos ken vaksn, vaskn on regn
vos ken brenen un nit oyfhern
vos ken benken, veynen on trern ?
Narisher bohker vos darfstu regn
a steyn ken vaksn, vaksen on regn,
libe ken brenen un dit oyfhern
a harts ken benken, veynen on trern.

Hé ! Toi la fille dis-moi si tu sais
ce qui peut naître aussi sans eau,
ce qui peut brûler sans extinction,
et souffre et pleure sans les larmes.
Stupide garçon, que me demandes-tu ?
Sans eau pourra grandir une pierre,
sans extinction brûle l'amour
et sans larmes souffre et pleure un cœur.

(Chanson populaire yiddish)
Page 170
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gavarneurgavarneur   15 octobre 2018
[…] Des pensées de cheval, agité, sans jockey, qui tourne en rond dans le sens contraire de la course. Je m'épuise exprès dans les heures de chantier. « Chiano, guagliò, c'amm'arriva' a stasera ancora vive », doucement, garçon, nous devons arriver à ce soir, me dit le vieux manœuvre en s'arrêtant un moment.
Mais aujourd'hui la pelle bouge toute seule dans ma main, c'est elle qui tient le bras et pousse dans le dos. Il insiste : Qu'est-ce que tu as mangé hier soir, de la poudre' à canon ? »
Et un instant après : « Tu veux aussi ma pelle ? »
Page 139
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gavarneurgavarneur   13 octobre 2018
Je compris pour la première fois que dans tous les tableaux on se met près de son auteur, derrière lui, au même endroit. À force de lire beaucoup de livres, de voir beaucoup de tableaux, on prend si souvent la place de l'auteur qu'on devient comme l'un d'eux. Cela dure peu, mais on garde l'impression d'une coïncidence.
Page 145
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PilingPiling   04 février 2010
Elle avait les mains abîmées par une maladie, la seule que j'ai aimée. Je vénérais ces doigts crevassées, rouges, endoloris, elle ne l'a jamais cru. Eût-ce été la lèpre, je l'aurais léchée pour me la coller à la langue, eût-ce été la mort, je l'aurais voulue moi. Moins que ça, l'amour n'est rien.


Les baisers ne sont pas une avance sur d'autres tendresses, ils en sont le point le plus élevé. De leur sommité, on peut descendre dans les bras, dans les poussées des hanches, mais c'est un effet de traction. Seuls les baisers sont bons comme les joues du poisson.


Moi, je l'ai eue, cette heure illuminée. Moi, je l'ai eue.
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ay_guadalquiviray_guadalquivir   10 mai 2011
"En toi je suis passé de cellule à squelette
Un million de fois je me suis agrandi,
Hors de toi l’accroissement a été immensément mineur.

Je suis éclos de ta plénitude
Sans te laisser vide parce que le vide
Je l’ai emporté avec moi.

Je suis venu nu, tu m’as couvert
Ainsi j’ai appris nudité et pudeur
Le lait et son absence.

Tu m’a mis en bouche tous les mots
Par cuillerées, sauf un : maman.
Celui-là le fils l’invente en battant ses deux lèvres
Celui-là le fils l’enseigne.

De toi j’ai appris les mots de mon lieu,
Les chansons, les injures, les blasphèmes,
De toi j’ai écouté mon premier livre
Derrière la fièvre de la scarlatine."
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