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EAN : 9782072822544
Éditeur : Gallimard (07/02/2019)
3.6/5   121 notes
Résumé :
Un soir d'orage, un homme lit un conte pour enfant à son fils, dans la pénombre. Le narrateur rêve cette scène et un fils qui n'a jamais existé. Il imagine qu'il lui parle de sa vie, de son enfance napolitaine et, au fur et à mesure, la parole intime donne consistance à ce fils imaginaire.
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Critiques, Analyses et Avis (46) Voir plus Ajouter une critique
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Afleurdelivres
  05 mars 2019
Haute voltige
Erri de Luca, l'immense Erri de Luca.
Chacune de ses phrases, aussi courte soit-elle, est un véritable moment de grâce.
L'auteur se fait tardif, d'enfant, il n'en a pas eu, n'en aura probablement jamais. Alors dans ce court roman à la densité incandescente, il s' invente un fils, lui donne corps un soir d'orage sans électricité, à la lumière rougeoyante d'un feu de cheminée et à la flamme apaisante d'une bougie. Et il en a une image précise de ce fils fantasmé, idéalisé, miroir de lui-même. S'engage aussitôt un dialogue passionnant marquant, et étourdissant de poésie.
Un face à face avec ce fils imaginaire, non de bois mais de mots, aux liens d'encre à défaut de sang, qui, sans ménagement va le pousser dans ses retranchements, le contrer, le contraindre au bilan, à une réflexion sur la vie, à l'aveu de ses failles et de ses limites, à un questionnement sur la transmission.
L'écrivain retrace sur un fil sensible des morceaux de vie, non sans une certaine hauteur et sagesse. Une analyse lucide de l'existence et un regard subtil sur son passé (son statut d'ouvrier, son militantisme, son amour de la montagne, de la solitude , la temporalité et surtout sa passion de la littérature et de l'écriture)
Ce loup solitaire invoque aussi des disparus qui s'extraient momentanément de leur gangue évanescente : son père fuyant et sa mère surtout, dont il a manqué de tendresse, pour retourner presque aussitôt dans « la coquille de l'absence ».
Sa nostalgie et sa mélancolie sont contenues, son récit sobre, sans pathos mais lumineux.
Et puis il y a...Naples, la rebelle l'anticonformiste, la théâtrale, l'intemporelle Naples. Grouillant de personnages bruyants aux tempéraments aussi explosifs que le volcan qui les domine, Naples, « leur système nerveux ».
Enfin, la métaphore du jeu de l'oie et son lancer de dés hasardeux , jeu de vivre, spirale de l'existence dans laquelle on passe et repasse.
La fin du roman est une perle d'émotion…
Absolument sublime
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fanfanouche24
  14 mars 2019
"Quelle puissance la vie, elle passe au-dessus de tout. (p. 85)"
Un dialogue imaginaire entre l'auteur ... et un fils inventé; l'occasion
pour Erri de Luca, de revisiter sa vie, son parcours, ses engagements
politiques,son amour pour ses parents, un père vénéré, la Guerre ,
sa passion pour la montagne ,les mots et les langues , la solitude !...
Texte très personnel qui nous offre comme un bilan de vie avec ses joies,
ses peines, ses engagements, ses idéaux, ses envies d'améliorer
le monde ! de beaux passages sur la ville de Naples , ville aimée et
quittée !
Erri de Luca nous raconte ou plutôt relate à ce fils imaginaire
sa vie d'ouvrier, les durs métiers manuel pour subsister, et enfin la
reconnaissance pour ses écrits et son travail d'écrivain, l'amour de l'italien,
langue de son père, etc.!
"L'exil serait pour moi d'écrire dans une autre langue.
Je peux en parler d'autres, les lire, mais l'italien est ma patrie, littéralement, parce que c'est la langue transmise par mon père." (p. 99)
Entre les réflexions, anecdotes, questionnements de l'écrivain, d'autres passages en caractère gras alternent... : les réponses ou observations du dit- fils imaginaire....
Et comme toujours dans les écrits d'Erri de Luca, une simplicité confondante et la poésie des mots, omniprésente qui nous "bercent"...




