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EAN : 9782864245124
153 pages
Editions Métailié (15/09/2004)
3.2/5   20 notes
Résumé :
Un congrès de traducteurs dans une station balnéaire de la côte argentine, avec un hôtel délabré et un phare. Un endroit dévasté où les phoques viennent mourir sur la plage et où l'on découvre d'autres cadavres près de l'eau avec une pièce de monnaie sous la langue. Miguel de Blast a quarante ans, il traduit et pratique le mariage comme une forme ludique de l'échec. A la fois enquêteur et suspect, il va suivre des pistes. Celle d'Ana dont il a partagé l'amour avec l... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Dans une station balnéaire étriquée perdue quelque part sur la côte de la Patagonie argentine, se déroule un congrès international sur la traduction.

Dans ce lieu désolé du bout du monde, des cadavres de phoques se décomposent sur la plage, le temps est à la pluie ou à la brume, l'hôtel où sont logés les participants est à moitié en ruine, à moitié en cours de rénovation. Comme si cela ne suffisait pas à rendre le séjour sinistre, voilà que deux des congressistes meurent à quelques jours d'intervalle dans des circonstances suspectes, puis qu'un troisième est retrouvé sur la plage en état de choc.

Le narrateur mène l'enquête, où il sera question de langues hermétiques, et des anciennes relations d'amour/amitié qu'il a entretenues avec deux des participants au congrès (mais pas ceux qui sont morts).

N'attendez pas de ce roman un suspense trépidant. Dans cette sorte de huis-clos brumeux, l'atmosphère est feutrée, mystérieuse, confuse, à un cheveu du fantastique. La réflexion sur la traduction et l'interprétation est intéressante et profonde, l'ambiance grise est bien rendue, l'écriture fluide, mais la fin m'a paru abrupte et laisse une impression d'inaboutissement. Peut-être me faudrait-il une deuxième lecture pour mieux cerner les métaphores et les subtilités d'interprétation.
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Pablo de Santis est un auteur vraiment à part.
Il adore les atmosphères gothiques, le mystère, les univers à la limite du fantastique, la philosophie et la poésie, et on retrouve un peu de tout ça dans chacun de ses romans.

Un congrès a lieu dans une ville côtière désertée, en Argentine.
Le temps est maussade, la ville semble vide, l'hôtel est en travaux, des phoques morts pourrissent sur la plage et les participants sont tous des traducteurs d'obscurs recueils ésotériques ou des linguistes spécialisés en hermétisme...
Dans ce décors déjà pas très enjoué des morts suspectes vont venir bouleverser le quotidien des participants du congrès.

J'ai bien aimé cette ambiance surréaliste mais heureusement que le roman est court (150 pages) car la morosité et la dépression sont aux aguets et on sent bien qu'elles attendent un faux pas de notre part pour nous tomber dessus et nous écraser de tout leur poids.

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Voici un petit opus bien sympathique.

Mais surtout, n'allez pas lire le quatrième de couverture car il en dit trop et trop de choses inexactes en plus. Quelle engeance ces éditeurs parfois !

Un congrès de traducteurs, de traducteurs intellectuels qui pensent la traduction, a lieu dans un village balnéaire perdu et désolé. Des phoques meurent bizarrement et puis un congressiste et il ne sera pas le seul. Mais que se passe-t-il dans cet hôtel à moitié inachevé d'une côte perdue d'Argentine ?

C'est bien enlevé car j'ai voulu absolument terminé ma lecture en un peu plus d'une journée. Sans être un vrai polar, il s'agit d'un entre-deux de littérature sud-américaine entre enquête et roman. Pas mal du tout.
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Métaillé est un bien bon éditeur, et l'un des rares à promouvoir réellement la littérature sud-américaine contemporaine, en particulier des auteurs agrentins, qu'on a bien peu d'occasion de lire (voir par exemple L'autobus, ou, chez un autre bon éditeur - Liana Levi - le très joli Lieu perdu). Et ces auteurs argentins ont bien des choses à dire, maintenant que la page de la dictature se tourne peu à peu et que remontent à la surface de la société l'ensemble des non-dits qui l'ont étouffée pendant des décennies, souvent sous une forme détournée, au travers de scénarios indirects, avec des récits prenant place dans des quasi-déserts.

