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Jean-Louis Rancon (Éditeur scientifique)Alice Debord (Collaborateur)Vincent Kaufmann (Préfacier, etc.)
EAN : 9782070773749
1901 pages
Éditeur : Gallimard (21/04/2006)

Note moyenne : 4.77/5 (sur 11 notes)
Résumé :

Ce volume, présenté dans l'ordre chronologique, contient : Tous les livres de Guy Debord : Rapport sur la construction des situations, Mémoires, La Société du spectacle, La Véritable Scission dans l'Internationale, Préface à la quatrième édition italienne de " La Société du spectacle ", Considérations sur l'assassinat de Gérard Lebovici, Commentaires sur la société du spectacle, Panégyrique tome premier et second, In girum imus nocte et consumimur igni, ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
steka
  18 mars 2013
Ce n'est bien sur qu'en se confrontant à l'ensemble de son oeuvre et de ses interventions que l'on peut espérer se faire une idée quelque peu objective de ce personnage hors du commun que fut réellement Guy Debord et surtout des objectifs qu'il s'était donné. Certains pourront faire remarquer qu'il n'a pas "réussi " en son projet principal consistant à renverser la domination spectaculaire-marchande désormais mondialisée. Mais ils devront aussi reconnaitre qu'il est bien celui qui sut définir la nature exacte de cet ennemi redoutable et donc aussi donner la possibilité de le combattre. Ils devront aussi se demander quel usage ils font de leur propre vie et de quelle manière, pour leur part, ils s'opposent à un monde qu'ils reconnaissent si déplorable et si incontestablement mortifère pour le devenir de l'humanité.
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broget
  07 mars 2017
critique de la marchandise et de l'aliénation au sein du capital devenu image
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
stekasteka   10 avril 2013
La publication en 1838 des Prolégomènes à l’Historiosophie d’August von Cieszkowski, alors âgé de vingt-quatre ans, marque l’effondrement instantané du système hégélien. À partir de cet effondrement, la méthode dialectique, «la pensée de l’histoire», va rechercher la réalité qui la recherche. C’est sur ce mouvement que se constitue, à travers Marx et Bakounine notamment, la première base du projet moderne de la révolution sociale.
Cieszkowski dépasse Hegel en des termes purement hégéliens : il anéantit l’aporie centrale du système, simplement en rappelant que le temps n’est pas fini. Hegel avait conclu l’histoire, dans la forme de la pensée, parce qu’il acceptait finalement d’en glorifier le résultat présent. Cieszkowski renverse d’un seul coup le système, en portant à son contact le «moment» de l’avenir, parce qu’il reconnaît à la pensée de l’histoire, dépassement de la philosophie, le pouvoir de transformer le monde.
«Réaliser les idées […] dans la vie pratique […] telle doit être la grande tâche de l’histoire.» Dans cette «praxis post-théorique qui sera l’apanage de l’avenir», les héros historiques «doivent être non plus des instruments aveugles du hasard ou de la nécessité ; mais les artisans lucides de leur propre liberté». «L’être et la pensée doivent donc disparaître dans l’action, l’art et la philosophie dans la vie sociale.» «De même que la poésie de l’art est passée dans la prose de la pensée, la philosophie doit descendre des hauteurs de la théorie dans le champ de la praxis. Être la philosophie pratique ou, plus exactement, la philosophie de la praxis.» Le théoricien qui parle ainsi, cinq ans avant le jeune Marx, cent vingt ans avant les situationnistes, devra être tôt ou tard reconnu comme le point obscur autour duquel toute la pensée historique, depuis un siècle et demi, a pris son tournant décisif.
Cieszkowski restait dans l’idéalisme objectif, mais à son extrême pointe, là où il se renverse dans la plus totale revendication du concret, de sa construction historique consciente. Le mérite de Marx est d’avoir ultérieurement montré qu’une société de classes ne pourrait être capable de réaliser un programme si grandiose ; et celle-ci a effectivement donné à voir, depuis, la grandeur et le prix de sa carence sur cette question. Le mérite du prolétariat révolutionnaire est d’avoir montré, dans toutes ses luttes, qu’il ne pouvait se définir que par l’acceptation d’une telle tâche ; ce qui suffit à démasquer comme étant du parti de ses exploiteurs tous ceux qui ont prétendu le contenter ou le dissoudre à moins.
Ce livre, jamais traduit en français depuis 1838, ni jamais réédité en Allemagne durant toute cette période, a été publié par Champ libre en 1973 ; il est aussi le seul des livres de ces Éditions auquel aucun article de critique n’a jamais été consacré.
