AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

Danièle Valin (Traducteur)
ISBN : 2070762688
Éditeur : Gallimard (17/01/2002)

Note moyenne : 3.93/5 (sur 375 notes)
Résumé :
«Chacun de nous vit avec un ange, c'est ce qu'il dit, et les anges ne voyagent pas, si tu pars, tu le perds, tu dois en rencontrer un autre. Celui qu'il trouve à Naples est un ange lent, il ne vole pas, il va à pied: "Tu ne peux pas t'en aller à Jérusalem", lui dit-il aussitôt. Et que dois-je attendre, demande Rafaniello. "Cher Rav Daniel, lui répond l'ange qui connaît son vrai nom, tu iras à Jérusalem avec tes ailes. Moi je vais à pied'même si je suis un ange et to... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr
Critiques, Analyses et Avis (68) Voir plus Ajouter une critique
FredMartineau
  31 mars 2019
Montedidio de l'auteur italien Erri de Luca est une tranche de pizza napolitaine garnie d'ingrédients choisis par les yeux d'un adolescent de treize ans qui habite et travaille dans ce quartier populaire de Naples au début des années soixante. Elle est saupoudrée de misère, du sordide auquel peut contraindre la pauvreté, de la maturité qu'impose trop rapidement les épreuves de la vie et la nécessité d'y survivre. Mais, la pâte est solide, elle résiste au vent, aux éruptions volcaniques et à la sauce sanguine qui coule parfois, tache et glisse entre les doigts ; sa recette remonte aux origines, elle inclut une forte dose d'amour, celui des parents pour leurs enfants, des habitants pour un quartier, des enfants pour leur parent, d'un homme pour sa femme, d'un adolescent pour sa voisine. Il est le ciment qui fait tenir l'ensemble, supporter le pire, espérer le meilleur. Il est le goût qui sublime l'infime, le quotidien, l'instant : un sourire, une main serrée, un baiser...
Commenter  J’apprécie          585
latina
  01 novembre 2013
Le jour où le narrateur, jeune napolitain de 13 ans, a reçu un « boumeran », il a commencé à changer, à évoluer, à grandir.
En effet, une structure nouvelle se met en marche :
structure de ses muscles, d'abord, dans son entrainement quotidien à lancer l'objet sans le lâcher du haut de la colline « Montedidio » ; structure vocale ensuite, car il mue ; structure familiale, aussi, car sa maman tombe peu à peu dans la maladie; structure fonctionnelle encore, car il abandonne l'école et commence à travailler comme apprenti chez un ébéniste ; structure relationnelle enfin, car Rafaniello, un vieux cordonnier bossu au grand coeur, lui apprend la sagesse et le guide dans la voie difficile de la vie.
Et il y arrive, cet étrange Rafaniello, car grâce à lui, le narrateur se déploie. Et grâce au narrateur, les ailes de Rafaniello se déplient... « Des choses changent, mais nous plus encore. Aucun autre visage n'est fané comme celui de mon père. D'aucune autre bosse ne pointent des ailes, aucun autre corps n'est aussi prêt à lancer un boumeran et c'est maintenant que Maria devait se débarrasser de la crasse de mains vieilles et se laisser prendre par les miennes lissées par la sciure sur la plus haute terrasse de Montedidio. le filet, quand il approche du rivage, est moins lourd et se tire plus vite, c'est ce qui nous arrive ».
Roman d'initiation, de courage et de sagesse, plein de poésie et de naïveté, « Montedidio » se savoure, avec l'accent napolitain en prime. Erri de Luca nous apprend à accepter les coups durs et les changements inévitables, avec l'accent universel.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          492
tynn
  06 juin 2015
"Je viens d'avoir treize ans et mon père m'a mis à travailler".
Juste après la guerre, un jeune napolitain apprenti chez un ébéniste, s'éveille à l'écriture en italien et raconte en chapitres courts ce que ses yeux voient, ce que ses oreilles entendent, ce que son esprit comprend du monde qui l'entoure. Il sait dire la beauté des choses, la douleur des hommes, le vice de certains, le sentiment amoureux, la solitude et la difficulté de grandir. Enfin, le désir de s'envoler, tel son boomerang fétiche qu'il espère un jour pouvoir être assez fort pour lancer.
Des descriptions du quotidien en petites touches, de la poésie dans l'acuité du regard posé sur l'environnement et les êtres, la générosité d'un geste ou la valeur d'un savoir-faire. Dans les bruits et les odeurs, tout le petit peuple des ruelles de Naples s'anime, tel ce vieux cordonnier juif, rescapé de la Shoah, généreux de son talent au service de tous, pour qui chaque matin est une résurrection. On croit entendre l'accent chantant, les reparties piquantes, les insultes sans conséquences.
Chaque chapitre est comme un arrêt sur image, une scènette de vie ou d'anecdote sur la Montagne de Dieu.
Un très touchant roman d'apprentissage, du passage de l'enfance à l'adolescence, de découverte de la sensualité, empreint de mélancolie et de spiritualité. Un livre sur la transmission également, à l'écriture magnifique, aux formulations élégantes.
C'est un réel bonheur de lecture, récompensé par le prix Fémina Etranger en 2002.
Ce livre se fossilisait dans les profondeurs de ma Pal, erreur réparée!
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          461
bilodoh
  26 octobre 2017
Un quartier pauvre de Naples dans les années 50, une époque où l'adolescence n'existait pas.

