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Marianne Véron (Traducteur)
ISBN : 2742792309
Éditeur : Actes Sud (01/09/2010)

Note moyenne : 3.34/5 (sur 71 notes)
Résumé :
Richard Elster, universitaire à la retraite, accueille sans enthousiasme le jeune cinéaste Jim Finley qui souhaite le filmer pour lui faire dire ce qu'il en a été de sa collaboration scientifique avec le Pentagone pendant la guerre d'Irak.
Tous deux sont bientôt rejoints par la fille d'Elster, Jessie, qui un jour disparaît pour ne plus revenir, rendant les deux hommes à une étrange solitude...
L'auteur de "L'Homme qui tombe" et de "Cosmopolis" poursui... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
petch
  08 janvier 2014
Don DeLillo fait partie des auteurs situés quelque part à la périphérie de mon petit cercle littéraire. La lecture de Point Omega permet d'entrevoir une parcelle de son univers, d'appréhender son style à travers un court roman, avant d'attaquer, si le coeur nous en dit, ses romans majeurs.
Point Omega est de prime abord déroutant, même si on pense rapidement à certains aspects de l'univers d'Auster : solitude profonde des personnages, relations à tiroirs, mise en abyme dans l'intrigue, huis-clos angoissant. A cela s'ajoute en début et fin de roman une escapade artistique, cinéphile, mais absconse, vers l'oeuvre de Douglas Gordon : «24 Hour Psycho » (le film d'Hitchcock Psychose dilaté à deux images par seconde, sur une interminable projection de 24 heures). La disparition soudaine et inexpliquée d'un des trois personnages fait basculer le récit vers des questions existentielles autour du deuil et de la solitude.
Teilhard de Chardin définissait le point Omega comme point de convergence ultime de l'évolution humaine. Après avoir fermé ce livre, on est loin d'avoir trouvé ce fameux point. le début est déroutant, à la fin persiste le sentiment frustrant de ne pas avoir tout compris des motivations de l'auteur. Reste la petite musique littéraire accrocheuse du style narratif, phrases courtes et minimalistes, permettant de rentrer en empathie avec les protagonistes, de s'accrocher à leur éphémère destinée, de s'identifier à leurs dérives. Une belle découverte.
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bgbg
  29 août 2017
. Petit ouvrage planant haut, au contenu énigmatique, au style pur, et dont le thème porteur semble être le temps, le temps perdu surtout, ou la vie « en dehors des infos et de la circulation ».
Le roman part de la vidéo d'un artiste américain, 24 hour psycho, projeté au Museum of Modern Art (MoMa) de New York, et qui étire le film Psychose de Hitchcock sur 24 heures, sans bande-son associée. Un spectateur y passe ses journées, fasciné par ces sortes d'arrêts sur images, de mouvements décomposés, scènes connues du meurtre de Janet Leigh par Norman Bates (Anthony Perkins), sous la douche, chute dans l'escalier du détective privé, le visage tailladé, chaque scène durant des heures, en tout cas « un segment de temps radicalement modifié ». Devant cet écran, comment échapper, face à ce temps presque arrêté, à « la profondeur des choses, si faciles à manquer dans l'habitude superficielle de voir » ? À se demander si on n'est pas dans le réel dans cette installation, alors que le film original ne serait qu'une fiction ? le réel, quel réel ?
Avant de revenir au musée à la fin de l'ouvrage, l'auteur nous amène dans le désert où l'on retrouve deux personnes aperçues au musée, un jeune cinéaste, Jim Finley, et un vieil homme qu'il voudrait filmer, Richard Elster, ancien expert en stratégie militaire, conseiller écouté, un conservateur qui eut un rôle dans la guerre en Irak, tout en étant longtemps resté extérieur aux staffs gouvernementaux. La fille d'Elster les rejoint dans un deuxième temps.
Là se déploie tout l'art de DeLillo, entre le sens donné aux propos des protagonistes et l'esthétique du texte, le rythme, la succession des dialogues entre les deux hommes et des impressions du cinéaste-narrateur. On peut se laisser bercer par la musique des mots, ou chercher à approfondir les propos d'Elster, qui fuit les villes où tout est conflit pour cette maison dans le désert, lieu de retraite spirituelle, où « il ressent le paysage plus qu'il ne le voit », car «  le temps ralentit, devient aveugle ».
