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Danièle Valin (Traducteur)
ISBN : 2070336387
Éditeur : Gallimard (18/05/2006)

Note moyenne : 3.71/5 (sur 42 notes)
Résumé :
Erri De Luca fréquente la Bible depuis longtemps. Sa connaissance des Écritures ne doit pourtant rien à la foi ou un quelconque sentiment religieux : De Luca se dit non croyant, incapable de prier ou de pardonner. Il est néanmoins habité par le texte biblique au point de commencer presque chaque journée par la lecture et la traduction d'un passage.

Les courts textes rassemblés ici témoignent de ce corps-à-corps quotidien avec la Bible et de ces exerci... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
adtraviata
  12 juin 2019
Je ne savais pas qu'Erri de Luca traduit tous les matins un texte biblique auquel il se confronte et dont les enseignements « littéraux » (j'entends par là la traduction littérale de l'hébreu biblique) le nourrissent chaque jour :
« Lire les Saintes Écritures c'est obéir à une priorité de l'écoute. J'inaugure mes réveils par une poignée de vers, et le cours de la journée prend ainsi son fil initiateur. Je peux ensuite déraper le reste du temps au fil des vétilles de mes occupations. En attendant, j'ai retenu pour moi un acompte de mots durs, un noyau d'olive à retourner dans ma bouche.
Tant que, chaque jour, je peux rester ne fût-ce que sur une seule ligne de ces Écritures, j'arrive à ne pas me défaire de la surprise d'être vivant. » (p. 43)
La première partie du livre est consacrée au Christ , de l'annonce de sa naissance à sa résurrection et à son Ascension ; la seconde, plus longue, explore des passages plus ou moins célèbres de l'Ancien Testament, particulièrement dans les premiers livres de ce dernier (la Genèse, l'Exode, le Deutéronome ou le Livre des Nombres), certains personnages comme le roi David et quelques prophètes comme Isaïe, Jonas ou Jérémie.
Les Ecritures, avant d'être un texte mis par écrit, c'est d'abord et avant tout la Parole de Elohim (ou Yod, la première lettre du tétragramme YHVH, un autre nom de Dieu suivant les traditions bibliques) et Erri de Luca souligne combien cette Parole révélée a provoqué comme un séisme dans la langue hébraïque qui ne possède pas de voyelles, « une langue aux mots pauvres, hostile à tout concept abstrait » (p. 42), au point que de nombreuses phrases commencent par « Et Dieu dit » ou plutôt (toujours littéralement) « Et dit Dieu » tant la force du dire est primordiale pour ce Dieu qui intervient dans l'histoire humaine.
Les traductions littérales peuvent paraître rudes mais elles révèlent un sens auquel nous n'avons pas accès quand nous lisons une traduction plus élaborée, un sens qui interpelle dans le monde d'aujourd'hui, par rapport à certaines questions éthiques ou sociétales (tiens, tiens, Elohim serait-il féministe ?), un sens rafraîchissant. J'avais envie de noter des idées à chaque chapitre de ce petit livre passionnant.
Et pourtant, le savez-vous ? Je ne vous en parle qu'en fin de billet mais lui s'en explique dès l'introduction : Erri de Luca n'est pas croyant. Pas besoin donc d'être croyant pour apprécier son texte. Bien plus, ses explications sur la Bible sont d'autant plus percutantes, interpellantes et rejoignent certainement (du moins, à mon sens) le goût des Ecritures d'un croyant, d'une croyante ouverts d'esprit.
Lien : https://desmotsetdesnotes.wo..
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michfred
  14 mars 2016
Erri de Luca revisite et relit les Ecritures, en "passant" et non en résident, car le premier écueil, la prière, et le second, le pardon, l'empêchent de s'adresser ou de croire à Dieu.
Mais c'est un érudit: il connaît l'hébreu, et interroge le sens littéral avec passion et parfois avec impertinence. Toujours avec profondeur et un sens aigu de l'actualisation.
On savoure, on médite, on sourit, on note...et on tourne et retourne sous notre langue ces noyaux d'olive savoureux, qui ont gardé le goût de l'arbre même si on en a depuis longtemps grignoté la chair...
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Piling
  07 août 2009
Erri de Luca, qui lit quotidiennement la Bible, comme faisait Blanchot, comme tant d'autres, se dit "lecteur qui campe hors les murs", non-croyant, butant sur ces deux pierres d'achoppement que sont pour lui "la prière et le pardon" (on a tous les nôtres). Il revient dessus plus loin, en englobant cette fois son cas dans la presque totalité de l'humanité, ce qui n'est pas faux :
" Une bonne partie de l'humanité n'est pas en état de remonter à Dieu. Avant même l'acte de foi, l'acte de confiance réclame trop d'efforts. En non-croyant, je reste un passant d'écritures saintes et non un résident."
...
Lien : http://vitanova.blogspot.com..
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frandj
  12 août 2016
Je suis perplexe au sujet d'Erri de Luca. Son profil me semble bizarre. Il a étudié l'hébreu et il écrit des livres érudits sur les religions monothéistes (notamment le judaïsme et le christianisme), alors qu'il n'a jamais adhéré à ces religions, semble-t-il. "Noyau d'olive" est une suite de courtes études sur tel ou tel passage de la Bible, axées sur la sémantique de la langue originale. C'est intéressant. Mais dans ce domaine, j'ai déjà lu d'autres livres, probablement plus profonds et plus pertinents. Marie Balmary, par exemple, m'a laissé des impressions plus remarquables. Donc, après avoir refermé ce petit livre, je n'éprouve pas d'enthousiasme particulier.
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Etoilesonore
  31 octobre 2013
Un vrai délice. Ce petit livre se savoure, comme un bon vin. Il faut du temps, du silence pour accueillir chacun de ces petits chapitres comme autant d'apophtègmes pleins de sagesse.
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Citations et extraits (34) Voir plus Ajouter une citation
adtraviataadtraviata   12 juin 2019
Tout au long des Evangiles, nous lisons les jets d’un discours qui fut torrentiel. Une providence fait ressembler ces écrits à des citernes d’eau de pluie, qui retiennent du moins quelque chose selon leur capacité. Nous ignorons le timbre de sa voix et l’hébreu, l’araméen, ses langues, n’existent même plus.Et pourtant, les Evangiles ont suffi à ne pas faire oublier les paroles de celui qui ne voulut pas écrire ni laisser écrit. Celui qui n’a pas la foi ne se désaltère pas. Mais celui qui a la grâce de l’avoir est lié par un devoir énorme: donner de cette eau bue un témoignage tout au long de sa vie. Ce faisant, il remplit les pages que les Évangiles ont dû laisser vides. Ce faisant, il rapporte à la surface l’eau qui s’est perdue hors des citernes. (p. 86-87)
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michfredmichfred   10 août 2015
Lire les Saintes Écritures c’est obéir à une priorité de l’écoute. J’inaugure mes réveils par une poignée de vers, et le cours de la journée prend ainsi son fil initiateur. Je peux ensuite déraper le reste du temps au fil des vétilles de mes occupations. En attendant, j’ai retenu pour moi un acompte de mots durs, un noyau d’olive à retourner dans ma bouche …

