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Marianne Véron (Traducteur)
EAN : 9782742721344
892 pages
Actes Sud (25/02/1999)
3.8/5   149 notes
Résumé :
De la chronique des vies ordinaires prises dans l'étau de la guerre froide à la grande - et petite - histoire de la bombe atomique, du légendaire match de base-ball disputé à New York en 1951 à l'épilogue crépusculaire en Asie centrale, Outremonde couvre le dernier demi-siècle de l'histoire américaine.
Sur l'immense scène du roman, dans un foisonnement d'intrigues, certaines des figures qui ont marqué cette période - J. Edgar Hoover, Frank Sinatra, entre autr... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
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strummer
  11 mai 2012
Juste grandiose, 900 pages qui couvrent 40 d'histoire des USA, on suit le parcours d'une balle de baseball, les destins croisés de personnages, on parle de Hoover, Lenny Bruce et on est happé par cette maitrise du récit, littéralement pris dans une vague de mots, d'histoires
Attention le récit est antéchronologique ce qui peut être rebutant, mais si vous surpassez cela, alors attention chef d'œuvre !
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Sebriou
  30 mai 2016
Bon, après avoir consciencieusement défoncé le "City on Fire" de Garth Risk Hallberg, je me devais de faire une critique positive : j'aime les livres ! Alors quoi de mieux que DeLillo, the real thing du roman choral américain, le Terence Malik de la littérature, qui chatie l'Amérique comme il l'aime, avec passion.
Outremonde nous transporte dans l'espace et le temps à travers l'Amérique d'après guerre avec comme fil rouge la quête de la balle d'un match de Base Ball historique entre les deux équipes New Yorkaises des Giants et des Dodgers en 1951.
Initiation, liens familiaux, petite et grande histoire (J Edgar Hoover en est un personnage central), mythologie et société, ces thèmes sont traités avec un lyrisme et une profondeur rarement atteints.
Une lecture pas toujours aisée, mais qui réussit partout où GRH a échoué selon moi dans City on Fire. D'abord parce que Don DeLillo, né en 1936 à vécu les époques qu'il décrit, et cette expérience change tout dans la description sensible de New-York, de Los Angeles ou du désert. Ensuite parce que de Lillo a écrit ce livre a 60 ans. Et là aussi ,cette expérience de vie fait tout la différence dans l'étude des caractères et des sentiments, et le recul vis à vis des évènements politiques et sociétaux. Enfin, DeLillo a attendu d'être un écrivain mature pour s'attaquer à une oeuvre d'une telle ambition.
Injuste de comparer de Lillo à Hallberg? Certainement, mais c'est la presse qui a commencé !
Jetez vous sur cet ouvrage, pour moi (et bien d'autres) pierre angulaire de la littérature américaine contemporaine avec le Suttree de Cormac Mc Carthy.
900 pages de papier bible qui changent votre vision de la littérature.
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roquentin
  26 novembre 2020
Généralement, quand un livre est annoncé comme étant un chef d'oeuvre, certainement dans un des domaines que j'affectionne, les auteurs US post Deuxième Guerre Mondiale, je me jette dessus et très souvent, j'adhère à cet avis après lecture. J'avais dévoré Libra de Don DeLillo et lu aussi, mais moins aimé, Chiens Galeux. Bref, l'auteur correspondait à mes aspirations et j'étais sûr qu'Outemonde allait pleinement répondre à mon attente.
Mais quelle déception. Quel ennui. Quelle supercherie. le premier chapitre est une punition. On nous place dans un stade et on nous oblige à revivre un match de baseball de 1951 opposants les Giants de New York aux Dodgers de L.A. On espère que la narration du match pourra nous passionner, nous plonger dans le contexte, puisque le chapitre se veut la porte vers la suite du récit. On croise vaguement Frank Sinatra, ce personnage tant galvaudé dans les romans traitant de cette époque, on croise aussi Edgar J Hoover dans les travées du stade des Giants. Et on se met à espérer. Hoover, ce personnage à tiroirs, naviguant entre pègre et gouvernement est d'habitude garant d'histoires succulentes, lui, l'homosexuel refoulé qui chasse les tantouzes à tour de bras. Bref, le chapitre accouche d'une souris, sauf si la disparition de la balle du match vous procure un plaisir littéraire. Cela pourrait être le cas, si le style était là pour nous subjuguer. Après tout , La Chambre de van Gogh nous montre une banale chambre de célibataire, mais traitée avec talent, au point de devenir une oeuvre majeure. La quête d'une balle de baseball pourrait très bien découler vers un texte tout aussi sublime. Mais non: phrases ampoulées, aucun nom sans adjectif souvent inutile, lenteur outrageuse, rendent le récit lourd et très indigeste. La plume de DeLillo n'est pas le pinceau de van Gogh.
A l'issue cette introduction, soulagé, j'ai entamé la suite, me disant que cette intro n'allait pas gâcher ma lecture tant attendue, allons.