Volontairement mystérieux, le stratège militaire qu'est Elster semble s'opposer aux stratèges qui complotent, monde fermé qui mène une guerre abstraite, envoyant des armées à des endroits sur des cartes, qui ne correspondent à aucune réalité, et sont pourvoyeurs de mots, d'images, de slogans. Partisan de « la guerre haïku, une guerre en trois vers avec un nombre fixe de syllabes », à la recherche « d'un ensemble d'idées ayant à voir avec des objets éphémères », au coeur de l'histoire vivante de son pays, il moque « les estimations, les statistiques, les rationalisations » de ses collègues. Il n'obtiendra pas les habilitations nécessaires. Il aura tout de même une brève carrière gouvernementale, confirmant son opinion que « tout gouvernement est une entreprise criminelle », qui entretient des fantasmes comme les armes irakiennes de destruction massive, ou qui se repose sur des empires financiers mafieux, malhonnêtes.
Puis, se soustrayant à cette agitation urbaine, il s'installe dans le désert, se laissant gagner par le temps à perdre, par des dialogues ou monologues sur le point oméga, le paroxysme et la convulsion du monde à quoi vise la société, le rêve d'extinction, la reddition, etc.
Ce livre n‘est pas que réflexion théorique sur la guerre, le temps et la vie, c'est aussi une relation vivante entre un aîné et son disciple, entre un jeune homme (le cinéaste) et une jeune femme (la fille d'Elster), d'ailleurs surtout faite de fantasmes, enfin un questionnement sur une disparition qui révèle l'amour fou du vieil homme pour sa fille et sa détresse devant ce qu'il ne comprend pas. On redescend sur terre, et la réception est douce. DeLillo nous désarme insensiblement.
Le lecteur est captivé par cette écriture, limpide dans sa complexité, imagée, cette narration souple, variant de la réflexion à l'action, avec un brin de mélancolie. Si l'on est par moment désarçonné, il faut s'en remettre à cette réflexion de DeLillo : un roman est un challenge pour le lecteur, il l'est aussi pour l'écrivain.
Lien : http://lireecrireediter.over..
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cicou45
  25 avril 2011
Jim Finley, jeune cinéaste se rend dans un con perdu en plein désert afin de rencontrer Richard Elster, un septuagénaire sur lequel il a l'intention de réaliser un documentaire. Ce vieil universitaire de 73 ans l'intéresse en effet au plus au point de par les expériences qu'il a vécues et notamment sa participation à la guerre d'Irak. Ce dernier est assez solitaire et a du mal à se confier, tentant toujours de dévier la conversation vers un autre sujet. La solitude des deux hommes est bientôt rompue par l'arrivée de Jessica, alias Jessie, la fille de Richard Elster. Celle-ci va leur apporter dans le coeur de ceux-ci une lueur de joie ...jusqu'au jour où elle disparaitra d'une mystérieuse façon, disparition qui, bien que suggérée, ne sera jamais réellement expliquée et le lecteur ressentira l'effet de quelque chose d'inachevé, de non-dit.
Point oméga est en fait une réflexion sur la vie et sur notre présence sut terre. Que sommes-nous sensés accomplir durant le peu de temps qui nous est octroyé en ce vaste monde ?
Magnifique roman de Don de Lillo qui pose des questions existentielles et nous invite à mener notre propre interprétation. À lire !
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sumitsuki
  01 mars 2012
Un petit roman assez difficile, en effet, directement inspiré d'une oeuvre d'art contemporain. En fait, même sensation que devant certaines oeuvres ou performances d'art contemporain, dans ce livre-tableau où rien ne bouge, où on oscille entre étrangeté fascinante, sentiment de toucher un truc génial, et vide absolu. Sensation de passer très près de quelque chose, mais parfois aussi, à côté de quelque chose, sans dévoiler l'intrigue – il y en a tout de même une, très mince -, j'aurais aimé un récit plus long, plus consistant (sur le thème de la guerre notamment), on peut rester un peu insatisfait, mais charmé aussi, de cette impression d'effleurer les choses, le thème, les personnages, le décor… La beauté n'est pas absente, elle est fugace et se mérite, ne se laisse pas toujours attraper (comme dans un musée donc). Ma partie favorite est au début, simple et brillante, dans la description de cet homme qui assiste à la projection au ralenti (sur 24h) de Psychose, d'Hitchcock, et qui se coule dans le film, dans le temps immobile… de très belles phrases sur la psychose, et en définitive une nette impression, très psychanalytique, de ‘rencontre manquée avec le réel'. Curieux objet littéraire, qui mérite qu'on y revienne pour l'apprivoiser autrement, ou simplement pour se confronter à son altérité… comme au musée.

