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Danièle Valin (Traducteur)
EAN : 9782070762682
206 pages
Éditeur : Gallimard (17/01/2002)

Note moyenne : 3.93/5 (sur 440 notes)
Résumé :
"Chacun de nous vit avec un ange, c'est ce qu'il dit, et les anges ne voyagent pas, si tu pars, tu le perds, tu dois en rencontrer un autre. Celui qu'il trouve à Naples est un ange lent, il ne vole pas, il va à pied: "Tu ne peux pas t'en aller à Jérusalem", lui dit-il aussitôt. Et que dois-je attendre, demande Rafaniello. "Cher Rav Daniel, lui répond l'ange qui connaît son vrai nom, tu iras à Jérusalem avec tes ailes. Moi je vais à pied'même si je suis un ange et to... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (80) Voir plus Ajouter une critique
FredMartineau
  31 mars 2019
Montedidio de l'auteur italien Erri de Luca est une tranche de pizza napolitaine garnie d'ingrédients choisis par les yeux d'un adolescent de treize ans qui habite et travaille dans ce quartier populaire de Naples au début des années soixante. Elle est saupoudrée de misère, du sordide auquel peut contraindre la pauvreté, de la maturité qu'impose trop rapidement les épreuves de la vie et la nécessité d'y survivre. Mais, la pâte est solide, elle résiste au vent, aux éruptions volcaniques et à la sauce sanguine qui coule parfois, tache et glisse entre les doigts ; sa recette remonte aux origines, elle inclut une forte dose d'amour, celui des parents pour leurs enfants, des habitants pour un quartier, des enfants pour leur parent, d'un homme pour sa femme, d'un adolescent pour sa voisine. Il est le ciment qui fait tenir l'ensemble, supporter le pire, espérer le meilleur. Il est le goût qui sublime l'infime, le quotidien, l'instant : un sourire, une main serrée, un baiser...
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latina
  01 novembre 2013
Le jour où le narrateur, jeune napolitain de 13 ans, a reçu un « boumeran », il a commencé à changer, à évoluer, à grandir.
En effet, une structure nouvelle se met en marche :
structure de ses muscles, d'abord, dans son entrainement quotidien à lancer l'objet sans le lâcher du haut de la colline « Montedidio » ; structure vocale ensuite, car il mue ; structure familiale, aussi, car sa maman tombe peu à peu dans la maladie; structure fonctionnelle encore, car il abandonne l'école et commence à travailler comme apprenti chez un ébéniste ; structure relationnelle enfin, car Rafaniello, un vieux cordonnier bossu au grand coeur, lui apprend la sagesse et le guide dans la voie difficile de la vie.
Et il y arrive, cet étrange Rafaniello, car grâce à lui, le narrateur se déploie. Et grâce au narrateur, les ailes de Rafaniello se déplient... « Des choses changent, mais nous plus encore. Aucun autre visage n'est fané comme celui de mon père. D'aucune autre bosse ne pointent des ailes, aucun autre corps n'est aussi prêt à lancer un boumeran et c'est maintenant que Maria devait se débarrasser de la crasse de mains vieilles et se laisser prendre par les miennes lissées par la sciure sur la plus haute terrasse de Montedidio. le filet, quand il approche du rivage, est moins lourd et se tire plus vite, c'est ce qui nous arrive ».
Roman d'initiation, de courage et de sagesse, plein de poésie et de naïveté, « Montedidio » se savoure, avec l'accent napolitain en prime. Erri de Luca nous apprend à accepter les coups durs et les changements inévitables, avec l'accent universel.
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diablotin0
  28 juillet 2019
C'est sur la colline la plus haute de Naples que Erri de Luca nous parle à travers un gamin de 13 ans. Dans ce quartier populaire, on va vivre la transformation de cet enfant qui va devenir adolescent. A 13 ans, il quittera donc l'école comme le souhaite son père et sera embauché par un menuisier Mast Errico et y rencontrera le coordonnier juif
Rafaniello avec qui il partagera nombres d'échanges.
Le "boumeran" que son père lui a offert sera un peu comme un objet lui permettant de franchir cette étape qu'est l'adolescence. Ce bumerang qu'il ne quitte pas est le symbole de ce passage de l'enfance à l'adolescence.
On est un peu dans une fable. le style est teinté de poésie et c'est avec Maria jeune fille de 13 ans qu'il va rencontrer l'amour et pourra affronter la vie.
L'histoire est un mélange de tranches de vie, de fable, de moments oniriques mais aussi parfois sordides.
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tynn
  06 juin 2015
"Je viens d'avoir treize ans et mon père m'a mis à travailler".
Juste après la guerre, un jeune napolitain apprenti chez un ébéniste, s'éveille à l'écriture en italien et raconte en chapitres courts ce que ses yeux voient, ce que ses oreilles entendent, ce que son esprit comprend du monde qui l'entoure. Il sait dire la beauté des choses, la douleur des hommes, le vice de certains, le sentiment amoureux, la solitude et la difficulté de grandir. Enfin, le désir de s'envoler, tel son boomerang fétiche qu'il espère un jour pouvoir être assez fort pour lancer.
Des descriptions du quotidien en petites touches, de la poésie dans l'acuité du regard posé sur l'environnement et les êtres, la générosité d'un geste ou la valeur d'un savoir-faire. Dans les bruits et les odeurs, tout le petit peuple des ruelles de Naples s'anime, tel ce vieux cordonnier juif, rescapé de la Shoah, généreux de son talent au service de tous, pour qui chaque matin est une résurrection. On croit entendre l'accent chantant, les reparties piquantes, les insultes sans conséquences.