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berni_29
  21 décembre 2019
Le Tour de l'oie est le roman autobiographique d'un auteur qui m'est cher, Erri de Luca. Dans ce récit parfois exigeant, le narrateur invite à la confidence, invente aussi, le temps d'un soir, le fils qu'il n'a jamais eu, qu'il n'aura peut-être jamais. De surcroît, l'auteur imagine aussi la mère de cet enfant, l'invite à son tour dans ce récit. Mais tout l'intérêt du livre réside dans ce dialogue invité, qui convoque le passé, le présent, le futur.
C'est un récit autobiographique mais aussi romanesque. Erri de Luca utilise un procédé narratif pour dire ses faiblesses, les manques dans sa vie, ses regrets... Comment le dire mieux que jamais en inventant et convoquant ce fils imaginaire...
Cette conversation se passe le temps d'une soirée. Au fil de l'échange où Erri de Luca parle au fils qu'il n'a jamais eu, j'ai été attentif et touché par l'émotion qui transpire à petites touches, même si l'auteur cherche à se cacher derrière la pudeur, les silences, des choses difficiles à dire...
Tout se passe sur le ton d'une confidence. Nous sommes au plus près d'un père et d'un fils. Le père que je suis a forcément été touché...
Le narrateur évoque des thèmes politiques, culturels, personnels aussi...
Lire, écrire, ce sont pour lui des actes fondateurs, passant de l'un à l'autre comme on traverse le gué d'une rivière...
Dans ce récit, Erri de Luca, au travers des mots du narrateur, crie son âme rebelle, l'indignité qui fonde son existence, mais forcément aussi son œuvre.
J'ai aimé les mots évoquant sa mère, le passé, la passion de la montagne, la beauté du monde, le ressac de la mer qui a bercé son enfance, la langue différente entre le napolitain et l'italien, son corps qui vieillit. J'ai aimé ces mots touchants.
Ici chaque phrase de l'auteur est un plaisir indicible qui se déplie à l'infini.
Comment transmettre l'idée d'un engagement littéraire, culturel, politique, en quelque sorte le pouvoir des mots, si aucun enfant n'est présent pour prendre le relais ? D'ailleurs, si l'enfant était là, saurait-t-il, voudrait-t-il saisir ce relais ?
C'est une nuit offerte à la confidence où le père devient fils, où le fils devient père... C’est un vagabondage sans concession, une conversation consolatrice, une traversée vers l’autre de part en part, une invitation à une confrontation aussi, parfois le ton monte. Ces deux-là s'inventent tour à tour, s'inventent des espaces où exister enfin, ce père éphémère n'aura jamais autant existé que le temps d'une nuit où il s'invente un fils, se donnant une raison d'exister, un sens à sa vie, un fil conducteur dans cette existence chaotique...
"Ta présence suffit ici et ce soir pour créer ma paternité".
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gonewiththegreen
  03 octobre 2020
L'auteur n'a pas d'enfant.Mais il va s'en inventer un avec qui il va dialoguer un soir sans électricité, à la lumière et la chaleur d'un feu de bois. Avec cet enfant imaginaire, il va se lancer dans l'introspection, jeter un regard sur sa vie, son corps, sa famille, sa ville, Naples, ses passions, ses lectures...
Court roman, d'une densité incroyable. Comme à chacune de mes rencontres avec Erri de Luca, je suis subjugué par cette écriture si poétique , si précise.
En contre partie, la moindre seconde inattention me laisse sur le bord des mots, à les contempler sans les comprendre, à chercher un sens au texte.
Car ce livre me semble exigeant, beaucoup plus que l'excellent @impossible qui vient de sortir.
Ici , il n'y a pas de trame . juste un dialogue entre l'auteur et son fils imaginaire (qui est aussi doué avec les mots que l'auteur !). On passe des années de luttes ouvrières aux escalades en montagne , de l'ascension du Vésuve à l'admiration de Borgès.
Peu importe, chaque mot est source d'admiration , chapeau à la traduction au passage, mais aussi matière à réfléchir , à faire soi même son introspection.
