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Danièle Valin (Traducteur)
EAN : 9782073060587
160 pages
Gallimard (02/05/2024)
3.8/5   323 notes
Résumé :
Dans les montagnes près de la frontière entre l’Italie et la Slovénie, un vieil horloger a pour habitude de camper en solitaire. Une nuit d’hiver, une jeune tzigane entre dans sa tente et lui demande de l’abriter. Elle a fui sa famille et le mariage forcé qu’on lui imposait de l’autre côté des montagnes. L’homme cache la clandestine de la police et de son père qui la cherche pour la punir, peut-être la tuer. Cette rencontre inaugure une entente faite de dialogues no... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (48) Voir plus Ajouter une critique
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« Lui, c'est un vieux campeur solitaire. Il passe de longues périodes en montagne, même en hiver. Elle, c'est une jeune gitane qui a fui sa famille et son campement. » Ajoutant que l'histoire « se passe à une époque récente, si le XXe siècle l'est encore », l'auteur s'efface aussitôt du récit qui, sans plus d'intervention extérieure, ni même de noms pour lui et elle, laisse le dialogue, puis un échange de lettres, et enfin un cahier, nous faire comprendre le fil des événements, au gré de ce que les personnages voudront bien se dire. Au bout du compte, comme l'un et l'autre auront longtemps gardé leur part de secret, le dévoilement final sera aussi inattendu pour eux que pour le lecteur.


De lui, l'on pensera tout savoir quand il racontera distraire sa vieille solitude bien réglée d'horloger réparateur de montres anciennes en venant souvent camper sauvagement sur la frontière italo-slovaque et en s'investissant dans une fondation humanitaire, nommée Mikado en référence à sa passion pour ce jeu très ancien. Il ne paraîtra donc pas étonnant qu'il vienne en aide à une adolescente fuyant d'abord un mariage arrangé, puis la police des migrants. Entre elle qui lit dans les lignes de la main et lui qui tente d'ordonner le chaos du monde en lui opposant les règles du Mikado – rester patient, anticiper et, ni vu ni connu, enlever impassiblement le bâton noir –, se noue une histoire d'amitié que rien ne viendra plus rompre, commencée par une nuit de hasard au gré d'une conversation entre deux solitudes et poursuivie de façon épistolaire sans que l'un ni l'autre ne réalisent à quel point leur échange est devenu une affaire de transmission. Car, si lui, pour la protéger, n'a pas tout dit sur ses motivations humanitaires, elle ne lui révèlera pas non plus ce que, pour l'épargner à son tour, elle finira par endosser à sa place. Conformément aux règles du Mikado, chacun jouera sa vie en veillant à pas toucher à celle de l'autre.


D'une richesse métaphorique aussi remarquable que la sobriété de son écriture, le texte travaillé jusqu'à l'épure s'avère un conte philosophique qui, l'air de rien, au détour de petites phrases s'imposant comme autant d'aphorismes, déploie une réflexion toute de bienveillance et de poésie douce-amère sur l'amitié, la solitude et la vieillesse, ménageant ses effets de surprise jusqu'au retournement final. Pourtant, est-ce de trop chercher à tout doter d'un double sens ? L'ensemble si bien léché finit par prendre un éclat artificiel, ses joliesses et son indéniable tour de main ne rendant que plus frustrant un sentiment de creux et d'agacement. A défaut de paraître tout à fait sentencieuse, une telle surenchère allégorique sape l'émotion et désincarne les personnages auxquels l'on ne croit plus. Reste un bel objet de virtuosité formelle, une fable suffisamment dotée en charme et en suspense pour se lire sans déplaisir.

Lien : https://leslecturesdecanneti..
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Le nouveau roman d'Erri de Luca nous narre la rencontre entre un vieil horloger qui a l'habitude de camper en solitaire dans les montagnes près de la frontière italo-slovène et une jeune tsigane en fuite. Une nuit d'hiver, la jeune fille de quinze ans entre dans sa tente. Elle a fui sa famille slovène pour échapper à un mariage forcé et demande au vieil homme de l'héberger.