Dans ce patelin italien, les enfants quittent l'école, au mieux après avoir terminé leurs études primaires, et deviennent alors des hommes qui apprennent un métier, qui travaillent et gagnent leur vie. La glorieuse insouciance de la jeunesse, c'est pour les riches.

Pas de répit non plus pour les filles, il faut agir comme une femme et, si possible, se trouver un fiancé pour qui la protégera des exigences des propriétaires qui veulent se faire payer en nature.

Malgré la pauvreté et les difficultés, pour le protagoniste du roman, c'est un moment de la vie où éclosent les amours et où il observe les autres et se pose des questions existentielles.

Un texte qui plonge le lecteur dans l'atmosphère du pays, avec des personnages colorés comme le cordonnier bossu qui répare charitablement les chaussures des pauvres et aide le jeune homme à comprendre le monde.

Une belle écriture et agréable voyage au coeur de l'Italie du siècle dernier.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          371
gonewiththegreen
  11 mai 2019
J'ai souvent eu envier de me plonger dans l'univers d'Erri de Luca. C'est chose faite avec Montedidio, cette rue napolitaine qui monte au dessus de la ville.
on est dans les années soixante et notre héro a treize ans , travaille chez un cordonnier. Il vit dans un immeuble où le toit est le support de ses rêves et de de la découverte de son corps. Son père, docker, lui a ramené un boumerang, métaphore ici de l'envol, du rêve, de l'évasion.
J'ai eu l'impression de retrouver le Naples d'Elena Ferrante, version sobre . Même thème , les artisans, la vie de l'immeuble, l'hégémonie naissante de l'Italien dans les bouches , la transition entre le monde d'avant et celui que l'on connaît.
C'est beau, riche , subtil , tout en finesse. Roman très intelligent, même si comme disait Coluche , "on juge avec ce que l'on a". En tous les cas pour moi le curseur est assez haut.
Belle découverte qui ouvre la voie à la poursuite de l'exploration de l'oeuvre de De Luca.
Commenter  J’apprécie          323
Citations et extraits (104) Voir plus Ajouter une citation
PilingPiling   02 février 2010
Je parle avec Rafaniello, aujourd'hui nous avons le temps, je lui demande si son pays ne lui manque pas. Son pays n'existe plus, il n'y est resté ni vivants ni morts, on les a fait disparaître tous ensemble : "Je ne sens pas le manque, dit-il, mais la présence. Dans mes pensées ou quand je chante, quand je répare un soulier, je sens la présence de mon pays. Il vient souvent me trouver, maintenant qu'il n'a plus une place à lui. Dans le cri du marchand d'eau qui monte avec son charreton à Montedidio pour vendre de l'eau sulfureuse dans des pots de terre cuite, de sa voix aussi me parviennent quelques syllabes de mon pays." Il se tait un moment, ses petits clous dans la bouche et la tête penchée sur une semelle. Il voit que je suis resté à côté et il continue : "Quand tu es pris de nostalgie, ce n'est pas un manque, c'est une présence, c'est une visite, des personnes, des pays arrivent de loin et te tiennent un peu compagnie." Alors don Rafaniè, les fois où il me vient la pensée d'un manque, je dois l'appeler présence ? "C'est ça, et à chaque manque, tu souhaites la bienvenue, tu lui fais bon accueil." Alors quand vous vous serez envolé, je ne dois pas sentir votre manque, moi ? "Non, dit-il, quand il t'arrive de penser à moi, moi je suis présent." J'écris sur le rouleau les paroles de Rafaniello qui ont mis le manque sens dessus dessous et il est mieux comme ça maintenant. Lui, avec les pensées, il fait comme avec les chaussures, il les retourne sur sa caisse et les répare.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          190
AunryzAunryz   01 mars 2016
Le tas de chaussures trouées diminue, sous ses mains elles marchent toutes seules, la graisse les fait briller, on sent un parfum de cuir heureux. À midi, quand mast’Errico va déjeuner, les gens passent chercher leurs souliers réparés.
...