On est pris dans le tourbillon des pensées de l'auteur , comme au jeu de l'oie où le lancer de dés va engendrer l'aléatoire.
Un vrai moment de littérature, où le, style et les mots magnifient la pensée.
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latina
  02 octobre 2019
« Celui qui lit ou qui écoute n'est pas un récipient vide à remplir, mais un multiplicateur de ce qu'il reçoit. Il ajoute ses propres images, souvenirs, objections ».
Erri de Luca a raison, et c'est pour cela que les lecteurs ne sont pas d'accord et même sont choqués de ce que certains détestent le livre qu'ils adorent. C'est souvent le cas sur ce site.
Erri de Luca parle bien de l'écriture et de la lecture.
Il parle bien de la vie, aussi. Je l'aime surtout dans ses romans, lorsqu'au détour d'une page, reluit soudain une phrase, une force, qui aide à avancer, ou qui tout simplement me fait opérer un retour sur moi-même.
Ici, ce n'est pas un roman. Mais plutôt une autobiographie déguisée sous la forme d'un dialogue entre l'auteur et le fils qu'il n'a jamais eu. J'ai trouvé ce procédé assez artificiel. J'aurais préféré qu'il se parle à lui-même, comme cela arrive souvent, à moi en tout cas, sûrement.
Et puis Erri de Luca parle de son passé « révolutionnaire », ou plutôt contestataire. de son métier manuel. de son absence de foi. de son côté écologique, « locataire de la Terre ». du processus de l'écriture. Et d'autres choses, encore.
Mais j'ai eu des difficultés à me passionner pour ce qu'il dit. A quoi cela tient-il… ?
A mes objections toutes personnelles sans doute.
Par moments, j'ai été fortement émue, et j'ai relevé ces passages. Pourquoi ?
Parce qu'ils reflétaient mes propres images, mes propres souvenirs.
« Dans une histoire juive, un homme évoque son propre grand-père, boiteux, qui racontait comment un célèbre dévot de son temps disait les prières. Dans son récit il s'enflammait au point de se lever et de se mettre à danser pour imiter cette intensité de prière. A ce moment-là, il ne boitait plus.
Voilà, disait ce type, c'est ainsi qu'il faudrait raconter.
En tant qu'écrivain, je ne fais pas danser le boiteux. Je le prends tout au plus par le bras. »
Oui, Erri de Luca, ici, m'a prise par le bras, sans conteste. Et je le suivrai encore, mais dans ses romans.
Car ceux-ci me font danser, et c'est ce que je préfère.
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critiques presse (9)
Liberation   15 avril 2019
Il s’agit ici d’une œuvre très intéressante durant laquelle on ne peut cesser de réfléchir à chaque ligne écrite. C’est un roman qui se différencie des autres par son procédé d’écriture qui est un dialogue permanent et ininterrompu entre deux personnes inconnues et pareilles à la fois.
Lire la critique sur le site : Liberation
LeJournaldeQuebec   09 avril 2019
Dans ce lumineux roman autobiographique, l’auteur de Montedidio s’est inventé un étonnant confident.

Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
Lexpress   01 avril 2019
Dans Le Tour de l'oie, roman autobiographique, l'auteur napolitain confesse ses faiblesses et ses forces, et l'importance de son éducation dans ses engagements.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Bibliobs   13 mars 2019
Dans le Tour de l'oie, l'écrivain italien s'adresse à l'enfant qu'il aurait pu avoir et fait le bilan de sa vie de combats.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
LeFigaro   21 février 2019
Erri De Luca offre au lecteur un récit conçu comme le face-à-face elliptique d'un homme avec le fils qu'il n'a pas eu.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
LeMonde   15 février 2019
Il est Napolitain, alpiniste et militant écologiste. Autant de traits qui font la matière de ses ouvrages, et particulièrement du Tour de l’oie, son nouveau livre, récit-bilan où il se raconte au fils qu’il n’a jamais eu.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Culturebox   14 février 2019
Avec ce Tour de l'oie, Erri De Luca publie sans doute son livre le plus intime, une mise à nu, en forme de tour de passe-passe, d'illusion ("du latin "in ludere", entrer dans le jeu", le narrateur aime ça). A travers la confrontation avec ce fils inventé, c'est toute son existence, toute sa vie d'homme et d'écrivain que questionne l'auteur.