L'alchimie entre deux êtres que tout sépare est immédiate, et donne lieu à de longues discussions nocturnes entre deux protagonistes qui ne sont pas nommés. La jeune tsigane illettrée, qui sait lire les lignes de la main, dresser les ours et les corbeaux, et le vieil horloger, qui lit le sens de la vie dans l'agencement des bâtons de Mikado, vont s'apprivoiser, se découvrir. Un fossé sépare l'horloger fortuné qui voit dans la rationalité du Mikado une manière de donner un sens au chaos du monde et la jeune fille esseulée qui croit à la destinée et interprète chacun des signes que lui adresse le cosmos. Et pourtant. le vieux campeur comprend les mystères oubliés, ceux qui permettent à une jeune tsigane de chevaucher un ours tel un cheval. La jeune fille finit elle aussi par saisir l'obsession de son hôte pour la logique implacable qui régit le Mikado, et devine que pour échapper à son passé, il lui faudra apprendre à lire, couper ses longs cheveux et oublier sa famille.

« Les règles du Mikado » commence par l'histoire d'une improbable amitié qui se noue entre deux êtres qui n'étaient pas censés se rencontrer. Les deux amis vont se séparer. Tandis que la jeune slovène s'intègre à son pays d'accueil, le vieil homme part pour un long voyage. Les ponts ne sont pas coupés, grâce aux longues lettres que s'adresse le duo qui s'est formé une nuit d'hiver dans les alpes italiennes. C'est l'une de ces missives, adressée par le vieil homme à sa jeune protégée qui nous dévoile le dessous des cartes.

« Les règles du Mikado » se lit comme on effeuille un livre qui nous révèle page après page une réalité qu'on ne soupçonnait pas. Une réalité qui conduit le lecteur à revoir sa compréhension du début du roman, puis à revoir à nouveau cette réalité, effacée à son tour par de nouvelles révélations. En changeant plusieurs fois la vérité profonde de son roman, Erri de Luca lui confère une couleur très sombre, que la rencontre presque bucolique entre deux belles âmes ne laissait pas entrevoir. Démiurge malicieux, l'écrivain italien s'amuse comme dans « Impossible » à jouer avec les nerfs de son lecteur, en l'amenant à reconsidérer plusieurs fois sa compréhension de l'histoire qui se joue, la vraie.

« Les règles du Mikado » réussit surtout le prodige de suivre les préceptes du jeu qui permet à un vieil horloger de mettre de l'ordre dans un monde chaotique. Une obsession quasi-autistique, qui le voit jouer seul, ou jouer à l'aveugle pour donner une chance à ses adversaires. le roman est un jeu de Mikado, dont l'unique joueur est le lecteur. En lisant la première partie, il soulève la première baguette, et fait apparaître une figure qu'il n'avait pas devinée. En soulevant une deuxième baguette, il fait à nouveau apparaître une nouvelle perspective, et ainsi de suite.

Le dernier roman d'Erri de Luca ne saurait se résumer au brio de sa construction qui suit à la lettre son titre, « Les règles du Mikado ». Malgré un récit aux contours mouvants, certaines vérités des longs échanges entre un vieil horloger et une jeune tsigane, dépassent l'intrigue romanesque qui les enveloppe. Lorsque le vieil homme nous conte la pureté infinie d'un amour d'enfance et que la jeune fille dit les mystères qui régissent sa compréhension du cosmos, ils ne mentent pas, ils énoncent des vérités intangibles. Ces vérités, nous pouvons y accéder, en écoutant le vent qui souffle dans les feuilles d'un saule pleureur, en observant le vol arrondi d'un milan dans la nuit, en contemplant la voûte céleste, là où brille Altaïr, l'étoile la plus brillante de la constellation de l'Aigle.

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Pour jouer au mikado, il faut être au moins deux. Ça tombe bien : nous étions trois. Une jeune gitane en fuite, un vieux campeur solitaire, et moi. Eux deux qui discutaient, moi qui buvais leurs paroles.

