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Danièle Valin (Traducteur)
ISBN : 2070348288
Éditeur : Gallimard (10/04/2008)

Note moyenne : 3.45/5 (sur 42 notes)
Résumé :
Nouvelle édition de l'ouvrage paru en 1992 sous le titre "Une fois, un jour"

« Maintenant l’autobus s’ébranle, la vitre tremble et je frissonne de froid. Je vois encore ton lourd manteau, ton sac, mais pas tes yeux. Je ne sais plus si tu regardes vers moi. Il ne te fut pas permis de reconnaître ton fils vieilli, tu n’as vu qu’un homme qui te regardait à travers une vitre. »

Dans ce récit d’une enfance napolitaine, la mémoire n’est pas ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
de
  17 janvier 2012
Des souvenirs d'enfance « Ville, dimanches : d'aussi loin que je me souvienne, je n'ai su en faire partie », plus que cela : une remémoration/création « C'est possible, car le possible et la limite mouvante de ce qu'on est disposé à admettre ». Naples, le dialogue à travers le temps du fils à la mère « Je suis ton fils, l'étranger dont le profil s'est stylisé entre la vitre d'une maternité, qui sépare le nouveau-né de sa mère, et celle d'un autobus ».
L'auteur est cet adulte penché sur son passé et l'enfant de cette invention « Mes yeux se fermèrent comme ils le font quand une image imprévue pénètre en soi et qu'on cherche à la retenir dans le noir pour bien la comprendre ».
Les mots sortaient difficilement de la bouche, les mots absents pèsent encore au présent « Par les mots : contre eux on ne pouvait pleurer, on ne pouvait répondre et moi, quand tu intervenais, je ne parvenais pas à en prononcer un seul, entre l'apnée et le bégaiement . On apprend bien tard à se défendre des mots ».
Soit c'est toujours un peu l'autre « Une grande partie du destin de chacun dépend d'une question, d'une demande faite un jour par quelqu'un, personne chère ou inconnu : on réalise soudain qu'on attend depuis longtemps cette interrogation, peut-être banale, mais qui sonne comme une annonce et on sait qu'on tentera d'y répondre par toute sa vie », encore des mots, des mots non prononcés.
Naples, la pauvreté, les nouvelles maisons, l'école, ces moments (in)oubliables « L'enfant mettait tout ensemble et sa vie était pauvreté et lutte secrète pour lui résister, le petit tablier qui se couvrait de craie et les engelures, la fièvre et les caresses. Après rien ne fut pareil ».
Un texte d'une grande pudeur, une réelle création littéraire, pas des souvenirs étalés sur la place publique « Beaucoup de détail ne forment pas un souvenir, beaucoup de souvenirs ne constituent pas un passé ».
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Moan
  06 décembre 2012
le narrateur , un homme de soixante ans, est à l'arrêt dans un bus et à travers la vitre, "voit" sa mère.

En s'adressant à elle, durant ce temps d'arrêt, il va se remémorer toute sa vie. Il évoquera sa petite enfance quand sa famille vivait pauvrement dans une ruelle de Naples, mais aussi son père, l'ami qu'il a perdu...
Erri de Luca dans une très belle écriture, fait le récit d'une enfance souvent douloureuse.
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Nuageuse
  14 juillet 2017
Un court roman sur la relation mère-fils. On sent les prémisses du talent de l'auteur : la sobriété et la retenue. Erri de Luca a le don d'en dire peu pour nous émouvoir, attendrir. Chaque mot se savoure et a une porté poétique. Je pense à son autre roman "Trois chevaux".
Le narrateur parle de sa mère, de Naples pendant la guerre, de son bégaiement, de ses années d'école où il était bon élève et puis mauvais quand il a déménagé. Ce déménagement pour atteindre socialement une classe plus riche fut un crève-coeur pour lui, contrairement au reste de sa famille.
Cette oeuvre parle de l'adaption vers le confort qui n'est pas si évidente, cette ascension m' a rappelé le film "Un Indien dans la Ville" (avec Arielle Dombasle entre autre) diffusé récemment à la télévision.
Une enfance triste qui m'a beaucoup émue.
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mireille.lefustec
  05 février 2014
Non ora, non qui." Paru en 1989 et premier livre de Erri de Luca.
C'est dans cette sorte de lettre ouverte à sa mère , à travers une belle déclaration d'amour , à partir d'une vieille photo, que l'auteur évoque son enfance, son adolescence dans une famille d'abord ruinée par la guerre . C'est à Naples, dans un quartier pauvre et bruyant. La situation s'améliorera mais le jeune garçon perdra ses repères dans la nouvelle maison ;
Il révèle sa sensibilité et son inquiétude latente.
Erri de Luca nous offre toute une succession d'images de la pensée et du coeur dans un style non linéaire parfois difficile à suivre.
Cette lecture demande le silence environnant, de l'attention et une immersion dans ses pages;
Dans ce premier roman, ce sont déjà toutes les qualités des ouvrages suivants.
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isabellelemest
  02 janvier 2013
Retour sur une enfance austère dans les quartiers pauvres de Naples, au sein d'une famille bourgeoise ruinée par la seconde guerre mondiale, et qui ne supporte ni la honte, ni la gêne matérielle, ni la promiscuité....Pour les enfants ce n'est jamais le moment ni le lieu de s'amuser, ni de faire du bruit. Les sentiments, les émotions doivent être refoulés, intériorisés.... Ce court et dense texte explique la genèse d'une vie et d'une oeuvre placées sous le signe de la pudeur et d'un éloquent et poétique silence, en même temps qu'il règle des comptes avec une famille aimante mais trop dure et exigeante.
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critiques presse (1)
Actualitte   17 avril 2018
Un homme regarde par la fenêtre de l’autobus dans lequel il est installé. Sur le trottoir, sa mère. C’est une jeune femme alors qu’il est déjà un vieil homme. Reviennent à la surface, comme des bulles, des images du passé, tendres et nostalgiques, anciennes et émues, tristes ou drôles.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations et extraits (39) Voir plus Ajouter une citation
PilingPiling   30 janvier 2010
C'est à ce moment-là que je pris l'habitude de ne pas terminer mes devoirs, d'en laisser une partie en blanc. Lors des interrogations aussi je gardais pour moi une partie de la réponse que je devais à l'enseignant. Je me réservais une part d'incomplétude, les choses allaient mal pour moi, je commençais à grandir.



