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Danièle Valin (Traducteur)
ISBN : 2070762688
Éditeur : Gallimard (17/01/2002)

Note moyenne : 3.94/5 (sur 349 notes)
Résumé :
4° de couverture :
(Edition source : Gallimard, Du monde entier - 02/2002)


«Chacun de nous vit avec un ange, c'est ce qu'il dit, et les anges ne voyagent pas, si tu pars, tu le perds, tu dois en rencontrer un autre. Celui qu'il trouve à Naples est un ange lent, il ne vole pas, il va à pied: "Tu ne peux pas t'en aller à Jérusalem", lui dit-il aussitôt. Et que dois-je attendre, demande Rafaniello. "Cher Rav Daniel, lui répond l'ange qui c... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (60) Voir plus Ajouter une critique
latina
  01 novembre 2013
Le jour où le narrateur, jeune napolitain de 13 ans, a reçu un « boumeran », il a commencé à changer, à évoluer, à grandir.
En effet, une structure nouvelle se met en marche :
structure de ses muscles, d'abord, dans son entrainement quotidien à lancer l'objet sans le lâcher du haut de la colline « Montedidio » ; structure vocale ensuite, car il mue ; structure familiale, aussi, car sa maman tombe peu à peu dans la maladie; structure fonctionnelle encore, car il abandonne l'école et commence à travailler comme apprenti chez un ébéniste ; structure relationnelle enfin, car Rafaniello, un vieux cordonnier bossu au grand coeur, lui apprend la sagesse et le guide dans la voie difficile de la vie.
Et il y arrive, cet étrange Rafaniello, car grâce à lui, le narrateur se déploie. Et grâce au narrateur, les ailes de Rafaniello se déplient... « Des choses changent, mais nous plus encore. Aucun autre visage n'est fané comme celui de mon père. D'aucune autre bosse ne pointent des ailes, aucun autre corps n'est aussi prêt à lancer un boumeran et c'est maintenant que Maria devait se débarrasser de la crasse de mains vieilles et se laisser prendre par les miennes lissées par la sciure sur la plus haute terrasse de Montedidio. le filet, quand il approche du rivage, est moins lourd et se tire plus vite, c'est ce qui nous arrive ».
Roman d'initiation, de courage et de sagesse, plein de poésie et de naïveté, « Montedidio » se savoure, avec l'accent napolitain en prime. Erri de Luca nous apprend à accepter les coups durs et les changements inévitables, avec l'accent universel.
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tynn
  06 juin 2015
"Je viens d'avoir treize ans et mon père m'a mis à travailler".
Juste après la guerre, un jeune napolitain apprenti chez un ébéniste, s'éveille à l'écriture en italien et raconte en chapitres courts ce que ses yeux voient, ce que ses oreilles entendent, ce que son esprit comprend du monde qui l'entoure. Il sait dire la beauté des choses, la douleur des hommes, le vice de certains, le sentiment amoureux, la solitude et la difficulté de grandir. Enfin, le désir de s'envoler, tel son boomerang fétiche qu'il espère un jour pouvoir être assez fort pour lancer.
Des descriptions du quotidien en petites touches, de la poésie dans l'acuité du regard posé sur l'environnement et les êtres, la générosité d'un geste ou la valeur d'un savoir-faire. Dans les bruits et les odeurs, tout le petit peuple des ruelles de Naples s'anime, tel ce vieux cordonnier juif, rescapé de la Shoah, généreux de son talent au service de tous, pour qui chaque matin est une résurrection. On croit entendre l'accent chantant, les reparties piquantes, les insultes sans conséquences.
Chaque chapitre est comme un arrêt sur image, une scènette de vie ou d'anecdote sur la Montagne de Dieu.
Un très touchant roman d'apprentissage, du passage de l'enfance à l'adolescence, de découverte de la sensualité, empreint de mélancolie et de spiritualité. Un livre sur la transmission également, à l'écriture magnifique, aux formulations élégantes.
C'est un réel bonheur de lecture, récompensé par le prix Fémina Etranger en 2002.
Ce livre se fossilisait dans les profondeurs de ma Pal, erreur réparée!
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bilodoh
  26 octobre 2017
Un quartier pauvre de Naples dans les années 50, une époque où l'adolescence n'existait pas.

Dans ce patelin italien, les enfants quittent l'école, au mieux après avoir terminé leurs études primaires, et deviennent alors des hommes qui apprennent un métier, qui travaillent et gagnent leur vie. La glorieuse insouciance de la jeunesse, c'est pour les riches.

