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EAN : 9781022600812
Editions Métailié (06/03/2014)
3.72/5   32 notes
Résumé :
Buenos Aires, 1894. Le jeune Sigmundo Salvatrio a repris l'agence Craig après la mort de son mentor. Il affronte ici sa première affaire. La découverte d'un cadavre avec une statuette de Narcisse oriente l'enquête vers un groupe de philosophes des jardins aux agissements pour le moins bizarres.
Quelle est la place des jardins dans la culture ? Doivent-ils être la réplique du Jardin d'Éden avant la Chute ou bien ordonnés et géométriques à l'image de ceux de l'... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
Ce roman policier argentin de 2013 est un sombre jardin labyrinthique construit avec le plus grand soin pour nous perdre.
Il se déroule en 1894 à Buenos Aires. On retrouve avec plaisir le jeune Sigmundo Salvatrio que nous avions quitté à Paris durant l'Exposition universelle, quatre ans auparavant. Son maître Renato Craig éminent membre du Cercle des Douze agonise. Salvatrio se retrouve bientôt seul avec la veuve dans une grande maison lugubre . Elle le laisse s'installer dans le bureau du défunt. Et elle s'enferme dans son jardin d'hiver pour y cultiver des plantes rares et les protéger avec cruauté des invasions de fourmis. Heureusement, Salvatrio a bientôt du travail. le poète et journaliste Jerónimo Seguí lui demande de rechercher Reiner un de ses amis, antiquaire. Salvatrio découvre son cadavre dans la fontaine de son jardin délabré. Une statuette de Narcisse est méticuleusement attachée à hauteur de son ventre. Sigmundo oriente l'enquête vers le club Sub rosa qui comprenait 5 membres occupés semble-t-il à discuter de l'esthétique du jardin : le poète, l'antiquaire, un médecin aliéniste, un chasseur et un riche marchand de sel. Les uns sont partisans d'un jardin édénique qui tente de recomposer l'état sauvage du monde antérieur à la civilisation. Les autres placés sous le signe de l'Atlantide voient dans le jardin un modèle d' ordre idéal où le génie humain se distingue par le dessin. Les cinq membres du club avaient l'habitude de se rencontrer chez Baltazar Dux Olaya, le roi du sel, père de la très jolie Inès, devenue folle suite à un viol. Parallèlement la veuve Craig demande à Salvatrio d'enquêter sur la mort du frère d'une amie, intervenu à « l'hôtel des suicidés ».
Le livre est labyrinthique, très riche en rebondissements, divertissant et brillant. Il est plein de mystères et de symboles que nous essayons de décrypter en même temps que Salvatrio. Chaque crime est associé à un personnage mythologique célèbre : Narcisse, Actéon, Prométhée et Polyphème. Toute l'enquête est plaisante et se double d'une réflexion sur les jardins. Théorique d'abord avec le discours des pseudo-philosophes, pratique ensuite avec l'enquête elle-même. On est toujours entre civilisation et barbarie, ordre et désordre. A la fin les jardins édéniques ou ordonnés sont détruits. Restent les ruines. On peut alors en élaborer de nouveaux.
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C'est mon deuxième roman de cet auteur, je venais juste de lire "La soif primordiale" et j'ai tout autant aimé "Crimes et jardins".
L'auteur a un style très poétique et presque philosophique par moment, tout en restant simple et compréhensible.

L'histoire est une fois encore pleine de tours et de détours, à l'image de Buenos Aires, la ville dans laquelle se déroule l'action en 1898.
Un jeune détective va devoir enquêter sur la disparition d'un antiquaire et à partir de là, il va être entraîné dans une aventure tortueuse qui va lui faire rencontrer un chasseur, un psychiatre, un journaliste, un magnat du sel, des férus de jardinage, d'étranges philosophes, des illuminés, des fous, d'autres détectives....

J'ai aimé cette ambiance qui nous fait découvrir des univers hors du commun comme ce club de "jardiniers psychiques" par exemple.
La folie, la poésie et l'occultisme ne sont jamais bien loin dans les histoires de Pablo de Santis et cela donne une atmosphère très particulière à ses romans. Personnellement, j'ai été envoûtée !
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Nous sommes en Argentine, à la fin du XIXe siècle, période historique rarement traitée dans la littérature (à moins que la littérature qui traite de cette période ne vienne pas jusqu'à nous). le héros est Sigmundo Salvatrio, un détective en devenir : Craig, son mentor est mort, l'académie qu'il avait fondée a été dissoute, mais il a repris le flambeau et se retrouve à enquêter sur sa première affaire de meurtre. Elle sera très vite suivie par un second meurtre, tout aussi énigmatique.