Je serai bref. La suite fut sans le moindre intérêt, nul trace de cette histoire américaine qui jetait les bases de sa mainmise sur le monde économique et politique et qui aurait dû donner lieu à un texte sublime, comme Roth, Ellroy ou Wolfe savent si bien le faire. DeLillo a poursuivi son magma, son gluant tégument de mots, trop souvent composé d'adjectifs. Résultat, abandon après deux cent pages. Lire les sept cent pages suivantes me paraissait une épreuve insurmontable. Ce livre, je ne me suis pas contenté de le refermer, il me fallait accomplir un geste symbolique, voire expiatoire. Je l'ai déposé dans une boîte à livres, avec tout de même une pensée pour le pauvre quidam qui allait le recueillir avec des étoiles dans les yeux, ensuite depuis la fenêtre ouverte de ma voiture, j'ai effectué un dernier bras d'honneur à cet Outremonde (de mes deux).
Je n'ai pas trop aimé ce livre.
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Ingannmic
  17 mars 2020
"Outremonde" s'ouvre sur un prologue magistral, presque un roman à lui tout seul, dans lequel l'auteur relate l'un des matchs de base-ball les plus célèbres de l'histoire de ce sport, opposant les Dodges aux Giants, ces derniers gagnant la partie de façon inattendue et spectaculaire quelques minutes avant la fin du match. Dans les tribunes, J. Edgar Hoover, venu accompagné entre autres de Franck Sinatra, apprend que l'URSS vient de procéder à un essai nucléaire. Essai qui, le lendemain, disputera laborieusement la une des journaux au compte-rendu de la rencontre qui s'est jouée cette journée de 1951 au Polo Grounds, et qui restera gravée durant des décennies dans l'esprit de milliers d'américains.
A l'issue de ce prologue, le récit fait un bond jusqu'en 1992… le lecteur fait alors la connaissance de Nick Shay, cinquantenaire aisé travaillant dans le recyclage des déchets, qui fut dans les années 50 et 60 un adolescent du Bronx.
C'est ensuite comme une succession de prises de vue que nous expose Don DeLillo, partant de cette année 92 pour remonter le temps jusqu'au début des années 50. Prises de vue du panorama de la société américaine au temps de la guerre froide, qui mènent du désert du Sud-ouest des États-Unis, où furent pratiqués les essais nucléaires à la modernité des gratte-ciel New-yorkais, de tranquilles banlieues pavillonnaires et universitaires aux bas-quartiers où les enfants meurent de la tuberculose, du sida, de coups et blessures. Nick sert de fil conducteur au récit, lien parfois ténu entre la plupart des personnages.
Comment traduire, évoquer le plus justement possible le retentissement des années de guerre froide sur ceux qui les ont vécues ? Pour réaliser cet ambitieux projet, l'auteur s'est attaché à dépeindre les tranches de vie de personnages d'origines diverses, et qui par conséquent abordent la menace nucléaire avec plus ou moins d'angoisse. Les passages, notamment, qui retranscrivent certains sketchs du comique Lenny Bruce, devenu paranoïaque, obsédé par le péril soviétique, sont admirables d'éloquence...
Don DeLillo fait preuve à la fois d'un certain détachement et d'un sens aigu de l'analyse de la nature humaine, avec une lucidité qui confine parfois au cynisme. Il traque les contradictions et les véritables motivations qui déterminent les actes, les peurs qui se dissimulent derrière certains comportements, et notamment celle, souterraine mais omniprésente, de l'apocalypse atomique, entretenue par les deux grandes puissances de la guerre froide, et débouchant sur le fantasme du complot, avec lequel certains jouent parfois avec excitation. Une hantise qui finalement se fond avec ces angoisses éternelles que sont celles de la mort ou de la maladie…
Ceci dit, il serait injuste de réduire « Outremonde » à une chronique de cette peur du nucléaire. C'est en effet une vue beaucoup plus globale de 40 ans d'histoire américaine que nous offre l'auteur, des faits divers ayant marqué l'opinion (des assassinats perpétrés par le tueur de l'autoroute du Texas aux émeutes de Los Angeles suite au passage à tabac d'un jeune afro-américain…) aux faits « historiques » (tels le mouvement de contestation noire des années 60 ou l'épisode de « la baie des cochons »…), dont il évoque également les résonances sur les destins individuels.
Il est impossible de citer tous les thèmes abordés dans ce roman tant il est dense, tant ses histoires et ses personnages sont multiples… C'est presque l'âme des États-Unis que l'on a l'impression d'y voir mise à nu, ou encore l'autopsie d'une époque dont les entrailles recèleraient le ferment de la société à venir, une société où le besoin de sécurité et de protection est exacerbé, où les événements médiatisés ont plus d'impact que les réalités de la vie quotidienne…
La longueur et la complexité d' « Outremonde », qui rendent sa lecture parfois un peu laborieuse, ne l'empêchent cependant pas d'être un roman passionnant.