Il y a des pauvres pour qui le riche n'est pas un idéal. Il y a des pauvres, matériellement et spirituellement, insoumis. Si de mon banc je ne répondais pas au professeur qui me posait la question laissée sans réponse par l'élève au tableau, ce n'était pas par sentiment de solidarité. Je n'en éprouvais aucun envers mes camarades. Par tempérament et par conviction, j'étais hostile à la méthode qui nous incitait à rivaliser entre nous.



Tendus vers un résultat, mes camarades agissaient et réagissaient de la même façon lors des nombreuses épreuves scolaires. Ils n'apprenaient pas à être les meilleurs, mais s'initiaient à des techniques d'hostilité.
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PilingPiling   29 janvier 2010
– Papa, si moi je ne veux pas être en attente et si je veux être sans attente, est-ce que je peux ?
Alors il cessa de se raser, ouvrit la porte en grand et, comme s'il avait compris quelque chose, je ne sais quoi, dit ces quelques mots : "Si tu es capable de vivre sans attente, tu verras des choses que les autres ne voient pas." Puis il ajouta encore : "Ce à quoi tu tiens, ce qui t'arrivera, ne parviendra pas par une attente." Il avait la moitié du visage rasée et l'autre encore pleine de savon, dans une main le rasoir et dans l'autre le blaireau. Il se pencha légèrement vers moi pour se faire comprendre.
Je le regardai de tous mes yeux. Ce n'était pas lui, même sa voix était différente. Quant à moi, je n'étais pas certain d'être celui qui avait posé la question.
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PilingPiling   29 janvier 2010
Alors, je ne sais comment cela se produisit, je compris que je n'étais pas témoin de tout ce mal et du monde, mais responsable. Toi, tu en faisais l'inventaire, m'en demandant compte rien qu'en parlant. Oui, maman, derrière son silence rêveur un enfant crut être la dernière parcelle de Dieu, fragment détaché d'un créateur qui avait laissé échapper son œuvre de sa bouche et de ses mains. En cet enfant, Dieu ne savait plus quoi faire ou quoi dire, sinon écouter.
Je ne l'ai pas fait exprès : c'est cela que je pensais, sans arrêt, sous le flot de tes histoires. C'était une bonne formule pour absoudre un enfant, mais bonne aussi pour enchaîner un Dieu aux malheurs du monde. Je ne l'ai pas fait exprès : je comprenais le monde, ne me souvenant plus l'avoir engendré. Je ne m'étonnais pas, puisque je n'avais même pas souvenir de ma naissance. Du reste aucun Dieu n'a souvenir de la sienne.
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MoanMoan   06 décembre 2012
Quand arriva le temps de la nouvelle maison, le soleil nous enveloppa et l'obscurité entra progressivement dans les yeux de papa. Il prenait beaucoup de photographies, il en fit par centaines, jusqu'à ce que son viseur s'offusque et que sa cible lui échappe.
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isabellelemestisabellelemest   16 janvier 2013
La mort de Maxime.
"Scese nel mare in uno dei minuti della mia assenza. Non posso ricordarlo, non posso conoscerlo, eppure lo conosco e lo ricordo meglio di tutti i nostri minuti.
Il mondo era lì per tradirci. Il nostro Tirreno conteneva agguati, la nostra età era condannata e non lo sapevamo. Schifo, mamma, schifo ho avuto della natura molto più che dei misfatti degli uomini, schifo del azoto, della luna piena comparsa a mare, schifo di aver perduto la scia dei suoi piedi, dietro i quali non avrei più messo le mie braccio magre. Ho avuto schifo di avere un'ombra et di tirare aria nel naso."
"Il descendit dans la mer dans une de mes minutes d'absence. Je ne peux pas m'en souvenir, je ne peux pas la connaître, et pourtant je la connais et m'en souviens mieux que d'aucun autre de nos instants.
Le monde était là pour nous trahir. Notre mer Tyrrhénienne était pleine de pièges, notre âge était condamné et ne le savait pas. J'ai été écœuré, maman, par la nature, bien plus que des méfaits des hommes, écœuré par l'azote, par la pleine lune surgie sur la mer, écœuré d'avoir perdu la trace de ses pieds, derrière lesquels je ne mettrais plus mes bras maigres. J'ai été écœuré d'avoir une ombre et d'aspirer de l'air par le nez."

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