Pas de répit non plus pour les filles, il faut agir comme une femme et, si possible, se trouver un fiancé pour qui la protégera des exigences des propriétaires qui veulent se faire payer en nature.

Malgré la pauvreté et les difficultés, pour le protagoniste du roman, c'est un moment de la vie où éclosent les amours et où il observe les autres et se pose des questions existentielles.

Un texte qui plonge le lecteur dans l'atmosphère du pays, avec des personnages colorés comme le cordonnier bossu qui répare charitablement les chaussures des pauvres et aide le jeune homme à comprendre le monde.

Une belle écriture et agréable voyage au coeur de l'Italie du siècle dernier.
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zabeth55
  02 novembre 2015
C'est l'histoire d'une enfance qui se termine à 13 ans avec l'entrée en apprentissage chez un menuisier, la maladie de la mère, la découverte de l'amour.
Au début, j'ai trouvé l'écriture linéaire, voire plate.
Les souvenirs racontés étaient émouvants mais paradoxalement, l'émotion ne passait pas.
Peut-être ces courts chapitres, d'à peine une page. Mais ils correspondent au journal écrit sur un vieux rouleau d'imprimerie, et le force des personnages et des sentiments a fini par m'envahir.
Les liens sont forts entre le jeune apprenti et Don Rafaniello . le parallèle entre les ailes d'ange dissimulées dans la bosse de l'un et le « boumeran » de l'autre est attendrissant.
Et puis il y a aussi l'amour de Maria, la petite voisine, et la tendresse pour le père, tellement absorbé par la santé de la mère.
J'ai adoré ces phrases en napolitain. Erri de Luca, comme toujours a mis beaucoup de lui-même dans ce livre que j'ai refermé à regret.
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paroles
  19 juillet 2015
Il a treize ans. Il est Italien, mais Napolitain avant tout. Il habite Montedidio, un quartier populaire de Naples. Il vient de quitter l'école pour travailler. Ses parents lui ont permis d'aller à l'école jusqu'en neuvième, alors que beaucoup de ses camarades l'ont quittée après la septième. Ils voulaient qu'il apprenne l'Italien, pour connaître et s'ouvrir au monde. C'est important de s'ouvrir au monde, même si Naples est un monde à elle toute seule avec ses habitants, ses cris, ses interpellations, ses odeurs de mer, de pêche, de cuisine et de linge qui sèche au vent, tout là-haut sur les hauteurs de Montedidio.
Il a treize ans et reçoit en cadeau de la part de sa mère, son premier pantalon et de son père un objet venu d'ailleurs, un "boumeran". Il entre en apprentissage auprès de mast'Errico, menuisier de son état, qui héberge Don Rafaniello, un cordonnier bossu. Avec sa paie qu'il rapporte chaque fin de semaine, il lui semble devenir un homme et se rapproche de son père dont il copie les habitudes. Mais la maladie rôde dans la maison, la mère semble si fragile.
Entre l'adolescent et le cordonnier commence un long dialogue. le cordonnier est juif et a réussi à survivre à la Shoah. Il voulait aller sur la montagne de Dieu (Jérusalem) mais son chemin s'est arrêté là, à Montedidio. Peut-être pourra-t'il poursuivre sa route grâce à l'ange qui veille sur lui et grâce aux ailes qui se cachent dans "l'étui de sa bosse"...
L'adolescent, lui, puise sa force dans son "boumeran". Il s'entraîne tous les soirs à des lancers fictifs sur les hauteurs de Montedidio. Il rêve de le laisser partir quand le moment sera venu.
Et puis, il y a Maria qui le guette chaque soir et qui, petit à petit, lui fait connaître l'amour.
Et comme dans la vie, comme dans toutes les vies, il a toujours et jamais plus...
Fidèle à lui-même, Erri de Luca vous emporte encore et toujours dans un monde onirique grâce à son écriture intime et poétique. Les personnages qu'il campe sont des gens simples, emplis de sagesse populaire. La période qu'il a choisie, ici, pour son narrateur est celle de la fin de l'adolescence, celle du passage à l'âge adulte, celle du rite initiatique symbolisé par le "boumeran". Les personnages phares de cette histoire, l'adolescent et le bossu, sont tout deux en quête d'un graal, d'un changement.
Et puis bien sûr, on retrouve aussi l'importance des mots pour l'auteur, leur valeur et leur poids. Comme dans "les poissons ne ferment pas les yeux", le verbe tenir est mis en exergue : "Tu as raison de dire tenir au lieu de garder. Garder est présomptueux, en revanche tenir sait bien qu'aujourd'hui il tient et demain qui sait s'il tiendra encore. Tiens la plume en souvenir."
Voilà encore une belle lecture d'Erri de Luca, toute en sensibilité et en poésie qui a enchanté ma journée.