Comment s'appelaient-ils ? Je n'en ai aucune idée, et manifestement De Luca n'en sait pas plus que moi ("Leurs noms ne comptent pas", nous prévient-il dès la préface. "Ils n'ajoutent rien aux gens").
Existent-ils, ont-ils existé ? Aucune importance non plus ("Si cette histoire est tirée ou inspirée d'un fait divers, je préfère l'ignorer").
Non, Erri de Luca n'a que faire de tout ça, il n'a pas l'habitude de s'embarrasser de détails inutiles. Dans ses textes nul artifice, jamais, il va à l'essentiel et pèse le moindre mot. Son dernier roman ne fait pas exception : des phrases courtes, sobres, expurgées de l'accessoire, fragiles comme des fleurs de montagne. Charge alors au lecteur d'en extraire le suc, de décoder les messages quasi-subliminaux qui lui sont adressés.

Que cherche-t-il à nous dire, ce vieil horloger italien, lui qui passe ses hivers seul sous la tente dans le silence des sommets alpins ?
Qui est-elle, cette gitane qui vient de franchir clandestinement la frontière slovène, ou va-t-elle, que fuit-elle ?
Mesure-t-elle la chance qu'elle a d'être tombée sur le campement de ce vieil homme habile et débrouillard, parfaitement disposé à lui venir en aide ?

Entre eux va s'établir une profonde relation d'amitié et de confiance, et la majeure partie du roman n'est en fait qu'un dialogue ininterrompu entre la fuyarde et l'ermite.
Elle lit les lignes de la main, vénère les ours et les corbeaux, elle "croi[t] au destin et aux signes, au dieu des choses".
Lui voit la vie comme un jeu d'adresse, un mikado géant à la stabilité précaire, "un chaos à résoudre". Il se plaît à n'être qu'un "engrenage dans la machine du monde", sait la fragilité des équilibres et accorde toute son existence aux lois ancestrales du mikado : "attention au moindre mouvement, faire avec intention, sans automatisme."
Voilà qui ouvre à l'auteur de nombreuses pistes de réflexion et lui inspire quelques jolies métaphores que chacun pourra interpréter à sa guise.

Tout ça me convenait parfaitement, jusqu'à ce que l'auteur mette brusquement fin à la conversation entre ces deux personnages. Nous les retrouvons quelques années plus tard, à travers un bref échange épistolaire, avant un dernier chapitre tout à fait inattendu qui ne m'a hélas pas complètement convaincu... de mon point de vue ce coup de théâtre superflu rompt quelque peu le charme subtil et délicat de l'histoire.

Les règles du mikado n'en demeure pas moins un roman plaisant, et les lecteurs fidèles d'Erri de Luca y retrouveront sans mal la "patte" de l'orfèvre italien : minimalisme, poésie, engagement humaniste et art du mot juste. 
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Dans les montagnes entre l'Italie et la Slovénie, un vieux campeur solitaire, un horloger qui aime vivre seul, recueille dans sous sa tente une jeune gitane qui a fui sa famille et son campement à cause d'un mariage arrangé avec un homme de cinquante ans. Elle a déshonoré son père et sa famille en se sauvant.

Un roman très original avec en filigrane les règles du jeu du Mikado, sorte de manuel de vie. Une construction en trois parties, la première est un long dialogue entre les deux personnages, la seconde, un échange de lettres, la dernière est un cahier dans lequel le vieil homme se livre enfin.
J'ai beaucoup apprécié les échanges entre la jeune gitane et le vieil horloger qui abordent des questions simples et essentielles, qui nous permettent aussi de mieux connaitre la communauté gitane, ses usages, ses affaires d'honneur, des gens délicats, il suffit de peu pour les blesser, chez qui l'hospitalité envers un étranger est immédiate.
Une rencontre entre deux cultures, deux visions du monde parfaitement opposées. de ces nombreuses conversations découlent une amitié unique et touchante.

Je dois reconnaître que j'ai été complètement dérouté par la dernière partie du récit où tout se précipite, le charme de l'écriture simple et poétique est rompu, ce rebondissement inattendu m'a paru complètement fantasque.
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C'est un grand plaisir de retrouver Erri de Luca avec Les règles du Mikado, bien que je ne me sois jamais vraiment éloignée de l'auteur italien que je lis régulièrement. Une fois de plus c'est une surprise et un bouleversement.

