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EAN : 9782070139118
144 pages
Éditeur : Gallimard (26/04/2013)

Note moyenne : 3.84/5 (sur 227 notes)
Résumé :
"À travers l’écriture, je m’approche du moi-même d’il y a cinquante ans, pour un jubilé personnel. L’âge de dix ans ne m’a pas porté à écrire, jusqu’à aujourd‘hui. Il n’a pas la foule intérieure de l’enfance ni la découverte physique du corps adolescent. À dix ans, on est dans une enveloppe contenant toutes les formes futures. On regarde à l’extérieur en adultes présumés, mais à l’étroit dans une taille de souliers plus petite."
Comme chaque été, l’enfant de... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (65) Voir plus Ajouter une critique
marina53
  05 mai 2014
C'est la fin des années cinquante, l'été s'installe sur la petite île d'Ischia au large de l'Italie. le jeune garçon de 10 ans vient passer ses vacances ici, comme tous les étés, avec sa maman, son papa étant parti en Amérique pour essayer de se faire une situation correcte là-bas. Il passe le plus clair de son temps avec les marins pêcheurs, admire leur travail et se réjouit lorsque ces derniers lui proposent de les aider ou de monter sur le bateau avec eux. Sinon, il est souvent seul. Enfant taciturne, timide et sensible, il n'ose se mêler avec ceux de son âge et préfère passer son temps dans les livres, les rébus ou les mots croisés. Un jour, il remarque sur la plage une jeune fille, les yeux rivés sur son polar. C'est elle qui fera le premier pas vers lui et une conversation s'engage entre eux. Elle lui apprend sa passion pour les animaux, la faune et l'écriture. Ils partagent un moment ensemble, une glace, le goût des mots et se promettent de se revoir. Mais cette relation tendre ne plaît pas à tout le monde et trois jeunes garçons vont venir s'en prendre à lui...
Comme les poissons qui ne ferment pas les yeux, ce jeune homme ne les ferme pas non plus quand il embrasse sa bien-aimée. C'est l'été de ses 10 ans, l'été de la prise de conscience de son corps, de l'autre. Erri de Luca se remémore cet été-là avec la sensibilité et la profondeur d'âme qui lui sont propres. C'est dans ce décor somptueux italien, sous un soleil de plomb et entre ses venelles que l'on suit ce petit garçon si tendre et si sensible qui apprendra à conjuguer le verbe aimer. Erri de Luca, dans ce roman autobiographique, laisse libre cours à ses pensées vagabondes et met en lumière ce petit garçon qu'il était et qu'il a apprivoisé. Initiatique, léger, tout en poésie et au style singulier et riche, ce petit roman est une agréable invitation au voyage.
Les poissons ne ferment pas les yeux... et voient avec le coeur...
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Nastie92
  16 novembre 2015
Erri de Luca raconte son enfance, ou plutôt raconte le petit garçon qu'il était à l'âge de dix ans. Dix ans, c'est l'âge de la transition entre l'enfance et le début de l'adolescence, le début du long chemin vers l'adulte que l'on deviendra.
Avec son habituel talent l'auteur nous fait vivre ses tourments intérieurs, nous raconte à sa façon des évènements qui le dépassent et sa découverte du monde réel : la lâcheté, la cruauté, l'injustice et bien d'autres choses encore, sans oublier l'amour.
En se retournant, cinquante ans plus tard, vers son passé et vers quelques épisodes déterminants, c'est en fait l'adulte qu'il est maintenant qu'Erri de Luca cherche à mieux connaître et comprendre. Le tout avec une grande lucidité, comme les poissons, sans fermer les yeux.
De tous les livres de l'auteur que j'ai lus, celui-ci est sans doute le plus personnel, le plus intime. Il s'y montre sans fard, dépouillé devant ses lecteurs. Au-delà du plaisir de lire un beau texte, j'ai eu la surprise de découvrir que la mer avait joué un grand rôle dans l'enfance d'Erri de Luca : je connaissais son amour absolu de la montagne, qui transparait dans nombre de ses écrits (dans "Sur la trace de Nives" entre autres), je découvre ces étés passés au bord de l'eau et l'importance que ce premier contact rapproché avec la nature a eu pour l'écrivain.
Erri de Luca raconte avec sa finesse coutumière et l'on comprend que pour quelqu'un de sa sensibilité l'enfance n'a pas toujours été facile : le petit garçon vulnérable et sans carapace a dû souffrir plus que d'autres.
Les poissons ne ferment pas les yeux, ce qui leur permet de mieux voir le beau... et le moins beau.
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gouelan
  06 juillet 2015
Les poissons ne ferment pas les yeux ; c’est ce que va faire le petit garçon de l’histoire, pour ne pas perdre une miette de sensation. Le petit garçon de dix ans, en vacances sur une île au large de l’Italie, a tant de sensibilité qu’il vit dans son monde intérieur. Son corps d’enfant le gêne, il ne correspond pas à ce qu’il vit à l’intérieur. Il s’évade avec les mots qu’il rencontre dans ses lectures.
Sa rencontre avec une petite fille sur la plage va le faire grandir. Il ne connaissait pas encore le sens du mot amour et du mot justice. Les deux sont liés :
« Aujourd’hui je sais que sans l’élan de l’amour la volonté de justice fait défaut. »
C’est un roman émouvant car il laisse entrevoir la sensibilité de l’enfance, ses petites blessures, sa difficulté à appréhender les sentiments, à analyser ses impressions. Il les met de côté, pour plus tard, quand il aura passé le cap de l’enfance.
L’écriture est merveilleusement poétique et rend hommage à la douceur féminine :
« Elle, à cette heure –là, était la volonté en personne. C’est normal que ce soit un mot féminin, comme « eau » ou « justice », et que ‘sang » soit masculin… »
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zabeth55
  01 février 2015
Comment faire ressurgir aussi bien son enfance, retrouver la force des émotions, le poids des questions, les interrogations, les certitudes sur les adultes, cette volonté de sortir d'un corps d'enfant. Un enfant calme, solitaire, réfléchi, épris de lecture, à qui seul le sens profond du mot « aimer » échappe un peu. Amo, amas, amat… n'est-ce qu'une conjugaison latine ?
C'est sans compter sur cette petite fille sérieuse, en vacances sur l'île, comme lui, et qui l'ouvrira à l'amour.
Avec sensibilité, l'auteur retourne sur l'année de ses dix ans.
C'est un beau texte, plein de nostalgie et de recherche sur soi.
C'est le deuxième livre que je lis d'Erri de Luca, je trouve l'écriture fine, sensible, mais, va savoir pourquoi, je reste spectatrice et il manque un petit je ne sais quoi pour que je me laisse complètement prendre par l'émotion.