Lien : http://laclefdefa.wordpress...
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brigittelascombe
  15 mai 2012
"L'art est la vie. La vie est l'art." disait l'artiste allemand Wolf Vostell.
"Chaque moment perdu est la vie" dit Don de Lillo (écrivain américain)
dans Point oméga (ce point qui, selon Teilhard de Chardin, est "hors de notre biologie", point de convergence de l'évolution vers Dieu) et il fait un arrêt sur images "sans dialogue, ni musique, ni bande son" du film Psychose passé au ralenti sur 24 heures dans une exposition d'art conceptuel. Puis, au coeur du désert ( moment suspendu dans le temps à durée indéterminée) il fait filmer Richard Elster "un intellectuel de l'armée", "détaché des évènements", qui voulait une "guerre haïku" éphémère ("voir ce qui est là puis se tenir prêt à le voir disparaître"), par un jeune cinéaste, Jim Finley, intellectuel aussi, qui s'interroge sur "le bon droit de la guerre" et "le temps qui s'effondre dans l'immobilité des images", puisqu'ils ont vu tous deux l'expo new-yorkaise. "Sur la pellicule, le visage c'est l'âme" et Elster est plus vulnérable qu'au prime abord surtout lorsque sa fille se volatilise !!Point oméga, qui manie des concepts d'art et de philosophie hermétiques est un infini embrumé bien éloigné de mes petits bains quotidiens dans l'infini des vagues!
Donc(pour moi) intéressant pour comprendre un peu ce qu'est l'art conceptuel, mais bien trop conceptuel!
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Citations et extraits (25) Voir plus Ajouter une citation
petchpetch   19 décembre 2013
La nuit les chambres étaient des horloges. L'immobilité était presque totale, murs nus, planchers, le temps ici et là-bas, dehors, sur les pistes, chaque minute qui passait un attribut de notre attente. Je buvais, lui pas. Je ne le laissais pas boire, et cela avait l'air de lui être égal. Les couchers de soleil n'étaient plus rien d'autre que de la lumière qui meurt, des chances en diminution.
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liratouva2liratouva2   07 décembre 2010
La vraie vie n'est pas réductible à des mots prononcés ou écrits, par personne, jamais. La vraie vie a lieu quand nous sommes seuls à penser, à ressentir, perdus dans les souvenirs, rêveusement conscients de nous-mêmes, des moments infinitésimaux.
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petchpetch   07 janvier 2014
Si vous révélez tout, que vous dénudez tout, que vous quémandez de la compréhension, vous perdez quelque chose de crucial dans le sentiment que vous avez de vous-même.
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ThyuigThyuig   03 novembre 2010
Elle ne conduisait pas parce qu'elle ne pouvait pas maîtriser les commandes avec les mains et les pieds en même temps. L'une des personnes qu'elle assistait venait justement de mourir d'un quelconque machin multiple. Sa mère parlait russe au téléphone, nuit et jour, un blizzard russe en rafales. Elle aimait l'hiver, les étendues de neige dans le parc, mais elle ne s'y aventurait pas trop, en hiver les écureuils étaient peut-être enragés.
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liratouva2liratouva2   07 décembre 2010
Il disait que la cellule humaine est vivante , qu'elle circule . Et que la sphère de la pensée humaine collective approche de son terme, de l'explosion finale. Il a existé un chameau nord-américain. Où est-il à présent?
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Videos de Don DeLillo (7) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Don DeLillo
"Fou" de Christopher Moore. Editions L'Oeil d'Or "Héros Ordinaires" de S.G. Browne. Editions Agullo "Zero K" de Don DeLillo. Editions Actes Sud
Retrouvez toutes les vidéos ici : http://goo.gl/23DkUZ
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