Tant que, chaque jour, je peux rester ne fût-ce que sur une seule ligne de ces Écritures, j’arrive à ne pas me défaire de la surprise d’être vivant.

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petitsoleilpetitsoleil   31 août 2013
L'hébreu des Saintes Ecritures possède un maigre vocabulaire, à peine plus de cinq mille mots. Cette pauvreté contient une intensité de sens qui se perd souvent dans les traductions, quand un seul verbe hébreu est disloqué en divers synonymes, traduit avec des sens différents.

Les verbes du travail et de la garde de la terre, avad et shamar, sont les mêmes, terriblement les mêmes, que celui du service dû à Dieu.
Pour cette écriture ancienne, travailler la terre et la servir sont le même mot, le même empressement dû au service sacré.
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PilingPiling   10 août 2009
"S'est attaché mon souffle derrière toi, en moi a serré ta droite". Voici le souffle qui adhère à la piste de Dieu et s'y attache comme le fait le chien attentif et fidèle sur la trace, collant sa respiration au sol. Voici qu'au même moment, à cause de cet attachement physique de fidélité, David sent la main de Dieu, la droite, se serrer en lui comme un poing qui attrape, tient, soutient. C'est une impression physique, rien de mystique, d'impalpable, mais une sèche séquence de verbes de force, d'échange réciproque entre Dieu et lui.

"Tomca", "serre", est un verbe qui est associé aux cordes dans un autre verset des Proverbes (Pr 5, 22) : ce n'est pas une caresse, mais l'étau le plus exaltant dans lequel une personne de foi puisse se sentir prise intérieurement. "En moi serre ta droite." Nous qui lisons des poèmes d'amour, avons-nous trouvé une égale puissance d'expression ? David l'obtient, il l'atteint par son enthousiasme et son attachement. Ainsi, il a longtemps tenu bon dans les déserts en résistant aux poursuites lancées contre lui, aux guets-apens. Il s'est fait lui-même un corps dans le désert, il s'est annulé dans le paysage désolé en faisant vivre seulement son souffle, son désir physique de Dieu, de son étreinte forte, âpre, heureuse au milieu de sa chair.
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PilingPiling   05 août 2009
Il naquit sous la queue et l'auspice d'une comète, ce qui n'était pas un signe de bonne fortune selon les croyances et les superstitions anciennes. Aujourd'hui, on épingle sur les crèches la petite étoile à la traîne d'or, réconfort dans la nuit, mais alors la comète était un impitoyable projecteur qui dénonçait le lieu et l'événement. Matthieu écrit que trois étrangers vinrent d'un autre orient pour enregistrer le prodige déjà annoncé par leurs calculs, apportant des offrandes solennelles dignes d'une naissance de roi. Le roi au pouvoir, Hérode, se fâcha, redoutant une usurpation. Il ordonna un massacre d'enfants, de zéro à deux ans, à Bethléem et dans tout le territoire environnant. Ce fut une mesure extrême et inefficace : il est prouvé, depuis Moïse, qu'il en réchappe toujours un, le bon, résumé de tous ceux qui ont été tués. Celui qui se trouve être le reste d'innombrables absents assume et possède les énergies de ces vies entravées. Faire des miracles alors n'est qu'un petit dédommagement.
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>Religion>Théologie morale et spirituelle>Ecrits religieux: textes de méditation et de prière (45)
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