Chaque chapitre est comme un arrêt sur image, une scènette de vie ou d'anecdote sur la Montagne de Dieu.
Un très touchant roman d'apprentissage, du passage de l'enfance à l'adolescence, de découverte de la sensualité, empreint de mélancolie et de spiritualité. Un livre sur la transmission également, à l'écriture magnifique, aux formulations élégantes.
C'est un réel bonheur de lecture, récompensé par le prix Fémina Etranger en 2002.
Ce livre se fossilisait dans les profondeurs de ma Pal, erreur réparée!
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gonewiththegreen
  11 mai 2019
J'ai souvent eu envier de me plonger dans l'univers d'Erri de Luca. C'est chose faite avec Montedidio, cette rue napolitaine qui monte au dessus de la ville.
on est dans les années soixante et notre héro a treize ans , travaille chez un cordonnier. Il vit dans un immeuble où le toit est le support de ses rêves et de de la découverte de son corps. Son père, docker, lui a ramené un boumerang, métaphore ici de l'envol, du rêve, de l'évasion.
J'ai eu l'impression de retrouver le Naples d'Elena Ferrante, version sobre . Même thème , les artisans, la vie de l'immeuble, l'hégémonie naissante de l'Italien dans les bouches , la transition entre le monde d'avant et celui que l'on connaît.
C'est beau, riche , subtil , tout en finesse. Roman très intelligent, même si comme disait Coluche , "on juge avec ce que l'on a". En tous les cas pour moi le curseur est assez haut.
Belle découverte qui ouvre la voie à la poursuite de l'exploration de l'oeuvre de De Luca.
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Citations et extraits (118) Voir plus Ajouter une citation
MargueriteDesPalmiersMargueriteDesPalmiers   20 octobre 2020
Pour lui, l'italien est comme une étoffe, un vêtement sur le corps nu du dialecte.
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PilingPiling   02 février 2010
Je parle avec Rafaniello, aujourd'hui nous avons le temps, je lui demande si son pays ne lui manque pas. Son pays n'existe plus, il n'y est resté ni vivants ni morts, on les a fait disparaître tous ensemble : "Je ne sens pas le manque, dit-il, mais la présence. Dans mes pensées ou quand je chante, quand je répare un soulier, je sens la présence de mon pays. Il vient souvent me trouver, maintenant qu'il n'a plus une place à lui. Dans le cri du marchand d'eau qui monte avec son charreton à Montedidio pour vendre de l'eau sulfureuse dans des pots de terre cuite, de sa voix aussi me parviennent quelques syllabes de mon pays." Il se tait un moment, ses petits clous dans la bouche et la tête penchée sur une semelle. Il voit que je suis resté à côté et il continue : "Quand tu es pris de nostalgie, ce n'est pas un manque, c'est une présence, c'est une visite, des personnes, des pays arrivent de loin et te tiennent un peu compagnie." Alors don Rafaniè, les fois où il me vient la pensée d'un manque, je dois l'appeler présence ? "C'est ça, et à chaque manque, tu souhaites la bienvenue, tu lui fais bon accueil." Alors quand vous vous serez envolé, je ne dois pas sentir votre manque, moi ? "Non, dit-il, quand il t'arrive de penser à moi, moi je suis présent." J'écris sur le rouleau les paroles de Rafaniello qui ont mis le manque sens dessus dessous et il est mieux comme ça maintenant. Lui, avec les pensées, il fait comme avec les chaussures, il les retourne sur sa caisse et les répare.
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AunryzAunryz   01 mars 2016
Le tas de chaussures trouées diminue, sous ses mains elles marchent toutes seules, la graisse les fait briller, on sent un parfum de cuir heureux. À midi, quand mast’Errico va déjeuner, les gens passent chercher leurs souliers réparés.
...
Don Rafaniè, le Père éternel doit vous faire riche comme la mer, lui disent-ils en échange du travail qu’ils ne peuvent payer, avec les bénédictions sur la santé, contre les mauvaises langues et le mauvais œil. « Puissiez-vous échapper au feu, à la terre et aux gens méchants », « puisse l’or sortir de votre bosse », Rafaniello est content, il dit qu’il vaut mieux des bénédictions que des sous parce que au ciel on les écoute. Et les malédictions aussi on les écoute, dit-il, et il crache par terre pour se rincer la bouche de ce triste mot.
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patrick75patrick75   27 juillet 2012
Don Rafanié, à force de vivre à Naples vous ne seriez pas devenu napolitain par hasard ? Non, dit-il pour rire, c'est que les Napolitains sont peut-être une des dix tribus perdues d'Israël. Comment ? Vous avez perdu dix tribus? Et il vous en reste combien ? " Deux seulement, une est celle de Judas qui nous donne le nom de juifs, un nom qui vient du verbe remercier."
Alors, vous les juifs, vous vous appelez : merci ?
" C'est ce que dit le mot, mais tous les hommes devraient s'appeler comme ça, avec un mot de remerciement."
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michemuchemichemuche   17 juin 2018
Maria m'embrasse, sa tête s'appuie contre ma gorge, nous parlons en soufflant les mots, elle dit : " tu grandis tous les jours et moi je m'accroche à toi pour grandir aussi vite que toi"...
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