Don Rafaniè, le Père éternel doit vous faire riche comme la mer, lui disent-ils en échange du travail qu’ils ne peuvent payer, avec les bénédictions sur la santé, contre les mauvaises langues et le mauvais œil. « Puissiez-vous échapper au feu, à la terre et aux gens méchants », « puisse l’or sortir de votre bosse », Rafaniello est content, il dit qu’il vaut mieux des bénédictions que des sous parce que au ciel on les écoute. Et les malédictions aussi on les écoute, dit-il, et il crache par terre pour se rincer la bouche de ce triste mot.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          141
patrick75patrick75   27 juillet 2012
Don Rafanié, à force de vivre à Naples vous ne seriez pas devenu napolitain par hasard ? Non, dit-il pour rire, c'est que les Napolitains sont peut-être une des dix tribus perdues d'Israël. Comment ? Vous avez perdu dix tribus? Et il vous en reste combien ? " Deux seulement, une est celle de Judas qui nous donne le nom de juifs, un nom qui vient du verbe remercier."
Alors, vous les juifs, vous vous appelez : merci ?
" C'est ce que dit le mot, mais tous les hommes devraient s'appeler comme ça, avec un mot de remerciement."
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          190
michemuchemichemuche   17 juin 2018
Maria m'embrasse, sa tête s'appuie contre ma gorge, nous parlons en soufflant les mots, elle dit : " tu grandis tous les jours et moi je m'accroche à toi pour grandir aussi vite que toi"...
Commenter  J’apprécie          470
jmlire92jmlire92   02 décembre 2016
Les enfants ne comprennent pas l'âge, pour eux quarante ou quatre-vingts ans sont un même désastre. Une fois, dans l'escalier, j'ai entendu Maria demander à sa grand-mère si elle était vieille. Elle lui a répondu non, Maria a demandé si son grand-père était vieux et la grand-mère a répondu non. Alors Maria a demandé : " Mais alors, des vieux, y en a pas ? " et elle s'est pris une gifle. Moi, je les comprends les années des gens, mais celles de Rafaniello non. Son visage fait cent ans, ses mains font quarante, ses cheveux vingt, tout roux comme des broussailles. Ses mots, je ne sais pas, il parle peu, d'une voix très fine. Il chante dans une langue étrangère, quand je balaie son coin il me fait sourire, ses rides et ses taches de rousseur remuent, on dirait la mer quand il pleut dessus. "
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          100
Videos de Erri De Luca (97) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Erri De Luca
Pourquoi faut-il venir à Livre Paris 2019 ? Réponses en trois questions à Sébastien Fresneau, directeur de Livre Paris, et Gauthier Morax, responsable de la programmation.
Livre Paris invite l'Europe avec une scène spécialement dédiée à la culture européenne. 2019 est une année décisive pour l'avenir de l'Europe, à deux mois des élections européennes.
Erri de Luca, Orhan Pamuk, Peter Sloterdijk, Hubert Védrine ou encore Javier Cercas : de grands noms de la culture européenne nous font l'honneur de leur présence à Livre Paris 2019 !
Retrouvez également vos auteurs préférés pendant 4 jours de débats, de conférence et d'échanges sur 9 scènes différentes : Nicolas Mathieu, François Begaudeau, Olivier Guez, Raphaëlle Giordano, Jérôme Ferrari, Joann Sfar, Bernard Werber, Olivier Adam, Morgane Ortin, Blet Buckler, Antoine Jacquier et bien d'autres. Plus de 3500 auteurs présents !
https://www.livreparis.com
+ Lire la suite
>Littérature (Belles-lettres)>Littérature italienne, roumaine et rhéto-romane>Romans, contes, nouvelles (653)
autres livres classés : naplesVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr





Quiz Voir plus

Grandes oeuvres littéraires italiennes

Ce roman de Dino Buzzati traite de façon suggestive et poignante de la fuite vaine du temps, de l'attente et de l'échec, sur fond d'un vieux fort militaire isolé à la frontière du « Royaume » et de « l'État du Nord ».

Si c'est un homme
Le mépris
Le désert des Tartares
Six personnages en quête d'auteur
La peau
Le prince
Gomorra
La divine comédie
Décaméron
Le Nom de la rose

10 questions
526 lecteurs ont répondu
Thèmes : italie , littérature italienneCréer un quiz sur ce livre
.. ..