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Danièle Valin (Traducteur)
EAN : 9782070336388
128 pages
Éditeur : Gallimard (18/05/2006)
3.77/5   50 notes
Résumé :
Erri De Luca fréquente la Bible depuis longtemps. Sa connaissance des Écritures ne doit pourtant rien à la foi ou un quelconque sentiment religieux : De Luca se dit non croyant, incapable de prier ou de pardonner. Il est néanmoins habité par le texte biblique au point de commencer presque chaque journée par la lecture et la traduction d'un passage.

Les courts textes rassemblés ici témoignent de ce corps-à-corps quotidien avec la Bible et de ces exerci... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
adtraviata
  12 juin 2019
Je ne savais pas qu'Erri de Luca traduit tous les matins un texte biblique auquel il se confronte et dont les enseignements « littéraux » (j'entends par là la traduction littérale de l'hébreu biblique) le nourrissent chaque jour :
« Lire les Saintes Écritures c'est obéir à une priorité de l'écoute. J'inaugure mes réveils par une poignée de vers, et le cours de la journée prend ainsi son fil initiateur. Je peux ensuite déraper le reste du temps au fil des vétilles de mes occupations. En attendant, j'ai retenu pour moi un acompte de mots durs, un noyau d'olive à retourner dans ma bouche.
Tant que, chaque jour, je peux rester ne fût-ce que sur une seule ligne de ces Écritures, j'arrive à ne pas me défaire de la surprise d'être vivant. » (p. 43)
La première partie du livre est consacrée au Christ , de l'annonce de sa naissance à sa résurrection et à son Ascension ; la seconde, plus longue, explore des passages plus ou moins célèbres de l'Ancien Testament, particulièrement dans les premiers livres de ce dernier (la Genèse, l'Exode, le Deutéronome ou le Livre des Nombres), certains personnages comme le roi David et quelques prophètes comme Isaïe, Jonas ou Jérémie.
Les Ecritures, avant d'être un texte mis par écrit, c'est d'abord et avant tout la Parole de Elohim (ou Yod, la première lettre du tétragramme YHVH, un autre nom de Dieu suivant les traditions bibliques) et Erri de Luca souligne combien cette Parole révélée a provoqué comme un séisme dans la langue hébraïque qui ne possède pas de voyelles, « une langue aux mots pauvres, hostile à tout concept abstrait » (p. 42), au point que de nombreuses phrases commencent par « Et Dieu dit » ou plutôt (toujours littéralement) « Et dit Dieu » tant la force du dire est primordiale pour ce Dieu qui intervient dans l'histoire humaine.
Les traductions littérales peuvent paraître rudes mais elles révèlent un sens auquel nous n'avons pas accès quand nous lisons une traduction plus élaborée, un sens qui interpelle dans le monde d'aujourd'hui, par rapport à certaines questions éthiques ou sociétales (tiens, tiens, Elohim serait-il féministe ?), un sens rafraîchissant. J'avais envie de noter des idées à chaque chapitre de ce petit livre passionnant.
Et pourtant, le savez-vous ? Je ne vous en parle qu'en fin de billet mais lui s'en explique dès l'introduction : Erri de Luca n'est pas croyant. Pas besoin donc d'être croyant pour apprécier son texte. Bien plus, ses explications sur la Bible sont d'autant plus percutantes, interpellantes et rejoignent certainement (du moins, à mon sens) le goût des Ecritures d'un croyant, d'une croyante ouverts d'esprit.
Lien : https://desmotsetdesnotes.wo..
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michfred
  14 mars 2016
Erri de Luca revisite et relit les Ecritures, en "passant" et non en résident, car le premier écueil, la prière, et le second, le pardon, l'empêchent de s'adresser ou de croire à Dieu.
Mais c'est un érudit: il connaît l'hébreu, et interroge le sens littéral avec passion et parfois avec impertinence. Toujours avec profondeur et un sens aigu de l'actualisation.