Roman policier ? Oui. Mais il contient tellement plus qu'une intrigue nous permettant de découvrir le tueur et son mobile. Il est question des jardins, des plantes, de ce que l'on veut faire de ses jardins, de la manière dont on les conçoit. le jardin comme démonstration de philosophie de vie. L'on peut se perdre dans les jardins, on peut vouloir les laisser à l'abandon, ou bien tout détruire pour tout recommencer.

Salvatrio rencontrera au cours de son enquête des personnalités fortement caractérisés. Ce qui m'a frappé aussi est que les personnages que l'on croise le plus souvent dans ce roman sont tous des hommes, sans attache avec des femmes, ou bien, s'ils ont été mariés, leur femme est décédée depuis longtemps. Seul l'un d'entre eux a une fille, incapable de parler depuis un traumatisme trois ans plus tôt. Les seules femmes que l'on croise sont toutes assignées à résidence, ou presque, qu'elles soient mère, femme ou fille. Ne parlons pas des épouses abandonnées, à la triste vie. Quant à l'épouse qui abandonne, elle est vouée à l'opprobre, quand ce n'est pas à la folie. La femme n'est jamais libre, en fait, même veuve sans enfant : Salvatrio s'inquiète de voir madame Craig recevoir un homme chez elle, il a peur qu'elle entache non sa réputation, mais celle de son mari mort. Les femmes, on peut les voir – mais à peine – on peut les entendre, sans faire attention à ce qu'elles disent, à ce qu'elles écrivent, à ce qu'elles dessinent. Dans ce cas, à quoi bon parler ? Cela ne sert pas à grand chose.

Pablo de Santis est un auteur que je suis heureuse d'avoir découvert.
Lien : https://deslivresetsharon.wo..
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A Buenos Aires en 1894, le jeune Sigmundo Salvatrio fait face tout seul à sa première affaire de meurtre après la mort de son maître, le détective Craig. La victime est Isidoro Ranier, antiquaire, retrouvé dans le bassin de son jardin, une statuette de Narcisse attaché autour du ventre. Ranier faisait partie d'un groupe de philosophes des jardins qui se réunissaient régulièrement pour discuter des jardins :

"Non pas les jardins vus seulement comme des carrés de pelouse, mais comme des espaces mythiques, où les villes conservent leurs vieilles histoires. Les jardins peuvent être des bois, des déserts, des labyrinthes. Ce sont des mondes en miniature et, à travers l'étude de leur forme, nous entrons dans la région des symboles. Après tout, l'idée que nous avons du paradis est celle d'un jardin..."

Le meurtre est-il lié à cet étrange groupe réunissant un psychiatre, un antiquaire, un poète, un chasseur et un riche entrepreneur ? Pourquoi ont-ils brutalement cessé de se retrouver ? Irène, la belle mais dérangée fille de Dux Olaya, qui évoque la princesse de l'Atlantide, y a-t-elle joué un rôle ?

Ce n'est pas la première fois que Pablo de Santis écrit un roman policier avec pour personnage princical Sigmundo Salvatrio, mais comme je fais un peu les choses à l'envers, je n'ai pas encore lu le Cercle des douze, le premier des deux. Qu'importe ! Crimes et jardins m'a beaucoup plu, et s'il y a quelques rappels du premier roman (l'histoire personnelle - et amoureuse - de Sigmundo par exemple), il peut très bien se lire tout seul.

Pablo de Santis nous emmène dans le Buenos Aires de la fin du 19e siècle, où nous suivons un jeune et sympathique détective pour sa première enquête de meurtre en solo. Et quelle enquête ! Mythologies, légendes, jardins mystérieux, folie, crimes ingénieux, et même une pointe de philosophie... Tous ces éléments nourrissent une intrigue riche en rebondissements, bien menée et développée, qui m'a passionnée jusqu'au bout ! Je n'en dirai pas plus de peur de vous gâcher la lecture, courrez-vite le lire !
Lien : http://leschroniquesassidues..
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En Argentine, fin du XIXème, un jeune détective se voit confier une enquête par un ami sur la disparition d'une connaissance. Cette enquête va le mener sur la piste d'un tueur qui s'inspire de la mythologie grecque pour commettre ses meurtres. Par ailleurs, il ne semble s'attaquer qu'aux membres du club "Sub Rosa" qui dissertent et philosophent sur les jardins. Au centre de cette intrigue, un riche industriel et sa fille.