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paroles
  01 octobre 2013
J'ai dix ans aujourd'hui. Dommage !
Ca va devenir sérieux
Un seul chiffre disait mon âge
A présent il en faudra deux
Deux chiffres ! La même frontière
Que les gens les plus importants
Deux chiffres pour la vie entière...
A moins d'aller jusqu'à cent ans !
Poème de Lucie Delarue-Mardrus
Voilà, Erri de Luca a eu lui aussi 10 ans… il y a quelques années.
Aujourd'hui, il a « l'âge des archives » et se souvient de ce moment, de ce passage à deux chiffres. Mais c'est aussi pour lui l'occasion de s'envoler ailleurs et de nous faire partager des moments d'intimité avec son père ou sa mère.
Souvenirs, réminiscences…
A 10 ans, il sent que quelque chose se passe en lui, mais son corps ne le reconnaît pas, son corps ne change pas. Comment peut-on prouver, à ses parents ou amis, que l'on évolue si notre propre corps nous trahit et ne montre pas la différence ?
A 10 ans, c'est aussi la première fois qu'il rencontre l'amour. Son père est parti aux Etats-Unis chercher du travail et un meilleur avenir. Sa mère, sa soeur et lui sont en vacances, sur l'île d'Ischia, au large de Naples.
Enfant, silencieux et solitaire, il est toujours plongé dans la lecture ou les mots croisés. Une fois, sur la plage, son regard est attiré par une fillette qui lit un roman policier. Et c'est ainsi qu'ils vont faire connaissance. Elle, elle fait de jolies phrases et connaît des tas de choses sur les animaux. Elle l'intrigue, mais elle intrigue aussi une bande de garçons qui jalousent Erri.
Finalement, l'affrontement aura lieu. Il ne reculera pas face à ses trois adversaires. Il acceptera les coups et les blessures. C'est pour lui le seul moyen de faire exploser la chrysalide dans laquelle son corps est enfermé.
C'est de sa belle écriture qu'Erri de Luca nous fait partager ses réflexions d'enfant, sur l'amour, la justice, le passage de l'enfant à l'homme. C'est aussi pour lui l'occasion de réaffirmer la valeur des mots. « Tenevo 10 ans », dans la langue italienne, « le verbe tenir est plus précis pour dire l'âge ». Son verbe préféré d'alors était « maintenir », « il comportait la promesse de tenir par la main. »
Voilà, encore un livre d'Erri de Luca qui nous livre une part de la poésie des mots, de sa poésie. J'aime sa parole, comme une caresse…
Mais je serai injuste, si, ici et maintenant, j'oubliais de remercier Danièle Valin pour sa traduction.
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critiques presse (4)
LaPresse   13 août 2013
Apprentissage de l'amour et de l'injustice: Erri de Luca pose sur tout cela le regard d'un homme qui a vécu, sans complaisance et sans adopter ton faussement naïf. «À dix ans, on est dans une enveloppe contenant toutes les formes futures.» Un livre terriblement beau et sincère.
Lire la critique sur le site : LaPresse
Lhumanite   01 juillet 2013
L’auteur de Montedidio revient sur ses dix ans, âge où il découvre le monde de la fiction et de la parole, de l’amour et de la violence des autres. Un récit d’initiation étonnant et émouvant.
Lire la critique sur le site : Lhumanite
LesEchos   24 mai 2013
Il faut lire lentement la prose d’Erri De Luca, s’arrêter sur chaque phrase, en alerte – comme les poissons qui ne ferment pas les yeux. Ce voyage scintillant et liquide, il faut le faire durer. En déguster les visions saisissantes.
Lire la critique sur le site : LesEchos
Culturebox   13 mai 2013
Ce dernier roman d'Erri de Luca est un hymne à la femme, à la figure féminine et au premier amour, qui est à la fois un début et une fin.
Lire la critique sur le site : Culturebox
Citations et extraits (112) Voir plus Ajouter une citation
HarioutzHarioutz   11 septembre 2019
J'avais maintenant dix ans, un magma d'enfance muette.