Une surprise dans la construction du roman puisqu'il y a deux parties bien distinctes : l'histoire d'une rencontre entre un vieil homme et une jeune gitane puis l'après, des années plus tard.
L'homme est un horloger italien qui passe du temps dans la montagne où il se réfugie seul sous une tente. Il vit dans le calme de la nature et joue au Mikado.
J'adore le jeu du Mikado et cela m'a donné envie d'y rejouer puisque je ne l'ai pas fait depuis un moment. C'est un jeu de patience et d'habileté mais aussi de stratégie qui peut être partagé où se jouer seul. La qualité principale pour le Mikado est le calme, la sérénité.
Une nuit, une adolescente de quinze ans en fuite vient chercher refuge sous sa tente pour échapper à son père qui risque de la tuer pour l'honneur car elle refuse un mariage arrangé. le vieux campeur va protéger la jeune gitane et ils vont apprendre à se connaître, lié par un lien fort d'amitié. Elle vient de Slovénie, analphabète, elle connaît des ruses et a appris à communiquer avec les animaux quand elle vivait dans sa communauté Sinté, peuple Tziganes qu'elle a quitté. Ils vont faire un petit bout de chemin ensemble jusqu'à Grado au bord de la mer Adriatique. Lui, est réglé comme une horloge. Ces deux-là ont une façon d'affronter le monde qui semble opposée mais c'est peut-être aussi ce qui les rapproche.

Ce livre est aussi un bouleversement parce que cette histoire n'est pas celle que l'on croit. Erri de Luca parle d'humanité et de transmission, ce qui m'a profondément touchée.
L'humanité c'est d'abord la Fondation Mikado qui aide les sans-abris, les réfugiés, présidé par le vieil horloger, et qui s'avère être bien plus que cela, proposant un nouveau départ pour des personnes dans le besoin. Je n'en dirai pas plus car la deuxième partie révèle pas mal de choses grâce aux lettres échangées avec la gitane devenue femme de nombreuses années plus tard quand elle a changé de nom en se mariant, a deux fils et pratique la chiromancie en plus de son travail. Les lettres ne sont ni datées ni signées mais il n'y a aucune ambiguïté sur les événements. D'ailleurs, le courrier manuscrit est réhabilité, son intérêt étant de pouvoir dire des choses qui ont besoin d'éloignement.
Grâce au Mikado que lui a transmis le vieil homme elle applique les règles en dehors du jeu, par exemple en agissant doucement sans attirer l'attention, en faisant les choses avec intention, sans automatisme.

J'ai donc aimé ce roman intelligent car on voit comment une rencontre peut servir d'amorce à un changement de vie, surtout quand la générosité prime. Erri de Luca sait aussi parler de la vieillesse avec lucidité, sans tristesse, dans ce beau livre sur l'espoir.

Je remercie vivement les éditions Gallimard et Babelio pour ce roman poignant qui m'a été offert dans le cadre d'une rencontre très attendue avec l'auteur.