C'est le troisième roman de Pablo de Santis que je lis après "Le Calligraphe de Voltaire" et "La Soif primordiale" que j'ai lus avec un réel plaisir chaque fois. J'ai renouvelé l'expérience avec ce roman et comme le précédent, il est inclassable: aux frontières de l'ésotérisme, l'auteur agrémente son récit d'une intrigue policière avec un soupçon de fantastique. le roman peut paraître un peu brouillon à lire à cause de toutes les digressions dues aux problèmes personnels du narrateur/héros (et il les cumule) qui s'ajoutent au récit central. Mais elles font partie intégrante de l'intrigue et permettent au narrateur d'avancer dans son enquête grâce à de heureux hasards.

Même si je n'ai pas retrouvé l'engouement de mes premières lectures de cet auteur, je me suis laissée happer par l'atmosphère étrange qui se dégage du roman, à la fois sombre et lumineuse.
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
Je n'étais pas retourné au Pavillon argentin depuis l'Exposition universelle de Paris en 1899. L'exposition terminée, le palais de fer et de verre avait été démonté et embarqué à destination de Buenos Aires...
N'ayant plus à représenter le pays, l'ancien Pavillon argentin était devenu une simple salle de théâtre et de concerts, où des troupes espagnoles présentaient des zarzuelas, et les italiennes, des opérettes ; où de pâles jeunes filles au long cou jouaient du Schubert et des magiciens et hypnotiseurs sciaient des femmes et faisaient danser des squelettes. Chaque jour qui passait, la salle prenait congé de son illustre origine et de sa perfection célébrée : les boulons tombaient, les carreaux vénitiens se détachaient, la grêle dessinait des étoiles sur le verre.
A l'intérieur on avait installé des rangées de sièges, très près les uns des autres pour occuper un maximum d'espace et récolter plus d'argent. Les dames se voyaient contraintes à la promiscuité ; les hommes à la tentation ; les gros, à l'exil au dernier rang. On entendait des excuses répétées, parfois une interjection d'alarme ou de protestation. Il y a quelques années encore, dans le vieux théâtre Colon, le public était réparti dans la salle selon le sexe et la catégorie sociale : les hommes et les femmes ne pouvaient être ensemble que dans les loges, l'orchestre était réservé aux hommes, le poulailler aux femmes. Dans la Pavillon argentin,peut-être parce qu'il avait été construit pour célébrer le centenaire de la Révolutions française, sexes et catégories étaient démocratiquement mélangés. Nous étions tous immergés dans les plaisirs, les inconvénients et les confusions du gouvernement des hommes libres.
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- Et le commissaire Janzen ? demandai-je à Reverter tandis que les policiers étendaient sur l'herbe cordes et crochets. Janzen était le principal enquêteur de la police. Lorsqu'un crime était commis, ils arrivaient tous deux ensemble : le légiste pâle et maigre, et le policier robuste au visage congestionné.
- Il n'est pas là. Il est parti dans sa famille, à la campagne, Salvatrio, vous devriez essayer de ramener cette femme à l'intérieur. Si elle s'évanouit, je vais être obligé de m'occuper d'elle. Et j'ai perdu l'habitude des patients vivants.
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Je suis un individu sociable, mais avant midi je préfère ne converser avec personne. Je m'assis à une table près de la fenêtre pour voir passer les gens. Quand nous marchons dans la rue, les autres nous sont indifférents, ils ne sont que des obstacles que nous devons esquiver ; mais vus d'une table de café, les passants nous apparaissent d'une tout autre manière, comme si nous devenions magiquement des étrangers attentifs à tout : l'expression des visages, les vêtements, les gestes. Les gens marchaient avec cette hâte qui ne dure que jusqu'à la mi-journée, pour céder ensuite à la somnolence. Le vent soufflait, les hommes retenaient leur chapeau et les femmes s'efforçaient de ne pas laisser leurs laborieuses coiffures s'écrouler comme un château de cartes.
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Construire quelque chose exige d’énormes efforts, mais pour dégrader ce que l’on a construit, le désintérêt, l’apathie, la négligence suffisent. Je trouvais une correspondance entre le jardin philosophique de Dux, formé par ses amis, et celui qui s’étendait autour de moi : à mesure que les amis mouraient, les plantes flétrissaient et l’ivraie triomphait de l’aristocratie végétale.
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Nous autres, partisans du jardin édénique, tendons à considérer le jardin comme une représentation de l’état sauvage, du monde antérieur à la civilisation, à la culture. Le jardin nous emporte dans un temps hors de l’histoire. Les autres, en revanche, voient dans le jardin comme un ordre idéal où le génie humain se distingue par le dessin.
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