Lire la critique sur le site : Culturebox
LaLibreBelgique   14 février 2019
Le tour de l’oie, le nouveau livre d’Erri De Luca, 68 ans, poursuit ses réflexions sur sa propre vie. Il est comme une suite, aussi merveilleuse, à Le Plus et le Moins. Récit poétique et profond sur notre liberté, nos engagements, la paternité, les mots.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Telerama   12 février 2019
Son dernier livre, Le Tour de l’oie, prend la forme d’une autobiographie. Le romancier italien y raconte, avec humilité, une vie d’engagements. Pour la justice sociale, pour la nature, les migrants et, bien sûr, la littérature.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (110) Voir plus Ajouter une citation
berni_29berni_29   21 décembre 2019
Dans chaque ville où je vais, je goûte l'eau d'une fontaine. Je bois et je deviens un hôte en ingérant le mélange local qui change de saveur, de consistance.
Il y a des eaux légères, des eaux de pluie, qui coulent vite, et des eaux de puits, de citernes qui sont reposées et qu'il faut boire à petites gorgées.
Je vois un rapport entre la langue d'un endroit et son eau.
J'ai lu quelque part qu'environ une vingtaine de langages s'éteignent par an.
Une dernière personne meurt et la fontaine d'un vocabulaire s'assèche.
La dernière syllabe prononcée coïncide avec la dernière goutte.
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fanfanouche24fanfanouche24   15 mars 2019
La page est l' aujourd'hui dont j'ai besoin. (...)
L'écriture est mon aujourd'hui et je suis content qu'elle soit , quelque part, l' aujourd'hui d'un lecteur.
Les lecteurs suivants auront leurs auteurs suivants, car je reste persuadé que, tant que l'espèce humaine existera, elle continuera à se faire raconter des histoires.
Les enfants sont plus gourmands, ils naissent avec une sarabande de terreurs à calmer par les histoires. (p. 113-114)
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latinalatina   02 octobre 2019
Quelle puissance, la vie, elle passe au-dessus de tout.
Une autre journée s'annonce, et on se sent tiré en avant, au-delà de sa mère morte.
Tiré en avant par une corde, le corps inerte, on laisse une trace par terre.
Tout nous irrite (...)
Et ce soir, je ne me souviens plus de sa voix.
Quelle puissance, la vie, impudente, à lui cracher au visage. Et je peux le faire parce que le visage sur lequel cracher est le mien.
Et le crachat n'enlève pas un gramme de la peine.
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fanfanouche24fanfanouche24   13 mars 2019
Cette histoire répétée continuait à faire rire en famille. J'ai dû rire moi aussi.
Mais en l'écrivant, non. En la racontant en silence sur une page, c'est le fond de désespoir d'un homme tentant de se sauver du ridicule qui ressort.
C'est pourquoi dans l'écriture perce le reste de l'amertume qui existe sous la surface du rire. (p. 68)
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fanfanouche24fanfanouche24   14 mars 2019
L'exil serait pour moi d'écrire dans une autre langue.
Je peux en parler d'autres, les lire, mais l'italien est ma patrie, littéralement, parce que c'est la langue transmise par mon père. (p. 99)
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Vidéo de Erri De Luca
Pour la rentrée littéraire 2021, c'est l'immense Erri de Luca qui rejoindra Futuropolis pour L'Heure H, son premier scénario de bande dessinée, signé avec Cosimo Damiano Damato et Paolo Castaldi, dans l'Italie ouvrière des années 1970. C'est aussi l'adaptation d'Un Roi sans divertissement, de Jean Giono, par Jean Dufaux et Jacques Terpant. C'est l'histoire personnelle de David Prudhomme, qui raconte une enfance à Chateauroux où l'on attend du Bruit dans le ciel. Et c'est enfin un tour dans les coulisses d'Hollywood avec son premier géant, Fatty, raconté par Julien Frey et Nadar. Bonne rentrée !
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