Lien : http://mes-petites-boites.ov..
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Citations et extraits (91) Voir plus Ajouter une citation
PilingPiling   02 février 2010
Je parle avec Rafaniello, aujourd'hui nous avons le temps, je lui demande si son pays ne lui manque pas. Son pays n'existe plus, il n'y est resté ni vivants ni morts, on les a fait disparaître tous ensemble : "Je ne sens pas le manque, dit-il, mais la présence. Dans mes pensées ou quand je chante, quand je répare un soulier, je sens la présence de mon pays. Il vient souvent me trouver, maintenant qu'il n'a plus une place à lui. Dans le cri du marchand d'eau qui monte avec son charreton à Montedidio pour vendre de l'eau sulfureuse dans des pots de terre cuite, de sa voix aussi me parviennent quelques syllabes de mon pays." Il se tait un moment, ses petits clous dans la bouche et la tête penchée sur une semelle. Il voit que je suis resté à côté et il continue : "Quand tu es pris de nostalgie, ce n'est pas un manque, c'est une présence, c'est une visite, des personnes, des pays arrivent de loin et te tiennent un peu compagnie." Alors don Rafaniè, les fois où il me vient la pensée d'un manque, je dois l'appeler présence ? "C'est ça, et à chaque manque, tu souhaites la bienvenue, tu lui fais bon accueil." Alors quand vous vous serez envolé, je ne dois pas sentir votre manque, moi ? "Non, dit-il, quand il t'arrive de penser à moi, moi je suis présent." J'écris sur le rouleau les paroles de Rafaniello qui ont mis le manque sens dessus dessous et il est mieux comme ça maintenant. Lui, avec les pensées, il fait comme avec les chaussures, il les retourne sur sa caisse et les répare.
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AunryzAunryz   01 mars 2016
Le tas de chaussures trouées diminue, sous ses mains elles marchent toutes seules, la graisse les fait briller, on sent un parfum de cuir heureux. À midi, quand mast’Errico va déjeuner, les gens passent chercher leurs souliers réparés.
...
Don Rafaniè, le Père éternel doit vous faire riche comme la mer, lui disent-ils en échange du travail qu’ils ne peuvent payer, avec les bénédictions sur la santé, contre les mauvaises langues et le mauvais œil. « Puissiez-vous échapper au feu, à la terre et aux gens méchants », « puisse l’or sortir de votre bosse », Rafaniello est content, il dit qu’il vaut mieux des bénédictions que des sous parce que au ciel on les écoute. Et les malédictions aussi on les écoute, dit-il, et il crache par terre pour se rincer la bouche de ce triste mot.
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patrick75patrick75   27 juillet 2012
Don Rafanié, à force de vivre à Naples vous ne seriez pas devenu napolitain par hasard ? Non, dit-il pour rire, c'est que les Napolitains sont peut-être une des dix tribus perdues d'Israël. Comment ? Vous avez perdu dix tribus? Et il vous en reste combien ? " Deux seulement, une est celle de Judas qui nous donne le nom de juifs, un nom qui vient du verbe remercier."
Alors, vous les juifs, vous vous appelez : merci ?
" C'est ce que dit le mot, mais tous les hommes devraient s'appeler comme ça, avec un mot de remerciement."
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michemuchemichemuche   17 juin 2018
Maria m'embrasse, sa tête s'appuie contre ma gorge, nous parlons en soufflant les mots, elle dit : " tu grandis tous les jours et moi je m'accroche à toi pour grandir aussi vite que toi"...
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jmlire92jmlire92   02 décembre 2016
Les enfants ne comprennent pas l'âge, pour eux quarante ou quatre-vingts ans sont un même désastre. Une fois, dans l'escalier, j'ai entendu Maria demander à sa grand-mère si elle était vieille. Elle lui a répondu non, Maria a demandé si son grand-père était vieux et la grand-mère a répondu non. Alors Maria a demandé : " Mais alors, des vieux, y en a pas ? " et elle s'est pris une gifle. Moi, je les comprends les années des gens, mais celles de Rafaniello non. Son visage fait cent ans, ses mains font quarante, ses cheveux vingt, tout roux comme des broussailles. Ses mots, je ne sais pas, il parle peu, d'une voix très fine. Il chante dans une langue étrangère, quand je balaie son coin il me fait sourire, ses rides et ses taches de rousseur remuent, on dirait la mer quand il pleut dessus. "
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