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critiques presse (9)
LeMonde
10 juillet 2024
Un vieil homme, une fugitive, et rien ne se passe comme on le croit. L'écrivain italien ne tremble pas.
Lire la critique sur le site : LeMonde
LeDevoir
05 juillet 2024
Il s’agit tout de même d’un livre dense, court et tendu comme les autres. Y résonnent avec force les engagements humanitaires bien connus de l’écrivain — notamment avec Lotta Continua et avec Médecins sans frontières.
Lire la critique sur le site : LeDevoir
Bibliobs
05 juillet 2024
Le grand écrivain italien signe à 74 ans un nouveau roman engagé où un vieux solitaire croise sur des sentiers de montagne une jeune clandestine.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Actualitte
27 juin 2024
Avec ce petit roman, Erri De Luca nous offre une histoire qui, sans qu’on puisse s’y attendre, est tout à fait surprenante. Mais dévoiler la raison derrière cette douce surprise serait bien dommage. Alors finissons avec une touche de philosophie, pour voir la vie autrement…
Lire la critique sur le site : Actualitte
LaTribuneDeGeneve
05 juin 2024
L'auteur italien vient de publier un étonnant roman.
Lire la critique sur le site : LaTribuneDeGeneve
LeFigaro
24 mai 2024
Le livre contient quelques-uns des enjeux humains les plus cruciaux d'aujourd'hui. De Luca parle avec une profondeur qui n'exclut jamais la finesse et la légèreté. Son roman parle avec lui. Il parle pour lui.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
LesEchos
22 mai 2024
Le vieil homme et l'enfant : un vieux campeur et une jeune gitane en fuite sont les deux héros du nouveau roman plein de surprises de l'écrivain italien, « Les règles du mikado ». Un « road book » existentiel qui explore la complexité des êtres jetés dans le monde, entre élans du coeur et mécanique du hasard.
Lire la critique sur le site : LesEchos
LaLibreBelgique
21 mai 2024
Erri De Luca publie un merveilleux petit livre “Les règles du Mikado”, qui évoque la rencontre d’un ancien horloger et d’une tsigane en fuite, mais aussi les secrets de chacun, les joies neuves de la vieillesse.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
OuestFrance
03 mai 2024
À la frontière entre deux pays, un homme sauve une jeune femme et l'aide à prendre un nouveau départ. Au-delà de ce geste gratuit en apparence se dessinent deux trajectoires marquées par le secret.
Lire la critique sur le site : OuestFrance
Citations et extraits (100) Voir plus Ajouter une citation
Écoute, moi je n'ai pas d'enfants ni de petits-enfants et je ne cherche pas à adopter.J'échange quelque chose avec ceux que je rencontre loin des routes.
Je ne fais aucune différence d'âge. Tu me traites de vieux, d'accord, mais j'ai le même âge que toi, je vis à la même époque. Les générations n'existent pas pour moi.Tant que nous vivons, nous sommes contemporains.Nous sommes deux personnes.

( p.73)
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J'ai mis du temps à prononcer encore une fois le " nous".Puis, un jour d'inattention, le voilà qui point et qui change tout.
C'est ce qui arrive au prisonnier.Au bout d'un certain nombre d'années, un beau jour il dit : ma cellule.Il est parvenu au possessif dans l'endroit même où il ne possède rien

( p.151)
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Je dresse le plan de la journée , les activités indispensables et les superflues.Le feu, l'eau, la soupe, l'hygiène, sont des nécessités, puis je dois ajouter la lecture et le jeu pour l'entraînement des pensées

La durée du jour est un tour du monde.

( p.108)
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Ça me suffisait pour justifier mon existence.Mais avec toi, je me suis écarté du parcours obligatoire.Je me suis intéressé à une personne, une à distinguer entre toutes les autres.

( p.136)
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-Comment choisis-tu où mettre ta tente ?
- Dans une clairière à l'abri du vent, des avalanches, et avec de l'eau pas trop loin.
- Et combien de temps restes-tu ?
- Un mois, puis je rentre pour une semaine.
- Tu es un peu gitan.
- Merci du compliment, je le suis devenu avec l'âge. Je m'entraîne à éviter les hospices qu'on appelle maintenant résidences pour personnes âgées. Je veux finir à l'air libre.

( p.61)
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Videos de Erri De Luca (87) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Erri De Luca
Dans « Les règles du Mikado » (Gallimard), Erri de Luca orchestre en dramaturge la rencontre entre un vieux campeur solitaire et une jeune tzigane en fuite, dans un col de montagne séparant l'Italie de la Slovénie. Un dialogue s'engage, qui confronte deux visions de la vie. Il perdurera bien au-delà de cette première nuit.
« Entrer dans un livre d'Erri de Luca, c'est entrer chez un orfèvre de la langue. Son style est sans fioritures. Il va à l'essentiel tout en arrivant à créer une promenade poétique auprès de personnages qui n'ont pas besoin d'adjectifs. Ils sont, c'est tout ce qu'on leur demande. Et c'est magnifiquement fait. » Bartleby404 sur Babelio
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