Lien : https://bookin-ingannmic.blo..
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palirausoleil
  07 mai 2020
Ce livre est depuis longtemps dans ma liste des chefs-d'oeuvre de la littérature américaine. Près de 900 pages d'une écriture clinique et dense, particulière à Don Delillo, pour décrire 40 ans d'histoire américaine d'après guerre, la petite et la grande, la sordide et la paranoïaque, l'artistique et la politique, la complotiste et la sociale...
Tandis que les Etats-Unis enfouissent leurs déchets nucléaires, Don DeLillo, lui creuse et déterre toutes les contradictions, les fantasmes, fournissant au lecteur.ice les entrailles fumantes d'une Amérique qui n'en finit pas de s'auto fasciner.
Un roman ambitieux, puissant, total, choral. Avec un long prologue qui en rebuterait plus d'un mais qui donne le coup d'envoi d'une lecture fabuleuse.
Un must read pour tout amoureux de littérature américaine. Existe en Babel.
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Citations et extraits (28) Voir plus Ajouter une citation
PhallocPhalloc   26 novembre 2020
Des hommes qui entrent et sortent des toilettes, des types qui referment leur braguette en se détournant de l'urinoir et d'autres qui s'en approchent, en pensant à où ils veulent se mettre, à côté de qui et pas à côté de qui, et la bonne vieille puanteur du stade et sa moisissure sont réunies ici, des marées de bière, de merde et de cigarettes, d'épluchures de cacahuètes, de désinfectant et de pisse par millions au fil des générations, et leurs pensées suivent ce cours ordinaire qui permet aux gens de glisser tout au long d'une vie, des pensées sans rapport avec les événements, le bourdonnement poussiéreux de qui on est, des hommes qui se fraient un chemin dans les toilettes pendant le match, les allées et venues, les bites qu'on sort et la mine pensive de ceux qui pissent.
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philippouphilippou   06 octobre 2021
Je pense que c’est le pouvoir. Je crois que si l’on maintient une force dans le monde qui pénètre le sommeil des gens, on exerce un pouvoir significatif. Parce que je respecte le pouvoir. Maintenant que le pouvoir est en miettes ou en loques, et maintenant que ces frontières soviétiques n’existent même plus de la même façon, je crois que nous comprenons, nous nous retournons et nous nous voyons plus clairement, et eux aussi. Le pouvoir signifiait quelque chose il y a trente, quarante ans. C’était stable, c’était centré, c’était une chose tangible. C’était la grandeur, le danger, la terreur, toutes ces choses. Et ça nous maintenait ensemble, les Soviétiques et nous. Peut-être que ça maintenait le monde ensemble. On pouvait mesurer les choses. On pouvait mesurer l’espoir et on pouvait mesurer la destruction. Non pas que je veuille ramener ce temps là. C’est fini, bon débarras. Mais le fait est.
[...]
Beaucoup de choses qui étaient ancrées à l’équilibre du pouvoir et à l’équilibre de la terreur semblent s’être défaites, débloquées. Les choses n’ont plus de limites à présent. L’argent n’a pas de limites. Je ne comprends plus l’argent. L’argent est déchaîné, maintenant. La violence est déchaînée, la violence est plus facile maintenant, elle est déracinée, elle est incontrôlée, elle n’a plus de mesure, elle n’a plus d’échelle de valeurs.
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DunadanDunadan   20 mars 2016
jouissif. L'écriture de Don Delillo, touffue et volatile pour reprendre les mots d'un critique, m'apparait come un bloc compact d'intelligence. Et si on s'y perd un peu dans ce grand ballet des personnages et des époques, on savoure le présent du moyen, peu importe le dessein. Mon chouchou américain.
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strummerstrummer   22 février 2013
Elle mangeait sa nourriture sans la goûter parce qu'elle avait décidé, des années plus tôt, que le goût n'était pas l'essentiel. L'essentiel, c'était de vider son assiette.
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PaquitoPaquito   09 septembre 2017
Il a fallu trouver des moyens de nous débarrasser de nos rebuts, d'utiliser ce dont nous ne pouvions nous débarrasser, de retraiter ce que nous ne pouvions pas utiliser. Les ordures résistaient. Elles s'élevaient et se répandaient. Et elles nous forçaient à développer la logique et la rigueur qui allaient conduire à des études systématiques de la réalité, à la science, à l'art, à la musique, aux mathématiques.
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Videos de Don DeLillo (9) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Don DeLillo
Dans son dernier roman, "Le Silence" (Actes Sud) récemment paru en français, Don DeLillo projette une grande panne technologique. Nous recevons sa traductrice, Marianne Véron qui, avec l'intervention de l'écrivain américain Bret Easton Ellis, nous en dit plus sur l'oeuvre du romancier.
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