C'est ici à nouveau le cas, avec ce congrès de traducteurs qui se tient à Port-au-Sphinx, un finistère imaginaire qui rappelle furieusement le sud patagonien. Miguel de Blast y retrouve deux vieilles connaissances : Ana proche et irrémédiablement lointaine à la fois, et son ancien ami et rival Naum. Pourtant cette petite réunion en huis clos vire à l'hécatombe. Valner, l'un des participants, porté sur l'ésotérique, est retrouvé mort ; puis c'est le tour d'une traductrice italienne : suicide, accident, meurtre ? L'enquêteur comme la journaliste envisagent toutes les hypothèses, et les congressistes sont consignés, jusqu'à nouvel ordre, dans l'Hôtel du Phare, un lieu en soi bien étrange.

"Les autres passagers commentaient le paysage, c'est-à-dire le non-paysage. de chaque côté de la route, il n'y avait rien ; pas une seule construction sur quatre-vingts kilomètres. La végétation, basse et épineuse, s'étendait sans limites."

Comme suspendue au bout du monde et hors du temps, abordée sous l'angle un peu prétexte de l'énigme policière, teintée d'une indécrottable mélancolie, et menée au travers de la belle métaphore de la traduction, c'est en réalité une quête du passé et une quête de soi qu'engagent les trois personnages principaux, aux destins inéluctablement liés, dans un cadre onirique ou cauchemardesque révélateur des passions. Une idée originale, des personnages esquissés en finesse, de la tension et de l'émotion, une belle qualité d'écriture : en bref, un court roman qui donne envie de découvrir le reste de l'oeuvre de Pablo de Santis, qui semble bien posséder la capacité plutôt rare de produire un véritable univers.

"S'il suffisait d'une seule fois pour nommer les choses, si un seul mot permettait de tout éclaircir, la vie dans ce patelin serait effrayante. Tout le monde serait silencieux, au bar, chez le coiffeur. Ici, personne ne parle sans faire de détours, ni ne marche en ligne droite. Vous savez quelle est la seule langue parfaite ? Celle qui aide à tuer le temps."
Lien : http://le-mange-livres.blogs..
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
En parcourant avec une crédulité enthousiaste la traduction anglaise d'un certain philosophe chinois, je tombai sur ce passage mémorable : "Peu importe au condamné à mort d'être au bord du précipice puisqu'il a renoncé à la vie". A cet endroit, le traducteur a placé un astérisque pour me prévenir que son interprétation était meilleure que celle d'un sinologue rival qui traduisait de cette manière : "Les serviteurs détruisent les oeuvres d'art, pour ne pas avoir à juger leurs beautés et leurs défauts". A cet instant, tels Paolo et Francesca, je cessai ma lecture : un étrange scepticisme s'était insinué dans mon âme.
- citation de Jorge Luis Borges
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S'il suffisait d'une seule fois pour nommer les choses, si un seul mot permettait de tout éclaircir, la vie dans ce patelin serait effrayante. Tout le monde serait silencieux, au bar, chez le coiffeur. Ici, personne ne parle sans faire de détours, ni ne marche en ligne droite. Vous savez quelle est la seule langue parfaite ? Celle qui aide à tuer le temps.
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Sans vouloir vous offenser, la traduction n'est pas un sujet qui m'intéresse. La seule traduction dont je m'occupe, c'est celle qui concerne les ivrognes que je trouve dans la rue en train de dormir. Les ivrognes parlent tous la même langue; personne ne les comprend mais eux se comprennent entre eux. Et quand je bois trop, moi aussi je commence à les comprendre.
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Les cartes sont une version abstraite des paysages ; mais dans ce voyage, les choses fonctionnaient à l'envers, et c'est le paysage qui était une version abstraite de la carte.
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Aussi fluide qu'elle puisse être, la langue de la traduction charrie toujours des sédiments de la langue qui se trouve au-dessous.
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