On savoure, on médite, on sourit, on note...et on tourne et retourne sous notre langue ces noyaux d'olive savoureux, qui ont gardé le goût de l'arbre même si on en a depuis longtemps grignoté la chair...
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Piling
  07 août 2009
Erri de Luca, qui lit quotidiennement la Bible, comme faisait Blanchot, comme tant d'autres, se dit "lecteur qui campe hors les murs", non-croyant, butant sur ces deux pierres d'achoppement que sont pour lui "la prière et le pardon" (on a tous les nôtres). Il revient dessus plus loin, en englobant cette fois son cas dans la presque totalité de l'humanité, ce qui n'est pas faux :
" Une bonne partie de l'humanité n'est pas en état de remonter à Dieu. Avant même l'acte de foi, l'acte de confiance réclame trop d'efforts. En non-croyant, je reste un passant d'écritures saintes et non un résident."
...
Lien : http://vitanova.blogspot.com..
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frandj
  12 août 2016
Je suis perplexe au sujet d'Erri de Luca. Son profil me semble bizarre. Il a étudié l'hébreu et il écrit des livres érudits sur les religions monothéistes (notamment le judaïsme et le christianisme), alors qu'il n'a jamais adhéré à ces religions, semble-t-il. "Noyau d'olive" est une suite de courtes études sur tel ou tel passage de la Bible, axées sur la sémantique de la langue originale. C'est intéressant. Mais dans ce domaine, j'ai déjà lu d'autres livres, probablement plus profonds et plus pertinents. Marie Balmary, par exemple, m'a laissé des impressions plus remarquables. Donc, après avoir refermé ce petit livre, je n'éprouve pas d'enthousiasme particulier.
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kristobalone
  16 juin 2021
Il semblerait qu'une part de l'oeuvre d'Erri de Luca soit consacrée à l'étude des Saintes Ecritures.
J'avais découvert cet aspect dans les lignes de Et il dit, c'est aussi le cas de Noyau d'Olive.
Pourtant l'auteur se dit athée, identifiant même ce qui l'empêche d'accéder à des relations personnelles avec Dieu : son incapacité à la prière.
Effectivement, l'amitié avec le Tout-Puissant ne saurait être unilatérale.
Etant moi-même un lecteur assidu de la Bible, je me penche sur cette partie de la production d'Erri de Luca avec plaisir.
Non pas que je soit d'accord avec tout ce qu'il écrit mais je lui trouve une grande honnêteté intelectuelle et une autre qualité qui fait défaut à d'autres exégètes : le respect de la foi.
Comme lui j'encourage chacun à se délecter chaque jour de la lecture de quelques versets pour bien commencer la journée.
Une petite perle de pensée divine à tourner et retourner dans son esprit comme un noyau d'olive qu'on garderait en bouche et qu'on ferait aller avec la langue sans se lasser.
Lien : https://christophegele.com
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Citations et extraits (39) Voir plus Ajouter une citation
adtraviataadtraviata   12 juin 2019
Tout au long des Evangiles, nous lisons les jets d’un discours qui fut torrentiel. Une providence fait ressembler ces écrits à des citernes d’eau de pluie, qui retiennent du moins quelque chose selon leur capacité. Nous ignorons le timbre de sa voix et l’hébreu, l’araméen, ses langues, n’existent même plus.Et pourtant, les Evangiles ont suffi à ne pas faire oublier les paroles de celui qui ne voulut pas écrire ni laisser écrit. Celui qui n’a pas la foi ne se désaltère pas. Mais celui qui a la grâce de l’avoir est lié par un devoir énorme: donner de cette eau bue un témoignage tout au long de sa vie. Ce faisant, il remplit les pages que les Évangiles ont dû laisser vides. Ce faisant, il rapporte à la surface l’eau qui s’est perdue hors des citernes. (p. 86-87)
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pgremaudpgremaud   05 août 2019
Il arriva sans être attendu, il vint sans avoir été conçu. Seule la mère savait qu'il était fils d'une annonce de la semence portée par la voix d'un ange. C'était arrivé à d'autres femmes juives, à Sarah par exemple.