Dix ans, c'était un cap solennel, on écrivait son âge pour la première fois avec un chiffre double.

L'enfance se termine officiellement quand on ajoute le premier zéro aux années.
Elle se termine mais il ne se passe rien, on est dans le même corps de mioche emprunté des étés précédents, troublé à l’intérieur et calme à l'extérieur.

J'avais dix ans - tenevo dix ans : chez nous le verbe "tenir" est plus précis pour dire l'âge.
J'étais dans un corps pris dans un cocon et seule ma tête tentait de le forcer.
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Nastie92Nastie92   07 mars 2016
Je n'aimais pas les feux d'artifice, leur imitation du volcan en flammes. J'étais intrigué par l'émerveillement qu'ils provoquaient, l'antique admiration pour le feu. Chez moi, non, pourquoi ? Je l'ai compris en montagne, quand j'ai vu ma première cascade au milieu des rochers et du bois. Elle m'éblouissait, je m'approchai de son vacarme, me déshabillai et me fis tremper par la poussière d'eau émiettée. À l'intérieur passait le spectre d'un petit arc-en-ciel. Là, j'ai su que la cascade est une merveille différente du feu d'artifice. J'aime la neige, la grêle et le saut à pic d'une cascade. J'admire l'avalanche, l'air déplacé comme une gifle, l'écroulement d'une paroi qui se détache avec sa charge de neige. J'aime l'eau qui plonge en descente, mais pas le feu qui s'élance vers le haut et veut monter, se cabrer et s'effriter en cendres.
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marina53marina53   14 mai 2014
A travers l'écriture, je m'approche du moi-même d'il y a cinquante ans, pour un jubilé personnel. L'âge de dix ne m'a pas porté à écrire, jusqu'à aujourd'hui. Il n'a pas la foule intérieure de l'enfance ni la découverte physique du corps adolescent. A dix ans, on est dans une enveloppe contenant toutes les formes futures. On regarde à l'extérieur en adulte présumés, mais à l'étroit dans une taille de souliers trop petite.
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SachenkaSachenka   23 septembre 2016
Le destin, selon sa définition, est un parcours prescrit. Dans la langue espagnole, c'est une arrivée. Pour celui qui est à Naples, le destin est dans son dos, c'est venir de là. Etre né et avoir grandi de là tarit le destin : où qu'il aille, il l'a déjà reçu en dot, lest et sauf-conduit à la fois. Les récits de mère, de ma grand-mère et de ma tante ouvraient les grands entrepôts des histoires. Leurs voix ont formé mes phrases écrites qui ne sont pas plus longues que le souffle nécessaire à les prononcer.
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DidiliDidili   29 décembre 2015
Je le rencontre dans mon sommeil, où je pleure sans larmes. le deuil de mon père est une flaque d'eau de mer asséchée. Au pilieu des rochers, il reste le sel séché, des sanglots à sec.
Je retrouve à présent mes larmes d'il y a cinquante ans. Elles reviennent à mes yeux après avoir voyagé et fait partie du goutte-à-goutte des yeux du monde. Elles sont revenues au point de départ et je les pleure de nouveau. La fenêtre disloquée par des décennies d'intempéries que je brûle dans la cheminée me suffit. des mains que je ne peux plus toucher l'ont ouverte et refermée. Pourtant, je les vois, veines, tendons, forme des ongles, remuer dans l'air de la maison et s'affairer.
Les larmes reviennent bras dessus bras dessous, deux par deux, se penchent sur le bord et plongent des cils sur mon pantalon, tandis que je pose mon front sur mes mains vides. ce sont les mêmes larmes d'enfant, d'ancienne impuissance. Elles n'ont rien demandées et cessent toutes seules.
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