On sait que la société actuelle est partout lourdement armée pour son combat de retardement, en fin de compte assez vain, contre la pensée historique. (C’est aussi l’intérêt subjectif des spécialistes intellectuels qui y font carrière, et qui tentent de cacher leur honte en négligeant ce qui les révèle d’emblée comme tout à fait négligeables.) Rien peut-être comme le sort d’un tel livre n’est à ce point révélateur des conditions faites à la théorie fondamentale par une époque qui finit en ce moment sous nos yeux, au bout du plus riche accomplissement de toutes ses virtualités d’irrationalité et de misère. Il est normal que reparaisse, avec la faillite de notre société, le verdict de Cieszkowski qui la condamne pour avoir vécu au-dessous de ses moyens.
[Cette nouvelle présentation pour une éventuelle réédition des Prolégomènes à l’Historiosophie, parus en juin 1973 aux Éditions Champ libre dans une traduction de Michel Jacob, fut envoyée le 3 mai 1983 par Guy Debord à Gérard Lebovici, avec cette précision manuscrite : «Peut-être remplacer enfin la présentation inepte de M. Jacob (dix ans après ?)» Elle est restée inédite jusqu’à sa parution dans les Œuvres de Guy Debord (Quarto, 2006).
August von Cieszkowski (1814-1894) participe à l’insurrection polonaise de 1830, puis en 1838 est reçu docteur à Heidelberg avec une thèse sur la philosophie ionienne. La même année, il publie en allemand Prolégomènes à l’Historiosophie et, l’année suivante, en français, un ouvrage d’économie, Du crédit et de la circulation. En 1848, il fait paraître anonymement Notre Père, livre qui analyse la crise du monde moderne et celle de la religion chrétienne.
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stekasteka   20 octobre 2018
NOTES SUR LA "Question des immigrés" - décembre 1985.
Dans le spectacle, une société de classes a voulu, très systématiquement, éliminer l'histoire. Et maintenant on prétend regretter ce seul résultat particulier de la présence de tant d'immigrés, parce que la France "disparaît" ainsi ? Comique. Elle disparaît pour bien d'autres causes et, plus ou moins rapidement, sur presque tous les terrains.
Les immigrés ont le plus beau droit pour vivre en France. Ils sont les représentants de la dépossession; et la dépossession est chez elle en France, tant elle y est majoritaire, et presque universelle. Les immigrés ont perdu leur culture et leur pays, très notoirement, sans pouvoir en trouver d'autres. Et les Français sont dans le même cas , et à peine plus secrètement.
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stekasteka   11 novembre 2014
C'est cette volonté de modernisation et d'unification du spectacle, liée à tous les autres aspects de la simplification de la société, qui a conduit en 1989 la bureaucratie russe à se convertir soudain, comme un seul homme, à la présente idéologie de la démocratie : c'est à dire la liberté dictatoriale du Marché, tempérée par la reconnaissance des Droits de l'homme spectateur. Personne en Occident n'a épilogué un seul jour sur la signification et les conséquences d'un si extraordinaire événement médiatique. Le progrès de la technique spectaculaire se prouve en ceci. Il n'y a eu à enregistrer que l'apparence d'une sorte de secousse géologique. On date le phénomène, et on l'estime bien assez compris, en se contentant de répéter un très simple signal - la chute-du-mur-de-Berlin -, aussi indiscutable que tous les autres signaux démocratiques.
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stekasteka   18 mars 2013
Tout commence avec l'avant-garde et avec la poésie -- il n'est pas inutile de le rappeler, compte tenu de l'image souvent exclusivement "politique" que certains ont aujourd'hui de Debord. Mais d'emblée il s'agira pour celui-ci de dépasser l'art, c'est à dire de le faire coïncider avec la vie, à condition de faire coïncider celle-ci avec la révolte. Poésie au service de la vie quotidienne, pour que celle-ci soit la moins quotidienne possible.
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stekasteka   18 mars 2013
" A l'occasion de la présentation au festival de Cannes 1951 du premier film lettriste, Traité de bave et d'éternité", dans le tumulte déchaîné par une salle hostile, on vit un jeune garçon enthousiaste qui répliqua aux sarcasmes d'une personnalité connue par un poing vigoureux. Guy-Ernest Debord venait ainsi de marquer son adhésion au mouvement lettriste."
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Videos de Guy Debord (19) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Guy Debord
Grand parmi les grands metteurs en scène français, héritier de la Nouvelle Vague, cinéphile et spécialiste de cinéma asiatique, Olivier Assayas a conversé avec Bergman, fait l?éloge de Kenneth Anger, réalisateur américain classé underground, théorisé sur Guy Debord et son art de la guerre. Il se livre dans cette Masterclasse enregistrée à la Maison de la radio.
Pour en savoir plus : https://www.franceculture.fr/emissions/les-masterclasses/olivier-assayas-le-processus-decriture-se-prolonge-dans-la-pratique-du
Retrouvez toutes les émissions de France Culture avec Olivier Assayas : https://www.franceculture.fr/personne-olivier-assayas.html
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>Processus sociaux>Changements sociaux>Causes du changement (acculturation, catastrophes naturelles, progrès techniques) (137)
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