Seules les femmes, les mères; savent ce qu'est le verbe attendre. Le genre masculin n'a ni constance ni corps pour héberger des attentes. Je mesure la circonstance aggravante que représente l'ignorance physique de la forme du verbe attendre. Non pas par impatience, mais par manque de résistance: même pendant mes fièvres malariques je n'avais jamais recouru au répertoire inventif des verbes guérir, être en attente de.
Au cours de mes réveils matinaux, en parcourant Isaïe, je lis : "Heureux ceux qui attendent lui " (Is 30,18). Je n'ai pas connu cette joie sage et physique.
(Avent)
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michfredmichfred   10 août 2015
Lire les Saintes Écritures c’est obéir à une priorité de l’écoute. J’inaugure mes réveils par une poignée de vers, et le cours de la journée prend ainsi son fil initiateur. Je peux ensuite déraper le reste du temps au fil des vétilles de mes occupations. En attendant, j’ai retenu pour moi un acompte de mots durs, un noyau d’olive à retourner dans ma bouche …

Tant que, chaque jour, je peux rester ne fût-ce que sur une seule ligne de ces Écritures, j’arrive à ne pas me défaire de la surprise d’être vivant.

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petitsoleilpetitsoleil   31 août 2013
L'hébreu des Saintes Ecritures possède un maigre vocabulaire, à peine plus de cinq mille mots. Cette pauvreté contient une intensité de sens qui se perd souvent dans les traductions, quand un seul verbe hébreu est disloqué en divers synonymes, traduit avec des sens différents.

Les verbes du travail et de la garde de la terre, avad et shamar, sont les mêmes, terriblement les mêmes, que celui du service dû à Dieu.
Pour cette écriture ancienne, travailler la terre et la servir sont le même mot, le même empressement dû au service sacré.
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pgremaudpgremaud   07 août 2019
Et encore avant cela, (David) emploie avec Dieu non pas la prière mais le mode verbal à l'impératif : garde-moi. C'est un ordre. David est roi, condottiere de soldats, il sait ce qu'est un ordre. Il l'adresse à Dieu comme premier mot de son psaume. Voilà que déjà le premier vers de la journée me met en déroute par son seul sens littéral : par sa sublime arrogance, sa force naturelle, l'élan de cette façon de s'adresser, la fureur des sentiments. David, le magnifique poète des psaumes, enseigne une température de la manière de s'adresser à Dieu, une fièvre de la nécessité que je ne sais pas lire sans vaciller sur le perchoir de perroquet d'où je scrute le livre.
Ainsi, les histoires sacrées tiennent-elles compagnie à un lecteur. Je peux dire que je suis un harceleur de ces mots, que je ne les laisse pas en paix, que j'en reviens ensuite avec une poignée de cendre chaude. Quiconque a la foi trouve en revanche dans ces pages la matière dont est fait le buisson ardent de Moïse, qui brûle sans restes de combustion, sans se consumer.
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Vidéo de Erri De Luca
Pour la rentrée littéraire 2021, c'est l'immense Erri de Luca qui rejoindra Futuropolis pour L'Heure H, son premier scénario de bande dessinée, signé avec Cosimo Damiano Damato et Paolo Castaldi, dans l'Italie ouvrière des années 1970. C'est aussi l'adaptation d'Un Roi sans divertissement, de Jean Giono, par Jean Dufaux et Jacques Terpant. C'est l'histoire personnelle de David Prudhomme, qui raconte une enfance à Chateauroux où l'on attend du Bruit dans le ciel. Et c'est enfin un tour dans les coulisses d'Hollywood avec son premier géant, Fatty, raconté par Julien Frey et Nadar. Bonne rentrée !
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>Religion>Théologie morale et spirituelle>Ecrits religieux: textes de méditation et de prière (45)
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